XVI
16 France septentrionateé Age du bronze
(vjrouyi. #••.......•.••.••
27 Malais (autres que les Javanais). . . .
27 Amérique méridionale (non déformés) 36 — septentrionale (non déformés)
4° Sous-brachycéphales.
57 Basques français (Saint- Jean-de-Luz). .
4 Esthoniens
63 Bas-Bretons des Côtes-du-Nord (cantons breton nants) . . . . .
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448 m VEGMITÉ
73 Bretons des Côtes-du-Nord (cantons
gallots) ..... , . . . 82.05
11 Mongols divers (Tartares, ete,) 81.40
11 Turcs 81.49
29 Javanais (Collection Vrolik) 81.61
17 Russes divers (Russie d'Europe) 82.81
11 Alsace et Lorraine 82.93
5° Brachycéphales.
10 Indo-Chinois , 83.51
5 Finnois §3^9
88 Auvergnat s (ossuaire de Saint-Nantaire). 84.07
6 Bavarois et Souabes ,..„... 84.87
10 Lapons 85.63
12 Syriens de Gebel-Cheikh (légèrement
déformés) 85.95
20 Amérique. Plusieurs séries de crânes déformés dont les indices moyens varient de 93 à 103.00
Pour tous ceux qui possèdent quelques notions d'ethnologie, ce tableau oifre les plus curieuses observations. Les conclusions qui en découlent ont une importance d'autant plus grande que, venant de Broca, les chiffres ont une valeur significative. Eh bien, qfue peut-on induire de cette nouvelle base de classification? C'est qu'il -n'y a, dans la conformation extérieure du crâne aucun caractère invariable qui fasse distinguer un individu de telle race d'un autre appartenant à une race différente. Parmi les dolichocéphales vraisi on rencontre, en tête, les Esquimaux du Groenland appartenant à la race jaune, avec un indice céphalique de 71.40, le plus petit du tableau, c'est-à-dire inférieur même a celui des Australiens et des Hottentots, tandis que les Lapons, également de la race jaune (branche
ougrienne ou boréale de M. de Quatrefages), occupent une des places les plus élevées parmi les brachycéphales. Immédiatement après les nègres de l'Afrique occidentale, ayant un indice céphalique de 73.40, viennent les blancs de France (époque de la pierre taillée et de la pierre polie) les uns avec un indice de 73.34, les autres de 73.22, — Les noirs Tasmaniens (76.01) viennent tout près des blonds Slaves (76.18). Les .Mexicains, race mixte qui tient le milieu entre les rougeâtres et les jaunes, sont placés à côté des blancs Normands du XVIIe siècle. Les Javanais très bruns sont immédiatement à côté des Russes d'Europe, à la peau si blanche et si fine que le sang se laisse voir au travers de Tépiderme. Des Indo-Chinois presque noirs ont 83.51 à côté des Finnois blonds, aux yeux bleus, qui ont 83*69.
Voilà des résultats bien curieux. En les considérant, on est obligé de se demander comment le savant Broca, qui a eu en mains de tels moyens de contrôle, ne s'est pas bien vite ravisé sur toutes les théories qu'il a soutenues avec tant d'ardeur, en faveur des doctrines de l'école américaine. Je pourrais me contenter des chiffres du savant auteur des Mémoires d'anthropologie; mais comme on pourrait croire que je m'y arrête, cette fois, parce que sa sagacité est ici au-dessous de l'ordinaire, il est bon de voir la liste des indices céphaliques de Barnard Davis. On y trouvera le même désordre, le même rapprochement des races les plus diverses et les plus éloignées, quand on considère les autres caractères anthropologiques. — Ses chiffres (1) ne diffèrent pas beaucoup de ceux de Broca. Il y a simplement à observer que l'auteur n'y fait point figurer les Français, coïncidence d'autant plus curieuse qu'il n'y a pas d'Anglais dans le tableau de Broca. Là encore, on peut
(1) Voir Topinard, Anthropologie, p. 246.
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H4 DE li'ÉGALITÉ
voir que les Tasmaniens (75.6) sont placés à coté des Suédois et des Irlandais (75); les Anglais (77) sont plus dolichocéphales que les naturels des Iles Marquises (80) ; les Esquimaux tiennent toujours le degré inférieur de l'échelle (71.3), regardant à l'autre bout les Birmans, race jaune (1) comme eux, mais les plusbrachycéphales du tableau, ayant un indice céphalique de 86.6.
I? semble qu'après de tels résultats on a bien le droit de déclarer que la mesure de l 'indice céphalique n'autorise aucunement les anthropologistes à s'y appuyer pour diviser les races humaines en groupes distincts. Pas plus que le cubage du crâne et l'indice céphato-orbitaire, cette nouvelle mesure ne donne la ressemblance ou l'exactitude des caractères qu'on doit rechercher, avant tout, dans les groupes naturels que l'on s'efforce de classer. Mais trouverons-nous jamais cette méthode précise et invariable, sans laquelle il est impossible d'arriver à des conclusions sûres et indiscutables dans la division taxiologique des races humaines ?
