DE LA TROISIÈME HIERARCHIE
l'ÉVÈQUE EST LE CHEF DE l'ÉGLISE PARTICULIÈRE
Le Collège épiscopal est la partie principale de l'Eglise, parce que, par lui, la fécondité du sacerdoce de Jésus-Christ produit tous les autres membres de son corps mystique.
Or, l'épiscopat est un; il n'est pas possédé par partie, il demeure tout entier dans chaque évoque : episcopatus anus est, cajus singuli in sôlidum partes tenent (i ).
Par suite du mystère de cette intégrité indivisible, l'épiscopat peut être considéré dans un évêque particulier. La fécondité de l'épiscopat, l'opération sacerdotale de Jésus-Christ productrice de l'Eglise, communiquée à l'épiscopat, sont tout entières dans cet évêque. Celui-ci s'approprie, pour ainsi dire, la vertu qui produit l'Eglise (2), et, la faisant rayonner sur des éléments restreints, il l'exerce sur un troupeau limité auquel s'étend son action et qui existe distinctement et sans se confondre comme sa part d'héritage.
Cet évêque devient par là le chef de ce que l'on appelle son Eglise, donnant à la partie, c'est-à-dire à l'Eglise particulière, le nom mystérieux du tout. Ainsi l'évêque, membre du Collège de l'Eglise universelle sous le chef unique Jésus- Christ, par une suite et un développement de ce qu'il reçoit à ce titre, prend encore la qualité de chef d'une hiérarchie et d'une Eglise particulière.
C'est la troisième et dernière de nos hiérarchies, et, comme nous avons dit : Dieu est le chef du Christ, le Christ est le chef de l'Eglise ou de l'épiscopat, nous disons encore troisièmement : l'évêque est le chef de l'Eglise particulière.
Mais, déclarons-le d'abord, en cette Eglise particulière, nous
(1) Unitatem firmiter tenere et vindicare debemus, maxime episcopi, qui in
Ecclesia prœsidemus, ut episcopatum quoque ipsum unum atque indivisum probemus
Episcopatus unus est, etc. (S. Cypr. de anit. Eccl. n. 5.)
(2) De même que les formes se multiplient par la matière, de même l'Eglise se multiplie dans les Eglises particulières par les éléments des peuples chrétiens, qui sont comme la matière des Eglises et qui reçoivent leur forme de l'épiscopat.
i \ HIÉRARCHIE <>T
révérons foui le mystère e\ tonte la dignité « 1 »• l'Eglise, épouse de Jésus Christ. Le mystère ne se dégrade poinl en se communiquant : cotte hiérarchie n'esl point indigne de la hiérarchie supérieure, c'est-à-dire de l'Eglise universelle de Jésus Cbrisl dont elle découle, qui l'environne et la contient dans sou sein.
\ussi lr nom d'Eglise lui appartient-il dans toute la vérité. Elle possède, sans diminution ni dégradation, tons les biens et tout le mystère de l'Eglise universelle.
Dans ce mystère unique, elle est. dans l'Eglise universelle et par elle, l'épouse toujours unique de Jésus Christ; i ce titre, fdle reçoit t. ois ses liions, s,, lui. snn baptême, ses sacrements, son corps et son Sang, son t'spiil : il étend sur elle son autorité et ses tendres sollicitudes, et il "st son pasteur, pasteur toujours unique de l'Eglise universelle et des troupeau* particuliers.
L'Eglise particulière, constituée par l'épiscopat de son évèque, reçoit donc bien par lui tout ce qui appartient à l'Eglise universelle et tout ce qui lu constitue (i). Ceque nous disons ici doit s'entendre du don fait à l'Eglise, c'est-à-dire de tout ce qui constitue la nouvelle créature, et de toutes ses richesses, mais non de la stable et indéfectible possession de ces dons et de ces richesses ; cette stabilité. assurée à l'Eglise universelle, ne l'est pas à chacune des Eglises particulières. L'Eglise universelle ne peut périr, chaque h.lise particulière peut faillir et périr. Aucune d'elles n'est nécessaire en tant qu'Eglise particulière. L'Eglise romaine seule est infaillible et impérissable, non pas en vertu de sa qualité d'Eglise particulière, mais par un privilège spécial et parce que son immuable intégrité regarde l'état de l'Eglise universelle.
