PREMIÈRE PARTIE
Le caractère positif de l*idée religieuse , au sein de Técole, dans les pays catholiques d'Allemagne, ne ressort pas seulement, pour parler comme au delà du Rhin , de Torganisme intime de l'enseignement; il se reflète, pour vous saisir au premier abord , sur la constitution extérieure de Técole. Entrez le matin, un jour quelconque de la semaine, une demi-heure avant le commencement de Tétude, dans une ^se des provinces rhénanes, de Westphalieou de Silésie. Les enfants des écoles y assistent à la messe , sous le regard des maîtres. Garçons et filles, sur deux rangs parallèles, garnissent la nef ou se répandent jusqu'aux limites extrêmes des bascôtés. Agenouillés sur la pierre, et le Gesangbuch à la main, ils chantent accompagnés par Torgue, dont ils suivent, sans dévier, les harmonieuses inflexions; et leurs groupes divers, avec une sûreté de mesure que donne seule une éducation musicale, se répondent alternativement.
Ainsi en est-il à Munster comme a Cologne, dans les bourgs de la Silésie, comme en ces jolis villages qui se groupent dans le rayon et comme à Tombre de la cathédrale de Bonn. Non que je propose d'introduire par un règlement cet usage de l'assistance quotidienne à la messe pour les élèves des écoles, dans nos villes et dans nos villages de France. On peut louer de tels usages, on ne les décrète pas ; ils ne valent que par la liberté; Tombre même de la contrainte en altère le principe , comme elle en détruit les effets. Mais quand de tels usages se perpétuent en dehors de toute action coercilive, c'est le signe que la pensée chrétienne exerce une influence irrécusable sur les actes de chaque jour. On peut affirmer sans crainte que chez le peuple qui les garde librement , la vie morale est
de connaissances humaines à enseigner. Choisissez, d'un commun accord, pour vos inslruclions religieuses, les jours et les heures qui s'accorderont le mieux avec les devoirs de votre ministère et les plans d'étude de récole. "
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sétiease ; car ce ne sont pas les lois qui les ont fondés, et ce sont les mœurs qui les conservent.
Je ne saurais oublier la sérieuse émotion que me fit éprouver le ^ectacle de cette vie religieuse de Fécole, dans la petite église de Kempen. Au moment où j'arrivai à la grande école normale dont Kempen est le siège, le directeur, jeune ecclésiastique plein de ce feu sacré dont Tardeur redouble en se communiquant , H. Ostertag célébrait la messe dans Téglise annexée aux bâtiments de l'école. Le chœur était rempli d'une centaine de jeunes hommes de dix-sept à vingt-cinq ans, tous élèves du séminaire. Les rangs pressés des enfants des écoles sillonnaient la nef, et refluaient jusque sur les marches extérieures de l'église. Autour d'eux, s'agenouillaient en grand noml)re, des pères, des mères, des sœurs ; en sorte que élèves, maîtres, directeurs, chefs de famille, tous au début du travail quotidien, étaient là, réunis dans une même pensée, cherchant à un foyer commun et la lumière qui révèle le devoir, et la force qui Taccomplit. Qu'une telle harmonie des éléments divers appelés à agir sur la génération qui s*élève se produise sous la garantie de convictions sincères, et les conditions d'une véritable éducation morale sont trouvées ; carl'école est alors ce qu'elle devrait être toujours, la succursale de la famille; et la famille consacre par Texemple les inspirations de l'école. — En de telles conditions l'enfant, s'il s'égare, ne peut accuser que lui-même; la tâche de la société est remplie.
C'est au milieu de cette atmosphère essentiellement religieuse que me sont apparues les écoles dans les pays catholiques de l'Allemagne septentrionale. Là, je le répète, l'enseignement primaire n'a rien à démêler avec l'esprit de négation ; dans l'église et dans l'école, où que vous posiez le pied, vous marchez sur un terrain solide. Ici comme là, dans toute la force du terme, il y a un enseignement.