Essayons au moins ï indice vertical que le professeur Virchow considère comme la meilleure des mesures craniométriques. Voici quelques chiffres qu'en donne M. Topinard, d'après Broca.
Hommes Femmes
63 Bas-Bretons 7J.6 70.8
28 Corses 71.5 72.6
125 Parisiens (XIXe siècle) 72.2 71.7
13 Esquimaux , 72.8 *73.4
88 Auvergnats . . 73.6 73.8
85 Nègres d'Afrique 73.4 73.5
54 Néo-Calédoniens. 73.7 74,6
27 Chinois 77.2 76.8
18 Caverne de THomme-Mort. ....... 68.9 73.0
(i) Branche touranienne de M. de Quatrefages.
Dans ce tableau, on voit les Noirs d'Afrique entre les Auvergnats et les Parisiens. Les Chinois et les Esquimaux de la race jaune se trouvent séparés par ces mêmes Auvergnats unis aux Africains. Quelle conclusion en tirer ?
Nous négligerons, quant à présent, la mesure de la circonférence horizontale aestinée à distinguer les races frontales ou occipitales de Gratiolet ; celles du transverse frontal minimum et de l'indice frontal ne nous diront rien de mieux, puisque Ton y retrouve le Noir d'Afrique à côté du Parisien, le Chinois accoudé à l'Australien, dans un désordre caractéristique (1).
En passant à l'étude de la face humaine, on ne découvre pas une base de classification plus, solide que les précédentes. Pour la longueur et la largeur de cette partie du crâne, M. Topinard cite les chiffres suivants empruntés à M. Pruner-Bey.
Largeur Loaguear
18 Esquimaux 433 mîll. 135 mi!l.
12 Chinois 134 137
10 Scandinaves. ... , 129 132
6 Allemands du Midi 127 131
30 Néo-Calédoniens 125 137
30 Nègres d* Afrique . 124 130
8 Hottentots 116 123
6 Lapons 109 136
On ne peut tirer de ce tableau aucune conclusion d'une certaine valeur, « Les Esquimaux et les Chinois, dit Fauteur de Y Anthropologie, auraient donc la partie du visage sous-jacente aux sourcils la plus longue et les Lapons la plus courte. » Pourtant, bien que les deux catégories soient séparées par tous les autres groupes du tableau, elles appartiennent également à la grande race jaune.
(1) Voir Topinard, loco cîtaio^ p. 251 à 255*
En vérité, il n'y a rien de plus éloquent que ces tableaux craniométriques. D'autres, en les lisant avec indifférence, peuvent ne point y trouver un passe-temps bien agréable. Mais quand je pense que tous ceux qui les établissent n*ont jamais pu se convaincre de l'inutilité des divisions systématiques que Ton veut créer entre les diverses races de l'humanité; quand je pense que l'illustre Broca., dans cet océan de doute et de confusion où l'étude des caractères ethniques si vagues et si fuyants jette l'esprit, a pu croire à l'existence de plusieurs espèces humaines, distinctes les unes des autres, je ne puis m'empêcher d'admirer l'aptitude toute spéciale dont sont douées certaines intelligences pour s'orienter à travers les contradictions. Qu'on ne se fatigue pas, cependant ! Les questions que l'examen de ces tableaux soulève ont une importance assez marquée pour qu'on ait Fambition de s'y édifier le mieux possible. Voyons donc la mesure de l'indice facial prise par Broca.
13 Esquimaux 73.4
80 Nègres 68.6
69 Bretons-Gallots 68.5
88 Auvergnats . 67.9
49 Néo-Calédoniens 66.2
425 Parisiens. 65.9
12 Australiens 65.6
8 Tasmaniens. , 62.0
Remarque-t-on d'ici les Nègres accolés aux Bretons- Gallots> les Auvergnats à côté des Néo-Calédoniens et, pour comble d'outrage, les Parisiens si près des Australiens, les représentants noirs r les plus arriérés de l'espèce ! Vraiment si le nom bien connu du savant professeur ne se trouvait pas clairement exprimé ici, on croirait volontiers que nous avons affaire à un monogéniste décidé, doublé d'un négrophile têtu. Mais non, c'est l'esprit le
DES RACES HUMAINES. Ul
moins accessible aux compromissions humanitaires, c'est l'inspirateur respecté de l'école anthropologique française qui constate ce désordre ! Ces séeies où les races humaines vont bras dessus, bras dessous, dans une belle promiscuité, ne semblent-elles pas rire au nez des savants classiûcateurs ? Les anthropologistes peuvent-ils continuer à les enregistrer, sans modifier leurs théories si tranchantes et si affirmatives ? Quel ne sera pas alors le discrédit de leur science, quand viendra - la critique du vingtième siècle, où Noirs et Blancs, Jaunes et Bruns sauront également tailler leur plume et manier ces instruments de la maison Mathieu (1) si éloquents, même entre les mains de ceux qui ne veulent pas y croire!
