‹ De l'égalitéChapitre 77 sur 145 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

)) arpenls étaient assignés et distribués à tous; mais ils n'en » jouissaient qu'en se succédant tour à tour, Qi jamais les » mcmcs rCavaient la jouissance des mêmes terres : Ta'jra

» ixkv Sr) zolaL airarn yj^j è'^uputpri^ivcx. ' T«fîe /.«î èv TzspLrpoirrî i/.c/.rj-

» TToOvTo, xat ov^uiKv. wOtoî. Tous les ans mille Calasires et au- » tant d'IIermotyljies venaient servir de garde au roi ; et » alors, outre les douze arpents, on leur donnait à chacun » par jour cinq livres de pain, deux livres de viande, et la » valeur de deux ou trois pintes de vin. (Liv. II.) «J'ignore s'il faut conclure de ce passage que chaque prêtre avait également droit, en raison de son titre, à douze arpents de terre. Il me semble qu'Hérodote ne fait mention des prêtres à propos de ces privilèges des gens de guerre, que pour bien marquer la distinction qui existait entre ces deux castes supérieures, pourvues d'une propriété territoriale exempte de tout tribut, et les castes inférieures, qui vivaient sous le régime de la propriété individuelle, et qui étaient soumises à des impôts. Quant au prêtres, je le répète, tout nous montre qu'ils vivaient dans une complète communauté. Il suffirait, pour en être convaincu, de lire ce que Porphyre rapporte au sujet àQS prophètes, d'après un écrit de Chaeremon, philosophe stoïcien qui avait voyagé en Egypte, et qui passait pour un observateur très profond et très véridique. Ces prophètes devaient commencer par renoncer à tout soin de la vie pratique : « En Egypte, dit Porphyre, » la loi commune des prêtres est celle-ci (Koivô? twv /«t' a i- » yjTTTov tspstwv ôsG-y-ô? ^vj) , que ceux qui veulent se livrer à » l'étude et à l'interprétation des choses divines doivent » d'abord abandonner tout soin matériel, et renoncer ab- » solumentà ce qui occupe les autres hommes, pour con- » sacrer à la Divinité leur vie tout entière. « Il nous montre ensuite ces prophètes renfermés dans le sanctuaire, protc-

gés contre la vue des profanes par la troupe des prêtres inférieurs, qui leur servent pour ainsi dire de garde; se dérobant au vulgaire en toute occasion , et même aux autres prêtres quand il s'agissait de leurs études, de leurs purifications et de leurs rites particuliers ; mais passant le reste du temps avec leurs collègues dans une entière simplicité et dans une entière pauvreté, c'est-à-dire dans un entier abandon de toute richesse individuelle : tôv 5e cîllo^j ypôvov ùivlo-ûçspo'j fxsv Totç ôaoLotç îTcî^iyvvvTo, Puis, parlant dcs heures de la nuit oii ils se livraient à l'observation des astres et à la prière, il dit qu'ils entremêlaient ces occupations de conversations entre eux pour éloigner le sommeil. Il convient que ce régime de vie si plein d'abstinence n'était pratiqué à ce point que par les prophètes, les hiêrostolistes ( dont le vêtement et la personne étaient significatifs des choses sacrées), et les hiérogrammatistes (dont la fonction était d'écrire l'histoire et de transmettre la doctrine religieuse); mais il ajoute que, quant aux autres prêtres, et quant à la \vo\i\)Q àe% pastophores (porteurs), des néocores (décorateurs) , et des autres serviteurs des dieux, ils étaient également tenus à pratiquer le même régime de vie et à se purifier de la même façon : tô 5è XotTrôv twv Upérjivrkv.oùTTuço'

tùôoMV y.cà vew/ôpwv tzI^ôoç y y.ul vTroTrovpywv roïç Osotç^ y.uOxps{)Si fzsv

ùi/.oi(oç. Vainement voudrait-on restreindre cette communauté des prêtres à ceux qui composaient les collèges des trois métropoles, Memphis, Thèbes, et Héliopolis. La caste entière, ressortissante directement à ces trois grands choniatims ou collèges, était répandue à la vérité dans toute l'Egypte ; mais le nombre des temples et des autres édifices religieux était immense (1), ce qui montre bien qu'ils étaient

(1) Suivant un manuscrit arabe, traduit d'après un très ancien livre copte, et que cite Maillet {Description de l'Egypte), le nombre de ces édilices se serait élevé jusqu'à cinquante mille.

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consacrés à la vie commune. Au surplus, quand on voit les Égyptiens pousser le scrupule jusqu'au point que jamais, suivant lI('3rodote, les mêmes guerriers n'avaient la jouissance des mêmes terres, mais qu'ils se succédaient tour à tour dans l'exploitation de ces terres communes, afin que le principe de la communauté ne fût pas violé, comment croire que la caste sacerdotale ne fît pas, à plus forte raison, profession de cette communauté et d'un renoncement absolu à la propriété individuelle? J'ajouterai qu'on pourrait conclure cela uniquement des doctrines que les philosophes grecs ont empruntées à l'Egypte. Les anciens ne nous disent-ils pas que c'est d'Egypte, et du choniatim de Thèbes, que Pythagore avait reçu ses doctrines et pris l'idée de son institut? Platon, dans sa République, wq semble-t-il pas avoir les yeux tournés à la fois sur la communauté Cretoise ou Spartiate et sur l'Egypte ? Il est à remarquer encore que parmi les fonctions diverses de la caste sacerdotale, dont les noms nous ont été traduits par les Grecs, nous trouvons au premier rang les comastes (xo)y.«r«' dans Synesius, De ProvicL ), qui présidaient aux festins dans les temples , fonction analogue à celle des epulones romains. Enfin , il est bien à croire que Moyse s'était modelé sur le principe sacerdotal des Égyptiens dans son inst'tution des sacrificateurs chez les Juifs; et l'on sait que Moyse ne voulut pas que les sacrificateurs ni les lévites fussent compris dans le partage des terres, afin qu'ils n'eussent individuellement aucune propriété foncière. Tout prouve donc que non seulement les prêtres d'Egypte avaient une propriété commune, ce qui est un fait incontestable, mais que même ce fonds commun de l'ordre sacerdotal restait indivis, jusque dans l'usage, entre tous ses membres, et que les fruits seulement en étaient répartis hiérarchiquement entre eux.

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