‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 21 sur 114 · I. \ llll.i: LRCHIE V · texte numérisé non relu

I. \ llll.i: LRCHIE V

lourei i cette heure, mais en eux son <lrv>rin embrasse tout le reste. En eux, ru effet, il atteint tout le corps de l'Eglise, et par la prédication de la parole, e1 par l'efficace des sacrements, et par l'autorité pastorale: car c'est en eux qu'il établit pour tous l'enseignement de la doctrine, c'est en eux qu'il dépose le pouvoir sanctifiant des sacrements pour la rivification de toute l'Eglise, c'est en eux que le gouvernement pastoral est «'- 1 a f > 1 i .

Etant donc lui-même la parole substantielle du Père, Jésus- Chrisl a reçu de lui la vérité et la parole qu'il donne au monde et que l'Eglise reçoit dans sa toi. mais c'est par les apôtres qu'il la transmet : u Père, dit-il, vous m'avez donné votre parole, je la leur ai donnée » à mon tour, ci et ils ont reçu votre parole » (i); et aussitôt il ajoute : u Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour tous ceux qui, par leur parole, croiront en moi. » (a) Il appartiendra donc aux apôtres île former la loi de l'Eglise.

Dana un ordre semblable, il leur appartiendra de la faire naître dans le sanu de Jésus- Cbrist. Jésus-Christ lui-même l'a baptisée dans ce sang, mais il a placé dans les apôtres la parole de la réconciliation : < Allez, baptisez toutes les nations », leur dit-il (3). Il leur appartiendra de la nourrir de sa chair immolée: Jésus-Christ l'a offerte le premier, mais il leur dit : « Nous le ferez en mémoire île moi. » (/j)

Il leur appartiendra de l'animer de son Esprit et de la vivifier par la grâce des sacrements.

U leur appartiendra de la régir avec autorité : u Qui vous écoute, m'écoute; qui vous méprise, me méprise, o (5)

Enfin, pour tout dire en un mot, Jésus-Christ se les est associés vis-à-vis de son Eglise et leur a communiqué toute sa mission;

Comme mon Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie; celui qui vous reçoit, me reçoit. » (6)

(i| Verba qua: dedisti mihi. dedi eis, et ipsi acceperunt. (Joan. xvn, 8.1 ni Non pro eis autem rogo taiitum, sed et pro eis qui credituri sunt per verbum eorum in me. [Ibid.. 20.)

(3) ifatth. xxviii, 19.

(4) Luc. xxu, 19; / Cor. xi, 24.

(5) Luc. x, 16.

16) Joan. xx, 21; Matlh. x, 4o. — Christus perfectionem sacerdotii a Pâtre accepit, quando ab illo missus est; perfectionem deinde sacerdotii, sive episcopalem potestatem dédit apostolis, quando misit eos, sicut ipse a Pâtre missus fuerat. (Petr. Aureol.)

58 l'église

Par la suite de cette doctrine, il est donc bien manifeste que l'Eglise dépend d'eux, qu'elle est renfermée en eux, qu'elle peut être considérée en eux comme dans la vertu originelle et féconde qui la contient, et que le Collège épiscopal est ainsi, dans un sens •véritable, l'Eglise tout entière qu'il représente.

Voilà donc l'Eglise unie à Jésus-Christ son Chef, et l'ordre qui est en cette union.

Mais, dans cette union mystérieuse et indissoluble, quel nom conviendra-t-il de lui décerner? Ou plutôt quel nom donné par le Saint-Esprit en exprimera la force? Ce nom est celui d'épouse (i) : l'Eglise est vraiment l'épouse, et elle en a tous les caractères.

Il est trois caractères de l'épouse : elle est unie à l'époux dans la substance, elle est la mère des enfants de l'époux, elle partage son autorité sur les enfants et jusque sur les serviteurs.

Ainsi l'Eglise est unie à Jésus-Christ dans l'unité de sa chair et de son esprit et dans la possession de tous ses biens (2).

L'Eglise, par l'épiscopat, est mère et engendre les enfants de Dieu.