On sent combien il est intéressant de poursuivre la lecture de ces tableaux qui sont l'expression de tout ce que les anthropologistes ex professo se donnent de mal, au milieu de ces appareils sévères, de ces crânes dénudés et grimaçants où ils font froidement leur expérience in anima vili. Pour moi, à part la soif inextinguible que j'ai de la vérité, à part le devoir que j'ai de poser même une seule pierre dans l'œuvre de la réhabilitation scientifique de la race noire dont le sang coule pur et fortifiant dans mes veines, j'éprouve un plaisir inouï à me promener ainsi entre ces différentes colonnes de chiffres si soigneusement disposées, pour la plus grande édification de l'intelligence. Aussi continuerai-je à les parcourir !
Nous allons être en présence d'un tableau de M. Welcker. Il s'agit de la ligne naso-basllaire, allant du basion (bord antérieur du trou occipital) au point nasal, c'est-àdire à la racine du nez. « Les Allemands en font le plus grand cas, dit M. Topinard. Ils la considèrent comme la
(1) Prcvque tous les instruments ingénieux dus à l'imagination inventive ces anthropologistes français ont été fabriqués par cette maison.
i48 DE L'ÉGALITÉ
base philosophique du crâne cérébral, comme la corde de la courbe que décrivent les corps des trois vertèbres crâniennes, comme Taxe autour duquel évoluent d'une part le crâne, de l'autre la face (1). »
En voici les chiffres :
Mill.
3 Papous . 9g
43 Malais de Bugi, 2 JLapons, 3 Brésiliens. ... 97 u «juiis. •■•.• 9o
2 Hongrois, 5 Tsiganes, 6 Malais de Madura,
2 Hottentots 99
30 Allemands, 12 Russes, 5 Cosaques, 5 Tarta-
res, 16 Chinois, 2 Mexicains, 20 Nègres . . 100
3 Ecossais (highlanders), 5 Baskirs 101
8 Française Hollandais, 6 Malais de Sumatra. 102
■9 Finnois, Y Malais des Moluques . 103
3 Australiens, 3 anciens Grecs . . . 104
11 Esquimaux . . . . , 106
2 Cafres . * . ..„,>... 107
Ainsi, parmi ceux dont la ligne naso-basilaire est la plus courte, c'est-à-dire les plus brachycéphales, il faut compter les Papous noirs de l'Océanie, à côté des Birmans de race jaune ; les Hongrois, les Tziganes sont réunis aux Malais et aux Hottentots, Dans la plus remarquable série, on rencontre ensemble : les Allemands, les Russes, les Cosaques, les Tartares, les Chinois, les Mexicains et les Nègres,c'est-à-dire les représentants de toutes, les races humaines qui vivent sur la face de la terre, avec la mesure commune de 100 millimètres.
On peut parfaitement négliger les autres mesures cranioscopiques qui ne nous offrent rien de plus concluant
ïopinard, looo citato, p. 259.
sur la distinction sériale des races humaines. Abordons plutôt, pour en finir avec ces citations de chiffres, le tableau de Broca, concernant l'indice nasal. C'est le rapport qui existe entre la plus grande largeur du nez à l'ouverture des narines et sa plus grande longueur, mesurée à partir de la suture naso-frontale pour descendre à l'épine nasale, au-dessus de l'arcade dentaire supérieure- Pour avoir cet indice, on multiplie par 100 la largeur maximum du nez et on divise le produit par ia longueur maximum. Selon l'indice ainsi obtenu, le crâne est placé parmi les leptorrhiniens, les mésorrhiniens ou les platyrrhiniens.
Le premier terme avait déjà été employé pour caractériser la gracilité relative de la région nasale du rhinocéros de Cuvier; Etienne Geoffroy Saint-Hilaire avait aussi nommé platyrrhinins une tribu de singes, les Cébins du Nouveau-Monde, pour les distinguer des Pythécins de l'ancien continent, désignés sous le nom de catarrhinins. C'est en pensant peut-être à cette homonymie des termes que M. Topinard a fait sur l'indice nasal la réflexion suivante : « Ce caractère, dit-il, rentre à certain point de vue dans la catégorie de ceux qui établissent un passage de V homme au singe, mais plus encore de ceux dont la raison demeure sans explication. » Le professeur d'anthropologie semble pourtant y attacher une importance positive ; car, avant de présenter le tableau qui va nous passer sous les yeux, il ajoute ces mots : « M. Broca, en effet, a découvert que l'indice nasal est un des meilleurs pour distinguer les races humaines, quoiqu'il ne les distribue pas en une échelle régulière, conformément à l'idée hiérarchique que nous nous faisons de ces crânes (1). »
Je crois que M. Topinard, dont la modération est bien connue parmi ceux qui formulent des conclusions doctrï-
(1) Topinard, loco citatoy p. 262.
