‹ De l'égalitéChapitre 67 sur 145 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

gime des castes, dont le Brahmanisme et le Vichnouïsme au contraire étaient la sanctification. Comment donc les Bouddhistes entendent-ils que Bouddha, le destructeur des castes, est un avatar du même esprit divin qui, dans d'autres âges, avait établi et sanctifié ces castes ? Le voici. C'est que, suivant eux, la destruction des castes était pour ainsi dire cachée et incluse dans la sanctification qu'en faisaient Chrisna ou Vichnou, parcequ'en prêchant la fraternité aux brahmes seuls, Chrisna et Vichnou prêchaient implicitement la fraternité humaine, comme fit plus tard Bouddha.

Hé bien, je dis de même que Jésus fut une incarnation nouvelle de l'esprit de vérité qui avait animé les législateurs de l'Occident au temps des castes et de l'esclavage, bien que la prédication de Jésus, de même que celle de Bouddha, ait eu pour objet la destruction des castes et de l'esclavage , que ces législateurs avaient établis ou maintenus ; je dis que l'auteur de l'Évangile a reproduit essentiellement, quoique sous une forme nouvelle plus auguste et plus grande , la pensée vivante qui dictait à Platon sa Républiqiit, la pensée qui avait inspiré à Pythagore sa législation, la pensée qui avait dicté à Lycurgue les lois de Sparte, à Minos celles de Crète, à Moyse celles des Juifs, à Sésostris ou à Hermès celles d'Egypte, aux Brahmas déifiés celles de l'Inde.

Lecteur, il faut que vous preniez patience , et que vous me suiviez dans mes preuves ; car si vous ne comprenez pas comme moi le caractère et la mission de Jésus, je n'ai rien à vous dire sur l'Égalité. Faute de nous entendre sur le passé, nous ne saurions nous entendre ni sur le présent, ni sur l'avenir,

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