Encore une fois, cet évèque. en qui est tout l'épiscopat. lui apporte toute l'action de Jésus-Christ, en fait l'épouse de Jésus-Christ; elle possède par lui la parole de Jésus-Christ, son sacrifice, son corps et son sang, son esprit, ses sacrements; elle est régie par lui et, dans l'evèque, Jésus-Christ est son pasteur. En un mot, elle est véritablement Eglise : elle a toute la substance de l'Ealise dans un seul et même mystère avec l'Eglise universelle (2), et comme l'épiscopat est tout entier dans chaque évèque, ainsi l'Eglise universelle est tout
(1) Per episcopum omnis ordo, omne mysterium, omne sacramentum. (Sikeon Thess. de saer. ord. c. I.)
Miidquid est quod competat loti, quodammodo cooçruere videtur etiam parti. (S. I'etr Dam. lib. Dom. vob. c. vi. |
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entière dans chacune des Eglises : est tota in toto, et tota in qualibet parte (i).
Gardons-nous donc de considérer les ^Eglises particulières comme de simples circonscriptions établies seulement pour la bonne police du gouvernement, comme des divisions accidentelles qui ne sont rien dans la substance et dont la constitution pourrait être changée au gré d'un législateur. Dans l'ordre de l'ancien Adam et des cités qui procèdent de lui, les familles reposent sur un sacrement divin. Dans un ordre plus auguste, dans l'humanité du nouvel Adam, les familles qui sont les Eglises ont aussi un mystère substantiel qui les constitue, mais tout y est dans l'unité, et ce sacrement divin qui constitue l'Eglise particulière n'est pas autre que le grand sacrement de Jésus-Christ et de l'Eglise universelle, et c'est pour cela que, selon la doctrine de saint Cyprien, et il est cohérent aux mystères célestes », immuable et « fondé sur la stabilité divine. » (2)
Mais il n'en serait point ainsi si nous ne retrouvions dans cette hiérarchie de l'évoque et de son Eglise les relations qui constituent les hiérarchies supérieures.
L'évêque est le chef; il tient la place du principe. Dans l'évèque est Jésus-Christ, et dans Jésus-Christ le Père qui l'envoie. L'Eglise qui reçoit l'évèque reçoit Jésus-Christ, et, en recevant Jésus-Christ, reçoit son Père, car il a dit lui-même : « Celui qui vous reçoit me reçoit : et celui qui me reçoit, ce n'est pas moi qu'il reçoit, mais mon Père qui m'a envoyé. » (3)
Ainsi l'évèque tient bien en elle la place de Jésus-Christ uni à son épouse (4) ; elle est elle-même cette épouse de Jésus-Christ appelée Eglise et renfermant en elle tout le mystère de l'Eglise universelle.
Mais ce n'est pas assez, et, par une même suite, l'évêque tient en
(1) In pluribus una, et in singulis per mysterium tota. In universitate una, et in suis partibus tota.
In omnibus una, et in singulis tota. (Id. ibid., c. 5-6.)
(2) S. Cypr. De unit. Eccl. n. 6.
(3) Mare, ix, 36.
(4) Tbv o-jv kr.inv.oTtw 8yïXov otc 10; aùtôv xbv K-jptov BtX izpoa&kim'.v .
(S. Ign. Epist. ad Eph. n. 6.) — IlâvTE; vnpntécuoTay tov âutc-xoTrov <I>;
TrjffoCv Xoittov, rj'vTa Yîôv toû IlaTpà;. (Id. Epist. ad Trait, n. 3.) — Episcopi sunt sponsi Ecclesiœ loco Christi. (Sum. Theol. Suppl. q. xl, a. 7,) — Nos
episcopi Christi appellatione signamur Sive baptizamus, sive ad pceni-
tentiam cogimus, sive veniam pcenitentibus relaxamus, Christo id auctore tractamus. (Pacian. Epist. ï, m.)
elle la place du Père ( i el l'Eglise reçoit par lui le titre de la filiation divine. « Ces! par L'évéque, dil saint Polycarpe, que Dieu
adopte BeS lils. »
Ainsi, c'est toujours le même ordre de la \ie divine; le chef et M <pii procède de lui, l'évoque et l'Eglise; du côte du chef apparaît le principe de la vie, c'est-à-dire le Père, auteur du don divin et donnant son Fils, et. du côté de l'Eglise, la niasse des enfants de Dieu, c'est-à-dire le I ils unique donné par le Père, engendré du Père et répandu en eux sans cesser d'être unique, ainsi que nous l'avons dit plus haut lorsque nous traitions de l'Eglise univer selle.