nales, exagère beaucoup l'importance de cette mesure craniologique. Malgré toute l'autorité qu'on doit lui reconnaître, quand il s'agit de savoir les opinions que professait Broca sur un point quelconque de la science anthropologique, il est certain que celui-ci n'attachait â l'indice nasal aucune prévallence sur les autres procédés craniométriques. Dans un de ces Mémoires, dont les considérations sont trop étendues pour qu'on en fasse ici un résumé même écourté, le savant anthropologiste s'exprime ainsi : « Les remarques qui précèdent montrent que l'indice nasal est plus sujet à varier que l'indice céphalique ; et si celui-ci est déjà reconnu trop variable pour constituer à lui seul la caractéristique du crâne, à plus forte raison ne devons-nous pas nous flatter de trouver dans l'indice nasal un caractère décisif (1). » Dans un autre mémoire, de la même année beaucoup plus étendu que le précécent, il a dit encore : « Je répète qu'il n'entre nullement dans ma pensée de faire de l'indice nasal la base d'une classification quelconque. Je n'y vois qu'un des caractères qui doivent concourir à l'étude des analogies et des différences ethnologiques (2).
.... « Je ne saurais trop répéter en terminant, que l'indice nasal est sujet, plus que la plupart des autres caractères, à l'influence perturbatrice des variations individuelles et que les résultats qu'il fournit doivent/pour être valables, être relevés par la méthode des moyennes sur des séries suffisamment nombreuses (3). »
Puisque, par les propres appréciations de Broca, nous savons quel cas il faut faire de l'indice nasal comme caractère taxiologique des races humaines, nous ferons
(1) Mémoires â^anthr.^ t. IV, p. 294.
(2) Ibidem^ p. 321
(3) Ibidem, p. 343*
DES RACES HUMAINES. I5f
bien d'examiner le tableau suivant, qui sera suivi de quelques explications nécessaires pour en fixer la valeur.
Indice nasal.
!16 Hottentots 58.38
8 Tasmaniens 56.92
83 Nègres d'Afrique 54.78
H 1 22 Nubiens k*> ah
S I 14 Australiens 53.39
66 Néo-Calédoniens 53.06
29 Javanais 51.47
g \ 11 Lapons 50.29
§ J 41 Péruviens 50.23
26 Polynésiens 49.25
11 Mongols 48.68
27 Chinois 48,53
m I 122 Parisiens modernes 46.81
•g \ 53 Basques français 46.80
-g j 53 Basques espagnols. 44.71
£ / 17 Guanches 44.25
^ \ 44 Esquimaux. . 42.33
Assurément, dès qu'on jette un premier coup d'œil sur ce tableau, il semble en sortir une déduction imposante. Tous les peuples de la race noire se trouvent parmi les pîatyrrhîniens ; tous les types de la race jaune ou malayo-américaine, excepté les Esquimaux, sont parmi les mésorrhiniens ; tous ceux qu'on regarde comme les représentants de la race blanche, parmi les leptorrhiniens. C'est pour la première fois qu'un procédé craniométrique offre un tel accord avec les théories anthropologiques ; et c'est justement à l'égard de ce procédé que le grand maître de la science recommande le plus de prudence, le plus de méfiance ! Le fait est curieux entre tous et mérite d'être étudié. L'heure est peut-être venue de dénoncer l'application fal-
hv :
ir& DE INÉGALITÉ
lacieuse de la méthode des moyennes, que les anthropologistes placent si haut, parmi les moyens d'investigation mis à la disposition de la science. C'est par un abus contraire à tous les principes de l'histoire naturelle que Ton prend ainsi une constatation idéale, arbitraire pour en inférer des lois naturelles, dont le caractère essentiel consiste surtout dans la nrécision p+ 1» rAnmiarï+A
Avec la théorie des moyennes, l'expérimenteur qui dispose d'un grand nombre de crânes trouve facilement une façon de leur faire dire ce qu'il veut. Il n'y a qu'à choisir ses types dans le tas, écartant les maximums ou les minimums suivant les convenances de la thèse à soutenir. Je ne prétends pas mettre en doute l'intégrité des savants qui opèrent sur ces moyennes; mais ils sont des hommes et l'on sait combien peu on hésite, lorsqu'il s'agit de forcer un fait à concourir à la démonstration d'un système que l'on défend. Il y a dans le tableau original de Broca, d'où M. Topinard a extrait les chiffres que nous venons de voir,. un exemple ou plutôt un trait de lumière qui nous aidera merveilleusement à expliquer le cas en question. Les moyennes y sont accompagnées des minima et des maxima.
