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CHAPITRE III

DE LA. DEUXIÈME HIÉRARCHIE : JESUS-CHRIST EST LE CHEF DE l'ÉGLISE

Jésus-Christ, avons-nous dit, porte en lui-même toute son Eglise. C'est pourquoi, après l'avoir considéré comme venant de son Père et uni à son Père, qui est son chef, dans cette hiérarchie première et suprême, de laquelle il est dit : Dieu est le chef du Christ, nous devons le considérer comme chef à son tour, comme chef de l'Eglise qui procède de lui et demeure en lui.

C'est une suite des mêmes mvstères : Jésus-Christ, chef de l'Eglise, a son achèvement ou sa plénitude (i) dans l'Eglise, dont il ne sera point séparé; et semblablement l'Eglise ne peut être considérée hors de son union avec lui, parce qu'elle reçoit de lui tout ce qu'elle est et toute sa substance (2).

Ainsi Jésus-Christ, avant tout reçu du Père, qui est son chef, à son tour donne tout à l'Eglise; et cette suite est très vraie : « Dieu est le chef du Christ (3), le Christ est le chef de l'Eglise. » (4)

Mais cette Eglise n'est point une multitude informe: les œuvres divines portent avec elles un ordre suivi; et, afin qu'il en soit ainsi de cette œuvre excellente entre toutes. Jésus-Christ fait procéder de lui-même son Eglise, et se l'unit en cette procession même par le Collège épiscopal. Ainsi les évêques associés à Jésus-Christ et ses coopérateurs sont les membres principaux dont les autres dépendent, et leur Collège est vraiment toute l'Eglise, parce qu'il renferme toute la multitude des fidèles dans sa vertu et sa fécondité iô).

Aussi Jésus-Christ, à la veille de sa passion, au moment d'offrir son sacrifice et d'en assurer la perpétuité, priant pour toute l'Eglise, ne semble prier que pour ce Collège (6) ; les apôtres sont seuls à l'en-

(1) Eph. 1, 23.

(a) titbr. m, i4-

(3) I Cor. xi, 3.

(4) Eph. v, a3.

(5) « Le mystère de l'unité de l'Eglise est dans les évêques, comme chefs ,de peuple fidèle; et l'ordre épiscopal enferme en soi avec plénitude l'esprit de

fécondité de l'Eglise. » (Bossdet, Lettre IV à une dem. de Metz, n. 38.)

(6) Joan. xvu, 6-19.

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