Le Saint-Esprit est inséparable du mystère de ces relations du Père et du Fils partout où elles apparaissent : le souffle du Père et du Fils, comme il est dans l'Eglise universelle, la remplit et l'anime, ainsi vient-il à l'Eglise particulière. Il est l'âme de sa hiérarchie, le sceau de sa communion. II scelle en elle l'union de l'évéque et de son peuple, de l'époux et de l'épouse, c'est-à-dire encore et toujours l'union de Jésus-Christ et de son Eglise, et. en remontant plus haut, jusqu'aux profondeurs divines où sont cachées les origines sacrées de ces mystères, l'union du Père et du Fils.
C'est de ces profondeurs éternelles, où le Père donne au Fils et où le Fils reçoit du Père, que Jésus-Christ est venu à l'humanité (3.) pour former l'Eglise universelle dont il est le chef, à laquelle il donne à son tour et qui reçoit de lui (3).
Et, de même, c'est du sein de cette hiérarchie supérieure de l'Eglise universelle où Jésus-Christ donne au Collège épiscopal, en qui est toute l'Eglise et où lesévêques reçoivent de lui, que l'évéque, à son tour, est sorti pour venir former l'Eglise particulière dont il sera le chef, à laquelle il donnera et qui recevra de lui.
Ainsi ces hiérarchies procèdent l'une de l'autre : l'Eglise particulière procède de l'Eglise universelle; l'Eglise universelle, en qui
(i) Yjiïv 5k TCpéitS! y.7.-.x 8ûva(uv 0eo-j Ilarpô; uâffav èvTpo7ir,v a-Jrw
Jftinaxônb)) àjrovÉu.£:v, xa6ù>; k'yvwv xcti tû'j; ây^ouç itpcrêuTépovç çpovipo'j;
tv ôeû TV'yopov/Ta: zÙtû. oûx ot'JTcîi, Se, à/./.à rw II api 'It^ctou Xptaroû, -rai
prâvtaw ïr.: av. 6 -<<■>. (S. Ign. Epist. ad Uagn. n. 3.) Episcopus illuminandi
vim habet, eo quod Patrem luminum imitatur, ipsiusque virtutem abunde possidet. Una est episcopatus gratia et virtus et ordo ex Deo primo et solo Pâtre et episcopo emanans. iSimeon Thbss. de sacr . ord. c. i.)
(2) Joan., vin, 4a.
(3) Ibid., xvii, 8.
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subsistent toutes les Eglises particulières, procède de la société divine de Dieu et de son Christ.
Mais, sous un autre aspect du même mystère, cet ordre, où ce qui est inférieur semble sortir de ce qui est supérieur, est aussi l'ordre dans lequel ce qui est supérieur appelle à lui-même, assume en luimême ce qui est inférieur, pour l'embrasser et le contenir en lui-même.
La société divine de Dieu et de son Christ embrasse en Jésus-Christ l'Eglise universelle, l'assume en elle-même, la contient, l'enveloppe et la fait vivre de sa vie. De même cette société qui est entre Jésus- Christ et l'Eglise universelle assume en elle-même dans l'épiscopat les Eglises particulières, les embrasse et leur communique sa vie. C'est là ce qu'exprime cette parole de l'apôtre saint Jean : Lt et vos societatem habeatis nobiscum : que vous, fidèles des troupeaux particuliers, vous ayez société avec nous, qui sommes l'épiscopat, en qui subsiste l'Eglise universelle ; et societas nostra sit cum Pâtre et cum Filio ejus Jesu Christo : et que notre société dans laquelle vous entrez, et qui est la communion de l'Eglise universelle, soit élevée à la société du Père et de son Fils Jésus-Christ ( i).
Ainsi s'accomplit toujours et jusqu'aux extrémités du corps mystique de Jésus-Christ ce qu'il a dit de cette union : Ego in eis, et tu in me, ut sint consummati in unwn (2).
Concluons par une dernière vue sur ces vérités sacrées.
