DEUXIÈME PARTIE
(le zèle ni moins de sainte résolution que les lionunes. Le mur de séparation est une espèce de parapet élevé seulement de trois à quatre coudées, et vide par en haut jusqu'au toit ; de telle façon que le respect dû à la pudeur des femmes est conservé, et qu'en même temps celles qui assistent à ces réunions reçoivent facilement le secours de la parole, rien n'empêchant la voix de l'orateur d'arriver jusqu'à elles (1). La tempérance est pour les Thérapeutes comme une sorte de fondement solide, sur lequel ils bâtissent l'édiiice de toutes les vertus. Aucun d'eux ne mange ni ne boit qu'après le soleil couché parcequ'ils croient que l'étude seule de la sagesse occupe dignement la clarté du jour, et qu'il ne faut vaquer aux besoins du corps que durant les ténèbres; ce qui fait que, consacrant au premier de ces soins la journée tout entière, ils ne donnent au second qu'une petite partie de la nuit. Plusieurs d'entre eux, chez qui le goût de la science et l'amour de la contemplation sont portés au plus haut degré, demeurent jusqu'à trois jours sans manger. Il en est même qui, nourris pour ainsi dire et rassasiés de la seule sagesse, laquelle leur verse plus abondamment ses trésors, doublent fort aisément ce jeûne, et passent jusqu'à six jours sans prendre aucune nourriture, vivant comme on dit que vivent les cigales, d'air, de rosée, et de chant (2) .
(1) CeUe séparation des hommes et des femmes paraissait à Montfaiicon une mai que so)ide du Clirislianisme des Thérapeutes. Il se donne beaucoup de peine (p. ilxli et suiv. de son Traité) pour démontrer, au moyen des Constitutions apostoliques et de divers passages d'Origène, d'Eusèbe, de S. Ambroise, de S. Glu-} soslonie, que de toute antiquité, dans les églises clis étiennes d'Orient, les femmes, ou du moins les vierges consacrées à la retraite, étaient séparées des hommes par une muraille ou par une cloison. Mais en cela les Chrétiens n'avaient fait que suivre Texemple des Juifs. Montfaucon oublie que pareille séparation existait dans le temple de Jérusalem ( Josèphe, Guerre des Juifs, liv. \i). Cet usage a même encore lieu aujourd'hui dans les synagogues juives.
(2) Il est évident que Philon pensait à la belle ode d'Anacréon. La cigale du poète grec semble en effet un symbole de la vie contemplative que Philon nous
» Mais, regardant le jour du Sabbat (1) comme tout- à-fait
» solennel et saint (2) , ils cessent constamment leurs absti-
» nences quand il revient, et se plaisent à l'honorer d'une
)) façon particulière; car ce jour-là ils ne soignent pas seu-
» lement leur ame, ils refont aussi leur corps par la nourri-
» ture, lui donnant, comme aux bêtes de somme, quelque
» relâche après un long travail. Ils ne mangent rien de bien
» recherché : un pain grossier, et pour tout mets du sel, à
» quoi les plus délicats ajoutent comme assaisonnement de
» l'hysope; l'eau des fontaines est leur boisson. Car ils veu-
» lent bien apaiser ces deux maîtresses que la nature a
» données au genre humain , la faim et la soif; ils veulent,
» dis-je, les apaiser, mais ils ne veulent pas les flatter, et
» ils ne leur donnent que ce qui est absolument nécessaire
» pour pouvoir exister. Ils mangent donc pour n'avoir pas
» faim, ils boivent pour n'avoir pas soif; mais ils ont en
» aversion l'excès et la satiété, comme l'ennemi le plus re-
» doutable de l'âme et du corps. Nous avons deux sortes de
» remparts contre les intempéries de l'air, les habits dont
» nous nous couvrons et nos maisons : quant aux maisons ,
» j'ai déjà dit que les leurs sont dépourvues de tout luxe,
