DES ÉCOLES NORMALES D’INSTITUTRICES
« Les femmes n’ont inventé ni l’algèbre ni le télescope; mais elles font quelque chose de plus grand que tout cela. C’est sur leurs genoux que se forme ce qu’il y a de plus excellent dans le monde, un honnête homme et une honnête femme. Si la jeune fille s’est laissé bien élever, elle élève des enfants qui lui ressemblent, et c’est le plus grand chef-d’œuvre du monde. *. »
En Allemagne comme en France, chacun de ces mots est désormais un axiome. Au delà du Rhin comme en deçà, si les anneaux de la tradition religieuse peuvent être renoués, c’est, à coup sùr, par cette portion de la société qui ne fait pas les lois, mais, ce qui est plus, qui crée les mœurs.
On n’a rien fait, si l’on ne confie l’éducation des mères futures à des mains dignes d’en porter le fardeau.
Aussi, la question des écoles normales d’institutrices estelle, depuis plusieurs années, l’objet des préoccupations spéciales de l'administration supérieure de l’instruction publique, au delà du Rhin.
Sous ce rapport, l'Allemagne du nord a beaucoup à faire. Elle possède fort peu d’établissements destinés à former des institutrices; et la cause de ce fait est très simple: proportionnellement au nombre des mailres, le nombre des maîtresses est imperceptible, et le nombre des maîtresses est aussi restreint pour deux motifs.