Par ce mvstère admirable des processions et des assomptions dans l'unité, qui est le fond des hiérarchies, comme il y a une circumincession du Père et de son Fils : ego in Pâtre, et Pater in me est (3), il v a de même une circumincession de Jésus-Christ et de l'Eglise universelle : vos in me, et ego in vobis (4) : vous êtes en moi et je suis en vous ; ce qui fait dire même du A icaire de Jésus-Christ, .parce qu'il tient la place du chef : Ubi Petrus, ibi Ecclesia (5) : où est Pierre, là est l'Eglise; enfin, il y a une circumincession del'évêque et de l'Eglise particulière, ce qui fait dire à saint Cyprien : Scire debes ecclesiam esse in episcopo et episcopum in ecclesia (6) : « Tu dois
(l) / Joan, 1, 3. — "ASto ri; 'Ev.y.'/.r^ixz. èv a:ç svoHTtV î'jyoua: 'Ir.Toi
•/.ai flarpo;. vi o> ûitofiéve>VTeç @ea\) t£'j|ô|j.£6a. (S. Ign. Epist. ad Magn. n. 1.)
(21 Joan. xvii, 23.
(3) Ibid., xiv, 10.
(4) Ibid., xiv, 20.
(5) S. Ambr. in ps. xl, n. 3o.
(6) Episi. LXIX. — Saint Ignace dit de même : « Il faut que là où est l'évèque.
LA IIIKKAKCHIK <>.')
savoir, chrétien, que l'évêque est dans son Eglise et L'Eglise dans son évéque. »
Que ce mystère est sublime! Le Fils esl dans le Père comme en son principe; le Père esl dans le Fils comme en sa splendeur consubstantielle. L'Eglise esl aussi dans le Christ comme en son principe et le Christ est dans l'Eglise comme en sa plénitude. Enfin, L'Eglise particulière est encore dans son évèque comme en son principe, el l'évoque est en son Eglise comme dans sa plénitude, sa splendeur, le rayonnement de son sacerdoce et sa fécondité.
C'est pourquoi l'Eglise catholique ne l'ait pas une chose vaine en conservant à des évéqués les titres des Eglises renversées par les infidèles et détruites en apparence sans retour. Réduites à ne plus compter actuellement de clergé ni de fidèles, elles vivent encore et subsistent dans leurs évèques ; l'évêque porte dans la vertu de son épiscopat et de son titre des multitudes et une hiérarchie, comme on voit toute une famille subsister avec ses droits et ses espérances dans un seul héritier. Le flambeau d'une Eglise particulière n'est point éteint tant que la chaire épiscopale subsiste et est occupée.
Toutefois, avant de nous éloigner de ce sujet, il nous faut considérer l'Eglise particulière, non pas seulement dans cet état que nous venons d'indiquer et où toutes ses forces sont comme ramassées en leur germe dans la personne de l'évêque, mais il faut voir aussi cette fleur de la hiérarchie dans son plein épanouissement.
L'évêque aura autour de lui son peuple, fécondité de son sacerdoce unique. Ses fidèles ont reçu son baptême, qui est le baptême de Jésus-Christ, et ils sont assis à sa table mystique (i).
Et toutefois il manquerait encore quelque chose à la beauté et à la plénitude de ce mvstère de l'Eglise particulière si l'évêque n'y avait des coopérateurs formant la couronne de son siège, s il agissait toujours seul et s'il ne pouvait communiquer que le fruit de son sacerdoce sans communiquer l'opération sacerdotale elle-même.
Il convient que sa hiérarchie imite plus parfaitement les hiérarchies supérieures; et comme lès évêques sont les coopérateurs de Jésus-Christ, le uuvOpbvoç, le consessus, le sénat et le « presbytère »
là soit son peuple; comme là où est le Christ Jésus, là est l'Eglise catholique : Oirou x-i ;a-/r ô i-'.T/.r,-r,:. IxeZ xh rr/r/jo; surcto" worrep oitou -n ï] Xp-.TTo; 'iTjffouç, ïv.i: f] xaOoXcxT] 'ExxXrjcrfa. » [Epist. ad Smyrn. n. 8.)
(ï) Oux è;ôv iaT-.v ywpfç roû imaxânou buts ftairrt'Çëtv, oûre iyâ.in\\ ~o:s;v. (S. Ign . i"6(*f.)
