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(a) S. Isid. De >-ecl. offic. t.- II, c. vu.
28 l'église
Et qu'on n'objecte pas que. dans la collation du sacrement de l'Ordre, l'opération divine qui imprime le caractère vient immédiatement de Dieu, sans rien emprunter à l'évèque qui impose les mains, encore qu'il en soit le ministre et que l'épiscopat donne la prêtrise. Les intermédiaires, nous le savons, n'ajoutent rien aux communications hiérarchiques; les degrés s'effacent et les opérations d'en haut demeurent pures en les traversant ; Jésus-Christ seul fait des prêtres par l'épiscopat; il est dans l'évèque et son Père est en lui pour communiquer le don divin et la mission sacerdotale. Mais l'opération divine et invisible de Jésus-Christ n'a pas pour effet de troubler l'ordre qu'il a institué. Elle établit au contraire cet ordre par son efficacité souveraine et le fonde jusque dans les profondeurs du caractère indélébile; et si Jésus-Christ, dans l'évèque, crée invisiblementj immédiatement et efficacement le prêtre par l'imposition des mains de celui-ci, il le crée dans toute la dépendance essentielle de la prêtrise à l'égard de l'épiscopat, et il crée en lui les relations mêmes qui assurent cette dépendance.
Ce n'est point, au reste, en vain à l'égard des prêtres qu'il appartient à l'évèque d'exercer sur eux son ministère dans l'ordination, encore que ce ministère ne soit rien par lui-même et n'ait de valeur que par les opérations divines dont il est le signe et l'instrument. L episeopat revêt véritablement par là, à l'égard de la prêtrise, le caractère de la paternité. Si, dans l'ordre de l'ancienne humanité, les pères ont à l'endroit de leurs fils dans la" famille un titre et une autorité naturels et indestructibles, bien que Dieu seul ait créé ces fils par sa seule puissance et l'efficacité de sa parole dite au commencement : « Croissez et multipliez », ainsi, dans la nouvelle humanité, les pontifes de la hiérarchie, choisis de Dieu pour répandre le don nouveau, reçoivent un reflet du pontificat de Jésus-Christ et de l'autorité du Père de Jésus-Christ qui les envoie.
Et plus les opérations divines dont ils sont les ministres sont relevées au-dessus des dons faits à l'ancienne humanité, plus aussi la paternité vénérable dont ils sont revêtus l'emporte-t-elle en excellence el en majesté sur celle de l'ancien Adam.
fin
La prêtrise est donc bien constituée dans une entière dépendance de l'épiscopat par les lois essentielles de la hiérarchie; et l'ordination sacerdotale, loin de donner en cela quelque avantage aux
Il [81 p \lt riCl l M RI -M)
prêtres à I égard <\r- évèques par la raison que son efficacité méntelle vient i i n 1 1 mm I ï.i i i-i i ii M t de Dieu, les leur soumel solennellement, en rattachant leur sacerdoce, dans son origine même, à Leur ministère cl à l'imposition de leurs main-. Il- leur deviennenl semblables, mais dans celle ressemblance même est constituée leur dépendance.
Si donc l'évoque, par suite de la fécondité de v>n sacerdoce, qui l'ait naître les fidèles à la vie de la grâce, possède à leur égard l'autorité el siège sur le trône de son Eglise, les prêtres qu'il associe a son ministère seronl aussi par lui associés à son autorité. L'assistant et le suppléant dans la prédication de la parole, l'oblation du sacrifice el l'administration des sacrements, il> L'assisteront et le suppléeront au besoin dans le gouvernement de son peuple. A l'enlour du trône de l'évêque, il y aura le ffûvôûovoç, ou la séance de son presbytère. I ne même majesté sacerdotale descendra du trône épiscopal sur les sièges plus humbles des prêtres; mais ils ne pourront rien que par lui et dans une complète dépendance de sa chaire principale.
C'est là ce que les anciens appellent le deuxième siège, attribué aux prêtres, par opposition au premier siège, qui appartient à l'évêque.
Dans ce rang que lui assigne la tradition constante, le prêtre n'est jamais un chef hiérarchique dans le sens propre du mot. Il n'est jamais que le membre du presbytère, et le presbytère n'est jamais que l'aide et le coopérateurde l'évêque, sans pouvoir prétendre à l'action première et principale.
