‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 56 sur 114 · I. BPI8COB v l l\i · texte numérisé non relu

I. BPI8COB v l l\i

tenant unis à Lui comme à leur Chef, en k rattachaiM à sa chaire seule véritable el en recevant de lui la communion ecclésiastique cl épiseopale.

(.est. si l'on vent, le plus ancien exemple connu de l'épiscopat eatholique distinguant authentiquement son chef parmi ceux qui en usurpent la qualité. C'est ce que l'on vit se reproduire dans tous les temps de schisme, avec Innocent 11 an temps de saint Bernard, et plus tard au Concile de Constance. Mais ce n'est pas antre chose, et les evèques n'ont jamais prétendu allerrnir leur chef autrene-ut que par leur obéissance el la reconnaissance de ses droits ; jamais ils n'ont prétendu le continuer dans le sens où cette confirmation emporte collation de la juridiction, comme si le cours de la mission canonique pouvait être interverti et que les ruisseaux dussent renioiil.-i vees la source (i ).

Le Souverain Pontife, qui est proprement le chef de l'Eglise uni- ! ■ et la source de toute juridiction, est donc, selon le langage de L'antiquité, le chef de la communion ci-rlcsiaslique (3). Ces deux expressions sont absolument synonymes, et nous appelons aujourd'hui juridiction ce qui était précisément désigné autrefois sous, le nom île communion épiseopale.

Celte signification très précise était reçue partout; tous l'entendaient, el l'on n'\ trouvait aucune obscurité. On savait parfaitement distinguer cette communion épiseopale de cette autre communion plus large qui n'est pas la juridiction. C'est ainsi que le pape Félix III. tout en accordant à Euphemius de Gonstantinople la communion qui en faisait un membre de l'Eglise catholique, lui refusait distinctement la communion proprement hiérarchique et épiseopale,

«onsensione Jîrmato, quisquis jam episcopus fieri volucrit, foris fiât necesse est. ypr. Epist. III, ad Anton.) (i I Acceptis litteris tam luis quam collegarum nostrorum, item adventantibus bonis viris et nobis carissimis collegis nostris Pompeio el Stephano, a quibus

lia- ' nmnia assoverata sunt firmiter et probata, secundum <juod divinœ iradi-

tionis el ecclesialic;e institiiliouis umetitas pariter ar m-ritus exigebal, litleras nostras

ad le direrimus tuas litleras let/imus, et episcopatas hii ordinationem singuloram.

aunlius intimaiimus. (S. Cypr. Epist. XLXX, nd Cornet. PP., n. I et 2.1

Seqtmtas in omnibus apostolicam sedem, et pra^dicantes ejus omnia constitnta, spero ut in una communione vobiscum quam sedes apostohva prnedirat, esse merear, in qua est intégra et verax christiamr relitnonis soliditas Promittens etiam sequestratos a communione Ecclesiae catholica?, id est non ^consentientes sedi apostolica1, eorum homina inter sacra non reeitanda mysteria. (S. Hormisp. Eormul. directum ad episc. Orient, ap . Labre, t. IV, col. i444 Cf. ArmiAN. II Forma/., ihid. t. VIII, col. oo9 et ioo3.|

qui, étant la communication de la juridiction, pouvait seule faire de lui un évèque légitime (i).

Ces choses étant bien comprises, il n'y a point de difficulté à entendre que le chef de l'épiscopat ratifiait tout ce qui s'était fait par anticipation et provisoirement dans l'ordination des patriarches et des métropolitains, parle simple fait de communiquer avec eux ou de les admettre à sa communion.

Dans cette économie, le métropolitain ordonné par ses suffragants était suffisamment institué et confirmé dans sa mission lorsque le patriarche l'admettait dans sa communion et acceptait par là ce qui avait été fait en son nom. Le patriarche, à son tour, était semblablement institué et confirmé par le Souverain Pontife par le seul fait de la communion donnée et reçue.

Ce n'était pas pourtant à proprement parler une nouvelle institution, comme si rien n'avait encore été fait.

Le plus ancien évêque, assisté de ses frères, n'avait agi dans l'ordination qu'au nom de son chef, par anticipation et par présomption de son jugement, conformément à une discipline constante, légitime et universelle.

Aussi le Chef de l'épiscopat, le Pape, communiquant avec les patriarches, le patriarche communiquant avec les métropolitains nouvellement établis, n'instituait pas à nouveau, mais, par une acceptation authentique, confirmait ce qui avait été fait, et déclarait par là qu'il le ratifiait comme fait en son nom.

Aussi toute l'antiquité nous montre employés comme absolument synonymes et indifférents les termes de communion ou de confirmation accordée par le Pape aux nouveaux patriarches (a).

