I-) Cf. Bull. Anehrem JSdei, n
curés et les pasteurs immédiats (Y); sans pitié pour les âmes, il leur refusait ces remèdes extraordinaires qu'elles réclament et qu'elles vont chercher au loin dans leurs grandes nécessités.
Mais, qu'on ne s'y trompe pas, les peuples ont besoin de relieieux, et, si le régime bénéficiaire et la suppression de la vie commune ont éloigné davantage d'une vie semblable le clergé ordinaire des Eglises, ils iront les chercher dans les Ordres apostoliques.
Les vrais pasteurs, loin d'en être jaloux, se doivent Téjouir parce que la brebis égarée est retrouvée, ce qui était faible est affermi, les blessures sont pansées et cicatrisées, ce qui était mort revient à la vie (2).
Les adversaires des Ordres religieux et de toutes les grandes créations modernes du Saint-Esprit dans l'Eglise leur reprochent leur récente origine : « On ne les connaissait pas, disent-ils, dans la vénérable antiquité » ; esprits aveugles et impuissants, qui veulent arrêter le cours du fleuve qui réjouit la cité de Dieu (3), qui veulent interdire au Saint-Esprit d'être désormais créateur (4) dans la Sainte Eglise, qui veulent réduire l'Epouse de Jésus-Christ à la stérilité et la rendre semblable aux Eglises répudiées de l'Orient.
?sous devons, en effet, faire ici une dernière réflexion.
Toutes ces grandes œuvres ne sont pas seulement des remèdes aux maux causés dans l'Eglise par le cours des siècles, mais elles attestent la magnifique expansion de sa vie toujours plus glorieuse.
C'est une loi de la divine Providence qu'elle ne permet le mal que pour en faire l'occasion d'un bien, et les remèdes divins sont des progrès de son ouvrage.
L' Eglise, dans son passage ici-bas, se trouve à la fois livrée à l'action du temps et à celle de Dieu. Le temps lui apporte de?- langueurs et des décadences; Dieu lui donne des forces et des relèvements. Mais il est dû à la majesté divine que son action fortifiante l'emporte toujours surabondamment sur l'action débilitante du te mps. Quand Dieu guérit les maux de son Eglise, il faut qu'il la fasse grandir, il faut que chaque remède soit un triomphe, et qu'il réponde aux décadences par des progrès.
(1) Eos (religiosos), a praedicationibus et confessionibus audiendis amovere conantur, ut nec fructum in populo faciant in exhortatione virtutum et exstirpatione vitiorum. (S. Thom. Ibid., c. îv [éd. Rom.].)
(a) Qùod perierat requiram, et quod abjeclum erat reducam.'et quod conalt fractumfuer aligabo, et quod infirmum fuerat consolidabo. [Et. xxxiv; 16.)
(3) Ps. xlv, 5.
(4) Veni creator Spiritus. (Hymn. in fesio PentecZ)
L'ÉGLISE l'AHlK ri.ii.Hi: I Jcj
i-lituti.ii^ catholiques Aai\> tout leur salutaire développement. Les apôtres encore parcourroatrla monde . illuminées par l'éclat de cos astres nouveaux, tressailleront d'ail' . tvant la lace de l)i<'u qui leur envoie ces puissants auxiliaires el qui, pai eux, ressuscite an elles les âmes mortes ou défaillantes.
Nous touchons aux temps modernes; à 1 aurore de ces temps nevteaux el à l'heure même où ils s'ouvrent par le grand d** de la défection protestante, L'EspMt de Dieu, qui ne cesse de soutenir l'Eglise et de renouveler li lace de la terre, va susciter dans l'univers chrétien an admirable mouvement de réYonne de la discipline et des ma urs.
Les hommes de Dieu, comme autant de flambeaux lumineux, viennent consoler et ranimer la foi des peuples. Saint Philippe de Néri, sainl limace, saint Chaules Borromée, saint François de Sale-. saint Vincent de Paul, If. Qlier et tant d'autres, apparaissent de toutes parts.
Les Ordres religieux nouveaux Tout éclater leur zèle apostolique; •rares anciens se renouvellent par d'héroïques réformes.
