LE CHEF DE L EGLISE IOD
nani Vnanie el Saphire, sans préjudice de l'épiscopat de saint Jacques. Aussi un ancien texte parle t-il dans les mêmes termes de la résidence de saint Pierre .1 Vntioche el de sa résidence à Jérusalem et m' dislingue pas la nature de ces deux résidences
Quant aux termes sedere, prxsidere, sedem ou cathedram leurre, accapare, ces termes peuvent très naturellement s'entendre de la ■impie résidence. De nos jours, on parle couramment de la translation du Saint-Siège à Avignon, sans que cette expression, bien moins exacte, signifie que le Saint-Siège ait cessé d'être le siège de nome pour devenir le sièiie d'Avignon. Pourquoi exiger une plus rigoureuse exactitude dans les monuments si rares et si courts de la haute antiquité? D'autre part, nous savons que saint Pierre ordonna lui-même saint Evodius évêque titulaire d'Antioche, pendant son séjour en cette ville (2).
Enfin, l'usage des anciens est de placer à la tête des diptyques des églises les apôtres ou les hommes apostoliques qui les ont fondées par leur prédication, alors même qu'ils n'en ont pas été de véritables évêques titulaires (3). 11 en est plusieurs exemples, dont ■quelques-uns sont illustres.
Le siège d'Antioche est bien, en ce sens, le siège de saint Pierre, cm mue le siège de Home est appelé le siège des saints apôtres Pierre et Paul, de saint Paul conjointement avec saint Pierre, bien saint Paul ne l'ait pas occupé et n'en ait pas été lévèque titulaire, comme nous le dirons bientôt, puisque le titre ne se partage |ia». mais parce que saint Paul a évangélisé les Humains et travaillé, par son apostolat, à l'établissement de cette auguste maitresre des Eglises. Le siège d'Antioche, dans ce système qui nous parait le plus probable, est dit le siège de saint Pierre dans le sens large où celui
(1) Post ascensionem Christi, cathedram sacerdotalem in partibusOrientis 1 Jérusalem l tenuit annis iv, deinde venit Antiochiam, et pulso Simone Mago, cathedram Ponïficalem suscepit, quam ibi tenuit per annos vu, quibus expletis Petrus venit Romam, et ibi annis xxv, mensibus vu, diebus vm Ecclesiœ Romanœ digne praesedit. [Acta S. Gadilœ, ap. Bollanij. ad die m 22febr.)
întiochise, sancti Evodii, qui, ut beatus Ignatius ad Antiochienses scribit, primus ibidem a sancto Pelro apostolo ordinatas episco/ius, glorioso martyrio vitam finivit. {Mart. Hom. die 6 maii.)
(3) Eusébe, citant saint Irénée, fait siéger saint Jean à la tète de l'église d'Ephése, sans penser se contredire, après avoir dit quelques lignes plus haut que saint Timothee a été le premier evêque de cette ville: <t Timotheus Ephe-
sin.f> ecclesiœ episcopatum primus accepit Ephesina ecclesia Joannem
e ai TrajaDi tempora habuit prsesidentem. » iHist. ecci, !.. III, c. m.)
i56 l'église
de Rome est attribué à saint Paul. La préséance du siège patriarcal d'Alexandrie sur celui d'Antioche, inexplicable si le siège d'Anfiocbe es1 proprement le siège de saint Pierre, n'offre pas de difficulté, dès que ces deux sièges ont l'un et l'autre pour premiers titulaires deux disciples du prince des apôtres.
i iv
Quelque opinion que l'on embrasse sur ce point particulier, c'est un grand spectacle que celui de saint Pierre s'acheminant lentement à travers les travaux préparatoires et les conquêtes de son apostolat vers la dernière et la plus noble de ces conquêtes. 11 s'avance ainsi au milieu des peuples qu'il convertit sur sa route triomphale, jusqu'à cette Rome, capitale du monde, dont il va rendre l'empire éternel en la donnant à Jésus-Christ son .Maître, où il va établir le trône immortel de son souverain pontificat.
« Il établit, dit Bossuet, premièrement l'Eglise de Jérusalem poulies Juifs à qui le royaume de Dieu devait être premièrement annoncé, pour honorer la foi de leurs pères auxquels Dieu avait fait les promesses. Le même saint Pierre l'ayant établie, quitte Jérusalem pour aller à Rome, afin d'honorer la prédestination de Dieu qui préférait les Gentils aux Juifs, dans la grâce de son Evangile, et il établit Rome, qui était chef de la gentilité, le Chef de l'Eglise chrétienne, afin que celte même ville, sous l'empire de laquelle étaient réunis tant de peuples et tant de monarchies différentes, fût le >iègede l'empire spirituel qui devait unir tous les peuples, depuis le levant jusqu'au couchant, sous l'obéissance de Jésus-Christ, et qu'elle Fût servante- de Jésus-Christ et mère de tous ses entants par sa fidèle servitude; car, avec la vérité de l'Evangile, saint Pierre a apporté à cette ville la prérogative de son apostolat, c'est-à-dire la proclamation de la foi et l'autorité de la discipline. » (i)
Après tous ces glorieux travaux, saint Pierre établit donc à Home son siège et son souverain pontificat.