Enfin, l'Eglise est reine dans l'autorité de ce même épiscopat : elle exerce et partage sur la famille de Dieu, qui est sa fécondité, l'autorité de Jésus-Christ, qui est son époux, et tous ceux qui sont de Dieu obéissent à sa voix (3). Les serviteurs mêmes, c'est-à-dire tous les ouvrages de Dieu et toutes les créatures, lui appartiennent à leur manière, la doivent servir et lui sont subordonnés dans leur fin.

Tel est le mvstère qu'offre à nos pensées cette hiérarchie de l'Eglise universelle, dont Jésus-Christ est le chef.

Nous ne parlons point dans ce moment du Vicaire qu'il s'est donné et dont l'institution le rend à jamais visible ici-bas. Nous verrons ailleurs que ce Vicaire n'est que la pure manifestation de celui qu'il représente, l'instrument et l'organe dont il se sert sans cesse pour parler et agir au dehors. Il suffit quant à présent, pour bien entendre le mystère de la hiérarchie, de reconnaître l'unique autorité de son chef Jésus-Christ, puisque aussi bien ce Vicaire n a point une autorité distincte de celle-là et qu'il exerce cette autorité même, sans la diviser, comme nous le dirons en son lieu.

Mais, avant d'aller plus loin, il importe de rappeler la doctrine

(1) OsteDdam tibi sponsam uxorem Agni. (Ap. xxi, 9.) — Item // Cor. xi, 2; Ps. xviii, 6; Joan. m, 39; Ap. xix, 7, etc.

(2} Eph. v, 29-32.

(3) Joan. vin, 47-

que nous avons déjà énoncée, à savoir que cette hiérarchie du Christ et de l'Eglise se rapporte et remonte, par une sorte de mystérieuse identification, à la première hiérarchie de Dieu, chef du Christ. Elle a en celle <i son type, et la société du Père et de sou Fila Jésus Christ pénètre l'Eglise el se rend présente en elle in.

Jésus Chris! esl le chef de l'Eglise paire qu'il lui apporte l'opération de son Père el lui donne ce qu'il a reçu de son Père. Le Père demeure le premier auteur du don; il est dans le Christ, se Réconciliant le monde 12): « Celui qui me reçoit, dit Jésus-Christ. ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais mon Père qui m'a envoyé. » (3)

Ainsi, du côté du chef, apparaît le premier principe qui est le Père, et, du côté de l'Eglise, que voyons-nous, sinon le Fils en tant qu'il est donné et vivant en elle'.'

(Miel don est reçu par elle pour tous ses membres, sinon la qualité d'enfants de Dieu (4), l'association au Fils unique de Dieu ou plutôt ce Fils unique Jésus-Christ donné, répandu et, osons le dire, engendré mystérieusement dans les multitudes qui le reçoivent et auxquelles il est donné pour qu'elles renaissent de Dieu par une nouvelle naissance comme « les membres 0 et « la plénitude » de ce Fils unique '.' (5)

Ainsi, d'un côté, le principe, c'est-à-dire le Père, et, de l'autre côté, le Fils, assumant dans son unité tout le corps de l'Eglise. Donc, aimons à le redire, la société du Père et du Fils est bien là, et les relations augustes qui découlent de cette société y sont gardées. Aussi le Saint-Esprit n'en saurait être absent, et. dans ce mystère de l'Eglise unie à son chef, il est donné à l'Eglise, il vit dans l'Eglise, il respire et parle en elle (6). Et sa présence en elle est une nécessité mystérieuse de la hiérarchie, fondée sur les nécessités éternelles de la vie divine et de la société qui est en Dieu. Et, comme il unit le Fils au Père, ainsi il unit l'Eglise à son chef: l'Eglise, en qui est le nom du Fils, à son chef, en qui est l'opération et l'autorité du Père.

(1) Unitatem illa (tunica Chrisli seu Ecclesia) portabat de superiore parte venientem, id est de cœlo et a Pâtre venientem. (S. Cypr. de unit. Eccl. n. 7.) (a) // Cor. v, 19.

(3) Quicumque me susceperit, non me suscipit, sed eum qui misit me. {Marc, ix, 36. 1

(4) Joan. 1, 12.

(5) Ibid., i3; / Cor. vi, i5; Eph. 1, a3.

(6) Joan. xiv, 16; Gai. v, a5; Joan. m, 8; Matth. x, 20.

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