(i) Hoc anno synodales Euphemii litteras Félix accepit, et, ai calholico, communionis impertiit consortium, haud tamen episcopam agnovit, quod Acacii cuique in episcopatu successerat, Flavitœ nomen e tabulis ecclesiasticis non expunxerit. (Theoph. Chronol. p. 116.)

Papa scripta quidem illius recepit, et Euphemio veluti orthodoxo favit ; sed fflum in episcopalem communionem nonadmisit. (Niceph. Callixt. Hist. eccl. l.XVI, c. xix.l

Au contraire, à l'égard d'Anthime de Trébizonde, « sanctae mémorise Aga-

petus, papa Romanus , neque sacerdolis, neque calholici nomen ipsum habere

permisit. » (Conc. CP. sub Menna, act. iv, ap. Labbe, t. V, col. 90.)

(2) Ainsi le pape saint Léon est dit, dans une même session du Concile de Chalcédoine, tantôt confirmer, tantôt recevoir à sa communion Maxime d'Antioche, et par là lui donner par son jugement le siège de cette ville :

Sanctus et beatissimus Papa episcopatum sancti ac venerabilis episcopi Antiochense ecclesix confirmavit.

Sanctissimus episcopus Antiochenœ civitatis extra h;ec est (id est, immunis

LBPISCOPAT SOI

Et comme les évoques étaient suffisamment autorisés par la discipline en vigueur à agir ainsi par provision dans l'ordination des Métropolitains ou des patriarches, cette autorisation contenue dans le droit et dans la tradition universelle, et qui ressortait des nécessités des Eglises, donnait à leur action une valeur tellement sérieuse qu'elle engageait jusqu'à un certain point le chef de l'épiscopat comme faite en son nom.

C'était l'effet de cette sorte d'obligation du droit appelé neqotioram gestio par les jurisconsultes, et qui, reposant sur une présomption raisonnable, a les effets d un mandat explicite.

11 ne croyait donc pas pouvoir y déroger ni refuser la communion épiscopale ou la confirmation lorsque tout avait été régulier et canonique dans l'ordination.

I est ainsi que saint Léon déclare qu'il doit nécessairement accorder e de la confirmation à l'évêque Proterius d'Alexandrie, parce qu'il en est digne (i); c'est ainsi que saint Simplice ne peut, dit-il, refuser d'embrasser dans la communion du Siège apostolique l'épiscopat de Calendion, nouvel évoque d'Antiocbe, et de l'admettre par la grâce du Christ dans le Collège de l'épiscopat (2).

Mais le Pape, toutefois, demeurait tellement le maître qu'il pouvait même couvrir les défauts du sujet ou de son ordination par la confirmation qu'il lui donnait et par son acceptation authentique. Saint Léon le fit à l'égard d'Anatolius de Constantinople 1 3 1 ; il le lui rappelle plusieurs fois dans ses lettres. Les exemples en sont nom-

a crimine et periculo), quern beatissimus episcopus |Leo) in propria communione snseepit.

Sanctissimus Léo Romanus archiepiscopus, in communionem eum récipient, praeue eum Antiochensium judicavit ecclesiœ. (Conc. Ghalc. act. x, ap. Labbe, t. IV, col. t')73, 682.)

(1) Proterio me dignam gratiam necesse est pro fidei ipsius sinceritate prœstare, ut honorem in nullo sué perdat ecclesia?. (S. Léo Epist. CXXVII, au luliun. t-pisc. Cœnt. n. I.)

(21 Necessario fralris et coepiscopi nostri Calendionis sacerdotium gremio apostolicae sedis arfiplexi, in consortium nostrum, per gratiam Christi Dci nostri, tanUi- urbis antistitem collegii unione numeramus. (S, Simpl. Epist. XYL ad Acac, ap. Labbe, t. IV, col. io35.)

Unde quœ a vobis amore quietis sancte et relisjiose sunt ordinata, reprobare non possumus, ne status Antiochenœ ecclesia? sub nostra dubitatione videatur ambiguus. (Id„ Epist. XIV, ad Zenon., ibid. col. io34.)

(3) De episcopo Constantinopolitano, qui ab impugnatoribus fidei fuerat

ordinatus acquievi meliora sentire, ne illum çravaret suse ordinationis

infirmitas. {Epist. CXII, ad Palcher. Auj. n. 1. Cf. Epist. CXI, ad Marcian. Aug.; Epist. CXXXV, ad Anatol.)

breux, et celui de Photius devenant patriarche légitime par l'autorité du Pape Jean VIII est célèbre (i).