Ainsi la. race la plus platyrrhinienne du tableau, les Hottentots, possède, un minimum d'indice nasal de 47.17 qui entre dans la catégorie des mésorrhiniens ; tandis que les Guanches, dont l'indice nasal est le plus petit, offrent parfois des maxirna qui tombent dans la catégorie des mésorrhiniens. Mais qu'en sera-t-il si on répète la même comparaison entre les noirs de l'Afrique et les Parisiens modernes. Le minimum trouvé pour les premiers descend jusqu'à 43.43, qui est au-delà même des moyennes représentées par les Guanches, parmi les plus purs leptorrhiniens ; tandis que le maximum des derniers monte à 53.33, qui est la moyenne des Hottentots! Avec de telles oscilla-
tions comment veut-on que l'indice nasal ait aucune portée scientifique, aucune valeur zootaxique? Nous savons bien que, exceptis excipiendis, la race noire offre beaucoup plus souvent que la race blanche ce nez aplati et élargi à la base qui retire au visage toute expression de beauté ; mais n'est-il pas connu que le nez de la race mongolique est tout aussi large et aplati? D'autre part, les nez plus ou moins camus se rencontrent si souvent dans la race blanche et le nez droit, même aquilin, est si peu rare parmi les noirs, qu'on ne pourra jamais en faire un caractère ethnique.
Ajoutons une remarque. Si la morphologie du nez constitue, comme l'affirme le savant M. Topinard, un de ces caractères qui établissent un passage de l'homme au singe, il y a tout lieu de croire que la race blanche caractérisée leptorrhinienne, est un type intermédiaire entre les singes et l'homme. Car, dans un classement basé sur les formes du nez, ou fait à ce point de vue de l'anatomie comparée de l'homme et des grands singes anthropomorphes, le blanc vient immédiatement après les chimpanzés. On peut se convaincre de cette vérité en lisant les propres paroles de Broca. « Dans les races humaines l'accroissement de l'indice nasal constitue presque toujours un caractère d'infériorité ; cela pourrait faire croire que la largeur relative de la région nasale doit être plus grande dans les singes que dans l'homme. Il n'en est rien cependant, et, s'il est vrai de dire que l'indice nasal des jeunes anthropoïdes se rapproche quelque peu des proportions humaines, il faut aussi ajouter que chez les anthropoïdes adultes, l'indice nasal devient plus petit et même beaucoup plus petit que celui de l'homme (l)e »
Uindice orbitaire de Broca ne dorme nullement une
(1) Broca, loco oitato, t. IV, p. 306.
: > ri
base sûre pour la classification des races. La nomenclature d'après laquelle le savant anthropologis te range les différents groupes humains, en microsèmes, mésosèmes et mégasèmes, ne correspond pas du tout aux grandes divisions taxiologiques adoptées par les autres ethnographes et anthropoîogistes. Telle que la donne M. Topinard (1), elle laisse voir toutes les races dans un mélange dont on ne peut tirer aucune règle précise.
Une particularité fort curieuse, que nous avons eu lieu de remarquer déjà dans d'autres tableaux, c'est la fréquence de similitude de caractères entre les races noire et blanche qui, sous le rapport craniologique, semblent souvent se rapprocher, tandis que la race jaune ou mongolique garde toujours son cachet spécial. Dans le tableau de Broca (2), beaucoup plus explicite que le simple extrait du professeur Topinard, à la fin de chaque ligne, il y a les lettres M, E, ou C qui indiquent les types mongoîique, éthiopique ou caucasîque. Tous les peuples de race mongoîique sont réunis parmi les mégasèmes qu'ils composent presque seuls, étant au nombre de vingt-trois sur les vingt-six catégories de cette section.
Aux sections des mésosèmes et surtout des microsèmes, on rencontre les Ethiopiens et les Caucasiens mélangés dans une forte proportion. Des treize peuples composant les races où domine la microsémie, on compte huit peuples caucasiques et cinq éthiopiques entremêlés dans le plus grand désordre.
On pourrait rapprocher cette coïncidence et celle rencontrée dans la mesure de l'angle avéolo-condylien. « Un fait digne de remarque, dit Broca, c'est que sous ce rapport, les crânes de type éthiopique ne diffèrent que très
(1) L'Anthropologie, p. 264.
(2) Mêm. d'Anthr., t. IV, p. 395.
peu de ceux du type caucasique... Chez les Nègres comme chez les Européens, la moyenne est négative et un peu supérieure à 1 degré. — La seule différence ethnique qui paraisse se dégager de cette étude est relative aux crânes du type mongolique qui m'ont donné une moyenne de -h 3° 31(1). »
Nous avons suffisamment parcouru ces tableaux qui sont les résumés des procédés variés imaginés par les anthropologistes pour découvrir les caractères différenciels qui distinguent les races humaines les unes des autres. On peut s'assurer que ceux qu'on a vus donnent la juste mesure de ce que valent les autres. Ab uno dice omnes. Aussi nous contenterons-nous désormais d'en faire une analyse succincte en donnant l'opinion de chaque auteur, ou d'un anthropologiste compétent .
