SAMEDI
Rilgion.
Exercice
compositions.
Mathéma-
tique.
Géographie.
Dessin.
Calcul.
Pendant cc travail, on fait repasser aux élèves l’iiistoire sainte, en leur adressaul des questions. — Tout exercice oral est accompagné d’un travail manuel. Celte excellente pratique, qui devrait être universelle dans les écoles de jeunes filles, est mise en usage avec un grand profit par M. le docteur Ralier, dans sou intéressant institut des jeunes aveugles.
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ment technique., et des notions positives, croyez- nous, le système est bon. II a deux avantages : d’abord , il contraint les futures institutrices à n’admettre que des idées claires, nettes, simples, point obscurcies par l’ambition du langage; en même temps, il les habitue à tout reporter, dans leurs éludes personnelles, au but réel de ces études, c’est-à-dire à l’enseignement de très jeunes esprits.» Que de telles considérations aient une sérieuse valeur, on ne peut le nier, et d’excellents résultats le prouvent; mais elles supposent, on le voit, un enseignement pédagogique dont le caractère élevé puisse maintenir des esprits déjà murs à ce niveau moral dont, sous peine d’amoindrissement, ils ne doivent point descendre. Si, par une heureuse combinaison, on peut, à la simplicité de l’enseignement pratique, unir ainsi l’élévation de la pensée, assurément un difficile problème est résolu.
Dans le plan primitif, les séminaristes ne devaient point prendre part à l’élude de la langue française; mais beaucoup de jeunes filles, en entrant à l’école normale, possédaient déjà quelques notions de notre langue. On a jugé bon d’utiliser, dans le séminaire, les faibles éléments qu’un grand nombre d’institutrices futures apportaient, sans trop y penser, du foyer domestique. On s’est dit, chose remarquable dans un institut de maîtresses d’école, que la connaissance d’une langue étrangère était favorable au développement de l’intelligence, et l’on a inscrit la langue française au nombre des objets d’étude obligatoires. — Un autre motif a fait adopter ce parti : une fois à la tète d’une école, beaucoup d’institutrices donnent des leçons particulières. Or, toute éducation distinguée, au delà du lthin, suppose nécessairement l’étude du français; non pas cette élude vague et superficielle qui permet , en faisaot à coups de dictionnaire le siège de chaque phrase, de conquérir tant bien que mal le sens général d’un ouvrage; mais une étude sérieuse et complète, après laquelle
si
on parle et l’on écrit la langue étrangère qu’on a rendue sienne. La langue française, pour la plupart des institutrices allemandes, est donc un instrument très utile. Celles qui sortent de l’école normale de Münster, sont en état, plus ou moins, de manier ce délicat instrument.
Sur cinquante sèminarittinnen, seize seulement sont pënsionoaires; les autres habitent la maison paternelle, ou, si elles sont étrangères à la ville, vivent au milieu de familles amies, sous des conditions déterminées par la directrice de l’école.
Cette coutume est analogue à l’usage adopté par les directeurs de la grande institution de Gray' s inn road, à Londres ; et, dans l’école normale de Münster comme dans les écoles anglaises de la National Society , le principal ressort de la discipline est le sentiment de la dignité personnelle.
Cette éducation en quelque sorte de famille atteint, —les faits le prouvent, — le but que poursuit le dévouement qui la donne. Elle devient réellement, Selon cette belle parole de Rollin, « le législateur toujours présent qui montre le devoir et le fait pratiquer. » Phénomène remarquable : d'après un usage que les mœurs consacrent sans que la loi l’impose en aucune sorte, les institutrices, dans la province de Münster, restent vouées aü célibat, tant que, placées à la tète d’une école, elles sont chargées des fonctions de l’enseignement; on n’y admet pas queles devoirs delà mère de famille puissent se concilier, avec les obligations de l’institutrice. L’institutrice vient-elle à se marier? Elle abdique par le fait même les fonctions dont elle avait assumé l’exercice. Je ne juge pas ici un tel usage ; je le constate.
Eh bien ! dans les conditions difficiles où elles se tronveut les anciennes élèves de l’école normale de Münster ont défié, jusqu’à ce jour, lesatteintes de la malignité. Ellesjouissent en Westphalie et dans les provinces rhénanes, d’une réputa-
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tion à la pureté de laquelle n’ont pas manqué d’éclatants témoignages. « Je connais le corps des institutrices de la province de Münster, disait en 1848, à la tribune du parlement de Francfort, Ms r l'évêque de Mayence 1 ; et tous ceux qui le connaissent comme moi lui rendront témoignage : la moralité de ces institutrices est si élevée que nulle critique ni soupçon ne sauraient les atteindre. »
I.a vue du bien Opéré dans les provinces rhénanes par l'école normale catholique de Münster a naturellement excité, dans l'esprit de l’administration supérieure de Berlin, le désir d’assurer un avantage analogue aux provinces protestantes de Prusse.
