PLAN D’ÉTUDES POUR L’ÉCOLE NORMALE CATHOLIQUE DE FULDA
(1) On joindra à l’histoire naturelle l’enseignement de l’horticulture, de la taille et de la greffe des arbres, de l’éducation des vers à soie.
§ 14. — La distribution de l’enseignement entre les maîtres se fait à l’amiable entre eux, selon les goûts et le talent de chacun. Elle doit être approuvée par la Régence provinciale. Le directeur est tenu d’enseigner par semaine, pendant dixhuit heures; le maître en second, pendant vingt-quatre; le maître de musique, pendant trente, et le maltresupplémentaire pendant vingt-cinq. L’enseignement de la religion, de la pédagogie, de la méthodique et les leçons sur le rôle de l'instituteur sont réservés au directeur. »
On le voit, ce principe de la répartition des objets d’enseignement entre les trois années d'étude est nettement posé :
« Dans les cours de première et seconde année, les séminaristes apprennent comme disciples ce que, plus tard, ils doivent enseigner comme maîtres. Le cours de troisième année est consacré au développement progressif de l’instituteur et l’on l’y ramène tout à l'application. »
Les Allemands résument 6ous trois mots le caractère des enseignements attribués à chacune des années : à la première, l’instruction formelle, c’est-à-dire l’instruction qui a pour but de rendre les jeuneàgensaptesà saisir et à comparer ; qui ouvre les facultés de l’esprit comme autant de formes aux conceptions du bon et du vrai; — à la seconde année, l’instruction matérielle , c’est-à-dire l’ensemble des connaissances positives nécessaires à l’accomplissement de la vocation d’instituteur; — à la troisièmeannéeenfin, l’instruction pratique, c'est-à-dire celle qui témoigne de l’habileté du maître à enseigner ce qu'il a appris, à transmettre ce qu’il a reçu.
Le cours des éludes est organisé selon ce système au Séminaire catholique de Fulda, comme au séminaire de Berlin , comme dans tous les séminaires d’outre-Rhin; et cette organisation, il faut bien le reconnaître, n’est que l’application
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des lois d’une saine méthode et des prescriptions du bon sens.
il est à peiné besoin de faire remarquer la place importante qui est réservée, dans les programmes des séminaires allemands, à l'enseignement de la science pédagogique.
Sous la leçon des faits et la lumière de l’expérience, on a banni de cette étude, nous l’avons dit, les développements qui pouvaient en compromettre le but ; la lecture du règlement récemment promulgué en Prusse ne laissera aucun doute à cet égard. Mais on n’eüt pas compris au delà du Rhin que l’abus , sur ce point , pût amener à condamner le principe. On ne juge pas admissible, dans les séminaires allemands, qu’un instituteur puisse aborder sa difficile mission sans avoir des notions feuffisantes de la science de l’éducation, sans savoir ni d’où il vient, ni par où il marche, ni où il va. On ne regarde pas comme dangereux de donner aux futurs maîtres quelques idées claires sur les facultés de l’esprit qu’ils sont appelés à cultiver, et l'on ne croit pas tout perdu parce qu’on les entretient, dans des leçons d’un caractère essentiellement pratique, de l’application de ces facultés aux diverses branches d’étude. C’est pourquoi, dans les séminaires placés sous l’influence de l’évêque de Fulda ou de l’archevêque de Cologne, comme dans les séminaires protestants de Berlin, d’Esslingen, ou de Mors, etc..., un cours spécial de pédagogie, sous le nom de science de l'école, est professé pour les élèves-maîtres de troisième année. On s’est effrayé, ailleurs, à une certaine époque, des tendances que pouvait faire naître un cours de ce genre chez de futurs maîtres d’école. Nous croyons qu’on s’est préoccupé du mot sans se rendre compte de la chose. Un instituteur sans principes pédagogiques, c’est un pilote sans boussole ; les mêmes éelieils restent pour le pilote; on lui eùlèvé seulement les moyens de les signaler.
Dans les conditions particulières où il se trouve placé, le séminaire de Fulda se présente à nous comme un curieux sujet d’observations. Il est intéressant de connaître l’organisation des établissements normaux, non plus dans les grandes provinces centrales de Prusse ou dans les pays rhénans 1 , mais dans une contrée dont la renommée n’est pas à la hauteur de celle du pays classique des écoles. Achevons d’étudier le règlement du séminaire catholique de Fulda, règlement dont plusieurs parties déjà nous ont paru inspirées par une remarquable intelligence et des moyens et du but.
Règlement de l’Ecole normale de Filda. (Suite.)
§ 16. — Les séminaristes jouissent, dans l’institut, du logement, du chauffage, de l’éclairage, du coucher, de la nourriture. Les frais d’entretien et de nourriture du séminaire sont pris à forfait par un économe ; le contrat doit être soumis à l’approbation de la Régence.
Chaque séminariste paye annuellement 24 thalers (90 fr.).
Six écus sont payés par trimestre.
Si l’absence totale de ressources est dûment prouvée, et si une sérieuse aptitude est constatée, remise peut être faite à un quart des séminaristes de la totalité ou de la moitié de la pension.
§ 17. — Tous les efforts tendent, dans le séminaire, à exercer une salutaire impression sur les sentiments, les principes et la conduite des élèves. La vie commune des séminaristes s’y rapproche de la vie de famille. Elle est fondée sur une estime réciproque, sur une affection et une confiance mutuelles. Le directeur du séminaire doit tenir lieu de père à chacun des séminaristes.
I. M. Consin, comme on sait, a donné de longs rapports sur les séminaires de Potsdam et de Brühl.