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de l'Eglise universelle (i), assis avec Jésus-Christ pour la paître et la gouverner ; comme Jésus-Christ lui-même est le Conseil éternel de son Père, opère dans sa vertu et partage son trône, il convient que l'évèque étende son opération en des personnes qui en sont faites participantes (2). Son Eglise est une épouse : il faut qu'elle ait aussi la fécondité d'une mère et une part à l'autorité de l'époux ; il faut qu'elle ait des membres principaux en qui elle recevra ces prérogatives, comme l'Eglise universelle reçoit dans les évêques et possède par le corps des évêques, participant du sacerdoce de Jésus-Christ, d'être une mère féconde et une reine dont l'autorité est sacrée.
L'évèque va donc donner la dernière perfection à l'Eglise particulière en se formant en elle une couronne de coopérateurs (3). Par un dernier écoulement de la mission sacerdotale, il y aura un ordre de prêtres, inférieur en tout à l'épiscopat : ceux-ci participent de sa vertu, mais ils ne la peuvent transmettre; car aussi bien il n'y a plus de hiérarchie au-dessous de la hiérarchie de l'Eglise particulière dont l'évèque est le chef, et les prêtres qui l'assistent seront le Collège de son siège, sans être jamais des chefs dans le sens propre et hiérarchique du mot. Ils sont le sénat (4) de l'Eglise particulière, et ils y composent cette assemblée que l'antiquité appelait le presbytère (5).
Il faut donc savoir que l'onction sacerdotale ne s'arrête point à
(1) Ces expressions se retrouvent toutes dès le premier siècle sur les lèvres de saint Ignace : Oî à7roo-tôXot (eîai'v) w; 7tp£aëut£p:ov 'ExxXijO'faç. (Epist. aa Philad. n. 5.)
(a) 'YriOTiaffETac ('E/.xX^ffta) ~u> £7I,.tx6'~w w; yip:i'. 0EO-J,xai T<ji 7Tp£<ToUT£pta) ù)ç vi5[j.(j) 'I^tro-j Xp'.oToG. (S. Ign. Episl. ad Magn. n. 2.) 'Ev ôfiovoix 0egù <7UO'jSàsET£ uàvra upâaaciv, 7rpoy.*6r,u£vo'j toO £7t;ay.Ô7rG-j e'.; tôtiov 0£oG, xai
TÔSv 7tp£ffë'JT£pl»)V £CÇT(37tOV a-JVE&pïOU T(iv aTIOCTTÔÀWV 'Eva)6r,T£ Ttô È TU <7XÔ 710)
xai TOÏ;7ipoxa6r,[A£vo'.(;, île T-j7tov y. ai Oiôayr// àsôapaîa;. (Ibid. n. 6.) — 'TirordtYïjT.
T(îi ÈTitaxÔTTO), a>î 'Ir.ao'j; Kpcaro; Tto Tlarpl xai oî àjtô(7TÔ),0'. xtô XpiarcSs
Fidèles qui formez l'Eglise particulière de Magnésie, v. soyez soumis à l'évèque comme Jésus-Christ est soumis à son Père et comme les apôtres sont soumis
au Christ. »( Ibid.. n. i3.) — 'Avayxaïov i<j~rt ifno-A'TGi'j^s.'. xai ~io 7rp£<rê'jT£pûi>-
w; toï; àTTO(TTÔ).0'.; 'Iïjffoîi Xp'.dTO-j. (Epist. ad Trall. a. a.) — IlàvTE; £VTpî7i£,
aôtoaav tou; 7vp£<xo-jTÉpov; u>; cwéSpiov 0eo-j, xai û; t-JvSe^jagv àitoaTo'Xwv.
(Ibid., n. 3.)
(3) 'AS'.otiXôxo-j 7rv£-j[xaT;xo'j ff-E^ivoy to-j ■Kpzao'j'BO'.o-J. {Id. Epist. ad Magn. n. i3.)
(4) Id. Epist. ad Trall. n. 3.
(5) Id. Epist. ad Eph. n. 4> 20; ad Magn. n. 2, i3; ad Trall. n. 2, 7, i3; ad Philad. n. l\. 7 ; ad Smyrn. n. 8, 12.