» uniquement appropriées au service qu'ils en veulent, et
» faites pour la seule nécessité; leurs habits sont également
» simples, et pris dans le but de les garantir du froid et du
décrit ici. « 0 cigale, dit Anacréon, que je te trouve heureuse, toi qui, sur le » haut des arbres, après que tu as bu un peu de rosée, chantes comme une » reine 1 Tout ce que tu vois dans les champs es', à toi ; tout ce que les saisons » apportent t'appartient. Tu es l'amie des labonrcurs, ù qui lu ne fuis aucun » mal; tu es en honneur aux mortels, ô doux prophète de Tété. Les Muses » t'aiment, et Phébus aussi te protège; il t'a donné une voix perçante. La » vieillesse n'a pas d'atteinte pour toi. A qui teconq^arer? Tu es vraiment sage, » lu n'as d'ancèlrcs que la terre, tu aimes l'harmonie, tu ne connais pas la » douleur, tu n'as ))i chair ni sang : ah! tu es presque semblable aux Dieux! » {Od, XLIIL) »
(1) Trr-> k&â6/xrr\
(2) navfî^cov /.v.i Tzv.viooTO'J,
DUEXIÈAIE PARTIE. 231
» chaud: Tliivcr, au lieu de fourrures, une robe de grosse » ctofle; l'été, une veste courte sans manches, ou une sini- » pie chemise de toile. Car ils s'attachent en tout à la sim- » plicilé, pensant que le faste a pour principe le mensonge , » tandis qu'au contraire la simplicité a pour principe la » vérité, l'un et l'autre étant bien l'expression de la source » différente qui les produit, et méritant par conséquent l'un » la haine et l'autre l'amour; car du mensonge découlent » tous les genres de maux, et de la vérité découlent toutes » les félicités, soit dans l'ordre purement humain, soit dans » l'ordre des choses divines. Je veux maintenant parler de » leurs assemblées et de la manière dont ils se réjouissent » dans les festins (1). Mais cène sera qu'après avoir dit ce qui » se passe dans les festins des autres hommes, alin de faire
(1) C'est-à-dire qu'après avoir indiqué, comme il vient de le faire, leur régime de nourriture, il va dire comment ils se conduisent dans ces repas, en choisissant pour exemple leurs plus grandes réjouissances, leurs plus beaux jours de gala, pour me servir de cette expression : îXc/.pcoTzpaç èv Gv/j-no^ioii ëiv-yor/àç. Il ne faut pas croire, en effet, que le repas sacré de la Pentecôte, que Philon décrit ensuite, fût essentiellement ditférent du repas du jour du Siibbat, ni même du repas ordinai'-e de chaque jour. Il n'y avait aucune différence vraiment essentielle; le fond était toujours le même : Tunilé de Dieu et runité en Dieu, la fraternité par conséquent et la communauté, se trouvaient aussi bien exprimées et symbolisées, et en même temps aussi bien pratiquées, dans le repas quotidien que dans le repi.s du jour du Sabbat, ou dans celui de la Pentecôte. L'idée sociale et religieuse sous tous ses rapports, et la réalisation de cette idée, se retrouvaient identiquement dans les uns comme dans les autres. Le repas ordinnire était donc tout aussi sacré en lui-même que celui des jours de fêtt. Sealement ces jours-là il y avait parmi les Thérapeutes une sorte de redoublement de spiritualité : rinlelligence du saint mystère de la société humaine et divine était révélée avec plus de soin ; il y avait, en un mot, certains préparatifs et certains accompagnements qui ne se trouvaient pas dans le banquet ordinaire. C'est ce qui faisait que la communion du samedi était, non pas plus sainte, mais plus solennelle et plus auguste que celle des autres jours, et que celle de la Pentecôte l'emportait encore par ces caractères. Pour se bien assurer de cette vérité, il suflit de relire ce que Josèphe nous a dit des repas quotidiens des Esséniens (Voyez plus haut, p. 184), et de comparer son récit avec celui que Philon va faire. Au surplus, il en fut absolument de même chez les Chrétiens. Le banquet de l'Eucharistie, qui se célébrait chez eux chaque dimanche, n'était pas moins saint que celui de leurs grandes fêtes, telles que Pàque et la Pentecôte ; de même aussi qu'il n'était pas plus saint dans son essence que celui que les disciples faisaient en commun tous les jours, quand l'Eglise se fonda après la passion du Christ,