Du reste, il est ici nécessaire de le reconnaître, rien n'était plus conforme à la pratique de l'antiquité ni plus ordinaire que ces institutions, provisoires par un certain côté, conférées par une ordination hâtive et destinées à être confirmées dans la suite par le supérieur.

La discipline des Eglises d'Orient, inscrite dans les canons arabiques, allait fort loin dans ce sens : car elle nous montre les métropolitains eux-mêmes instituant provisoirement leurs suiïraganls en les ordonnant personnellement, et, par imitation de ce qui se faisait dans les grands sièges, se réservant de les confirmer quelques mois après dans leur juridiction (2).

En Occident, cette même discipline générale pour les sièges métropolitains se maintint longtemps, et Innocent III, réservant au Saint- Siège l'examen de la personne des élus aux métropoles et, aux sièges dépendant immédiatement du Pontife romain, ordonne encore que « dans les lieux très éloignés, c'est-à-dire dans tous les territoires situés au delà de l'Italie, les élus, à cause des nécessités et de l'utilité des Eglises, dispensative propter Ecclesiarum nécessitâtes et utilitaics, les administreront provisoirement au temporel et au spirituel, et recevront la consécration épiscopale suivant l'ancienne coutume. » (3)

(1) Petistis a nobis quatenus, sede apostolica suse pandente viscera pietatis, Pholium reverendissimum in palriarchatus honore, in summi sacerdotii dignilate et in ecclesiastici collegii socieiate reciperemus, nostrœque communionis participent faceremas, ne Ecclesiam Dei, tanto jam tempore perturbatam, pateremur amplius manere divisam, scandaloque commotam. Nos itaque, serenitatis vestrœ preces

congrua ratione admittentes temporis ratione perspecta, hoc modo decer-

nimus ad veniam pertinere. quod nnper de ipso Photio, licet ipse absque consulta sedis nostra; offlcium sibi interdictum usurpaverit, gestum constat

fuisse Hune ipsum patriarcham ab omni ecclesiastieaî, sanctionis vin-

culo absolvimus, sanctœque GP. ecclesiœ judicarnus recipere sedem dominicique greçis esse pastorem, illa scilicet potestate fulti, quant Ecclesia toto orbe diffusa crédit nobis in ipso ajiostolorum principe a Ckristo Deo nostro esse concessam. (Joan. viii. Epist. CXC1X ad Basil, ap. Labbe, t. IX, col. i3i, i32.) •

(2) C'est du moins le sens (pie paraît avoir le canon 71 : « Cum arebiepiseopus episcopum ordinaverit, oportet ut mittat episcopum cum eo, qui illum introducat in civitatem et in ecclesiam, et faciat sedere primo die in throno ; et postquam tribus mensibus in civitate sua resederit, débet archiepiscopus cum visitât, salutare eum et committere archipapœ, id est, archipresbytero, et archidiacono, ut eum in statutis episcopatus examinent; et si repererint didicisse eum omriia perfecte, confîrmabitur in episcopatu. IConc. Nie. can. 71, ap. Labbe, t. Il, col. 3i4)

(3) Qui ad Romanum pertinent immédiate pontificem, ad perficiendani sui

I I m» ol'AT

\l I'-. -i les métropolitains e\ Bei painaaTOeaxtbiaent mm recevoir

du (lui de l'Eglise la confirmation on la communion fniwnnpala. il

laui connaîtra les formes que révélait «les la hante antiquité al orne

revêtit dans la suite ce comnwtn nfnruainr pas lequel les évèque-s

i nul- -ic'.- son! rattachés au centra de I autoi.

Nous n'aWsitpnà |ia- a allirmer que. dans lis premiers temps, la communion étendue de proche en proche, les relations el le eomi'iei>c < g n< >( ic I ii'ii des Egfaaea pat 1/ échange des lellres tonnées, la Iransmissibn <les lettres, des constitutkma apostoliques et des ordres enaanés du Saint Siège, pouvaient a la rigueur sullire a rendre authentique la confavmalàon des évèanaaa des graaak ma à-dire la reconnaissance et l'acceptation qu'en Taisait le Souverain

|\ >i!lle l .

relation-, étaient regardées comme tellement significatives à ird que les empereurs païens eux. -mêmes, dans les rares intervalles d'équité de leur gouvernement envers les chrétiens, v avaient i (tours pour reconnaître les évêques légitimes des grands sièges. l'aul de Samosate avait été déposé du aaegB d'Antiochc ; son succes- •eur l)omnus avait reçu îles lettres de communion du pape saint Kaaaya et des autres évéfjues à sa suite. catamaniagêuia» litteras ; mais l'évèque déposé refusait de quitter la maison de l'église. L'empereur Aurélien jugea très justement que la maison devait être remise à celui auquel écrivaient l'évèque de Rome et les èvêaaaea d'Italie, c'est-à-dire les évèques qui formaient son Concile, qui lui étaient plus immédiatement unis et qui plus manifestement étaient tenus dans sa communion (2).

