II. CHEF DE L'ÉCLISE l
erat voluit nominari, dicendo ; Tues Petrus. i) (i) (( Tu es Pierre, lui dit-il, <vt voila ce qu'il faut entendre ; c'est qu'étant moi-même la pierre inviolable, moi-même la pierre angulaire, moi-même le fondement bôra duquel • » 1 1 ne peul en poser un autre, je te le dis, toi aussi tu es pierre, parce que lu m'es uni dans la solidarité d'une même force, t\ que les prérogatives qui sont et demeurent ma propriété te sont communes avec moi par la communication que je t'en lais: Ta es. Petrus: id rst, cum ego sim inviolabilis petra, ego lapis angularis qui facto utraque unumx ego fundamentum prœter quod nemo potest aliud ponere (Eph. u, i'j, 20), lamen tu <//<i"y/«> petra es, quia mea virtute solidaris, ut <pw milii potestate sunt propria, siut tibi mecum participatione communia. <>
Ailleurs encore dans l'Evangile, pasteur unique, il le fait avec lui pasteur universel et sans partage de l'unique troupeau (a). C'est toujours la même unité de puissance qui nous est montrée (3).
Ainsi Jésus-Christ et saint Pierre, par l'institution de son incomparable dignité, nous apparaissent indivisiblement unis comme un seul fondement de l'Eglise universelle, comme un seul chef de ce corps, comme un seul pasteur de ce troupeau: et dans les termes mêmes de l'institution divine, dit saint Léon, « nous apprenons, par le mystère des appellations décernées à Pierre, combien est étroite son union avec le Christ lui-même: Ut qualis ipsi cum Christo esset societas, per ipsa appellationum cjus mysteria nosceremus. » (4) Car encore, dit saint Cyrille d'Alexandrie, le Cbrist a donné à Pierre et n'a donné à aucun autre, mais à lui seul très pleinement, la plénitude de ce qui est et demeure à lui-même (5).
S. Léo, Epist. x, n. '(.
(2) Joan. xxi, 1") et scq.
(3) Unum certc ovile Chrisli Ecclesia est, cujus unus supremus pastor Christ us ipse regnans in ccelis, axuim quoqae vicarium supremum sui in terris visibilem pastorem reliquit, in cujus voce Christi vocem oves audirent. (Pios VI, Rrcv. Saper soliditale.) — Magnum et mirabile Imic viro consortium potentiffi
sua* triijuit divina dignatio omnes proprie reçat Petrus quos principaliter
régit et Christus. (S. Léo. Serm. iv, n. a.)
(4) Sic enim prae cœteris est ordinatus, ut dum petra dicitur, dum fundamentum pronuntiatur, dum regni coelorum janitor constituitur, dum ligandorum solvendorumque arbiter, mansura etiam in cœlis judiciorum suorum definitione, prseficitur ut qualis ipsi cum Christo esset societas, per ipsa appellationum ejus mysteria nosceremus. (S. Léo. Serm. m, n. 3.1
(5) Ref'ert D. Thomas (Opusc. I cont. errores Grxcorum, c. xxxn), Cvrillum in lîbro Thesaurorum dicentem : Sicut Christas accepit a Pâtre plenissimam potestatem, sic et Petro ejusque successoribus plenissime commisit. Item : Xulli alii quam Petro quod
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Saint Pierre est donc avec Jésus-Christ, et dans la personne de Jésus-Christ qu'il représente, le vrai Chef de l'Eglise et un seul chef avec lui : Christus caput est Ecclesise l'i), dit l'Apôtre; et il est dit du successeur de Pierre : Tolius Ecclesise caput (2).
Saint Pierre est le Chef de l'Eglise et un seul chef avec Jésus- Christ : ces deux aspects de la même vérité méritent que nous nous arrêtions à les considérer.
Premièrement, saint Pierre est le chef de l'Eglise. Sa prérogative est le principat, c'est-à-dire qu'il est dans l'Eglise la source et lé principe, et que tous les autres hiérarques reçoivent de lui tout ce qu'ils sont, tandis qu'il ne reçoit lui-même rien des autres (3).
