RESPONSABILITE DBS JEUNES FILLES VIS-A-VIS DE LA RELIGION
S'il est vrai que l'étude de la religion est l'élude principale à laquelle il faut s'adonner, de quel soin celle étude ne devrait-elle pas être entourée quand il s'agit d'en faire profiter des jeunes filles?
Celles-ci doivent en effet étudier et comprendre la religion pour elles-mêmes et pour les autres telles doivent en prendre une notion exacte qu'elles puissent à leur tour exposer sans la déformer, sans la rétrécir, sans la compliquer.
L'éducation religieuse des jeunes filles appelle donc toute l'attention de ceux qui en sont plus directement chargés et sur l'autorité compétente desquels il ne m'appartient pas d'empiéter .
Il suffit de répéter que, dans la société contemporaine^ les femmes sont, auprès de beau-
coup, le seul véhicule de la doctrine d'en haut. Il convient donc qu'elles l'y apportent intégrale et souple tout à la fois. Or ce n'est pas seulement par les pratiques pieuses, si respectables et si excellentes qu'elles soient en elles-mêmes, ce n'est pas par une notion superficielle des choses, pour suffisante qu'elle leur paraisse et leur soit à elles-mêmes, que les femmes rempliront cette tâche. Ce n'est pas non plus lorsqu'elles seront jeunes femmes et mères de famille, lorsqu'elles auront un foyer à surveiller, des enfants à élever, qu'elles pourront se formera cette mission délicate et complexe .
C'est avant d'entrer dans la lutte qu'il convient de s'armer, si on ne veut pas s'exposer tout d'abord à des blessures qui pourraient être mortelles.
Ce n'est pas qu'il convienne de faire des jeunes filles des théologiennes^ des discoureuses, des prophétesses, car ce n'est pas sans motifs sans doute que saint Paul a dit : « Que
les femmes se taisent dans l'Eglise de Dieu I » On sait assez jusqu'où la manie de disserter des choses divines a pu mener une M""" Guyon pour qu'on ne trouve aucune précaution exagérée qui em-pêchera le retour de pareilles et de si scandaleuses extravagances.
Mais il ne s'agit pas de convier les femmes à professer sur la religion et à vouloir la raffiner éperdûment; il s'agit de les adjurer de l'étudier et de la comprendre telle qu'on la leur enseigne.
Dans ces limites, le conseil ne paraît pas excessif et peut-être répond-il à un besoin.