Cela demeure vrai alors même qu'une Eglise ne possède qu'un seul prêtre et reçoit de lui tous les offices sacerdotaux. Ce prêtre n'en peut être le vrai chef, et il faut reconnaître en lui le presbytère réduit à un seul membre, c'est-à-dire toujours le deuxième liège.
Le fait de la présence, d'un seul prêtre dans une paroisse peut sans doute donner quelque illusion aux esprits inattentifs et le faire prendre pour le véritable chef de ce peuple, et les partisans du droit divin des curés sont tombés dans celte erreur.
Mais celte unité est purenvnt accidentelle; elle no tient pas aux principes constitutifs de L'Eglise; el tandis que, par les lois sacrées et immuables de La hiérarchie, l'évêque, comme vrai chef, est nécessairement unique en son Eglise, rien dans ces mêmes lois ne s'oppose à la multiplicité des prêtres partout où les besoins du peuple fidèle et l'honneur du service de Dieu en font naître la convenance.
Dans l'Eglise universelle, l'évêque est le membre du Collège épi-
scopal, et ce Collège, alors même qu'il serait réduit à un seul évèque, n'est jamais que la seconde personne, si nous pouvons parler ainsi, de la hiérarchie de l'Eglise catholique; le trône, en cette hiérarchie, appartient à Jésus-Christ et à son Vicaire el l'épiscopal forme le sûvôpovoç ou l'assistance. Dans l'Eglise particulière, Pévêque devient chef à son tour, les prêtres composent le ffâvOfovoç, leur Collège n'est que la seconde personne de cette dernière hiérarchie, et, alors même qu'il se réduit à un seul memhre et que l'évoque absent ne parait j as. il ne peu! occuper le trône et monter à la première place.
| IV
C'est pour n'avoir pas compris l'unité très étroite de l'épiscopat et de la prêtrise, et, par suite, la dépendance essentielle et totale des prêtres à l'égard de l'épiscopat, que certains docteurs modernes ont fait aux curés dans l'Eglise une situation inconnue de l'antiquité et contredite par toute l'ancienne tradition.
Leur système méconnaît le plan divin de la hiérarchie tel cpie nous l'avons si souvent exposé dans ces pages, et il en viole l'auguste simplicité. Ouhliant que tout le dessein de l'Eglise particulière est constamment ramené par les Pères à l'évèque et à ses prêtres comme attachés à sa chaire unique et principale, ils ont prétendu que les curés étaient de droit divin chefs véritables des moindres Eglises, comme les évèques sont les chefs des Eglises principales. « Les curés, disent-ils, «ont les pasteurs du second ordre, que Jésus-Christ a établis, comme ceux du premier, par une institution directe et . spéciale (i).
o Celte institution, sans doute, ne les égale pas aux évèques;
(i) « Venerandum qoideni parochorum ordincm esse de jure divine el immédiate a Deo institutUOl tenet sacra Parisiensis faenltas. » (Censura sac. facult. in lib. Vernantii, p. i46, an. 1772.) Celte erreur a été censurée plusieurs t'ois par l'Université de Paris.
« L'autorité que les curés exercent sur les fidèles, ils la tiennent de Dieu immédiatement et non point de l'évèque. S'ils célèbrent le Saint Sacrifice, s'ils baptisent, s'ils prêchent, ils le font en vertu d'un pouvoir que le Saint-Esprit leur a donné. Ils ne sont pas de simples vicaires de l'évèque, tenant tout de lui. C'est le Saint-Esprit qui les a établis à la tranlo d'un certain troupeau. » IM.witrot, l'Institution divine des curés et leur droit au gouvernement général de l'Eglise, Paris, 1778, t. I", p. a86.)
l'églisi l'Ait ric'i i n.i;i. '3i
mais la dépendance i>n clic les place ne w pas jusqu'au fond des choses el jusqu'à la substance même du ministère pastoral qui leur nfié.
