‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 35 sur 114 · LB CHEF DE L ÉGLISE I · texte numérisé non relu

LB CHEF DE L ÉGLISE I

celle du Christ, immédiate, el elle ail ri ni proprcmenl el singulièrement, en vertu de son essence et comme pouvoir ordinaire, chaoune des Eglises ou assemblées des fidèles, chacun des fidèles.

i lace qu'a défini le Concile du Vatican i i i, el c'esl sans doute poui prévenir l'erreur contraire que Notre Seigneur, au lieu de

>,iiui Pierre : i Pais mon troupeau », comme en bloc ri dans mble, lui a dit: « Pais mes agneaux, pais mes brebis c'esl i dire à la fois tout le troupeau, puisqu'il n'excepte personne, «•t chacune clos ouailles qui le composent, puisque c'est par elles qu'il le design

Il serait trop long de suivre à travers le cours de l'histoire toutes ifx manifestations du pouvoir sou ver a ip du Vicaire de Jésus-Christ, ■fautant plus que celte étude l'orme toute la trame de l'histoire Ecclésiastique. Les auteurs qui ont recueilli de siècle en siècle les monuments de sa suprême juridiction sont dans toutes les mains.

g III

L'autorité doctrinale du Souverain Pontife n'est pas moindre que son autorité dans le gouvernement. Notre-Seigneur l'avertit des efforts du démon contre la foi de l'Eglise, renfermée dans celle du Collège épiscopal qui la doit former; et, voulant assurer en cette épouse qu'il s'est donnée le dépôt sacré de sa parole et L'intégrité de sa foi, il dit à son Vicaire : c< Simon, Simon, Satan a demandé à vous cribler tous, vous, le Collège de mes évéques, comme le froment, c'est-à-dire a vous agiter par l'incertitude des questions ; mais j'ai prié pour toi singulièrement, afin que ta foi ne défaille point; et toi, confirme tes frères. » (.4)

Ainsi saint Pierre est affermi dans la foi par l'assistance divine ;

il est ;i jamais le docteur infaillible, et l'Eglise n'est infaillible que

qu'elle est confirmée par lui; c'est-à-dire que l'Eglise, former

par le Collège épiscopal, l'Eglise, à qui Jésus-Christ a donné sa

Itl Const. Pastor œtsrnas, c. III.

(a) Joan. XXI, 16, 17.

(3| Prius agnos, deinde oves commisit ci : quia non solum pastorem, sed pas-

torein pastorum eum constituit. Pascit içitur Petrus agnos, pascit et oves;

tilios, nascit et matres; régit subditos, régit et prrelatos. Omnium igitur

pastor est. quia prœter agnos et oves in Ecclesia nihil est. iS. Eus. Eues. Ilom.

in vig. SS. Apost.)

(4) Luc XXII, 3l.

parole, afin que le dépôt de cette parole ne périsse point en elle, diminué par l'oubli, obscurci par les doutes ou altéré par la parole et les interprétations des hommes, a besoin d'être sans cesse confirmée et soutenue. Et qui donc pourra remplir cet office, sinon le Vicaire de Jésus-Christ? Et c'est parce qu'il parle en son nom et qu'il le représente au milieu du monde que l'infaillibilité lui est due comme une prérogative nécessaire et une suite inévitable de son titre.

Par là le Collège épiscopal sera aussi infaillible, mais d'une infaillibilité d'un ordre différent de celle de saint Pierre.

L'infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ est essentiellement I'in^ faillibilité principale, elle est l'origine et le fondement de l'infaillibilité dans l'Eglise. C'est le propre du chef dans la biérarchie de communiquer et d'étendre le don qui est en lui.

L'infaillibilité des évêques découle sur eux de celle de leur Chef, qui les affermit de sa propre fermeté (i).

L'infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ étant l'infaillibilité principale, a par suite deux autres qualités, à savoir de lui être propre et singulière.

Elle lui est propre, parce qu'elle ne lui vient point de son adhésion au Collège de l'épiscopat ; l'infaillibilité du Collège épiscopal est ai contraire une infaillibilité communiquée, et lui vient de son union dans un même magistère à celui qui est son Chef en Jésus-Christ-

L'infaillibilité du Vicaire de Jésus-Christ est un privilège singulier, en ce qu'elle est attachée à sa personne hiérarchique, qui est unique. Vicaire de Jésus-Christ, il en tient seul la place et parle pour lui. L'infaillibilité des évêques est au contraire un bien j commun qui appartient au Collège tout entier, et que ce Collège , reçoit dans la communion de son Chef (2).

Ainsi l'infaillibilité de saint Pierre est bien, selon les termes.

(1) Pro fide Pétri proprie supplicatur... In Petro ergo omnium fortitudomunitur, et divinœ gratiœ ita ordinatur auxilium, ut firmitas quœ per Christum Petro tribuitur, per Petrum apostolis conferatur. (S. Léo, Serin, iv, n. 3.)

