I.A HIIHARCHIE Jl
si pourquoi l'épiscopat apparaît dans l'Eglise universelle avant que l'évéque soit chef d'une Eglise particulière. Le lien qui l'unit à celle ci ne subsiste que par l'appropriation qui lui est laite d'un
mystère intérieur. Ce lien tire toute sa vertu de ce fond d'universalité d'où il procède et qu'il ne saurait altérer. Il en est de même du prêtre, du ministre, du fidèle : avant d'appartenir à une Kglise particulière, ils appartiennent d'abord et principalement à l'Eglise universelle, chacun en son rang hiérarchique.
Nous ne saurions donc trop le redire, l'Eglise universelle subsiste antérieurement aux Eglises particulières; elle ne dépend pas de celles-ci, mais celles-ci procèdent de celle-là, empruntent d'elle tout ce qu'elles ont et ne cessent de lui appartenir.
Ainsi l'Eglise est une et indivisible, et par cette indivisibilité inviolable et essentielle qui admet la fécondité et la multiplication sans subir d'altération, elle joint au mystère de sa maternité le privilège de la virginité. Elle est mère et vierge tout ensemble, parce que sa fécondité imite la fécondité divine ; et, comme Dieu lait naître en lui son Fils sans déchirement de sa substance, il a donné pareillement à son Eglise de multiplier en elle-même les générations divines de ses enfants, les Eglises particulières et les familles de ses élus, sans rupture ni division et sans que sa très parfaite intégrité, simplicité et unité reçoive aucune atteinte (i).
Comment expliquer ces choses ineffables? Toute propagation terrestre se fait par la division de la matière ; mais la propagation divine qui est dans le Christ se fait par assomption dans l'unité. Le corps du Christ, tout rempli de l'Esprit et de la divinité (2), donné à tous pour les faire vivre tous de sa vie et faire de chacun ses membres et sa substance, ne se divise point. Mais cette nourriture divine, au contraire des aliments terrestres et tandis que ceux-ci sont assimilés à celui qui les prend, assume celui qui s'en nourrit à sa propre unité, se l'assimile et se l'unit avec une efficacité profonde et incompréhensible (3).
minor videtur esse Ecclesia, dum salvo unitatis arcanae mysterio, etiam cuncla redemptionis humanae unus homo (et una particularis Ecclesia), suscipit sacramenta, qua; ipsi universali Ecclesiae sunt divinitus attributa. (S. Petr. Dam. op. cit., c. x.)
(1) (Ecclesia) nec in uno solitudinem recipit, nec in pluribus scissuram diversîtatis admittit. \Id. ibid.)
(a) Joan. VI, 64.
(3) Mta "[«P TàpS *o{î Kvpt'oy r^àiv 'Ir^oû Kp'.aro-j, xai vi 7toTï|p'.ov Et;
Ce sont là des opérations de cette vie nouvelle, la communication d'une même substance divine « qui pénètre et n'est point pénétrée, dit saint Augustin, qui se donne et ne se divise pas, qui est à la l'ois tout entière partout et répandue partout, qui se répand sans altération, qui sait tellement s'unir la nature humaine dans le Christ et l'Eglise qu'elle ne reçoit aucune augmentation, et tellement s'y répandre qu'elle ne soufTre aucune diminution. » (i)
Ce mystère de l'unité de l'Eglise dans la multiplicité de ses membres, les rassemblant tous dans l'unité de Jésus-Christ afin qu'ils soient consommés par lui dans l'unité qu'il a avec son Père, unité dont il a dit : Ego in eis, et ta in me, ut sint eonsummati in unum (2), ce mystère d'unité est appelé la communion ecclésiastique et appartient à la communion des saints, qui fait un article de notre symbole apostolique (3).