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l'épiscopat, el qu'un dernier écoulement de cette onction forme un ordre inférieur en tout à l'épiscopat, soutien et coopérateur de l'épiscopat. Par là, selon la remarque de Thomassin, le sacerdoce admet comme tmi-> degrés : Ions-Christ, chef et premier dans le sacerdoce, icoùto; ipviepeùç : les évêques, hiérarques sous ce premier chef, ipyteptïç; les prêtres, simplement dits iepeîç, consacrés, mais non consécrateurs. qui participent au sacerdoce et ne le communiquent point, qui reçoivent le sacerdoce, mais ne peuvent être chefs d'une hiérarchie nouvelle (i).
C'est au sacerdoce de ces derniers que l'évêque s'adresse pour achever le dessein de son Eglise particulière; il les lui attache, ^il les lui approprie pour lui donner toute sa forme.
Nous pourrions nous arrêter là (2); mais il convient de dire encore quelques mots d'un ordre de personnes qui, ne recevant pas e sacerdoce même, en sont les hras et les auxiliaires, et sur lesquelles découle, à cause de cette fonction, quelque chose de la surabondance de la grâce et de l'onction qui remplit la hiérarchie sacerdotale. Ce sont les ministres proprement dits, constitués à l'origine dans l'ordre principal du diaconat.
Les diacres sont les aides de l'évêque ; ils ont auprès de l'évêque un ministère de préparation et d'assistance; mais ce n'est point à leur ordre proprement qu'il appartient d'agir et d'opérer dans les mystères.
De ce qu'ils sont les aides de l'évêque, il suit aussi qu'ils sont les aides des prêtres, parce que les prêtres ont, dans un degré inférieur. un seul et même sacerdoce avec l'évêque, et que l'évêque donne aux prêtres tous ses biens, sauf ce qui lui appartient comme au chef de la hiérarchie.
Les diacres sont semblables aux anges dans l'Eglise (3) : tantôt ils paraissent à l'autel gardiens et témoins des mystères ; tantôt ils portent au loin et font exécuter les ordres sacerdotaux ; ils se mêlent au peuple pour le soutenir, le préparer, l'examiner et l'amener à l'évêque ou au prêtre, et c'est pour cela que le diacre est appelé l'œil et la main de l'évêque.
L'Eglise, dès les premiers temps, a détaché du diaconat diverses
I 11 Discipl. ecclés. 1" P., 1. I, C. i, n. l4-
(21 ' Em Bucrtaorriptov, a>; e'; hiziarumoç, âfix râ ■xpzao^-ipiiû xal îtocxôvoi;. (S. Ign. Epist. ad Philad. n. 4-)
(3| Diaconi septem archangeli sunt Dei, ad quorum mysteria septem diaconi in Actibus sunt ordinati, (Orig. in Matth. tract, xxiii, n. 10. 1
08 l'église
parties de ses augustes fonctions : elle a tiré de cet ordre unique et principal les ordres multiples et distincts des ministres inférieurs. Ces ordres ont tous une origine divine dans le diaconat, qui les contient, et l'Eglise a reçu de Dieu le pouvoir de les en faire sortir et d'en établir le partage (Y). Elle a usé diversement de ce pouvoir selon les lieux et les temps, car ce partage est de droit ecclésiastique. Aussi, tandis que les ordres du sacerdoce, c'est-à-dire l'épiscopat et la prêtrise, et l'ordre du diaconat, sont universels et immuables et conservent inviolablement ce qui leur est propre, les ordres des ministres inférieurs, leurs titres, leurs attributions, diffèrent de l'Orient à l'Occident.
Lorsque nous ferons de la vie propre de l'Eglise particulière l'objet d'une étude spéciale, nous aurons occasion de reconnaître comment les diacres et les autres ministres qui lui sont attachés et appropriés contribuent à sa parure et à sa vigueur.
(i) In primitiva Ecclesia omnia inferiora ministeria diaconis committe-
bantur, ut patet per Dionysiurn Erant omnes prœdictae potestates, sed
implicite, in una diaconi potestate. Sed postea Ecclesia quod implicite habebal
in uno online, explicite tradidit in diversis. Et secundum hoc Ecclesia alios ordines
sibi instituit. [Sam. theol. Suppl. q. xxxvn, a. 2.)