‹ De l'égalitéChapitre 65 sur 145 · CHAPITRE VlII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VlII

Du lien qui unit Jésus aux législalours qui rav;iieul précédé en Occident. Jésus a continué l'esprit des léj^iskUeurs antiques, mais en donnant une extension nouvelle ù leur pensée.

Tout grand que soit Jésus, il ne faut pourtant pas, si on veut le comprendre, le séparer de l'Humanité.

L'établissement de l'empire romain, presque immédiatement suivi de la venue du Christ, est sans doute la confirmation la plus éclatante de ce que j'ai démontré jusqu'ici , que l'antiquité ne connut ni l'Égalité ni la Fraternité comme nous les comprenons aujourd'hui après le Christianisme, c'est-à-dire comme un dogiiic , comme un principe, comme un droit. Quand on voit les Piomains, après cinq siècles de république, passera l'état despotique sans autre résistance que celle des classes privilégiées; quand on considère que cette résistance ne fut qu'une résistance de fait, sans que le droit fût invoqué jamais ; que tout se borna à des luttes aveugles, à des batailles, à des proscription < , à des massacres, sans qu'aucune philosophie dirigeât les coups; quand on voit Brutus se tuer en niant la vertu ; quand on voit, dans Tacite, les Thraséa, les Soranus, les'Sénèque, mourir sur l'ordre d'un tyran, stoïquement sans doute et noblement, comme des gladiateurs sur la scène, mais sans réclamation et sans appel , comme si la tyrannie était lé-

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