‹ De l'égalitéChapitre 14 sur 145 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

fait et l'égalité considérée comme un principe, il y a , pour me servir d'une expression de Montesquieu, autant de distance qu'entre le ciel et la terre.

Non , encore une fois , ce n'est pas ainsi que nos pères ont entendu leur symbole. Chaque mot de ce symbole est un principe, c'est-à-dire à la fois un dogme et un commandement. Le terme égalité, dans ce symbole, ne veut pas dire : Nous essayerons de faire une république où tous les citoyens seront égaux. Il veut dire : L'Égalité est une loi divine, une loi antérieure à toutes les lois, et dont toutes les lois doivent dériver.

II y a de cela une preuve sans réplique pour qui comprend la succession des idées, et comment, élaborées d'abord dans les écrits des penseurs, elles passent ensuite dans l'opinion publique, et se réalisent en actes. D'où vient, je le demande, ce mot égalité dans la formule révolutionnaire? Il vient de Rousseau. C'est Rousseau incontestablement, ce sont ses livres, c'est son école, qui l'ont donné à notre Révolution. Or, dans les écrits de Rousseau, l'Égalité, ce n'est pas moins qu'une doctrine tout entière. Chaque écrit de Rousseau est fondé sur la base de l'Égalité humaine ; car l'égalité même du citoyen n'est pour lui qu'une forme et un corollaire de l'égalité naturelle des hommes. Donc, quand l'âme de Rousseau passa dans le peuple et nous dicta nos lois, ce fut un principe, un dogme, une foi, une croyance, une religion, que ce mot A' égalité proféré par tout un peuple.

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