(a) Nous comprenons sous ces deux mots de propre et de singulière, tirés de l'antiquité ecclésiastique, ce que l'on a voulu exprimer par les termes nouveaux et moins exacts d'infaillibilité personnelle et séparée. Le terme de personnelle peut faire équivoque et s'entendre de la personne privée, tandis que l'infaillibilité est la propriété de la personne hiérarchique; le terme de séparée semble supposer que le chef peut être séparé des membres, tandis qu'il faut exprimer simplement qu'il ne dépend pas des membres et qu'il possède l'infaillibilité singulièrement par lui-même, et sans l'attendre de leur concours.

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mémos de l'évangile, une infaillibilité qui confirme, el '''lie des évéques une infaillibilité confirmée. Toutes deux, toutefois, s"nt l'effet de l'assistance divine, assistance qui lait de la foi de Pierre la l"i principale, el <!<• sa bourbe l'organe de .li'sus-( Ihrist, assistance qui Confirme par sainl Pierre dans la vérité le Collège épiscopal et (jui le maintient dans l'unité de la même foi.

Hivsi bien, parla mémeque saint Pierre confirme efficacement la foi de -es frères, il faut l>i<'n qu'effectivement c«-t t«- foi soit confirmée el inébranlable. Et c'est ainsi que la parole de Jésus-Christ : (i J'ai prié pour que ta foi ne défaille point, confirme tes frèi a tout sdii effel et en saint Pierre confirmant ses frères, et dans tous les évéques confirmés par lui, pour former en lui et en eux l'unique magistère de l'Eglise universelle.

L'Église a donc rejeté justement les doctrines qui, dans ce magis-

ommun, faisaient dépendre l'infaillibilité du Vicaire de Jésus-

(iluisl de l'adhésion de l'épiscopat, comme si les rôles étaient ren-

et que, contrairement à l'Evangile, il dût être confirmé par

les.

Elle a rejeté aussi ceux qui le faisaient infaillible en tant qu'il est l'organe de l'Église, os Ecclesise, à cause de l'équivoque de l'expression. Saint Pierre est bien l'organe de l'Eglise et il parle en son nom aueloritattvement, en tant que sa foi renferme et forme la foi de l'Eglise, à la manière dont l'antique Adam parlait et agissait au nom de l'humanité tout entière dans sa chute, et dont le nouvel Adam parle et agil au nom de la nouvelle humanité tout entière qu'il porte en lui i i. Mais il n'est pas l'organe de l'Eglise et ne parle n s, ,11 nom comme un délégué qui reçoit de ses mandants l'au torité de sa parole; en d'autres termes, il n'est pas l'organe ministériel de l'Église

Ainsi tout ce que nous avons dit de la dignité de saint Pierre nous montre qu'il représente si parfaitement Jésus-Christ, qu'il fait

(i) C'est dans ce sens que doivent s'entendre les textes des Pères où saint Pierre est dit représenter l'Eglise universelle.

Ecelesiaj Petrus apostolus, propter apostolalas soi primat nm, çerebat figurata generalitate personam. (S. Aug. in Joan. tract. CXXIV. n. 5.] — Petrus in clnrilnis accipiendis representabat Ecclesiam quomodo pater filios, fons rivos, radix ramos. (Plrrone, de Rom. Pont.)

(a) Voir p. 38.

i48 l'église

si étroitement avec le Chef divin de l'Église une même personne hiérarchique, que la tradition a pu. sans hésiter, parler de l'un et de l'autre comme d'un seul et dire de saint Pierre ce qui ne semhle convenir qu'à Jésus-Christ.

Elle est en cela le fidèle écho de la Sainte Écriture, et elle continue et développe « ce mystère des appellations données à saint Pierre par Jésus-Christ, dit saint Léon, pour déclarer l'étroite solidarité qui les unit » ; car « il a donné à Pierre, dit encore saint Cyrille, et n'a donné qu'à lui seul toute la plénitude de ce qui lui appartient à lui-même. » (i)

Aussi la tradition, par la parole des Conciles et des Pères, l'appelle-t-elle à chaque page le Chef de l'Église catholique (2), levêque de l'Église catholique (3), le Chel des évêques (4), la source et l'origine de l'épiscopat (5); et, pour abréger, de même qu'à cause du mystère de la circumincession hiérarchique, là où est le Christ, là est l'Église, de même a-t-il été dit : Ubi Petrus, ibi Ecclesia (6).

(1) Loc. cit., p. i4o, n. 2.

(2) S. Chrys. Hom. LXXX ad pop.

(3) Conc. Chalc. et Constantinop. in Epist. synod.

(4) Syn. Afric. ad Theod. ; S. Hier, cont. Jovin. ; Tert. De pudic.

(5) S. Cypr. Epist. XLV, ad Cornel.

(6) S. Ambr. in ps. il, n. 3o.

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