» mieux sentir la différence entre les uns et les autres »
(Ici Philon fait la peinture de la gourmandise et de l'ivrognerie qui régnaient habituellement dans le repas des Payens. II décrit ces grandes orgies dont les Piomains avaient introduit l'usage, et que les Grecs et les Barbares s'efforçaient alors d'imiter. Il n'épargne pas même ces banquets socratiques que nous ont racontés Platon et Xénophon. Il trouve cet entourage de jeunes gens légers et dissolus, de joueurs d'instruments, de danseurs, de faiseurs de tours, de bouffons, et d'esclaves de tous genres, ces jeux et ces conversations futiles où il ne s'agit que d'amour et même d'infâmes voluptés, un cadre peu digne de Socrate et de la philosophie. Puis il continue :) « . . . . Vous le voyez, jusqu'à ces banquets renommés où » présidait Socrate non seulement sont empreints de futi- » lité, mais portent en eux-mêmes leur condamnation, » quand on a le courage de secouer la fausse réputation » d'honnêteté qu'on leur a faite. Je vais donc leur opposer » les banquets de ceux qui ont transformé leur régime et se » sont transformés eux-mêmes par l'observation et l'intel- » ligence théorique des phénomènes de la vie, en suivant » les plus saintes traditions du prophète Moyse (1). En pre-
(1) Twv àvKTîôîtxd-wv Tùv î'otov êc'ov ysA iauroùs iinç-ôfiri mX Otupiv. r&iv Tf^s pÛ7îwj ■Kpv:j[xr/.zor^, ACf.TV. zài roù npoj;>Y)zov M;-j7éci»; UpoiTV.TV.^ ùp-zj-y/î îîtî. Celle qualilicution de disciples de Moyse que Pliiion donne ici aux Thérapeutes, et celle assertion si positive que leur doctrine se liait par les plus saintes traditions à la doctrine de;e prophète (c'esl-ù-dire qu'elle était une deulérose du Mosaïsme supérieure à celle du Phariséisnie et du Saducéisme; ce qui revient précisément à ce que Josèphc» dit de rEsséniunisnie, qu'il appelle le Mosaïsme le plus religieux, le plus grave, le plus auguste, lî/j.-jozàrn), étaient assurément fort embarrassantes dans Th} poîhèse de Monlfauion. Mais ce n'est pas même la peine d'en faire la remarque, tant celte hypothi-se est de tous points insoutenable. J'aime mieux signaler à raltention du lecteur celle déiinilion des Thérapeutes, (jue Philon dit « avoir transformé leur régime propre el leur être même » par l'observation (iTrt-/;///)) el la Ihéovïe (6zo)-Ac/.) dcsphénumêncs de la vie; » car c'est ainsi (pi'il faut entendre ^cxl)res^ion ryig yjnioi; ~pr;:^,j.rj~'jy). Il ne s'agit pas, en clVel, des fails physiques, des phénomènes naturels; ce n'étaient pas ceux-là principalement qu'étudiaient et comprenaient les Thérapeutes, quoique la théorie de la vie les embrasse. Mais j'j^is, dans son acception génC-
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» inicr lieu , la réunion solennelle des Thérapeutes que je » vais décrire a lieu après sept Sabbats, à cause de leur vé- » néralion non seulement pour le septénaire simple , mais )) pour son carré (1) ; car ils savent que c'est un nombre
raie, c'est la vie (racine, j^û'^, gîgno). Plus loin, à la fin de ce morceau, Philon appelle encore, dans le même sens, les Thérapeutes des contemplateurs de la vie, 0-.oipiv.-i ù.'jnv.iv.fj.vjoi fù'jîuç.
