‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 18 sur 114 · CM I '.I M HALE DE LA HIERARCHIE · texte numérisé non relu

CM I '.I M HALE DE LA HIERARCHIE

Au îin'iiH'iit où nous entreprenons de décrire l'ordre de l'Eglise et L'admirable disposition de l'œuvre divine en i'll<\ élevons nos veux ven la hiérarchie divine et contemplons la société du Père e1 du Fils dans le Saint Espril .

Le Père engendre le Fils dans son sein i : le Père envoie son Fils dan- le monde (2); la naissance est éternelle, et la mission se déclare dans le temps (3). Mais dans la génération et la mission non- révérons les mêmes relations d'origine, les mêmes personnes, la même société du l'ère et du Fils, société éternelle et déclarée dans le temps, société dont la vie ineffable demeure dans le sein de Dieu, et <|iii est apparue dans le monde t!\). Car la mission n'est MM établie dans un autre ordre que la naissance. C'est au l'ère qu'il appartient d'envoyer le Fils, et la société du Père et du Fils, sans troubler ses relations éternelles, se révèle dans la mission. Ainsi notre Pontife, revêtu par son Père de son caractère sacerdotal, est cn\o\é et sacré dans le temps par celui même (pii l'engendre de toute éternité'

(1) l's. cix, 3; Joan. 1. 18.

(2) Joan. x, .'50.

(3) Ubi venit plenitudo temporis Splcndor ex luce nrtus (Verbum ex Pâtre

natiimi si,- substantiale semper habens f'ulçere, sieut substantiale semper

habet existera. IIujus autem splendoris manifestutio missio diritur, qua Christus mundo apparaît. (S. Léo, Serm. xxv, n. 3.) — Missio includit pmeessionem çetemam, et aliquid addit, scilicet temporalem eftectuin. (Sam. theol. I» P., q.xLin, a. 2, ad 3.)

(4] Vita manifestata est Annuntiamus vobis vitam aHernam, quae eral

apud Patrem, et apparuit nobis. 1/ Joan. 1-2.)

|5) Ab ipso s»m et ipse me misit. {Joan. vu, ag.] — Sicut ergo Pater genuil

Or, cette première et ineffable hiérarchie du Père et du Fils apparaissant dans la mission du Christ est l'origine et le type de tout ce qui suit dans l'œuvre de l'Eglise.

Le Père envoie le Fils; à son tour, le Fils envoie les apôtres et constitue en eux le collège et l'ordre épiscopal, c'est-à-dire véritablement l'Eglise universelle, qui subsiste dans ce collège comme en sa partie principale. Il les envoie par une mission semblable à celle qu'il a reçue: comme mon Père m' a envoyé, moi aussi je vous envoie (i). En les envoyant, il est en eux, comme son Père est en lui : « Celui qui vous reçoit, me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit mon Père qui m'a envoyé. » (2)

Ainsi, découlant de la première hiérarchie de Dieu et de son Christ, apparaît une seconde hiérarchie. Comme Dieu est le chef du Christ (3), le Christ est le chef de l'Eglise (4). Mais ce n'est pas tout; et déjà dans cette parole dite aux apôtres : Celui qui vous reçoit, me reçoit, nous apercevons la troisième hiérarchie, celle de l'apôtre ou de l'évêque et des hommes qui le reçoivent et sur lesquels sa mission s'exerce particulièrement. De même que le Christ est le chef de : l'Eglise, l'évêque est le chef de son peuple, de son Eglise particulière.

Ce sera tout l'ordre de notre étude : au-dessous du mystère de la société divine de Dieu et de son Fils, déclaré dans la mission du Fils, deux hiérarchies : celle de Jésus-Christ et de l'Eglise universelle, qui est aussi celle de Jésus-Christ et du Collège des évèques; celle de l'évêque et de son Eglise particulière. Cette dernière hiérarchie découle et dépend de la précédente. L'une et l'autre, par une mystérieuse identification, s'élèvent, remontent en se pénétrant et atteignent jusqu'au sein de Dieu : car celui qui reçoit l'évêque, reçoit le Christ; et celui qui reçoit le Christ, reçoit, dans le Christ, le Père du Christ qui l'a envové.

Tout ce traité aura ainsi sa division naturelle : Dieu est le chef du Christ, le Christ est le chef de l'Eglise universelle, l'évêque est le chef de son Eglise particulière ; deux grands sujets d'étude : l'Eglise

Filins genitus est; ita Pater misit, Filius missus est. (S. Aug. de Trin. 1. IV,

c. xx. | — Sicut natum esse, est Filio a Pâtre esse; ita mitti.est Filio cognosci

seu manifestari) quod ab illo sit. (Ibid.)