Toutefois, les ennemis de sa prérogative ont cherché à abuser contre elle du secours que saint Pierre a reçu de son frère dans l'apostolat, saint Paul.
ni Bossuet, Lettre IV à une dem. de Metz, n. 38.
i i. - m. r DB L BGLISK I >J
IN on) prétendu que les deux apôtres avaient été fondateuj on titre égal, de l'Eglise de Rome, el < ] < i ' î I s en avaient été tous les imultanémenl les évêques titulaires, tous les deux les '
reluques.
ide l\ome n'est plus le Biège unique de saint l'i prérogatives, lui venant de sa double origine, ne sont pas simplement ce principal que Notre-Seigneur .1 donné à sainl Pierre et qu'il ne pouvait pni l .
Mais l'Eglise de Rome était établie lorsque saint Paul y vint pour
en être l'éternel ornement par sa doctrine et son martvre; il n'en a
je. Désireux de visiter cette Eglise « dont la foi était
prédire dans le monde entier » (1), comme étant la foi principale
dont toutes les Eglises devaient participer, il annonce dans son épitre
an\ Romains le dessein de venir les édifier et s'édifier lui-même
avuit de passer au delà. Il constate même que Dieu ne l'a point
appelé à être le pasteur permanent d'un troupeau, mais à semer
l'Evangile à travers le monde : /V0/1 enim misit me Christus baptizare,
ingelizare (2); et c'est pour cela qu'il ne trouve plus de lieu
pour lui dans les régions qu'il a déjà parcourues et où les T"
' établies
Ainsi l'Eglise de Rome ne lui devra point l'existence, puisqu'elle c>t déjà constituée. Il n'en occupera pas la chaire, puisque cette chaire n'est pas vacante. Mais il la sanctifiera par sa présence, par travaux, par sa captivité, par sa confession, par son tombeau. Il est dans les desseins de Dieu que le plus considérable des prédicateur- vienne apporter à la chaire principale toute l'autorité que lui donne l'Esprit-Saint, el qu'aucune autre Eglise que l'Eglise romaine ne puisse s'honorer d'avoir hérité de sa gloire.
C'était aussi la prérogative de l'apostolat de saint Paul, en servant d'une manière si éclatante l'Eglise universelle, de n'appartenir, par le lien de L'emploi plus spécial et dernier des travaux de sa vie et par le lien sacré du martyre, à aucune autre Eglise particulière qu'à l'Eglise reine et maîtresse de toutes les autres | '1 .
Sic autem prœdicavi evangelium hoc, non ubi nominatus est Christus.... sed ricut Bcriptum est: Quibus non est annuntiatum de eo, videbunt, et qui
non audierunt, intelligent Nunc vero ulterius locum non habens in his
regionibus \lir,m. xy, 20-23.)
trine des «feux chefs a été soutenue par Marc-Antoine de Dominis,
Ainsi saint Pierre a un successeur dans l'évcque de Rome. Cet évêque est non seulement le Chef de cette Eglise particulière, mais il trouve dans cette Eglise particulière l'héritage du premier pasteur qui la occupée, c'est-à-dire la charge perpétuelle d'être le "S icaire de Jésus-Christ. Saint Pierre a ainsi des successeurs dans lesquels il revit sans cesse.
Richer, Barcos et quelques autres. Les Pontifes romains la condamnèrent à plusieurs reprises. Innocent X la nota d'hérésie: « Propositionem hanc : Sanctus Petrus et sanctus Paulus sunt duo Ecclesise principes, qui unicum efficiunt; vel sunt duo Ecclesiae catholicae coryphsei, ac supremi duces summa inter se unitate conjuncti; vel sunt geminus Ecclesiae vertex, qui in unum divinissime coaluerunt; vel sunt duo Ecclesise summi pastores et praesides, qui
unicum caput constituunt : ita explicatam, ut ponat omnimodam sequali-
tatem inter sanctum Petrum et sanctum Paulum sine subordinatione et subjectione sancti Pauli ad sanctum Petrum in potestate suprema et regimine universalis Ecclesise, sanctissimus Pontifex hœreticam censuit et declaravit. » (Innoc. X, an. 1647.)