(4) OuT0£ TÔ /Asv npÙTO'j àSpoi^o-Jzy.i (?{' ztztv. ïZQO[j.v.oo-i^ oxt [j.6-fO-* rr,-j a7T/-^v kè$o/j.v.ôc/.^ à//à /.ai Tr,-J ouvà//.£v tîO/jttôtî^ • àyvr.v -/c/.p xai v.v. Tcv-pS-vov ayrr.v tîaîtv. I/altadiemeiitdes Thérapeutes pour leSahbat, et par conséquent leur sévère et profond Mosaïsme, n'est-il pas niar([ué ici d'une façon vraiment irrécusable? Montfaucon a encore essayé vainement de fausser le sens de ce passage. 11 traduit : « Ils s'assemblent principalement pt'?t(/rt»< sept semaines cun- » sécuiives, ayant de la vénération non seulement pour le septénaire simple- » ment considéré, mais pour la vertu de ce nombre, qu'ils savent être un » nombre vierjj;e, toujours chaste. » Il y a dans cette interprétation deuv contresens évidents. Philon ne ditpas que les Thérapeutes s'assemblassent pendant sept semaines, depuis Pàque jusqu'à la Pentecùte : ils vivaient, au fond, en communauté; par conséquent ils étaient toujours rassemblés, et non pas seulement à cette époque de l'année. Mais Philon dit qu'ils célébraient d'une façon solennelle le septième Sabbat après Pùque, tombant la veille du cinquantième jourdela Penttcôte : Post septem hebdômadas elapsas cu)iventiis suos instaurant, traduit la vieille version latine de Gelenius. C'est donc bien à tort que Montfaucon, pour détruire cette preuve évidente de Mosaïsme, cite plusieurs textes des Pères de l'Eglise, afin de piouver que les Chrétiens passaient les cinquante jours entie Pàque et la Penlecùte dans l'allécrresse. 11 est certain que la mort de Jésus ayant suivi immédiatement la fête de Pà(iue, el les Apôtres ayant été pris d'enthousiasme et d'extase, ou, comme on dit, illuminés du Saint-Esprit, le jour de la Penlecùte, ceite période de l'année entre les deux grandes fêtes juives, dut êtie pour les Chrétiens l'objet de commémorations, et prendre place dans leur culte, avec un certain caractère de nouveauté, bien qu'au fond ces fêtes ne fussent qu'une transformation du Judaïsme. Mais qu'importe cela relativement au texte de Philon ? Philon dit que les Thérapeutes honoraient le septième Sabbat après Pàque, ce qu'il confirme en disant que c'était le carré du septénaire qu'ils fêtaient ainsi. Voilà la seconde faute de Montfaucon : il n"a pas compris le mot ojvà//£v, puissance ou crt/vc dans la langue des géomètres, qu'il traduit par vertu. Diophante (liv. I, def. 2) : « KaAîtTa.t 6 pk-j zzzpv.yjj-jo;, oxj-jy.pxç,. 11 est donc évident qu'il n'est là question que d'une fête qui tombait tant sur le nombre 7, le nombre sabbatique simple, que sur le nombre Z»9, qui est le carré de 7, et par conséquent sur le septième samedi, veille de la Pentec(jte : npozôprioç //r/j'çv;? ioptvii y;v Trîvrvj/.ovrà^ V.v.yvi, dit Philon lui-même dans la phrase suivante. Ainsi les Thérapeutes honoraient d'une façon toute particulière non seulement le nombre sept, mais son carré. Nous voilà dans la profondeur de la législation mosaïque, basée, comme nous l'avons dit plus haut, sur i'anliciue philosopliie des nombres. Nous avons vu, en eliet fp. 16/i etsuiv.), le rùle important du nombre sept dans la Loi de Moyse, nombre saint, nombre génésiaque et créateur, si je puis m'exprimer ainsi, nombre considéré à la fois par Moyse comme ayanJ. présidé à la création divine et comme devant présider à la société des hommes ; nombre évidemment consacré par lui à l'égalité, à la fraternité, dans l'institution du Sabbat, de l'Année sabbatique et du Jubilé. Les Esséniens donc, ces vrais disciples de Moyse et lics j)lus profonds interprètes, houwaiciit no» scukiucut ce uoiiibre.