L'étude de Y indice gênerai de la tête osseuse, faite au moyen du craniophore, ne donne pas une mesure de nature à mieux consolider les classifications des races, telles qu'on est habitué à se les représenter. Par le même instrument, on peut encore déterminer le degré à* inclination du front. Le résultat en est que lorsqu'on parie du « front déprimé du nègre », on commet une erreur qui, involontaire ou entretenue par d'anciens préjugés, prend les proportions d'une grosse bêtise. « Ce qu'on appelle un beau front, c'està-dire un front droit et bombé, dit M. Topinard, paraît se rencontrer aussi souvent, sinon davantage, dans les races nègres d'Afrique ; la série des Nubiens de M. Broca si négroïde par le crâne, est spécialement remarquable par la saillie des bosses frontales. »
Cette citation me remet en mémoire le passage d'un savant article où mon intelligent compatriote, M. Janvier, dit que Broca distinguait du premier coup d'œil les Noirs
(1) Ibidem, p. 503-504.
iM DE L'ÉGALITÉ
haïtiens, en remarquant leur front bombé. Le savant anthropologiste aurait-il eu le caprice de ne jamais voir dans les crânes nubiens de son laboratoire une particularité ethnique [qu'il reconnaissait si bien dans le Noir haïtien! Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. C'est l'éternelle histoire de l'esprit humain. Les pages de Terreur ne seront définitivement scellées que lorsque toutes les races, également instruites, sauront également discuter toutes les propositions, toutes les opinions, dans l'universalité de la science. Cette ère poindra peut-être vers la fin du vingt cinquième siècle ; mais déjà on peut voir blanchir â l'horizon de l'avenir le ciel sombre de la barbarie, qui a si longtemps fait la nuit dans les intelligences enténébrées de la majeure partie de l'humanité. Cette aube grandira, s'étendra. La lumière sera faite brillante et belle. Mais en attendant qu'elle vienne, continuons à nous diriger au milieu de l'ombre épaisse où luttent encore toutes les nations, toutes les conceptions. Étudions toujours toutes les doctrines anthropologiques qui se couvrent du nom auguste de la science et en tiennent actuellement la place.
Avant d'abandonner le terrain de la craniométrie, où il nous a été impossible de trouver une base sérieuse de classification, je ne saurais mieux faire que de citer quelques paroles de l'illustre Broca, celui qui a le plus travaillé à ces opérations anthropométriques. En parlant de la direction du trou occipital dans les différentes races humaines et particulièrement de Yangle de Daubenton, Féminent anthropologiste s'est ainsi exprimé : « Une classification ethnologique basée exclusivement sur ce caractère serait donc tout à fait trompeuse; mais il a cela de commun avec tous les autres. Plus on avance dans l'étude des races humaines, et plus on acquiert la conviction que leurs affinités et leurs différences ne peuvent être déterminées et
DES BACES HUMAINES. 157
encore moins mesurées par un seul et unique caractère anatomique, morphologique ou fonctionnel. Ce n'est qu'en tenant compte de tous ces caractères suivant les principes de la mithode naturelle, qu'on peut espérer d'arriver à une classification vraiment scientifique (1). »
Nous enregistrons cet aveu suprême. Nous notons bien dans la gravité de cette belle phraséologie la nuance sombre de ce découragement profond que ceux-là seuls connaissent qui se sont passionnés pour une idée scientifique et qui, après des recherches laborieuses, longues, consciencieuses, arrivent enfin à voir leur conception hautement démentie par la nature des choses. Cette dizaine de lignes que nous venons de lire semblent rendre inutiles tous les arguments que je me suis efforcé d'aligner pour réfuter le célèbre champion du polygénisme. Sans le besoin de l'histoire, sans la nécessité qu'il y a surtout à ce que ces pages restent, puisque les idées qu'elles combattent sont fixées en d'autres pages peut-être moins véridiques mais plus. belles ; je pourrais vraiment alléger mon ouvrage de toute la lourde discussion qui en est sortie. Mais, pour revenir à une observation que j'ai déjà faite, en vertu de quelle logique Broca ou ses disciples et continuateurs ontils pu trouver dans la réunion de caractères qu'ils reconnaissent aussi trompeurs les uns que les autres, une manifestation quelconque de la vérité scientifique? Comment parviendra-t-on jamais à une classification vraiment scientifique, « en suivant les principes de la méthode naturelle », quand les mesures anthropologiques, que Ton reconnaît comme les seules bases rationnelles, sont nonseulement trompeuses, irrégulières, mais le plus souvent contradictoires ? Il faudrait, après avoir cherché des moyennes pour chaque caractère ethnologique, prendre
(1) Broca, looo citatot p . 634.
encore la moyenne de ces moyennes avant d'avoir une base définitive. Renvoyer â de telles données pour la solution du problème de la classification des races humaines, c'est déclarer indirectement qu'on n'y parviendra jamais.
f AUTRES BASES ANTHROPOMÉTRIQUES.
