‹ De l'education sociale des fillesChapitre 4 sur 20 · LA FBMME AU FOYER, LE MARI AU FORUM · texte numérisé non relu

LA FBMME AU FOYER, LE MARI AU FORUM

Autrefois, on pouvait admettre une séparation morale effective entre les époux : la

femme au foyer, le mari au forum ; les préoccupations spéciales de l'un sans écho, au moins sans écho sympathique, sur l'âme de l'autre.

Il semble aujourd'hui que l'union des âmes dans quelque camp que l'on se place, soit plus intime ; les différences radicales s'atténuent entre l'homme et la femme, certaines aptitudes se retrouvent presque semblables et s'harmonisent, certaines fonctions, publiques ou privées, peuvent s'exercer d'accord. La morale se fait fortement égalilaire entre elle et lui; ce qu'elle exige de l'un, elle l'exige de plus en plus de l'autre également dansl'opinion publique. Les droits civiques se font de plus en plus identiques aux deux sexes. Si la politique pure reste encore l'apanage quasi exclusif des hommes, la science sociale cherche des collaborateurs, des apôtres, des réalisateurs chez les femmes comme chez les hommes et la foi qui ne convient plus au charbonnier ne suffît pas davantage aux femmes.

Si donc naguère l'harmonie du ménage

pouvait résider dans la séparation absolue des fonctions et des pouvoirs, il semble qu'elle doive de plus en plus se situer désormais, non dans la confusion, certes, mais dans une coordination plus complexe de ces pouvoirs et de ces fonctions.

Et si donc nous ne voulons voir se rompre l'équilibre indispensable, si nous voulons que les jeunes gens, mieux formés par l'éducation religieuse et sociale actuelle, par cette science de la démocratie qui leur fait, en tous les milieux, même dans les milieux les plus humbles, prendre une notion plus nette et plus précise de leur personnalité, ne se heurtent pas à des incompréhensions meurtrières, à des incapacités décourageantes, il semble urgent de rehausser d'autant et d'élargir l'éducation des filles et de ne plus se contenter pour elles de ce qui paraissait suffisant à Molière et Biême à M. de Cambrai.

Page 1