(( Tu es la pierre sur laquelle je hàtirai mon Eglise. » (4) Quelle plus énei'gique expression que celle de pierre fondamentale ? Le propre d'un fondement, c'est de communiquer la fermeté à tout l'édifice et à chaque pierre de l'édifice, tellement qu'il n'y en ait aucune qui tire sa fermeté d'ailleurs, et que celle qui seule est fondamentale ne reçoive sa stabilité d'aucune autre.
C'est bien encore ce que le Seigneur dit ailleurs : « J'ai prié pour que ta foi ne défaille point; confirme tes frères. » (5) La fermeté du corps est construite sur celle du chef (6) ; la grâce faite à Pierre n'est point une grâce privée et s'arrètant à sa personne ; son infaillible fermeté dans la foi est telle, qu'il la devra communiquer," et que, communiquée par lui, elle deviendra la fermeté de tout le corps.
suum est plénum, sed ipsi soli dédit. Nec dubitandum est de his testimoniis, etiamsi nunc in Thesauro non inveniantur, tum propter D. Thomae auctoritatem, tum etiam quia plures libros Thesauri periisse scimus. (Suar. I, ni, de prim. Rom. Po.it. c. xvii, n. 5.)
(il Eph. v, a3.
(2) Co>'C. Flor. loc. cit.
\b ipso omnium charismatum fonte tam copiosis est irrigationibus inundatus, ut, cum multa solus acceperit, nihil in quemquam sine ipsius participatione transierit... Si quid cum eo commune cseteris esse voluit principibus, nunquam nisi per ipsum dédit quidquid aliis non negavit. (S. Léo. Serm. îv, n. 2.)
(4l Matth. xvi, 18.
(5) Luc. xxn, 32.
[6j In Petro omnium fortitudo munitur, et divinœ gratia? ita ordinatur auxilium, ut Grmitas quce per Christum Petro tribnitur, per Petrum apostolis conferâtur. (S. Léo. Ibid., n. 3.i
LE < m ! l.i. i ,'ÉGl [SE ! îj
Voilà bien toujours le caractère du principat, source, piincipe, origine, tel qu'il nous apparaît dans la hiérarchie où tout rient d'en
liant, dû Dieu lionne an Christ, où le Christ 1 son tour donne à l'Eglise, où l'évêque lui-même communique à son peuple, et où l'autorité et le don divin descendent sans cesse des sommets et ne
moulent jamais de» degrés inférieurs vers le- supérieurs.
La tradition confirme celle notion du principat en saint Pierre : «• Si le Siège de Pierre esl ébranlé, disent les évéques des Gaules, tout l'épi scopat chancelle. » car il est l'origine de l'épiscopal 1 . Les mots de chef, de Fondement, de source et d'origine, sont constamment employés. Partout saint Pierre apparaît comme recevant juinci paiement et communiquant ce qu'il reçoit à ses frères, les apôtres on les évéqui s. qui n'ont rien que par lui (2).
Mais, si constamment saint Pierre est ainsi le Chef de l'Eglise universelle, il faut en second lieu considérer qu'il a cette qualité dans son union avec Jésus Chris) qu'il représente. Il est un seul Chef avec lui ou plutôt il n'est < ihef que dans la personne de Jésus Christ qu'il soutient ici-Las.
Cette doctrine sur la nature du principat du Vicaire de Jésus- Christ n'est point un pur système théologique, mais c'est la tradition et l'enseignement même du Saint-Siège et de l'Eglise universelle. •• L'Eglise une et unique, dit le pape Boniface N III dans la décrétale i nom sanctam, a un seul chef, non pas <len:r chefs comme un monstre, à savoir le Christ et le Vicaire du Christ. Pierre et son successeur, mais, selon la parole du Seigneur, les brebis du Christ sont les brebis de Pierre, sans distinction ni parfaire. » (3)
I corps ne saurait, en effet, avoir, au sens propre du mot, deux chefs. Le rentre de la \ie on le chef d'un corps animé esl unique; or. ce centre et ce principe île vie dans le corps de l'Eglise est Jésus- Christ lui-même. Si saint Pierre n'est pas considéré proprement
(1) Dum de causa Romana> Ecclesi.-r anxii nimis ac trepidi essemus, '<l/'Ofe datant nostram in lacessito vertice sentientes ; quos onines 1111a criminatio utiqne sine invidia multitudinis percusserat, si statum principis obruisset. (S. Avrr. ip. L.vnni , t. IV, col. i36s).