» pur et toujours vierge. C'est la veille de la plus grande » fête, qui tombe au cinquantième jour, autre nombre le
mais le carré de ce nombre : qu'y a-t-il à cela d'étonnant? N'avons-nous pas vu que Moyse lui-même, outre l'Année sabbatique, qui est le Sabbat d'années, avait institué le Jubilé, qui est le carré de ce Sabbat d'années? Les Esséniens appliquaient cette règle du carré à la fête de Pàijfue. Ils la fêtaient à sa seconde puissance pour ainsi dire dans leur banquet sacré du septième samedi après Paque : cela était bien le propre d'iioranies qui avaient plus que les autres le sens de la Philosopbie de la Loi. J'ai montré plus b^ut le lien intime qui existe dans la législation de Moyse, entre la Pâque et le ba/)bat. La Pâque est le rite de la fraternité, le Sabbat est ce rite répété, quoique u^'une façon moins solennelle, et asservi au nombre sept, au nombre créateur. Le carré du Sabbat reproduisait pour les Esséniens, dans le cours de chaque a'nnée, ce que Moyse, à cause de l'imperfection des hommes, et en paiticulici" du peuple auquel il avait affaire, n'avait pu exiger que pour le carré de se) >t ans, c'est-à-dire la réalisation de l'égalité. Au surplus, il ne faut pas croire (/ne ce carré du Sabbat ne fût pas implicitement dans la Loi de Moyse. Qu'e^ t-ce en elTet que la Pentecôte, la seconde des trois fêtes juives? N'est-ce pas la fdte solennelle des semaines, et l'intention égalitaire n'y est-elle pas marquée ai \ssi nettement que dans la Pâque : o Tu te compteras sept semaines {Deuter'oii., ch. xvi) ; tu » commenceras à compter ces sept semaines depuis que tu ai iras commencé à » mettre la faucille dans la moisson (c'était le temps répont lant ù la fête de » Pàque). Puis tu feras la fête solennelle des semaines (c'est-à-d ire le Sabbat du » Sabbat, ou le carré du septénaire) en l'honneur de l'Eternel lo « Dieu, en prén sentant l'oiïrande volontaire de ta main, que tu donneras selon • que l'Eternel » ton Dieu t'aura béni. Et tu le réjouiras, en la présence de l'Eté, rnel ton Dieu, » toi, ton (ils, ta fille, ton serviteur, ta servante, et le Lévite qui est dans tes » portes, l'étranger, l'orphelin, et la veuve qui sont parmi toi, au Heu que l'E- » ternel ton Dieu aura choisi pour y faire habiter son nom. Et tu te souvien- » dras que tu as servi en Egypte, et tu prendras garde à observer c es statuts. » La nation juive célébrait, à la vérité, cette fête solennelle des semu ines le cinquième jour après Pâque, et non le quarante-neuvième ; mais la fête commençait réellement à partir du quarante-neuvième jour, qui éla it un jour de Sabbat. Dans tous les cas, le sens de la lixation de la Pentecôte n'est pas douteux : c'est bien le carré de sept que l'on fêtait. Quant à ce qi le Philon ajoute que les Thérapeutes regardaient le nombre sept « comme un no mbre pur » et toujours vierge, » cela tient à l'antique philosophie numérique (, ^ui avait guidé Moyse lui-même. J'ai déjà parlé plus haut, (p. 170) des vertus q ue cette philosophie attribuait à ce nombre; je n'y reviendrai pas. Je me con tenterai d'expliquer la dénomination de nombre pur et vierge qu'on lui donnait . Cette dénomination, rapportée ici par Philon, est, au reste, si certaine que . dans l'espèce d'algèbre métaphysique qui constituait la science profonde di ^s anciens, ce nombre s'appelait la Vierge ou Pallas. Macrobe nous en don ne la preuve: «^ NuUi aptius jungitur vwnas incorrupta quam Virgini. lluic u -utem » numéro, id est Septenario, adeo opinio virninitatis inolcvit, ut Pallas . l^o- » que vocitetur, Nam Virgo creditur quia nuUum ex separit numerum dupl ica- » tus qui intra denarium coarcictur, qucmprimum limitem constat esse nu, "C- » rorum ; Pallas ideo, quia ex solius monadis fatu et multiplicatione procy '*- » sit, sicut Minerva solo ex Uno parente nata pcrliibetur (InSomm. Scipioi. '.» » lib. I, c. VI.) » Et ailleurs, rapprochant encore le septénaire de la monade î c( Ncc gcncrantur nec générant monas et septcm. (Ibid. , c. v.) » Mais on ne'" comprendrait pas bien cette explication de Macrobe, si on n'y voyait que celle propriété du nombre sept d'être le seul des dix premiers nombres qui soit à la