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DEUXIÈME PARTIE

» réduits à vivre criierl)es, et la faim bientôt les consume. » Aussi souvent en ont-ils pitié, quand ils les voient près » d'expirer; ils jugent qu'ils sont assez punis de leurs cri- » mes, et leur donnent des secours. Il n'y a rien de com- » parable à leur équité et à l'exactitude qu'ils apportent dans » leurs jugements. Ils ne sont jamais moins de cent quand » ils jugent; mais ce qui a été décidé à ce nombre reste » immuable. Ils ont la plus grande vénération, après Dieu,

faire connaître sa volonté, sans que ceux à qui il la faisait d'abord connaître n'eussent par cela même une mission particulière, celle de la signifier, de l'annoncer, en d'autres Jcrmes iVcvatujcLiser ; et ils étaient appelés evauqélisies. Les preuves à cet é^çard sont nombreuses : « Domnus dahit vcrbum evauge^ » Liuinlibus : Le seigneur douuf^ra à parler aux évangélistes. (Psalm., lxvii, »v. d2. )» — a Excelsum ascoide, tu qui evangelizas Sion; exalta.. , qui 7) evangelizas Jérusalem : Moule sur une haute montagne, toi qui évangé- » lises Sion; élève la voix, toi qui annonces de bonnes nouvelles à Jérusalem.

» (Isaï., XL, v. 9) » — « Dominus jussit Ecce super montes pede s evan-

» gcliianiis : Le Seigneur a donné commandement... Voici sur les montagnes » les pieds de l'évangélisle qui apporte sa volonté. {Nahum, i, v. 15. ) » Or ce qui se disait d'une volonté ou d'un décret particulier de la Divinité devait se dire aussi d'une doctrine : la chose est évidente. Quand les disciples de Jésus commencèrent à répandre sa doctrine et à aiuioiicer sa venue, ils prirent donc naturellement le nom d'évangélistes : « Et int rantes domum Philippi evangelislae. » {Act., XXI, v. 8.) » Evangélistc voulait dire celui qui, par des paroles ou des écrits, propageait la doctrine du règne nouveau, evangelium regni. S. Paul marque bien positivement, en vingt endroits, ce sens : «Les uns, dit-il, ont la charge d'enseigner (d'évangéliser ) ; les autres sont plutôt des pasteurs que » des docteurs : iî/ios vero evangelistas, allas autem pastores. (Ephes., iv. v. ii.)n Et ailleurs, écrivant ù Timothée et lui recommandant de veiller sur la pureté de la doctrine : « Fais l'œuvie d'un évangélisle : Opus fac evangclistae. ( II » Tim., v. k. ) » S. Paul parle aussi fort souvent de son propre évangile, c'est-àdire de sa doctrine, de sa manière de comprendre la veiuie du Messie : « Quia » evangelium nostvum non venit ad vos. ( I Thess., i, v. 5.) » — a Evange- » lium quud evangelisaium est a me. (Gai., i, x. 11.) » — « Contuli cum il- » lis evangelium quod praedieo. (Ibid., ii, v. ?. ) , etc. » De tout cela il me semble impossible de ne pas conclure : 1" que ceux qui, chez les Hébreux, se sentaient divinement chargés d'annoncer la volonté de Dieu, soit un simple commandement, soit un dogme ou un ensemble de dogmes, s'appelaient annonciateurs, mot qui se traduit littéralement en grec par ày/éAof, terme également consacré dans la langue religieuse des Grecs pour exprimer la même mission ; 2° que cette expression, par conséquent, n'est nullement particulière au Christianisme, puisqu'on la trouve dans les anciens livres juifs; mais que ce terme était pour ainsi dire permanent, tant chez les Hébreux que chez les Grecs, jjour exprimer la mission spéciale de ceux qui avaient à enseigner soit la voloiUé particulière de Dieu, soit une doctrine religieuse. Il n'est donc pas surprenant que Josèphe parlant des auteurs sacrés des Esséuiens, les opj)el!e, suivant l'usage hébraïque et en employant le terme consacré de la langue grecque, ày/â/.ot, c'est-à-dire les révélateurs, les aiuionciateurs, ou ksévangelistes, àv/i/o,- étant absolument la même chose que vjy.y/ù.oi ou îùav/i/fçïiç.

» pour le nom du Législateur (Moyse) ; et si quelqu'un le » blasphème , il est puni de mort. Ils se font honneur j) d'obéir aux vieillards et au nombre (1). Aussi quand ils se » trouvent réunis dix ensemble , nul ne parle si les neuf » autres lui refusent la parole. Ils évitent de cracher devant » eux ou à droite, et de faire quelque ouvrage que ce soit le » jour du Sabbat, plus soigneusement que tous les autres » Juifs. Non seulement ils préparent leur nourriture la » veille, pour ne pas allumer du feu en ce jour, mais ils » n'oseraient pas changer un ustensile de place; ils s'abstien- )) nent même de satisfaire aux besoins de la nature. Les » autres jours (suivant la loi du Deutéronome, ch. xxiii, )) V. 12-13), faisant un trou en terre, d'un pied de profon- » deur, avec cette bêche que j'ai dit qu'ils donnent à leurs » néophytes (2) , et se couvrant soigneusement de leurs » habits, comme s'ils craignaient de souiller la lumière de » Dieu, ils s'accroupissent, puis reversent dans cette fosse » la terre qu'ils en ont tirée; ils choisissent toujours pour » cela les lieux les plus solitaires. Bien que cette action soit » naturelle, ils ont coutume de se purifier ensuite, comme » ils feraient d'une souillure. Ils se partagent, suivant l'an- » cienneté de leur réception , en quatre degrés différents ; » les derniers venus sont regardés comme tellement infé- » rieurs aux précédents, que ceux-ci doivent se garantir de » leur contact et s'en purifier comme ils feraient à l'égard » d'étrangers. Ils vivent très longtemps et souvent au-delà » de la centième année, ce qui provient évidemment de leur )) régime de vie si simple et si bien réglé. Au reste, mépri- » sant les souffrances , et capables de vaincre la douleur par

(1) C'est-à-dire au plus grand nombre , ù la pluralité, à la majorité, rot,*

(2) NW7yçâT0<f,

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