II. — Royaume de Saxe
L'instruction primaire, en Saxe, est régie par la loi du 6 juin 1835 et par le règlement pour l'application de cette loi, en date du 9 juin de la même année, r Ces deux actes sont l'expression et le résumé d'un état de choses qui est lui-même, à peu près, le modèle de l'organisation scolaire de la Prusse; car c'est du mouvement imprimé par rélecteur de Saxe, sous l'influence de Luther, que date, — je l'ai montré plus haut , — le système actuellement en vigueur dans l'Allemagne septentrionale. Eh bien ! je lis dans la loi du 6 juin 1835, art. 69 :
« L'inspection immédiate de l'école appartient à Tautorité locale, et, en ce qui concerne l'enseignement et la discipline, est spécialement réservée au pasteur. »
Et art. 73 :
« Toutes les fois que, dans le conseil communal, il est
RÔLE DE L*ÉTàT.
qnesUoo d'affaires d'écoles , le pasteur assiste à la réunion et la préside V. y
Voilà le rôle donné par la loi de Saxe au représentant de Tautorité ecclésiastique ; quant à ce qui concerne l'instructioD, que dit le règlement dont nous avons parlé?
€ L'instruction religieuse embrasse dans les écoles évangéliques le dogme et la morale chrétiennes, l'explication de la Bible et du catéchisme, l'histoire du christianisme et spécialement de la réformation. Elle doit être donnée de manière a ce que la jeunesse ne se borne pas à apprendre par cœur des formules et des mots, mais à ce que Tintelligence des vérités soitclaire et sûre ^ à ce que la foi soit vivante et solidement fondée... Dans l'école même, une leçon de religion doit avoir pour but de repasser les idées qui ont été le sujet de la prédi* cation entendue à l'église »
Cen^estpas tout; un arrêté ministériel du 23 août 1842 ordonne :
« Que les pasteurs et les maîtres fassent en sorte que les élèves âgés de dix ans assistent au service religieux le plus régulièrement possi&le ;
« Que les pasteurs, d'accord avec les comités d'écoles et les conseils communaux, prennent des mesures à cet égard pour écarter tous les obstacles. »
La loi de 1851 et l'ordonnance du 5 mai de la même année n'ont fait que confirmer les prescriptions que je viens de rapporter. Les actes du Gouvernement, en Saxe, ont répondu aux mesures législatives. En 1841 , le ministère supprimait les annales hégéliennes qui y sous prétexte de philosophie , met-
1. Codex der Sàchsischen Elementar'Volksschule^ publié, en 1852, par les ordres de M. le baron de Beust , ministre des affaires étrangères et de rinstractlon publique.
2. Verordnung zum Gesetze iiber da$ Elementar-Volks' Schuîwesen, vom 9 Jun. 1815.
SECONDE PARTIE
(aient à néant toute vérité acquise; en 1850, il a purgé les écoles de maîtres et d'écrits qui viciaient l'enseignement h sa source. Il 7 a huit années, le roi de Saxe appelait les représentants du pays à l'assister c dans la lutte contre l'esprit qui veut renverser rÉglise et bouleverser dans Técole les fondements de l'ordre moral 9 Aujourd'hui, le président du Conseil, M. le baron de Beust, a réuni le ministjbre de l'instruction publique au département des affaires étrangèreSt afin de reconstituer, d'une main ferme, l'enseignement n^orq! dp la génération nouvelle, sur la base raffermie de la tradition.
in. — HiNOVUE.
En Hanovre, même attitude de la part de l'Etat; ipèmes principes fondamentaux invoqués par ijui :
c L'instruction dans les écoles du peuple, dit la loi, est placée, selon le statut constitutionnel du pays {nach Massgabe des Landesverfassungs'Gesetzes)y sous l'inspection du pasteur et des ministres ecclésiastiques compétents. »
Les commotions sociales où l'esprit anti-chrétien inspirait partout, en Allemagne, Tespril révolutionnaire, ont fait penser au gouvernement de Hanovre qu'il devait donner à l'autorité religieuse, dans l'éducation populaire, une part plus large encore que dans le passé. Je ïis dans l'ordonnance royale de 1850
c L'école primaire dirigée jusqu'à ce jour sous le nom d'École chrétienne, garde son caractère chrétien confessionnel (art. 1'"^.
« L'Église a le droit de prendre, parles organes qu'elle choisit, une connaissance assidue de la manière dont sont