IL NE SUFFIT PLUS D ALLER AU PEUPLE
Il s'agit, en effet, dans les œuvres de formation démocratique, de faire prendre aux individus qui en tirent une aide réelle, conscience aussi de leur dignité native et de leur responsabilité ; il s'agit de leur faire comprendre qu'on ne vient pas leur apporter un salut extérieur à eux, dont on serait les seuls dispensateurs autorisés, mais qu'on vient les aider à sortir eux-mêmes d'une certaine torpeur, d'une paresse fâcheuse, que l'on vient à eux sans paraître condescendre ou s'abaisser, mais dans un esprit de fraternité qui supprime ou plulôL ignore les distances et qui veut rétablir l'harmonie rompue entre les diverses catégories d'individus.
Mais pour donner aux autres le sentiment de leur dignité, il faut l'avoir soi-même et se garder de tout calcul intéressé, de tout retour personnel.
lOfl DE L'ÉDUCATION SOCIALE DES FILLES
Il faut que ceux que l'on aide se sentpnt non seulement plaints, mais compris et aimés. Il ne faut pas que ce soit la « demoiselle » qui apparaisse, mais l'amie, la sœur, la compagne ; qu'il s'agisse de dispensaires, de crèches, de protection de la jeune fille, de patronages, d'ouvroirs, d'écoles ménagères, il ne faut pas que ces œuvres soient entreprises dans un autre but que d'aider les femmes et les filles de classes moins fortunées à sortir de leur état d'infériorité matérielle.
Il ne faut pas que l'on puisse même soupçonner que ces attentions et ces dévouements cachent une arrière-pensée et pourraient bien n'être qu'une industrie, qu'un moyen de captation, plus ou moins adroit, plus ou moins prochain.