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DEUXIÈME PARTIE

sant ou en tendant h abolir la troisième forme des castes, celle qui se rapporte à la féodalité, à la propriété, elle se manifeste sous un aspect qui, comprenant à la fois l'individu et ses semblables, réunit leur intérêt dans un même droit, et elle s'appelle enfin Égalité.

Nous retrouvons ainsi, à la fin de notre étude du passé, la synthèse que la psychologie nous avait révélée au début même de ce livre (1). Ce sont les trois aspects de notre nature. Sensation, Sentiment, Connaissance, qui ont manifeste successivement la Liberté, la Fraternité, l'Égalité.

La nature humaine, en effet, nous donne trois termes distincts, quoique confondus dans l'unité de la vie : Sensation, Sentiment, Connaissance. Ces trois aspects de l'être engendrent trois besoins, qu'on appellera droits ou devoirs, comme on voudra : Liberté, répondant à Sensation; Fraiernité, répondant à Sentiment; et Egalité, répondante Connaissance. Et ces trois besoins intervenant dans le monde ont créé l'histoire. Aussi l'histoire nous donne trois époques.

La Liberté répond à l'enfance de notre Occident, la Fraternité à sa jeunesse, l'Égalité à son âge mûr.

Tout dans le développement de cet Occident s'est donc passé suivant la loi même du développement de la vie individuelle.

La Liberté, correspondant à la vie de Sensation^ de manifestation, répond d'une manière prépondérante à l'enfance. Les enfants aiment la liberté pour eux, mais ils sont volontiers sans pitié pour les autres, comme dit le poète, et surtout la notion du droit des autres leur échappe et leur est inconnue. La Fraternité, correspondant à la vie de Sentiment.

(1) Voyez notre premier chapitre.

répond d'une manière prépondérante à la jeunesse. La jeunesse est l'âge de l'ainour, de l'amitié, et de l'enthousiasme. Enfin l'Égalité, correspondant à la vie de Connaissance, répond d'une manière prépondérante à l'âge mûr.

L'Humanité, comme un seul homme, a donc successivement parcouru ces trois phases; et elle finira par les réunir. La Liberté reste le droit de l'homme moderne ; la Fraternité, son devoir : mais l'Egalité est la doctrine sur laquelle s'appuye à la fois son droit et son devoir'.

Au terme de l'évolution de l'histoire, l'Égalité est donc, tout inorganisée et incomprise qu'elle soit, la loi des âmes, la loi des lois, le droit, le seul droit.

Et elle a trois termes, qui se distinguent quoiqu'ils s'impliquent. Ou bien, en effet, il n'y a pas de droit ni de religion sur la terre, ou il ne s'agit plus aujourd'hui de Liberté seulement; car ce serait la liberté de quelques-uns au détriment des autres; — ni de Fraternité seulement, car la fraternité du Christianisme n'a réalisé que l'inégalité et l'aumône ; — ni d'Égalité seulement; car l'égalité qui ne réaliserait pas la liberté et la fraternité, ne serait que l'égalité dans le néant, et ne donnerait pas satisfaction à la nature humaine, telle qu'elle se révèle aujourd'hui.

Aujourd'hui la formule est complète, et elle appelle une solution ; elle est triple et une à la fois : Liberté-Fraternité- Egalité. Quant à nous, Hommes, sortis du passé, et presque émergés du présent qui fuit et s'écroule, nous voilà devant l'AVENIR, qui doit réaliser ces trois termes.

ou

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