oorifirmatiunrm officii, ejus se conspectui (si commode fieri potest) personaliter repra'sentent, aut personas transmittant idoneas, per qnas diligens inquisHio super electionibus et electis possit haberi : ut sic démuni per ipsius eircutnspectionem eonsilii, sui plenitudinem officii assequantur, cum eis nihil obstiterit de canonlcis institutis ; ita quod intérim valde remoti,, videlicet ultra Italiam coustitnti, si electi fucrint in concordia, dispensative propter nécessitâtes ecclesiarum et utilitates, in spiritualibus et temporalibus administrent, sic lamen ut de rébus ecclesiasticis nihil penitus aliènent. Munus vero benedictionis seu consecrationis recipiant, sicut hactenus recipere consueverunt. \Decrti. Greg. IX, 1. I, tit. VI, c. xi.iv, Xihil est.)

■ (i) Quia in nostra notione non esset (ordinatio Nectarii), habere non existimabat firmitatem. (S. Bomk. I, EpUt. ad Ruf. et episc. Maced.)

(a) Cum Panlus e domo ecclesîa? nullatenus excedere vellel, intcrpeilatns

a54 l'église

C'est pourquoi, dans les cas douteux, le Souverain Pontife croyait tenir suffisamment les choses en suspens en s'abstenant de ces relations ordinaires, tant on les estimait propres à exprimer tacitement son acceptation et à tenir lieu de toute autre solennité (i).

Il fallut bien souvent, dans les premiers siècles et au milieu des persécutions, s'en tenir à cette pratique.

Toutefois, les évêques des grands sièges se sentaient obligés de recourir eux-mêmes à leur chef, de se faire connaître à lui, d'entrer explicitement dans sa communion et de solliciter l'envoi de ses lettres (a). Ils se hâtaient d'obtenir de lui un commerce si nécessaire et dont ils savaient tout le prix (3).

Si la violence de la persécution interrompait pour un temps toutes les relations, ils demeuraient dans l'attente, lui étant toujours invisiblement unis.

Enfin, si les difficultés duraient jusqu'à la fin et si la mort venait les surprendre dans cette attente, cette mort elle-même mettait le sceau à ce que leur état avait pu garder encore de précaire par le défaut d'une reconnaissance expresse : elle rendait définitive leur élection et l'institution imparfaite qu'ils avaient reçue dans leur ordination et elle inscrivait pour toujours leurs noms aux diptyques des églises.

De son côté, le Souverain Pontife connaissait et acceptait les nécessités de ces temps, ainsi que la discipline commune qui y portait remède, et le lien invisible de la charité suppléait aux démarches rendues impossibles par les tyrans.

Les lois sacrées de la hiérarebie demeuraient toutefois dans toute leur vigueur ; et c'était un devoir dont cette impossibilité seule pou-

imperator Aurelianus rectissime hoc negolium dijudicavit, iis domum tradi prœcipiens quibus Italici christianae religionis antistites et Romanus episcopus scriberent. (Eus. Hist. eccl. 1. VII, c. xxx.)

(i) S. Simpl. Epist. XVII, ad Acac, ap. Labbe, t. IV, col. 1037. — S. Gel. Episl. XIV, ibid., col, 12 16. — S. Fel. III, Epist. XIV, ad Thalas., ibid., col. 1029. — S. Hadr. I Epist. ad Taras, episc. CP., ibid., t. VII, col. 126.

(2) Interea solus exlex Flavianus, ut illi videtur, non venit, quando omnes

convenimus Sane référendum arbitramur ad sanctum fratrem nostrum

Romana* sacerdotem ecclesiœ ; ut nos quoque, accepta vestrorum série sla-

tutorum, cum id gestum esse cognoverimus, quod ecclesia Romana haud dubie comprobaverit, lœti fructum hujusmodi examinis adipiscamur. (S. Ambr. Epist. LVI, ad Theoph.)

(3) Meletius, Vitalis atque Paulinus tibi hœrere se dicunt. (S. Hier. Epist. XVI, ad Dam.)

Acacius Romam venit...., ut Romanum episcopum Flaviano reconciliaret, Soz. Hist. eccl., 1. VIII, c. ni. Cf. Tiieod. Hist. eccl. 1. V, c. xxm.)

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