Maintenant que nous avons vu tout ce que la craniométrie peut offrir de ressources dans les recherches comparatives sur les caractères respectifs des races humaines ; maintenant que nous avons constaté l'impuissance des anthropologistes à tirer de ces procédés si compliqués la moindre règle qui ait une précision suffisante pour nous guider dans la distinction des groupes ethniques, nous pouvons passer à l'examen des autres procédés anthropométriques qui ont aussi fait l'objet de très savantes études. Cet examen sera si rapide qu'on doit plutôt le considérer comme un simple coup d'œil. A quoi bon d'ailleurs s'appesantir sur des faits d'où l'on ne peut tirer aucune lumière, aucun indice de la vérité!
La. perforation de la cavité olécranienne de V humérus, ^dont on a voulu faire une particularité ethnique, après l'avoir observée pour la première fois sur des squelettes de HbttentotSj est complètement négligée. On Ta rencontrée dans toutes les races et dans des proportions remarqua- \ blés parmi les anciennes populations de la France. C'est \ au point que sur 47 montagnards de l'Ain du Ve siècle,, le \ phénomène se vérifie dans une proportion de près de 28 ! pour cent.
La piatycnêmie (jambe en lame de sabre), qui résulte 1 peut-être de l'aplatissement latéral du tibia, n'est pas plus particulière à telle race qu'à telle autre. De même ique la perforation olécranienne de l'humérus, elle semble
DES MCES HUMAINES. 159
se produire dans une certaine phase de développement de chaque race. Il faudrait alors la considérer plutôt comme un de ces signes anthropogéniques qui prouvent que toutes les races subissent une même évolution, tant dans l'ordre physique que dans Tordre intellectuel et moral. C'est une question importante que nous aurons à étudier.
Un point des plus intéressants dans les différentes comparaisons que l'on a faites des squelettes humains de races diverses, c'est la proportion des membres supérieurs et des membr.es inférieurs. Des mensurations incertaines, exécutées avec plus ou moins de soins, avaient décidé certains anatomistes ou anthropologistes à déclarer que Favant-bras de l'homme noir, comparé au bras, est plus îong que celui de l'Européen. Depuis cette découverte ingénieuse, on s'est efforcé, par toutes sortes de procédés, à inventer des mesures précises, afin de fixer l'exactitude de ce fait. Mais la plus grande confusion règne dans les chiffres. Un savant sérieux ne saurait y voir que Tune de ces fantaisies dont parle M. de Rosny. Le but de ceux qui soutiennent ou ont soutenu ces paradoxes est surtout de démontrer qu'il existe un rapprochement plus ou moins valable entre l'Africain et le singe. White, Humphry et Broca n'en ont point fait mystère. Cependant, il y a bien lieu de croire qu'en déduisant une telle conséquence de ce caractère supposé ou même positif et inconstablv. ils avaient complètement oublié toutes les autres constatations de l'anatomie comparée, pour ne s'arrêter qu'à un détail qui s'adapte plus particulièrement à leur doctrine scientifique. * Le plus évident jusqu'ici, dit le professeur Topinard, c'est que les proportions de l'homme ne se rapprochent ou ne s'éloignent pas^de celles de l'anthropoïde par toutes les parties du squelette à la fois, mais tantôt par Tune, tantôt par l'autre, sans qu'il y ait de règle à établir, de prévision possible. Rien n'est plus opposé à la théorie monogéniste
d'une gradation hiérarchique des races et plus conforme au contraire a celle des formations parallèles. Un type est supérieur par un point et inférieur par un autre, li en est de même dans la famille des anthropoïdes, il y a divergence de proportions entre leurs genres et leurs espèces comme entre les races humaines (1). »
Avant et au-dessus des conséquences qu'on a voulu déduire de la différence proportionnelle des membres inférieurs et supérieurs de l'Africain, comparés à ceux de l'Européen, il faut mentionner celles qu'on* a inférées de la conformation du bassin dans les divers groupes de l'espèce humaine. En mesurant les dimensions du bassin, au point de vue de l'anatomie comparée, on a observé que sous ce rapport les animaux offrent une différence notable avec l'homme.
Tandis que parmi tous les mammifères la longueur du bassin remporte sur sa largeur, c'est le fait tout contraire qui se manifeste dans notre espèce. Cependant les Chimpanzés tiennent à peu près le juste milieu, ayant les deux diamètres de la cavité pelvienne presque égaux ; le gorille et l'orang, inférieurs au chimpanzé sous d'autres rapports, se rapprochent encore plus de l'homme sous ce* lui-là. On pensa bientôt à y établir une différenciation entre les noirs et les blancs. Camper et Sœmmering déclarèrent que le bassin du noir est en général plus étrpit que celui de l'Européen. Cuvier confirma leur opinion en affirmant que, sous ce rapport, la Vénus hottentote' présentait des caractères patents d'infériorité. Weber et Vrolick, sans être aussi tranchants dans leurs déductions, avancèrent également le même fait. Suivant le premier, les principales formes du bassin se réduisent à quatre et se rencontrent dans toutes les races humaines; mais la
(1) Topinard, loeo citato^ p. 314*
forme ovaie se laisse voir plus souvent chez le blanc européen; la carrée, chez le Mongol ; la ronde, chez l'Américain et la cunéiforme dans la race noire.
