‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 45 sur 114 · DES CONCILES PARTICULIERS |I · texte numérisé non relu

DES CONCILES PARTICULIERS |I

L'action conciliaire des évêques n'a pas lieu seulement dans les Conciles tenus ou confirmés par le Souverain Pontife et dont l'autorité s'étend sur l'Eglise universelle.

Mais comme le principat de saint Pierre, reproduit et représenté dans chacune des régions de l'univers par l'institution des patriarches et des métropolitains, imprime au gouvernement des parties de l'Eglise, avec « la forme de Pierre », le type et la ressemblance du corps 'tout entier, ainsi le mystère du chef et des membres, reproduit dans ses circonscriptions, y est -il aussi exprimé par les assemblées conciliaires. Et parce que, dans l'Eglise universelle, l'union du chef et des membres se déclare solennellement et dans toute sa plénitude au Concile œcuménique, ainsi faut-il que ce mystère de vie, en gardant les justes proportions qui conviennent à des collèges restreints, se montre semblablement dans la tenue des Conciles particuliers.

Mais il importe grandement de ne point perdre de vue la nature de l'institution des sièges principaux. Cette institution, et tout l'ordre des circonscriptions inférieures qui en dépendent, a pris son origine dans l'autorité du Vicaire de Jésus-Christ et relève entièrement de sa puissance ; et c'est pourquoi il ,v a lieu de faire ici deux observations considérables.

La première, c'est que le patriarche ou le métropolitain ne préside au collège partiel des évêques de sa dépendance qu'au nom et, pour ainsi dire, dans la personne de saint Pierre, dont il tient la place, et par la pure institution du chef des pontifes, qui seul peut reproduire au-dessous de lui-même des images de sa souveraineté.

L'épiscopat garde ainsi sa prérogative essentielle, qui est de ne reconnaître aucune supériorité qui ne soit celle de Jésus-Christ et de son Vicaire, ou qui n'émane de celle-là et ne la représente. C'est pourquoi, lorsque le métropolitain ou le patriarche fait défaut, le Concile particulier se trouve privé de son chef naturel. Il peut bien

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encore toutefois s'assembler, mais il faudra recourir à cette loi célèbre de la hiérarchie dont nous avons parlé dans noire premier livre, et qui, dans l'absence du chef, appelle le Collège tout entier à couvrir son défaut par la vertu même de la communauté de vie Secrète et profonde qui demeure entre eux.

Tous les évéques qui composent ce Collège particulier recueilleront donc en commun la charge de suppléer leur chef, et ils viendront l'exercer par ordre de dévolution.

Le premier d'entre eux, qui communément sera le plus ancien d'ordination, présidera l'assemblée.

Il ne paraîtra pas cependant à sa tète comme un chef véritable et en la qualité d'un véritable supérieur et d'un prince de l'épiscopat, mais comme l'aîné de cette assemblée de frères privée de la présence du père de famille.

C'est bien l'effet de cette grande loi que nous avons rappelée et dont nous retrouverons souvent l'application. Par suite de l'union intime et vivante qui est entre le chef et les membres, le corps tout entier ne cesse pas d'agir dans la participation de vie qui, du chef, découle en lui, alors même que le signe extérieur de cette communication, c'est-à-dire la présence manifestée de ce chef, lui est accidentellement refusée pour un temps.

Nous verrons en son lieu que, par un ordre semblable, le presbytère de l'Eglise particulière supplée l'évêque absent ou défunt et exerce l'autorité pendant la vacance de son siège.

C'est par application de la même loi, dans une hiérarchie supérieure, que l'épiscopat d'un Collège particulier supplée au défaut de son chef.

Les exemples en sont'communs et anciens.

L'Afrique les vovait se reproduire sans cesse, par suite de sa dépendance d'un unique métropolitain, l'évêque de Cartilage. Car, comme ce métropolitain avait sous sa dépendance jusqu'à six provinces, les évèques de chacune d'entre elles s'assemblaient souvent séparément en Concile provincial, et n'ayant point au milieu d'eux leur métropolitain, ils étaient présidés par le premier ou le plus ancien d'entre eux. appelé primat (i) suivant l'usage de ces régions.

{ï\ Ce nom, en Afrique, signifie le premier évêque et est synonyme des titres de protothrone ou de doyen usités en d'autres provinces ou en d'autres temps. Il ne faut nullement confondre les primats d'Afrique avec les primats des autres contrées occidentales, chefs, des grandes circonscriptions ecclésiastiques

C'étaient comme des Conciles toujours imparfaits et dans lesquels le Collège devait à perpétuité suppléer à son chef absent. Ils appelaient Concile plénier le Concile de toutes les provinces africaines assemblé et présidé par l'unique métropolitain deCartbage. Ce Concile plénier n'était, au fond, qu'un parfait Concile provincial dans le sens propre du mot; car les diverses provinces qui s'v réunissaient ne formaient qu'une seule province ecclésiastique dans la rigueur des termes, relevant d'une même métropole, comme aussi tous les évêques d'Afrique étaient réunis en un seul Collège par le lien de leur unique métropolitain, seul véritable chef de l'épiscopat de ces régions, tandis que les assemblées tenues sous la présidence des primats n'étaient que des fractions de ce Collège et comme des démembrements de ce Concile. *

D'après cette doctrine, qui explique suffisamment la pratique des Eglises, on peut donc voir le premier évèque d'un Collège, nommé doyen, . protothrone ou primat, suivant l'usage des lieux, présider au Concile de ce Collège en l'absence ou au défaut de son métropolitain.

Mais il est important de remarquer que, dans ce cas même, il n'en est pas le vrai chef et ne parait pas à sa tête avec l'autorité propre qui appartient à ce chef; il faut savoir qu'il y a toujours une différence profonde et ineffaçable entre la puissance que déploie le métropolitain et la prérogative du premier évèque dans cette assemblée.

Le métropolitain seul tient la place de Pierre et représente le chef de l'ordre épiscopal. C'est par lui seulement, comme en la personne du chef, centre et principe de l'unité et de la vie du corps, que le couronnement de la hiérarchie s'accomplit.

Aussi le stvle même des Conciles particuliers en garde l'empreinte; et comme le Pape, présidant en personne le Concile universel, pour signifier plus solennellement le mystère de son autorité descendant

et préposés à plusieurs métropolitains, dont il a été parlé au chapitre V de ce livre. Le primat en Afrique était communément l'évèque le plus ancien d'ordination.

Dans la seule province de Numidie, le rang de primat était attaché à un siège déterminé, celui de Cirte ou Constantine, sans changer pour cela de caractère et sans que ce siège devînt une véritable métropole.

On a vu semblablement, dans d'autres régions du monde chrétien, le rang de doyen ou protothrone dépendre non pas de l'âge sacerdotal, conformément au droit commun, mais être attaché par privilège à certains sièges : dans la province de Rome, au siège d'Ostie; dans celle de Gantorbéry, au siège de Londres; dans celle de Lyon, au siège d'Autun, etc.

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