Dicitur beatissimo Petro : Tibi dabo claves regni coeloram ; et qua?eumque
is super terram erunt ligata et in cœlis, et quaecumque solveris -
lerram erunt sol u ta et in cœlis. Trausivit quidem etiam in apostolos alios jus
istiiis potestatis, sed non frustra uni commendatur qnod omnibus intimetnr.
.fil Serm. i.xxxiii, n. 2. Cf. Serm. îv. n. 3.1
(3) Ecclesiœ unius et uniese unum corpus, unum capot, non duo capita, quasi
•monstrum, Christus videlicet et Christi 'icarius Petrus, Petrique succe>-or.
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comme son organe et son A icaire, n'étant rien qu'en cette qualité et en tant qu'il le représente, le nom de chef ne saurait lui convenir dans la force et la propriété de sa signification.
Mais si, au contraire, son autorité ne se distingue pas de celle de Jésus-Christ, qui ne voit qu'il n'est aucun pouvoir sur la terre qui la puisse limiter? Aussi les gallicans, qui ont voulu attribuer aux évoques et aux Conciles le droit de lui tracer des limites, ont été conduits à lui dénier la qualité de chef au sens propre et naturel de ce terme. Il est, disent-ils, chef de l'Eglise en une certaine manière, quodam modo \ i), mais non dans l'entière .et simple réalité.
Mais, d'un autre côté, si son autorité, quelle qu'elle soit, est au-dessus de l'épiscopat, sans être celle même de Jésus-Christ, qui ne voit, disent les Grecs, que l'épiscopat est singulièrement abaissé, ne relevant plus immédiatement de Jésus-Christ lui-même? Aussi la logique entraine-t-elle les gallicans à la suite des Grecs vers le système épiscopal, qui, considérant l'Eglise comme privée du gouvernement visible de son Chef Jésus-Christ désormais absent, la réduit à chercher son suprême appui dans le Collège épiscopal tout entier, et à couvrir, pour ainsi dire, le défaut causé par l'absence du Chef désormais invisible, par les puissances de ce Collège. L'autorité suprême appartient, selon ces faux docteurs, au corps des évêques.
C'est ainsi qu'on voit, dans les Eglises particulières dont le siège est vacant, le Collège des prêtres suppléer au défaut de l'évêque, son chef, enlevé par la mort.
Au fond, le système épiscopal revient à cela et ramène à cet état
d'infirmité l'Ecrlise universelle.
Dans ce système, l'autorité telle quelle qu'on laisse au successeur de Pierre est ou bien émanée dans sa substance du Collège épiscopal, ou du moins — car il y a des degrés dans l'erreur, et l'on cherche à ne pas aller jusqu'aux dernières conséquences — subordonnée à ce Collège. Cela revient à donner au corps des évêques radicalement et habituellement toute la puissance (2), et à réduire la prérogative
dicenle Domino ipso Petro : Pasce oves meas, meas, inquit, et generaliter non singulariter has vel illas, etc. (Bull. Unam sanclam.)
(1) Defensio Declar.
(2) Richerius, Febronius, Pistorienses : « Christus, suam fundando Ecclesiam, prius immédiate et essentialiter claves seu jurisdictionem toti dédit Ecclesia' quam Petro. » « Romano Pontifici instrumentai ter et quoad exsecutionem... convenit jurisdictio ecclesiastica. » « Petrus claves jurisdictionis accepit a Christo Domino non pro se, sedpro Ecclesia et nomine totius Ecclesia1
i .!•: « m i hi l'églisi i3g
ni Pierre à n'être plus qu'une institution de police, destinée .'i faciliter le bon exercice du gouvernement; car aussi bien, et on en convient, la multitude ne peut exercer sans confusion la puissance suprême, et il faul maintenir un certain ordre dans le Collège épiscopal, au fond seul véritable souverain, tant pour l'expédition ordinaire des affaires que pour lui garder une sorte d'unité.
