‹ De l'égalitéChapitre 95 sur 145 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

» térablc dans leur société, tous les biens sont communs » entre eux, et celui qui est venu riche ne jouit pas plus de » ses richesses que celui qui n*a rien apporté. Ceux qui pra- » tiquent ce genre de vie sont au nombre de plus de quatre » mille (1). Us n'épousent pas de femmes, et ils ne s'atta- » client pas à posséder des Esclaves, parcequ'ils trouvent » celte dernière pratique injuste, et qu'ils voient dans l'autre » une source de rivalités et de divisions. Mais, vivant ainsi » séparés du commun des hommes, ils remplissent les uns » envers les autres le ministère de serviteurs (2). Ils choi- » sissent, pour percevoir leurs revenus et tout ce que rap- » porte la terre, les meilleurs d'entre eux ; et ils consacrent » des prêtres pour la confection du pain et des aliments (3). » Ils vivent d'une manière qui ne diffère en rien de celle » des Pléistes des Daces, et qui est tout aussi remar- » quable (A). »

Je terminerai ces citations de Josèphe en mentionnant ce qu'il rapporte au XVMivre de ses Antiquités (ch. 10). Parlant du serment de fidélité qu'llérode exigeait de ses sujets, sous peine de la vie, il dit que la sainteté des Essé-

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[Il) Z(U7£ Sk oîjSkj 7r«yoy)//a7/XiV&Js, à//' ort //à/iça £//.pav&i.;, Ac/./.(iiv roï^ FlAîtçoti Âîvo/jiôvotj. On croit que ces Pl.cisics des Daces sont les disciples de Zaniolxls, Gèle de nation, qui, esclave de Pythasore, accompagna, dit-on, son maître en Ejçypte. De retour paimi les siens, il y porta les mêmes institutions que Py- Ihagore dans la Grande-Grèce. Strabon parle de ces Pléistes; mais son texte, probablement corrompu, les nomme Kziçv.u Là dessus, Scaliger, sans aucune autre autorité, a imaginé de changer le nom désigné par Josèplie en noAtçai, conditures urbium, parceque Kriçai a celte signification. Mais lùziçoi, plurimiy c'est-à-dire ceux qui vivent plusieurs ensemble et qui ont abandonné le régime de l'individualité, est un nom signilicatif qui revient à celui de Kwvtot, coutuberuales, dont nous avons parlé plus haut (p. 139). Ne venons-nous pas de voir (page 190) que Josèphe caractérise aussi les Esséniens par leur respect pour le nombre, pour la majorité, la pluralité : « Ils obéissent à la pluralité, » dit-il : To'â Tc).îîoff£v vttocxoDîjv h xoc).ûi riQv^zv.i, »

niens parut si respectable à ce prince, qu'il les exempta de ce serment, ainsi que deux rabbins célèbres, Pollion et Saméa, qui avaient courageusement refusé de le prêter, comm? contraire à la loi de Dieu : « Il ne voulut point, » dit-il, sévir contre ceux qui se nomment Fsséens (1), et qui » mènent parmi nous un genre de vie semblable à l'institut » des Pythagoriciens chez les Grecs. J'ai parlé ailleurs avec » beaucoup de détail de cette société. Mais il ne sera pas » inutile de rapporter ici pour quelles raisons Hérode les » honorait, pensant qu'il y avait en eux quelque chose de » supérieur à la nature humaine (2). Le récit que je vais » faire n'est d'ailleurs nullement indigne de la sévérité de » l'histoire; car il montre l'opinion que l'on se formait de » celte secte. » Josèphe raconte alors la prédiction qu'un prophète essénien, nommé Manahem, avait faite à Hérode enfant, qu'il serait roi un jour.

Je passe aux témoignages de Philon. C4'est Philon que j'aurais dû citer le premier, si j'avais suivi l'ordre chronologique ; car il est d'un demi-siècle plus ancien que Josèphe. Dans un de ses traités moraux intitulé : Que tout homme vertueux est libre (3), il oppose les sages qui suivent une doctrine au vulgaire qui vit au hasard. « La terre, dit-il, » est peuplée d'hommes avides de richesses, d'honneurs, » de voluptés; mais le nombre des sages, des justes, des » honnêtes, est en comparaison bien petit. Cependant il n ne laisse pas de s'en trouver, aussi bien chez les Grecs » que chez les Barbares. » Philon cite pour preuve certains philoso])hes de la Grèce : «Mais, ajoute-t-il, il faut avouer » que c'est surtout parmi les Barbares que la sagesse et la

(1) ÉTîaïoj, el plus loin Eï^ovoi.

(2) Mît^dv T£ 'fpo-jù-^ t~'' aùro?â 0 xarà t-/îv Ov/]7r,-J iûîtv.

(3) ïl^pl ToO TîâvTa 7-9V'jott^v 5tyy.£ UîùO-:ooy,

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