(1) Sicut misit me Pater, et ego mitto vos. (Joan. xx, ai.)

(21 Oui recipit vos, me recipit ; et qui me recipit, recipit eum qui me misit.

[Matth, x, 4o; Joan. xm, 20.)

(3) / Cor. xi, 3.

(4) Eph. y, a3.

universelle, l'Eglise particulière, qui feroni le partage de ce travail : et, au dessus, comme le type el la source <j u i règle t<"is les mouve ments inférieurs, cette éternelle société du Père et du Fils de laquelle procède l'Eglise, en laquelle elle a sa forme et son exemplaire. à laquelle elle est associée el vers laquelle elle remonte sans cesse comme vers son centre, sa béatitude el sa consommation.

Le grand martyr s, uni Ignace a vu le mystère île ces hiérarchies descendant du trône de Dieu, et il le célèbre à chacune de ses

« Que là OÙ esl l'évêque, lit soit aussi son peuple ; comme là où esl Jésus-Christ, là est l'Eglise catholique. i> (i)

Je vous félicite, Eglise particulière d'Ephèse, d'être unie à votre évoque comme l'Eglise l'est à Jésus-Christ, el connue Jésus-Christ son Père, afin que tout soil dans l'unité. » (a) Jésus Chris! est la sentence ou la parole du Père; les évèques répandus dans le inonde sont tous rassemblés dans la parole et la sentence de Jésus-Christ, et il faut que vous, Eglise particulière, vous concouriez et vous vous conformiez à la sentence et à la parole de votre évèque. » (3)

Les Pères nourrissaient de cette doctrine le peuple chrétien. Celui-ci, naissant et vivant du mystère de la hiérarchie, y puisait toute sa vie surnaturelle, recevant par ces canauv sacrés la prédication de la parole et la communication du don divin.

Aussi les conditions divines de la hiérarchie lui étaient familières, la violation de cet ordre nécessaire lui faisait horreur, et, pendant le schisme qui suivit l'enlèvement du pape Libère, on l'entendait à Rome acclamer ces principes immuables dans l'amphithéâtre : « Un seul Dieu, un seul Christ, un seul évoque » (!\) ; c'est-à-dire un seul

(i) "Otroxi km (pavîj ô bcîoxoKOC, txeï xh nX?,6oc ïaxta' toarcip Sicou av n XpiTT'j; 'It.ctoC;, r/.EÏ r, y.afJo)../.7, 'lv/.y./y i:%. (S. Igx. Epist ad Smyrn. n. 8.)

(2) 'l'ai; paxap(£<d, too; iy/.Ey.pa uévoo; outw;, o>; r, 'ExxXT)(rfa 'Ir,a-o-j Xpt<7Th>, xal 'c2>( ô 'It.to-^; Xv.TTb; rai Qarpl, ïva Trivta lv'iw6xT\xt 7vu.:oiva ij. (/■/ . Epist. ad Eph. n. 5.)

(3) Ka;. yap 'ItjitoÛ; Xpurrôc, xh £8iixpiTOv r.urov fjjv, to-3 IlaTpo; r, fvto(i,if)", d>; -/.x: oi iitt'oxoitot, oi xa:a ta Tupara àptaOévreç, iv 'It,(to'j Xpiaroû yvciur, îîiiv. {Ibid., n. 3.)

(4) Ea rc inflexus (imperator Constantins), jussit ulrumque (Liberium et Felicinii communi opéra Ecclesiam gubernare. Lectis in cireo his litteris...., impcratoris litteras cum irrisissent, in unam vocem omnes pariter eruperunt : Vnus Detis, unas Christus, unus episcopus. iTiieod. Hist. ceci. 1. II, c. xix.) — Neci enim ignoramus unum Deum esse, unum Christum esse Dominum quem con-

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Dieu chef du Christ, un seul Christ chef de l'Eglise catholique et de répiscopat universel, un seul évêque chef de son peuple (i); c'est-àdire encore une seule divinité et une seule vie divine dans la hiérarchie éternelle, jaillissant du Père et embrassant en lui son Fils : une seule communion de l'Eglise universelle, jaillissant de Jésus-Christ et embrassant en lui son Eglise unique; une seule communication sacrée dans l'Eglise particulière, jaillissant de l'évèque et embrassant tout son troupeau.

fessi sumus unum episcopum in catholica Ecclesia esse debere. (Corn. pp.

Episl. ad Fabium Antioch. ap. Eus. Hist. eccl. 1. VI, c. xliii.)

(i) Deus unus est, et Christus unus, et una Ecclesia ejus. (S. Cypr. de mit. Ecrl. n. a3.)

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