Amené1 à ce point où la logique conduit le système épiscopal, quelle injure ce système ne fait-il pas au Chel immortel de l'Eglise universelle, Jésus-Christ, et à cette Eglise tout entière? Jésus-Christ n'est pas mort; son trône n'est pis vacant; Il ne peut doncétre considéré comme faisant défaut au gouvernement de son peuple, et il n'abandonne pas son sceptre au corps tout entier de son Eglise. Il «e d'être le Chef de cette Eglise.de l'animer et de la régir; et, tout en étant dans la gloire du Père, il lui convient de paraître toujours son maître et son guide.
L'évèque mort ne peut exercer son pouvoir, ni même avoir un vicaire. Il n'en est point ainsi de Jésus-Christ : toujours vivant, il se peut donner et il se donne un \ icairc.
Comme le corps de l'Eglise est visible, il faut que son Chef se montre visible. Il lui a promis sa présence jusqu'à la fin : il faut que cette présence soit déclarée. Il se choisit donc un Vicaire et se montre par lui. Par cette institution, le prince des pasteurs allirme clairement que sa puissance n'est pas morte et ne fait pas défaut, qu'elle est toujours vivante et active. Et ce \ icaire, son pur organe, clairement désigné par lui dans l'Evangile sous les noms et les prérogatives qui ne conviennent qu'à lui-même, est salué en cette qualité,* c'est-à-dire comme un autre lui-même, par la tradition de tous les siècles et par la voix des peuples.
Pourquoi, en effet, ne pas invoquer, en finissant, le témoignage humble et populaire des âmes simples et obscures qui forment les multitudes? La voix du baptême parle en elles, et les systèmes inventés par les hommes n'altèrent pas sur leurs lèvres la sincérité du témoignage divin. Pour elles, le Vicaire de Jésus-Christ est la manifestation de Dieu. « Le Pape, disait un petit pâtre italien à M-'r de Ségur, c'est le Christ sur la terre : Cristo in terni, a La définition de cet humble enfant sulïit, car elle contient toute la théologie du gouvernement de 1 Eglise.
non ut menieus et prîneeps, ted ni minister tantum et exsecutor decre-
torum Eccles
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Saint Pierre est donc le A icaire de Jésus-Christ dans toute la force du terme, c'est-à-dire qu'il ne forme avec lui qu'un seul chef de la hiérarchie et de l'Eglise.
C'est pour cela que Notre-Seigneur, instituant au-dessous de luimême l'ordre de l'épiscopat, n'a pas institué un ordre pontifical spécial dont saint Pierre et ses successeurs dussent être revelus.
Il y a bien sans doute un ordre du pontificat suprême supérieur à l'ordre épiscopal, mais cet ordre est l'ordre même de Jésus-Christ et n'appartient qu'à lui seul. C'est lui seul qui, par son ordination éternelle, est la source sacrée et permanente de l'épiscopat. Son \ icaire est tiré d'entre les évêques, et il exerce l'autorité de ce pontife unique, chef des évêques, autorité qui n'est point comprise ni renfermée dans les puissances de l'épiscopat, mais bien dans l'ordre suprême de Jésus-Christ, Chef de l'épiscopat, comme le vicaire de Pévêque, tiré d'entre les prêtres, exerce sur eux l'autorité de leur chef, qui est l'évêque.
