DE LA FORMATION INTELLECTUELLE
Mais pour concevoir ainsi plus largement les choses de l'apostolat religieux, il faut tout d'abord que l'intelligence elle-même ait été plus largement ouverte et que l'éducation des filles ait rompu avec des méthodes surannées.
Certes il y a — et il convient de le dire tout d'abord — il y a des excès dangereux à éviter: c'est la trop grande licence laissée aux jeunes filles dans le choix des études et des programmes. Il y a des jeunes filles que l'on semble s'ingénier à affubler d'une mentalité masculine qui ne leur va pas mieux qu'un travestissement et qui est aussi indécente à l'âme que celui-ci l'est au corps.
Il ne s'agit pas de rompre l'harmonie établie par le Créateur ni de confondre ce que la nature distingue pour le bien commun et la perfection finale.
La jeune fille doit conserver quelque timi-
dite, même dans ses démarches les plus hardies et ses études les plus profondes. Il ne lui sied point de marcher avec désinvolture. La grâce de son sexe est dans la démarche souriante.
La femme n'est pas faite, à part quelques exceptions qu'il faut d'ailleurs savoir limiter, pour les fonctions mâles, et donc il apparaît qu'elle ne doit pas s'appliquer à toutes sortes d'études indifféremment.
S'il convient, et il estpermisdele croire, que, pourrépondre aux exigences d'une civilisation plus avancée et plus complexe, il y ait aujourd'hui des femmes médecins, avocats, professeurs, il convient aussi de maintenir dans les limites de la nécessité ou d'aptitudes très spéciales cette invasion des femmes sur un terrain plus naturellement réservé aux hommes, sous peine de pousser à la plus fâcheuse interversion des rôles.
Mais ces réserves faites, ainsi qu'il fallait les faire, il ne faut pas oublier que la femme
de plus en plus est appelée à devenir la compagne de l'homme, l'aide semblable à lui et par conséquent sa collaboratrice consciente et avisée.