‹ De l'égalitéChapitre 113 sur 145 · DEUXIÈME PARTIE. *i/i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. *i/i

» Quand chacun a achevé son hymuo, les jeunes intro- » (luisent la tal)Ie dont je parhiis tout-à-l'heure, sur hi({uolhî » est le plus sacré des aliments, du pain fermenté, et pour «assaisonnement du sel, à quoi l'on ajoute de l'hysope. » C'est la reproduction de la sainte Table placée dans le » vestibule du Temple : car sur cette table sont des pains » et du sel, sans autres mets (seulement le pain est sans «levain, et le sel sans mélange). Il était convenable, en » effet, que les choses les plus pures et les plus simples » fussent attribuées à la partie supérieure des prêtres (1) ,

(1) "Orav Sk 'i/.c/.çoi oty.-îpavrir(/.t rèv vy.'jO)> , ot ^^iot Tr^v Tzpb y.i/.pox) IzyBiX'j'/.'* rpy.nz'Çv.v dG/.o/MXouGi-j , l-S' r^ç rà nc/.^jv.yiçv.zov anio-j , ciproç Èi^u/y.&j/xàvo, //.îrà Tzpo'jQ-l'hiJ.'/.zoi à/wv, oti xj'j'jUTtoi v.Jo.iJ.iij.i7.TyA, se c/.iSù TYJ? àvax;j/y.èv/;$ iv T&i àyt'w Tzpo-jy.Oi itpv.i rpanz^r,^, 'Ettî yàp raûr/îg eiTÎv ciproi /.ai à/î^ à'vî'j -^ouT/Aa- Tsjv* c(.^up.oi [xï-j oi clpzot., v.yi-jiii Si xat oi à).tg. npoi/i/.o-j yàp -^v rà //èv â.TT).oùçf/.zor. y.vX ziXupi-jiçix.rof. to y-pv-ziç-t] twv Upioi-j (mal. r&iv itpoj-j in vulg. edit. ) o(.7Z0'Jîij.rt6-?ivv.i p.tpiôiy IttTO'jpyiry.ç ccOXov ' roui Ss kHo^j^ rà jjà-j oij-oiv. ÇriloO-j^ aTrâ/îî^at ^è tcov uproyj , cva s/w^t npo-jo/j.îv.'j oi y.pii'CTo-Jzç,. La plus grande partie de la controverse de Montfaucon et du président Bouhier a roulé sur celte phrase, qu'ils ne me paraissent avoir compris ni Tun ni l'autre. Montfaucon, qui voulait voir dans les Thérapeutes des Chrétiens de S. Marc, et dans leur repas, non point une Eucharistie juive, une Eucharistie source de l'Eucharistie chrétienne, mais TEucharisiie même, telle qu'elle se pratiqua chez les Chrétiens, prétendait distinguer deux repas dilFérenls dans le festin décrit par Philon. Il imaginait donc que celte table apportée par les jeunes gens était une table diflerente de la table du festin, que c'était la vraie sainte table sur laqnelle, à cet instant, on célébrait les mystères. Cette expression dont Philon se sert : le pain, le pain sacré, le plus sacré des aliments : -b 7zy.-Jv.'jkçv.Tr)-^ ii-zio^j^ KpToç, emportait sa conviction, et ne lui permettait pas de voir là autre chose que l'Eucharistie. Au fond, et dans Tidée, il avait raison : il s'agissait bien, en effet, pour les Thérapeutes, et il s'agit bien pour Philon du repas sacré qui est devenu l'Eucharistie chrétienne; mais ce n'était pas pour cela une célébration particulière, différente du repas commun que prenaient les Esséniens. Il n'y a pas là deux festins. Quant au sel et à l'hysope, Montfaucon les regardait comme étant de pure cérémonie, ou comme servant uniquement à un rite préparatoire; il prétendait pouvoir démontrer que jusqu'au commencement du onzième siècle on employa le sel et l'hysope à bénir l'autel avantd'y célébrer la messe. Le pain levé des Thérapeutes ne Tembarrassait pas davantage; car, quoique la question du pain azyme et du pain levé soit sujette à de grandes difticultés, la plus commune et la plus sure opinion est que de toute ancienneté les Eglises d'Orient consacraient avec du pain levé. Enfin l'absence du vin, dont il n'est pas question dans le texte de Philon, s'expliquait pour lui par l'ignorance où Philon avait pu rester des vrais mystères du Christianisme.

11 est évident que celte opinion de Monlfaucorï, quand même elle ne serait pas renversée par les autres raisons péremptoires qui dominent toute cette controverse, n'est pas soutenable. Le récit de Philon est d'une admirable clarté. Jusqu'ici il n'a décrit que les préparatifs du festin ; ici on apporte la table.