C'est donc en vain que le système épiscopal veut se faire une arme contre la prérogative de saint Pierre et de son épiscopat. « Il n'est, disent-ils, qu'un pur évêque, le premier, si l'on veut, parmi ses frères ( i ) ; mais toute sa puissance est radicalement contenue dans l'ordre de l'épiscopat, et il n'a rien au fond au-dessus de ce bien commun qui appartient à tout le Collège, encore qu'il ne soit pas administré par tous. Toute puissance est donc bien, dans le fond et la substance, renfermée dans l'épiscopat, puisque celle de saint Pierre elle-même v est contenue. Il a bien fallu sans doute un ordre et une police dans l'exercice de cette puissance souveraine de l'épiscopat, et voilà pourquoi saint Pierre a été établi le premier. Mais cette institution ne va pas au delà de ce règlement nécessaire et ne l'élève pas plus haut. Si donc on l'appelle chef de l'Eglise, c'est
(i) Saint Pierre, considéré comme évêque, est bien assurément le premier des évêques dans un même degré de l'épiscopat ; mais il est encore, au-dessus des évêques, le chef des évêques et de l'épiscopat, comme Vicaire de .lésus- Christ. Il est à la fois le premier des évêques parmi ses collègues et le premier membre de leur Collège; et il est, au-dessus de ce Collège, le prince des évêques. le chef et li' principe de toute dignité pontificale en la pprsunne de Jésus- Christ, qu'il représente.
On a voulu abuser de sa qualité de premier évêque pour obscurcir ce qu'il est comme chef des évêques. Il est important de faire cette distinction, sur laquelle nous reviendrons au chapitre xi.
i i i m r Di i.'i Q] 1-1. i \ i
dans nii mus particulier et impropre, qaodam modo : car, «.'il était le chef des évoques au même sens el aussi véritablement que l'évêque est li- chcl de ses prêtres, il conviendrait qu'il j eût dans l'institution divine de la hiéran In.' un ordre de pontifical supérieur à celui des évéques el donl il scrail revêtu, comme l'évêque lui-même esl élevé tu-dessus des prêtres pai son ordination* ■•
Mais c'esl en cela proprement que se déclare l'essence même et llence du principat de saint Pierre, principal qui n'est que le vicariat du Pontife suprême, Jésus-Christ.
Oui. certes, nous l'avons déjà dit, au sommet de la hiérarchie il est un onlie pontifical incomparablement j >l u-. élevé au-dessus de celui des évéques que l'ordre de ceux-ci ne l'esl au-dessus de la prêtrise. Mais ce pontifical esl celui même de Jésus-Christ, et l'honneur de L'épiscopat consiste principalemenl en ce qu'il relève immédiatement de ce pontificat éternel du Fils de Dieu. Les évéques ne doivent point avoir d'autre chef; et Jésus-Christ, respectant, pour ainsi dire, en cela la grandeur de l'Ordre épiscopal, ou plutôt, divin époux de l'Eglise par son sacerdoce suprême et universel, et voulant lui appartenir el la régir immédiatement, il n'a pas voulu placer entre le Collège épiscopal et lui-même un sacerdoce intermédiaire; mais, demeurant seul et immédiatement le chef et l'époux, il s'est plu à se manifester à ce Collège par un \ icaire, qui, étant son pur organe^ ne fait qu'un avec lui-même, et ne peut être considéré séparémerrl de lui-même.
Et si, par le mystère de cette institution, se montre la grandeur de l'épiscopat, en cela aussi se révèle la sublimité de la prérogative de saint Pierre. C'est plus incomparablement pour saint Pierre d'être le \ icaire de Jésus-Christ et de n'avoir rien qu'en lui et par lui, que de tonner dans la hiérarchie comme un degré particulier audessous de lui. Si saint Pierre, par son ordre sacerdotal, était plus qu'un évêque, il occuperait dans la hiérarchie un degré distinct et qui lui serait proprement attribué. Il serait, par ce degré, supérieur aux évéques el inférieur à Jésus-Christ. Il abaisserait ainsi l'épi— scopal el ('éloignerait autant de ce premier pontife: et du même coup il abaisserait aussi sa propre autorité, qui ne serait plus celle même de Jésus-Christ, mais une puissance d'un degré inférieur.
\ icaire de Jésus-Christ, il n'aura donc rien à lui-même; mais aussi toute sa puissance se confondra avec celle de Jésus-Christ même. Ce sera la puissance du seul Jésus-Christ exercée et mani- ■ en lui.
C'est en cela que consistera l'essence de sa prérogative. C'est en cela qu'elle paraîtra toute divine et qu'elle l'élèvera au-dessus de toutes les puissances qui sont nommées sur la terre et de tous les degrés des hiérarchies.