Enfin 'l'Eglise tout entière, animée des mêmes mouvements du Saint-Esprit et prête à entreprendre sous l'impulsion divine l'immense travail du renouvellement des mœurs et de la discipline, s'assemble à Trente, et trace dans ce mémorable Concile le plan des reconstructions de l'avenir.
Nous n'entreprendrons pas la tâche considérable, si bien accomplie par d'autres, de décrire les travaux de cette assemble1 et les efforts tentés avec succès par les grands hommes de cette époque pour l'aire pénétrer partout l'esprit de ses décrets. Nous avons hâte de terminer ce rapide exposé de l'hisloire des institutions et de la vie des Eglises particulière*.
Nous nous bornerons à remarquer que le saint Concile, dans son œuvre disciplinaire, se proposa deux objets principaux : porter remède aux abus, préparer l'avenir.
Mais, pour accomplir ce double dessein, le Concile allumera surtout la primauté souveraine et indépendante de saint Pierre, obs curcie par les théories du grand schisme, et il s'ellbrcera de restaurer la sainte liberté de l'épiscopat, cette liberté qui n'a jamais eu
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de plus haute garantie ni de plus solide soutien que la chaire de saint Pierre.
Il ne cessera dans tous ses décrets de relever l'indépendance et la souveraineté des évèques à la tête de leurs Eglises. 11 brisera, autant qu'il sera possible, les mille entraves mises par les siècles et les coutumes locales à leur paternelle et bienfaisante autorité, et il affirmera à chaque page son désir de voir la chaire épiscopale rassembler en elle, comme aux premiers jours, toutes les forces de l'Eglise et redevenir le centre de toutes ses impulsions vitales (i).
L'autorité du Pape affirmée de nouveau et celle des évêques soutenue par ces immortels décrets vont travailler de concert efficacement à remédier aux maux du passé.
L'Eglise avait subi toutes les conséquences du régime bénéficiaire ; elle était partout constituée sous ce régime. Il fallait d'abord s'opposer aux abus qu'il rendait possibles.
Le saint Concile accomplit cette partie de sa tâche par la condamnation du cumul des bénéfices et des autres désordres qui s'étaient produits dans le passé (2), mais surtout par l'établissement du concours (3) et l'institution des Séminaires (4).
Il fallait, en présence de l'organisation bénéficiaire et des droits de patronage étendus partout, assurer à l'Eglise, par quelque institution nouvelle, des ministres dignes de leurs fonctions sacrées et de la confiance des peuples.
^ous ne sommes plus au temps où le clerc grandissait au sein de
(i)Sess. vi, de reform. c. u, m, iv;sess. vu, de reform. c. v, vi, vu, vm, xm, xiv, xv; sess. xxiii, de reform. c. 1, IV, v, vi ; sess. xiv, de reform. proœtn., c. iv xii, xm; sess. xx. de reform. c. iv, v, vi, vu, vm; sess. xxn, de reform. c. v, VHi, ix,x; sess. "xm, de reform. c. m, iv, v, vi, x, xi, xn, xm, xV, xvm, xx; sess. xxv, de regul. et monial. c. ni, ix, x, xi, etc.
(2) Sess. vu, de reform. c. 11, iv; sess. xxiv, de reform. c. xvn.
(3) Sess. xxiv, de reform. c. xvm.
(4) Sancta synodus statuit ut singulae cathédrales, metropolitanse atque his majores ecclesiœ,pro modo facultatum et diœcesis amplitudine, certum puerorum ipsius civitatis et diœcesis, vel ejus provinciae, si ibi non reperiantur, numerum, in collegio ad hoc prope ipsas ecclesias, vel alio in loco conveuienti, ab episcopo eligendo, alere ac religiose educare et ecclesiasticis disciplinis in-
stituere tencantur Hos pueros episcopus in tôt classes, quot ei videbitur,
divisos, juxta eorum numerum, œtatem, ac in disciplina ecclesiastica progressum, partim, cum ei opportunum videbitur, ecclesiarum ministerioaddicet; partim in collegio erudiendos retinebit, aliosque in locum eductorum sufficiet; ita ut hoc collegium Dei ministrorum perpetuum seminarium sit. (Conc. Trid. sess. xxm, de reform. c. xvm.)