» comme le prix du saint ministère, et que les autres, tout » en participant au culte divin et en s'elîorçant de rivali-

(l'élail rusc)|4<' chez les anciens d'cmpoiler et de reniporlcr la lablc ù chaque service ; je n'en donnerai pour preuve que la description même que Phiion fait des repas des riches Payens dans la partie de son Traité que j'ai supprimée (Voyez p. 2152) : « On apporte, dit-il, successivement jusqu'à sept tables, ou » même davantage, chargées de tout ce que la terre, la mer, les rivières, et » Tair, fournissent de plus délicat et de plus exquis... Et afin qu'il ne manque » rien de tout ce que produit la nature, il en vient d'autres sur la fin chargées de » tontes sortes de fruits, sans parler de celles que l'on réserve pour les réveillons » ou collations. L'on remporte ensuite ces tables, etC. » 11 n'y a donc rien d'étonnant que jusqu'au moment où Phiion en est ici de son récit, la table ne fût pas mise, tout s'élant passé jusque là en discours moraux et en chants religieux. Mais cette table qu'on apporte est tellement la vraie table du festin, que Phiion l'appelle : la labledoni il a été question tout à llieure : Tr,v -mpb ii.L/.pox) IzY^dtïaaL-j. Or précédemment, en effet, après avoir parlé des servants du festin, il avait décrit l'ordinaire du repas : « Ces jours-là, on ne sert pas de vin, mais » seulement de l'eau... Jamais de viande; c'est le pain qui en fait l'office, et le » sel l'assaisonnement ; à quoi, pour les délicats, on ajoute seulement de l'hy- » sope. » Voilà cette table dont il a parlé et qui va paraître. Et en effet quels aliments paraissent sur la table qu'on apporte? Les mêmes qu'il a mentionnés, du pain, du sel, etdel'hysope.

Quant au président Bouhier, il se trompait d'une autre façon. Il ne voulait voir dans ce repas, si souvent nommé par Phiion repas sacré, qu'un festin sans signification aucune. II interprétait donc celte phrase de manière à faire de ce repas sacré un festin de laïques, tenu fort à distance du repas que les prêtres juifs faisaient dans le Temple avec les pains de proposition. Voici comme il traduit : « Chacun ayant achevé son hymne, les jeunes apportent la table dont » nous avons parlé ci-devant, où est ce mets très vénérable, c'est-à-dire du pain » levé, et pour assaisonnement du sel mêlé avec de l'hysope; et cela par une » distinction respectueuse pour la table sainte posée au vestibule sacré du » Temple, sur laquelle on ne met que du pain et du sel, sans autre assaison- » nement ; savoir, du pain sans levain et du sel tout pur. Il est raisonnable, » en effet, que les mets les plus simples et les plus purs soient le partage du i> plus excellent de tous les ordres, qui est celui des prêtres, comme le prix et » la récompense de leur ministère. Pour ce qui est du peuple, il doit se con- » tenter de les imiter en faisant quelque chose de semblable, et s'abstenant » néanmoins de ces pains sacrés, afin que les principaux seuls aient le privi- » lége d'y toucher.» Celte traduction est un contre-sens. Le preuve que Phiion ne veut pas mettre le repas des Thérapeutes au-dessous du repas que les prêtres faisaient dans le Temple avec les pains azymes, c'est qu'il commence par appeler le pain fermenté qu'ils mangeaient, le plus sacré des aliments : 'Ep' -^î rà

TCry.-jry.yiçcATOV ritZlO-J, clpTOi sÇ^/J-0}fJ.VJOi. Cc qu'il ajOUtC CnSuilC : Af' VÀOO) TTti C/.-JV.-

x££//.îv/j5 èv Tw àyîo) Tzpovv.oi itpài Tpv.nk^-^ç, ne veut pas dire : par une distinction respectueuse pour la table sainte posée au vestibule sacré du temple ; mais signifie, au contraire, par honneur pour cette table, par vénération pour elle, et vraiment par imitation. L'intention évidente de Phiion est de comparer le repas des Thérapeutes à ce repas sacré des lévites, et de l'assimiler complètement à lui. De quoi se composait ce repas des léviles? De pain et de sel. De quoi se compose le repas (îcs Théiopeutes? Egalement de pain et de sel. Il est vrai qu'ils y ajoutent un peu d hysope. Mais quelle différence cela élablil-il, puisque Phiion nous a prévenus plus haut que cet hysope n'était que pour lis plus déli-

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