Un séminaire d’institutrices a été créé tout récemment dans la Régence de Mersebourg, à Droyssig.
Nous ne pouvons, en ce qui concerne cet établissement, que citer, en l’abrégeant, la circulaire suivante adressée aux autorités scolaires par le ministre de l’instruction publique, à la date du 26 mai 1854.
« L’école normale de Droyssig est destinée à fournir des maltresses à toutes les provinces de la monarchie. La durée du cours est de deux ans. Le personnel enseignant se compose : d’un directeur, d'un maître et d’une maîtresse en premier, d’un maître adjoint et d’une maîtresse adjointe. Le but de l’établissement « est de former des institutrices chrétiennes pour les écoles élémentaires et les écoles bourgeoises, d’après les principes de la doctrine évangélique; ces institutrices, à la sortie, doivent être en état de dispenser une instruction et une éducation chrétiennes. »
a L’enseignement embrasse toutes les matières applicables h
1. M* r Von Keltelor.— Discours en réponse à l’exposé des. motifs de M. Paur de Neisse.
l’éducation des femmes, y compris les travaux à l'aiguille et la pratique du gouvernement économique d’une maison. L’étude de la langue française y est prescrite.
« A cet établissement doit être annexé un institut pour la formation de gouvernantes, de maîtresses pour les écoles de jeunes filles d’un rang élevé. Outre l'instruction religieuse et pédagogique, on y fera des études plus avancées, notamment on y acquerra un usage familier de la langue française et de l'anglais, et la pratique de la science musicale. Les élèves de l’école normale, après leurs deux années d’étude, pourront être admises à l’institut.
« Le régime de l’école normale repose sur le fondement de la parole de Dieu, et est dirigé dans l’esprit d’une communauté chrétienne.
a Pour être admise, les conditions d’étude indispensables sont : une intelligence suffisante de la doctrine chrétienne, d’après le catéchisme et l’Écriture sainte; une connaissance facile des principaux traits de l’Ancien Testament ; l’usage des chants religieux le plus en usage. — 11 faut de plus ; lire correctement ; pouvoir rendre compte avec justesse du morceau qu’on vient de lire, de vive voix et par écrit, sans faire trop de fautes contre la langue; avoir la pratique des quatre règles; connaître ce qu’on apprend d’histoire nationale et d’histoire naturelle dans la classe supérieure d’une bonne école primaire; savoir tricoter, racommoder et coudre; posséder les premiers éléments de la langue française, du piano, du chant et du dessin. »
En parlant des écoles normales d'institutrices de Münsler eide Droyssig, nous avons voulu faire connaître le mouvement qui se produit, à l’heure qu'il est, au delà du Rhin ; nous n’avons point prétendu y chercher des exemples pour la France.
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En ce qui est des établissements destinés à l’enseignement des filles, la France n’a certes rien à envier à l’Allemagne.
Tandis que les maîtresses manquent presque partout, de l’autre côté du Rhin, la France recrute incessamment les institutrices de ses jeunes filles pauvres à une double et inépuisable source : d’un côté les congrégations religieuses, de l’autre, les dix écoles normales et les vingt-six cours normaux semés çà et là sur toute l’étendue de son territoire, pourvoient avec prodigalité aux besoins que développe chaque jour le sentiment des intérêts moraux. Des membres de ces saintes associations que le catholicisme ne cesse de peupler de victimes volontaires, président à la direction delà majorité de nos écoles normales d'institutrices * ; et la France, avec un légitime orgueil, peut entendre l’Angleterre et l’Allemagne protestantes répéter cet aveu d’une infériorité qui a conscience d’ellemême :
« Nous avons besoin de maîtresses qui chargent leurs épaules d’un rude fardeau ; qui ne regrettent la dépense ni de leur temps, ni de leurs forces, ni le sacrifice de leur comfort ; qui dans l’esprit du Christ, accomplissent l’œuvre du Christ; qui ne comptent pour rien ni leurs aises ni leurs vies; qui, après l’entière immolation d’elles-mémes, soient encore humiliées de leur lâcheté, et s’écrient : Nous sommes des servantes inutiles 1® »
t. Sur dix écoles normales d’institutrices, sept sont dirigées par des religieuses; treize cours normaux, sur vingt-six, sont également confiés aux membres des diverses associations.