CETTE LÉGÈRKTK EST-ELLE INVINCIBLE
Or ces affirmalions qui courent le monde et que certaines apparences sembleraient confirmer ne me paraissent point exactes.
On a dit longtemps aussi qu'il serait bien impossible de trouver des jeunes Français de vingt ans, chastes, volontairement soucieux des hautes questions sociales, désireux de vivre leur christianisme et ne réclamant pas pour leur cœur et pour leurs sens plus de droits qu'ils n'en désirent voir accorder à celles qu'ils épouseront plus tard.
El cependant cela s'est produit avec la plus consolante progression, au cours de ces derniers temps, sous l'influence d'écoles d'apostolat aux multiples initiatives.
Si la jeunesse masculine, plus emportée et plus exposée, a pu se soumettre à cette éducation et en tirer des fruits, ne serait-il pas d'une suprême injure et de la pire injustice de
dire que le chef-d'œuvre des mains de Dieu, en lequel s'est complue sa délicatesse ingénieuse, est incapable d'atteindre le but que le Créateur s'est proposé en donnant à l'homme une aide semblable à lui... semblable, certes, à l'origine, mais semblable aussi dans son évolution progressive à travers les âges, de sorte que toujours l'auxiliatrice soit apte à son rôle et que la différence entre la femme etlhomme ne puisse jamais être un écart disproportionné.
Pour moi, je crois que si pendant longtemps on a pu, et si actuellement encore on peut trouver tant déjeunes filles inattenlives, incapables de réflexion, ce n'est pas tant leur faute que celle des hommes, qui ne leur ont rien demandé de plus, qui les ont, au contraire, maintenues dans cette opinion vis-à-vis d'elles-mêmes qu'elles n'étaient bonnes qu'à s'habiller, babiller et se déshabiller et qui, ne leur faisant jamais confiance, n'ont pas su gagner leur confiance non plus ni par conséquent con- |
naître, sinon ce qu'elles donnent toujours, au moins ce qu'elles peuvent presque toujours donner.
Les jeunes personnes, pour employer ce vocable un peu désuet, dans lequel passe comme un aspect de pensionnat et la silhouette du «jeu de grâces », ont toujours paru à la majorité des hommes des bibelots aussi insignifiants que gracieux ; ceux-ci se sont amusés à les regarder se mouvoir, saluer, sourire, et se voyant regardées pour cela, les jeunes filles se sont accoutumées à ne plus faire à peu près que cela.
C'était vraiment tirer un trop maigre profit d'un trésor certain, laisser inemployées des richesses latentes au risque de voir la rouille les corroder bientôt.