‹ De l'éducation populaire dans l'Allemagne du Nord et de ses rapports avec les doctrines philosophiques et religieusesChapitre 94 sur 131 · Dem Leben des Volkes nahestehende Lehrer · texte numérisé non relu

Dem Leben des Volkes nahestehende Lehrer

RÈGLEMENT GÉNÉRAL

avec lequel la haute administration prussienne s’efforce de réaliser, dans le domaine de l’enseignement populaire, l’alliance de l’esprit chrétien et de l’esprit pédagogique.

Au point de vue particulier des écoles normales : tout en proscrivant l’esprit de spéculation pure, l’abus des théories, et ces systèmes hautains qui s’étaient glissés, pour en altérer le caractère, dans l’enseignement dispensé aux futurs maîtres, le ministre de l’Instruction publique a considéré comme un devoir de maintenir, en tète du programme des séminaires, l’élude de cette science pratique de l’éducation qu’il faut bien accepter sous un nom ou sous un autre, et qu’on désigne aujourd’hui en Prusse sous le nom modeste de science de l'Ecole. (Schul-Kunde.)

Il convient de le dire : il y a ici une satisfaction donnée aux susceptibilités légitimes de l’opinion publique, plus qu’une abdication de la pédagogie elle-même. La science pédagogique renonce il d’ambitieuses allures, et dépouille les formes prétentieuses sous lesquelles elle égarait les esprits ; elle subsiste, en réalité, tout en changeant de nom. Aujourd’hui comme hier, après comme avant les règlements nouveaux, l’école normale doit t mettre le futur instituteur en état de rendre à lui-mème et aux autres un compte clair et réfléchi de l’essence même et du but spécial de sa vocation » (sich sclbsl und andere liber dos Wesen und die Aufgabe seines Beruft bewussle und klare Rechenschaft zugeben). Or, telle a été, de tout temps, la mission de la science pédagogique.

Désormais, dans les séminaires allemands, plus de théorie sans pratique qui en précise le sens ; mais aussi point de pratique sans théorie qui l’éclaire. Rôle de l’école primaire dans ses rapports avec l’Eglise, la commune, la famille ; son organisation intime; programme des cours; principes fondamentaux de la méthode ; science de l’éducation en général et de la discipline scolaire en particulier : sur tous ces points

les fulurs instituteurs continueront à recevoir, pendant les trois années du cours, un enseignement qui les mette à même de féconder les notions techniques, et de s’élever jusqu’à l’intelligence de la valeur morale de leurs fonctions. Or, on ne saurait trop le répéter : sans un tel enseignement, l’école normale peut former des machines vivantes, capables d'enseigner à « lire, écrire et chiffrer » ; elle ne saurait former des instituteurs.

Ainsi, les écoles normales primaires sont aujourd’hui, au delà du Rhin, ramenées des régions chimériques où on avait pu les égarer, au véritable sentiment de leur vocation ; mais elles y sont considérées, plus que jamais, comme le fondement du système général d’éducation populaire.

Les Allemands le comprennent ainsi qu’on le comprend en France : il en est de l'instruction primaire comme de toutes les forces sociales : instrument de vie ou instrument de mort selon qu'elle est bien ou mal dirigée. Or , les écoles normales sont, entre des mains intelligentes et fermes, le moyen le plus puissant de direction.

« Nous maintiendrons les écoles normales, me disait en Prusse un personnage éminent, comme nous conserverons les sources du fleuve qui féconde ce pays. Seulement, nous veillerons à une chose, c’est que la source soit toujours pure, et ne laisse point jaillir de flots empoisonnés. »

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