‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 52 sur 114 · L EPISCOPAT · texte numérisé non relu

L EPISCOPAT

qui i'-i comme une suite et une imitation des processions divines. Les évoques dépendent de Jésus-Christ el du \ icaire de Jésus-Christ, parce qu'ils procèdent indivisiblement et comme d'une seule source de Jésus-Christ et de son Vicaire: et les apôtres eux-mêmes ne relèveront pas de saint Pierre par le fait d'une simple économie de convenance ou d'utilité, mais par Les nécessitée mêmes de l'origine de leur puissance, qui vient continuellement à eux de ce chef et dans la communion de ce chef, parce qu'elle vient de Jésus-Clirist rendu visible dans ce chef, présidant en lui seul au gouvernement du nouveau peuple, et répandant de ce sommet unique toutes les puissances diverses qui sont nécessaires à savicet à son accroissement.

Aussi. dans toute la suite de leur ministère, les apôtres paraissent soumis à saint Pierre el saint Pierre agit comme leur chef.

Saint Paul, au commencement de son apostolat, est ordonné évèque par les disciples des apôtres dans la communion de saint Pierre (i) ; il commence sur ce fondement à évangéliser les peuples. Mais il faut qu'il vienne à Jérusalem rendre compte à saint Pierre lui-même de ce qu'il a entrepris (2) : il a besoin de son approbation pour le passé et pour l'avenir, afin de ne pas travailler en vain et édifier bois du fondement : ne in vaciuim currerem mit. cucurris&em 1 3 1. Saint Pierre le confirme dans sa mission et lui donne la charge spéciale d'évangéliser les (Gentils 1 .

Nous ne pouvons douter que, dans leurs assemblées apostoliques. les autres apôtres n'aient tenu la même conduite que saint Paul, comme aussi le partage du monde entre eux n'a point eu lieu sans l'autorité du prince de leur Collège (5).

Saint Pierre exerce sa juridiction suprême sans hésitation sur toute l'Eglise et sur ses frères eux-mêmes. Son pouvoir judiciaire apparaît dans la condamnation de la mémoire du seul apôtre prévaricateur, Judas 1 6 .

A leur tour, ses successeurs ne douteront pas un instant de leur puissance souveraine, Lorsqu'ils casseront les règlements établis en

(j) Act. xin, 2.

(a) Gai 1, 18; 11, 2.

(3) Ibid. 11, 2.

Ibid. 7-10.

(5) Geksqn, de potest. eccl. cons. 9. Saint Pierre, dit cet auteur non suspect, dans la dispersion des ap Jtres a marqué à chacun son district, au gré de toute l'assemblée.

\6) Act. i, ij-22.

12 '3<> l'église

Asie par l'autorité de l'apôtre saint Jean au sujet de la fête pascale (i). C'est en vain qu'on leur alléguera celte autorité, elle ne les arrêtera pas, et ils se regarderont toujours comme dépositaires d'un pouvoir auquel celui des apôtres, comme celui de Ions les évêques, est également soumis.

Du reste, nous l'avons déjà dit, les dons extraordinaires faits aux apôtres, loin de les soustraire à cette autorité suprême de la hiérarchie, étaient eux-mêmes du ressort du pouvoir confié à l'Eglise et principalement à son Chef.

C'est l'autorité ordinaire et permanente de ce chef qui décide e! qui juge de ces dons extraordinaires, qui juge de l'inspiration des auteurs sacrés et arrête le canon des Ecritures, qui canonise les saints, règle et autorise le culte des apôtres; et, ainsi, par ce côté encore, l'apostolat, au lieu de nous apparaître comme indépendant de la hiérarchie, relève dans ses dons les plus excellents de l'autorité dont elle est dépositaire.

Après cela, nous ne disputerons pas de certaines manifestations plus éclatantes du pouvoir des apôtres. Ils ont fondé les Eglises; ils les ont même parfois gouvernées, soit par l'ascendant divin que leur donnait le Saint-Esprit auprès des évêques leurs disciples établis par eux dans les villes plus illustres, soit, si l'on veut y voir une véritable juridiction, en vertu d'une [délégation de leur chef saint Pierre. Nous ne pomons, en effet, refuser à celui-ci le droit d'étendre autant qu'il le veut par ses mandais et son simple consentement le cercle des puissances qui dépendent de lui: et nous ne contredirons point en cela l'opinion de Bellarmin, qui fait de la puissance supérieure des apôtres une puissance déléguée, à. la condition toutefois de rattacher indivisihlement cette délégation à saint •Pierre comme à Jésus-Christ lui-même, de manière à ne déroger en rien à leur juste subordination à l'égard de leur chef, au lieu de la' l'attacher au seul Jésus-Christ, avec une sorte d'exclusion de vu Vicaire, par une institution spéciale et indépendante de celle du souverain pontificat de saint Pierre.

m C.elebritatem sancti Pascha? die dominica agi debere, et prœdecessores nostri jain statuerunt, et nos illud vobis eadem die celebrari solemniter mandamus, quia non decet ut membra a capite discrepent, nec contraria gérant. (S. Vict. I Episl. I, ad Theoplt. epîsc. Alex. ap. Labbe, t. I, col. 692. Cf. Epist. II, III,1V, ibid. col. 5f»4 > it- Concilia de Paschatis observatione, ibid. col. 5g6- 002.) Les Asiatiques invoquaient l'autorité de saint Jean. (Voir S. Iren. Episl. ad Val., P. G. t. VII, col. u3l.)

l'épiscopat I '.[

- exposons ici notre sentiment avec li réserve qui noua convient, el nous gardons aux grands théologiens donl noua différons m quelque chose tout le respecl qui leur esl <lù.

Il ii« »i i -» semble que notre sentiment l'ail mieux ressortir la grandeur el la beauté de l'œuvre de l'Eglise, ce chef-d'œuvre divin. Blé ii< » « » - apparaît procédant de la bouche et du cœur <ln Fils de Dieu avec -.1 pure constitution, et cotte constitution lui suffit dès lr> premiers jours. Elle n'a pas besoin de secours étrangers aux puissances mêmes de sa hiérarchie, et aucune autre autorité < ju«cette hiérarchie elle-même n'exerce jamais en elle son empire.

Du reste, quelles que soienl les doctrines de ces grands théologiens sur la nature «lu pouvoir apostolique, elles ne vont p fond jusqu'à mettre en question la théorie de la constitution de l'Eglise telle que nous l'avons exposée dans ce traité, fondée sur le principal du N icaire de Jésus-Christ et l'épiscopat ; car la puissance apostolique, qu'ils supposent distincte de l'épiscopat, n'entre point dans cette constitution, n'a rien de permanent, et ne fait pas plupartie de la hiérarchie ecclésiastique que la mission des prophètes sous l'ancienne loi n'entrait dans la hiérarchie de la synag Aussi le lecteur, alors même qu'il ne partagerait pas notre senti meut sur ce point particulier, n'aurait pas à rejeter pour cela l'ensemble de la doctrine que nous lui proposons dans ces pages.

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