\ cel égard, ils ^< >u I vér?tablemenl l<-s chefs de !<-i 1 1 ^ I dans toute la force du mot, subordonnés à l'évèque par l'ordre du législateur el pour le maintien de l'unité, mais revêtus d'une lion semblable à la sienne <-i au fond de laquelle il ne peut toucher, parce qu'elle ne vienl pas de lui, sinon par la simple désignation qu'il fait <!»' leurs personnes, el parce qu'elle ne tire pasde lui son origine quant à son essence ''t à son étendu
Il fallait trouvei à cet ordre nouveau de hiérarques des ancêtres d,m- l'histoire el un titre d'institution dans L'Ecriture Sainte. A i 6té de la mission des évêques clairemenl déclarée dans la personne des apôtres, il fallait trouver la mission des curés. <>n prétendit trouver cette mission dans l'élection des soixante-douze disciples i : mais cette prétention ne peut se soutenir.
soixante-douze disciples n'ont jamais exercé la charge de curés; saint Thomas le remarquait déjà à l'époque où ces prétentions parurent pour la première lois.
Les soixante-douze disciples, choisis par N dre-Seigneùr pour un ministère temporaire, paraissant comme ses précurseurs dans les lieux ou il devait se rendre lui-même a , n'ont jamais été l'objet d'un établissement hiérarchique et permanent. Loin d'instituer en eux les curés, Jésus-Christ ne leur communiqua aucun ordre dotal. Après son Ascension, ils lurent confondus dans la multitude des premiers fidèles, et c'est là que, d'après l'enseignement des Pères, les apôtres allèrent chercher sepl d'entre eux pour en faire
Status curatorum succedit siatui septua^inta duorum diseipulorura Christi quoad legem Dovam, el Bguratus est in aatiqua lege per levitas; ac proinde slatas curatorum est de insututione Christi et apostolorum suurum a principio fuadationis Ecclesiae. (Gkrson, de statu curatorum, consid. 1.1
i Les curés onl été» établis sur le modèle des soixante et douze disciples,
comme les évêques sur le modèle des apôtres; ils représentent les soixante et
disciples, comme les évêques représentent les apôtres; ils tiennent la
les soixante et douze disciples, comme les évêques celle des apôtres
11 est exactement vrai que les cures, non seulement ont été formés sur le des disciples", mais que les cures représentent ces disciples, qu'ils les remplacent, qu'ils leur ont succède, i (Maultrot, op. cit., t. II, p. 5o4 et suiv.) (a) Post haec autem designavit Dominas et alios septuaginta duos, et misit illos binos ante faciem suam in omnem civitatem et locum quo erat ipse venlurus. i Li'i'm i
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les premiers diacres de l'Eglise naissante (1). Singuliers curé? qui, loin d'être des prêtres, ne sont pas même des minisires!
Ainsi ce prétendu droit divin des curés n'a pas de fondement historique, mais il repose sur une notion profondément altérée des relations hiérarchiques et de l'essence de la prêtrise.
Nous ne saurions trop le redire, les prêtres reçoivent tout ce qu'ils sont de l'épiscopat ; ils sont dans la hiérarchie de l'Eglise particulière la seconde personne de cette hiérarchie, recevant et ne communiquant pas le don sacerdotal, associés à l'évêque, coopérant àl'évêque, suppléant l'évêque.
L'évêque agit en eux et par eux; ils sont sa couronne, le sénat de son Eglise, assis à l'entour de sa chaire. Leur titre dans l'Eglise particulière leur donne cette place, et ne leur en donne pas d'autre ; et, alors même que le prêtre parait seul, les attributions des personnes hiérarchiques ne peuvent être interverties. Comme nous le verrons en son lieu, un prêtre peut, en effet, se trouver seul à la tête d'une Eglise de peu d'importance et gouverner ceite Eglise. Et c'est même cet état des petites Eglises qui, en se multipliant dans le monde chrétien, a donné lieu aux prétentions des curés. Mais le prêtre isolé représente encore tout le presbytère; en sa personne subsiste, si l'on peut ainsi parler, ce Collège réduit à un seul membre; il n'occupe pas une chaire principale, il n'est pas un véritable chef a'Eglise, il n'est à aucun titre un évèque de second ordre ; et, s'il gouverne un peuple et exerce la charge pastorale, il coopère en cela à l'évêque éloigné des lieux, agit dans sa puissance et le supplée dans le gouvernement de son troupeau.
(i) Dimisit porro et alios septuagiuta ducs ad pra'dicandum, e qui Lus fuere septem illi viduis prœfecti : Stephanus, Philippus, Prochorus, Nicanor, Timon, Parmenas et Nicolaus. (S. Epipk. adv. hœr., 1. I, hœr. xx, n. 4)