‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 13 sur 114 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

De nombreux iraités de l'Église ont été, dans les temps modernes, 1»- fruil du génie el des travaux des théologiens. g hérésies des derniers siècles, en cherchant à ébranler le principe de l'autorité ou à en déplacer la source et le centre au sein de la société chrétienne; ont eu cette opportunité de provoquer I»1 mouvement des études théologiques qui s'est fait de ce côté. Elles ont ainsi accompli l.i loi providentielle; et Dieu, tirant le bien du mal, et éclairant davantage les dogmes à la suite des tentatives que l'on faisait pour les obscurcir, a contraint Terreur de servir au triomphe et au développement de la vérité : Oportet hœreses esse.

Les docteurs suscités de Dieu pour défendre les remparts de Jérusalem n'ont pas failli à leur tâche, et l'ont victorieusement accomplie. Ils se sont proposé principalement d'établir l'autorité de l'Eglise en face du rationalisme; ils ont affirmé ses notes essentielles; ils ont opposé aux erreurs enfantées par le protestantisme et le gallicanisme l'exacte connaissance des pouvoirs qui la régissent, des éléments qui la composent et des principes de son gouvernement.

Dans ce vaste travail d'exposition et d'apologie, ils ont plus d'une t'ois comparé sa divine législation aux constitutions des cités terrestres, et, recueillant de ces dernières les notions et les avantages divers de la monarchie, de -tocratie et de la démocratie, ils se sont plu à montrer, dans .•■ gouvernement ecclésiastique, d'admirables tempéraments qui réunissent ces éléments divers et opposés, sans luttes ni conflits intérieurs.

A la suite des théologiens, les canonistes, entrant dans le détail des applications, ont développé toutes les conséquences pratiques de la législation ecclésiastique.

En offrant cet ouvrage au public, nous n'entreprenons pas d'accomplir de nouveau une tâche dont tant d'hommes supérieurs se sont déjà acquittés; mais nous proposons un autre point de vue à nos études4.

L'Église n'est pas seulement une société dont Dieu a fait ou inspiré la législation et qui porte en elle, au-dessus de toutes les autres, le caractère de l'ordre, de la stabilité et de la sagesse. Dieu n'est pas seulement son législateur; mais il lui donne tout son être, jusqu'au fond même de sa substance, et toute son existence; il est son principe, et il la fait procéder de lui-même dans son Christ, dont elle est le corps, le développement et la plénitude.

La nouvelle Jérusalem descend du ciel et procède de Dieu. Elle porte en elle les marques de sa divine origine, et la société divine elle-même se reproduit en elle par d'ineffables communications.

Comment nous élever à cette céleste contemplation? Comment décrire ces grandeurs? L'exposition de ce mystère est au-dessus de nos forces; il y faudrait le langage de l'ange qui l'annonça à saint Jean: « Venez, et je vous montrerai l'Épouse de l'Agneau descendant du ciel et venant de Dieu. » (i)

Dans notre impuissance, soutenu toutefois par la Tradition et la doctrine des Pères, nous essayerons d'entrevoir quelques reflets de ces splendeurs, et de redire imparfaitement, et comme en bégayant, quelque chose des merveilles qui sont en elle.

Nous prions nos lecteurs de ne point s'arrêter à l'insuffisance de ces pages trop indignes du sujet que nous y traitons, mais plutôt, tandis qu'ils les parcourront des yeux,

(i) Apoc. xxi, 9 et seq.

l'KKKACE 3

d'entendre, d'un cœur attentif, les paroles que l'Époux de l'Église ne cesse de faire retentir en elle : « Qu'ils soient un », ô mon Père, « comme nous sommes un; eux en moi, et moi en vous, afin qu'ils soient consommés en un » (i); qu'ils soient un de notre unité même.

Il convient, à l'entrée de cotte étude, d'annoncer brièvement l'ordre que nous y tiendrons.

Nous croyons nécessaire d'exposer, dans une introduction ou discours préliminaire, la nature de l'Eglise et la place qu'elle occupe dans les desseins de Dieu, parmi ses autres ouvrages; la nature et l'excellence de sa hiérarchie et de l'ordre qui en distribue toutes les parties; la nature enfin des relations et des dépendances qu'ont envers elle les autres œuvres de Dieu, les anges et les sociétés humaines.

Le corps de l'ouvrage comprendra trois livres.

Dans le premier nous exposerons les principes généraux de la hiérarchie de l'Eglise, les pouvoirs qui lui sont confiés., et les modes mystérieux de son activité.

Notre deuxième livre sera consacré à l'Eglise universelle dans son chef Jésus-Christ et le Vicaire qui tient sa place ici-bas, et dans le collège des évêques associés à son gouvernement.

Dans le troisième livre, enfin, nous traiterons de l'Eglise -particulière dans son chef l'Evêque, et dans son collège de prêtres et de ministres. Nous exposerons le rang et la distinction des églises, et nous parlerons aussi des églises imparfaites qui, n'ayant point en elles le titre épiscopal, se groupent en essaim autour d'une église principale et forment les diocèses. Nous retracerons brièvement ensuite l'histoire de PEglise particulière, et nous y joindrons quelques considérations sur les Eglises monastiques, les Ordres religieux, et la place qui leur appartient dans l'Eglise catholique.

Nous soumettons humblement et simplement ces pages

(i) Jcai. XVI), 32, 23.

j L EGLISE

au jugement et à la correction du Saint-Siège et de nos supérieurs dans le sentiment du plus filial abandon.

Nous avons entrepris ce travail à la gloire de la sainte Et: lise; nous professons pour cette Epouse de l'Agneau et cette Mère de nos âmes l'amour le plus ardent : comment pourrions-nous ne pas être empressé à recevoir ses directions maternelles et les corrections de ceux qui parlent en son nom?

Que Dieu daigne bénir et féconder cette œuvre trop imparfaite! « A lui gloire dans jPEglise et dans le Christ Jésus. aux siècles des siècles. Amen. » (i)

in fpsi gloria in Ecclesia et in Christo Jesu, in omnes generationes SSBeuli sseculorum. Amen. (Ephes. m, ai.)

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