La dimension carrée et cunéiforme de l'orifice supérieur de l'excavation pelvienne ne se rencontre pas dans la nature. Vroïick, tout en sacrifiant à l'opinion commune, quand il déclare que le bassin de l'homme noir présente une configuration qui se rapproche de l'animalité, reconnaît déjà la gracilité du bassin de la femme noire. Or, quoi qu'en ait pensé M. Pruner-Bey, il est évident que lorsqu'il s'agit d'étudier les différences ethniques que présente la configuration du bassin dans les groupés humains, c'est bien sur la femme que doivent se diriger les investigations scientifiques. La nature a mis un sceau sur la conformation anatomique de chaque sexe. Si elle a donné la prééminence à l'homme pour tout ce qui touche au cerveau et à la vigueur musculaire, elle a surtout donné à la femme tous les dons supérieurs qui concourent à la reproduction et à la conservation de l'espèce. Or, le bassin est, pour ainsi dire, la coupe où vient s'adapter l'organe même de la maternité, le véritable vase d'élection de l'humanité. Pour se pénétrer de cette idée, on n'a besoin de recourir à aucune doctrine ésotérique, à aucune téléologie transcendantale.
D'ailleurs, pour comparer raisonnablement les caractères que signale la pelvimétrie dans les différentes races humaines, il ne faudrait pas mettre en regard des bassins du sauvage nigritien ceux des Européens modernes, déjà civilisés, ayant un genre de vie infiniment plus facile et plus élevé que l'Africain. C'est à l'anthropologie préhistorique de l'Europe qu'il faudrait plutôt faire appel, en mettant les types blancs, disparus ou devenus rares, de l'époque de la pierre polie ou de l'âge de bronze à côté des peuples noirs ou jaunes dont l'évolution historique présente actuellement une phase semblable. De plus, les listes que l'on
nous offre sont si maigres qu'elles n'ont aucune signification. Pourquoi, par exemple, le tableau (1) de M. Topinard est-il si parcimonieux en fait d'Européennes, dont il offre seulement quatre bassins, quand il a pu s'en procurer huit d'Africaines? Ne serait-ce pas, ici comme ailleurs, l'éternel jeu, la prestigieuse fantasmagorie des moyennes dont j'ai déjà parlé ? J'avoue que lorsque j'entends un anthropoiogiste exposer à ses collègues les résultats qu'il a obtenus à l'aide de ces moyennes, je me rappelle invinciblement ce que dit le caustique orateur romain sur la contenance de deux augures qui se regardent. On a besoin alors de bien grands efforts pour ne point partir d'un de ces éclats de rire bruyants qui trahissaient les dieux du vieil Homère.
Suivant le Dr Verrier, préparateur à la Faculté de médecine de Paris, on peut réunir les bassins de toutes les races connues en trois grandes classes.
« La première, dit-il (2), comprenant les bassins de toutes les femmes d'Europe (moins la Lapone) delà Turquie d'Asie, de l'Egypte, de la Nouvelle-Guinée, des Négresses de la Guadeloupe et de la côte occidentale d'Afrique (Ouoloves).
« La deuxième classe, comprenant les bassins des femmes Syriennes, Persanes, Canaques, Australiennes, Péruviennes, Mongoliennes et Chinoises, Annamites, Lapones et Samoyèdes.
« Enfin les bassins de la troisième classe, de beaucoup moins connus en raison du petit nombre qu'on en possède, appartiennent aux Négresses du centre et du sud de l'Afrique, aux Négritos, aux Papoues et aux Bosjemanes* »
On remarquera que dans cette classification toutes les
(1) Uanihro))^ p, 315.
(2) E. Verrier, Nouvelle classif. du bassin suivant les races au point de vue de Vobstétrique in Bulletin de la Société â'anthr de Paris t. VII, p* 317-318* *
races sont amalgamées dans les diverses classes, excepté la dernière où il ne se trouve que des races noires puisque les Boschimans, malgré la clarté relative de leur peau, ont toujours été classés parmi les peuples noirs. Il faut encore observer que cette classification, selon l'opinion de l'auteur, n'a qu'un caractère purement obstétrical. Il n'admet pas les nomenclatures anthropologiques de Weber ou de Joulin. « Il n'y a pas plus de bassins carrés ou ronds qu'il n'y a de bassins cunéiformes dans l'espèce humaine» dit-il. La forme générale est plus ou moins ellipsoïde* Les nègres présentent des races multiples comme les blancs et les bassins des négresses de la Guadeloupe ou des Ouoloves de la côte occidentale d'Afrique sont aussi grands, aussi bien conformés que les plus beaux types européens. » Ces paroles nous dispensent de tout autre commentaire.