‹ De l'égalité des races humainesChapitre 39 sur 78 · IL · texte numérisé non relu

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modernes? Plus rationnelle et beaucoup plus véridique était la conclusion de Féminent naturaliste de Gœttingue. c Blumenbach, dit M. Louis Figuier, par l'examen d'un grand nombre de momies et par leur comparaison avec le produit de Fart ancien, est arrivé à établir trois types principaux auxquels se rapporteraient avec plus ou moins de déviations, les figures individuelles : le type éthiopienne type indien et le berbère. Le premier est caractérisé par des mâchoires saillantes, aux lèvres épaisses, par un nez large et plat, par des yeux saillants. Ce type coïncide avec des descriptions données par Hérodote et d'autres auteurs grecs qui accordent aux Égyptiens un teint noir et des îfc''.-..;' cheveux laineux. »

Où est la vérité, où est Terreur ?

Gomme à dessein, on a toujours embrouillé la question. D\ïtie part, les anthropologistes, qui n'ont d'autres moyens Cil- pour l'élucider que les procédés craniométriques dont nous avons déjà vu . l'insignifiance dans la classification des races humaines, se sont constamment étayés des conjectures historiques et archéologiques pour justifier le résuî- B;| tat de leurs investigations. D'autre part, les érudits, qui se

|| sont enrôlés sous la bannière de Morton, ne trouvent rien

de mieux que de s'appuyer sur 1 anatomie comparée, c'està-dire sur ces mêmes résultats anthropométriques qui se réclament de leurs travaux, pour affirmer que les anciens Égyptiens appartenaient à la race caucasique. C'est une pure plaisanterie où les uns reçoivent des autres la rhubarbe et leur passent le séné.

La science ne peut se complaire dans un tel cercle vicieux, car elle a horreur de l'équivoque.

Il faut donc en revenir aux faits et les examiner plus consciencieusement. Si les anciens Égyptiens appartenaient à une race blanche, comment se fait-il que les plus beaux types, rencontrés ça et là parmi leurs monuments,

aient un cachet, une physionomie générale si différente des types caucasiens? Pour y répondre, on a souvent cité les traits réguliers que présente la tête de Râ-mes-sou II (colosse deMemphis). Encore que dans une pareille question quelques têtes isolées, surtout des têtes de rois, ne suffisent nullement pour donner une idée de la conformation générale d'une race, je crois nécessaire d'offrir aux yeux du lecteur une figure de Râ-messou II, d'après une gravure publiée dans l'Histoire ancienne de VOrient de Franço'is Lenormant.

Chacun peut

voir que cette

beauté originale dont je

suis le premier

à convenir,, est

une beauté qui

se rapproche

plutôt du type

noir, que du

blanc. En Haïti

dans nos mor-

Rà-mes-sou II (tête du colosse de Memphîs).

nés comme

dans nos villes, on rencontre journellement des types noirs aussi beaux et souvent plus beaux. Il faudrait aussi ajouter que l'artiste tend toujours à embellir son modèle : et combien plus n*a4-il pas dû le flatter, quand il s'agis-

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sait d'un Pharaon ! La même réflexion doit être faite pour ce qui a trait à la figure des Éthiopiens représentés comme vaincus dans les bas-reliefs égyptiens. Ici, c'est la charge, la caricature qui domine. Le fait est si vrai que, toutes les fois que Ton voit dans les peintures égyptiennes ces mêmes Ethiopiens figurés non comme des ennemis, le type en est parfaitement beau. D'ailleurs, malgré la décadence actuelle de cette race, les Abyssins et les Nubiens ne présentent nullement ce caractère de laideur niaise qu'on leur donne dans certains bas-re|jefs des monuments de l'Egypte,

Il faut aussi reconnaître que querelle d'Égyptiens et d'Éthiopiens, c'était plutôt querelle de famille. On s'alliait, on se séparait, on s'attaquait ; mais on se rejoignait dans tous les moments difficiles. Tel est le fait qui ressort de l'étude de toute l'histoire de ces deux peuples que l'on ne peut diviser. Qu'on se rappelle aussi que lorsque les Égyptiens faisaient la guerre à une nation étrangère, c'était par droit de conquête qu'ils comptaient s'emparer de leur territoire;-tandis que les Pharaons réclamaient toujours l'Ethiopie comme une portion de leur domaine dynastique et considéraient les Éthiopiens comme des rebelles I D'autre part l'Egypte s'est toujours fait remarquer par son éloi-

gnement de tous les peuples de race blanche, jusqu'à la dynastie des rois Saïtes où l'influence grecque envahit le pays et fut la principale cause de la décomposition et de la décadence rapide de ce grand empire. Comment mettre d'accord de telles incompatibilités avec la théorie qui admet une communauté de race entre les Egyptiens et les anciens peuples blancs de l'Europe et de l'Asie? Ces difficultés donnèrent à réfléchir. Mais comme, malgré Homère, Hérodote, Diodore de Sicile et une foule d'autres Grecs, on ne voulait pas admettre que la race noire fût capable de produire une civilisation supérieure, on se rabattit sur des arguments d'un nouvel ordre, afin de fortifier les preuves insuffisantes

qu'on avait vainement essayé de tirer de la craniologie et de l'archéologie.

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