‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 87 sur 114 · I. EL LISE PAIITICULII !<I. lf\ I · texte numérisé non relu

I. EL LISE PAIITICULII !<I. lf\ I

I glisc sous la direction de son évéque et bous les yeux du peuple, montanl successivement des ministères inférieurs aux Ordres supérieurs sous cette double garantie. La nouvelle situation réclame des précautions d'un autr< Ire.

Parla concours, le*, indignes et les incapables seronl écartés de !.i charge pastorale.

Par les Séminaires sera préparée par un sage recrutement et tenue en réserve à la disposition des évéques, pour le service des Eglises, une milice ecclésiastique <|ui se renouvellera continuellement, et les écoles des Eglises cathédrales, ilambeaux éteints par les calamités des temps, se ranimeront sous cette forme nouvelle.

Mais quelles furent les vues du saint Concile de Trente pour l'avenir de l'Eglise? Quels sont les grands desseins qu'il forma? Quelles furent les aspirations et les désirs ardents que dans le même temps l'Esprit de toute sainteté formait dans le cœur des Saints, d'un saint Charles Borroméeen qui s'était pour ainsi dire incarnée I |me du Concile, dans le cœur des autres grands serviteurs de Dieu?

Il nous semble que, dans une vision céleste, ces grands hommes ont aperçu les beautés éternelles et le plan di\in de la Jérusalem des Eglises. Elle leur est apparue dégagée des contructiuns passagères et des ruines que les siècles v ont faites dans leur cours. Ils font vue dans toute la simplicité des temps de sa fondation. Ils ont salué celte vision resplendissante du passé et de l'avenir, toujours ancienne et toujours nouvelle, et les Pères du Concile en ont décrété le rétablissement intégral par deux solennelles prescriptions.

D'une part, ils ordonnent qu'au sein de chaque église toute la hiérarchie des ministères ecclésiastiques soit au plus toi rétablie dans son intégrité et son activité: les diacres et les ministres inférieurs y 1 éprendront leur antique et sérieuse importance et tout l'ordre de leurs utiles fonctions (i).

(i) Ut sauctorum ordinum a diaconatu ad ostiariutum tunctioi.es ab apostoiorum temporibus in Ecclesia laudabiliter refcepUe, et pluribus in Iocis aliquandiu inlermissre, in usum juxta sacros canones revocenlur, nec ab biereticis tanquam otiosse traducanlur; illius pristini moris restituendi desidcrio fla^rans sancta synodus, decemit ut in posterum hujuscemodi ministeria non nisi per constitutos in dictis ordinibus exerceantur; omnesque et singulos prœlatos ecclesiarum in Domino hortalur et illis prœcipit, ut quantum fieri commode poterit, in ecclesiis cathedralibus, collcgialis et parochialibus sua; <tiœces>is, si frequens populus et ecclesioe proventus id ferre queant, hujusmodi functiones curent restituendas Quod si minislcriis quatuor minorum

i4^ l'église

Par un second décret plus considérable encore, faisant revivre dans sa vigueur le sixième Canon du Concile de Chalcédoine, ils abolissent généralement les ordinations vagues in.

Les clercs ne pourront plus recevoir l'Ordre sacré sans l'office qui lui correspond et sans être liés par cet office dans l'ordination même au service d'une église déterminée.

L'évèque pourra bien encore, il est vrai, avoir autour de lui, par exception, quelques ecclésiastiques détachés du service des églises, ordonnés sans le lien particulier du titre et destinés à servir sous sa direction les peuples qui lui sont confiés. Ce sera, à la disposition de chaque évèque, comme un corps apostolique restreint, détaché du service des églises particulières et attaché au seul diocèse. Ces clercs ordonnés sous la condition de ce service général seront mis par là même à la disposition de l'évêque, et, au lieu du lien qu'emporte l'inscription au canon d'une Eglise, ils trouveront dans leur ordination cette obligation de travailler à l'œuvre de Dieu sous ses ordres.

Ces deux grandes prescriptions du Concile de Trente, dans lesquelles un théologien du Concile, Gentian Hervet, entrevoyait tout le rétablissement de la discipline et de la vie hiérarchique des Eglises, ont passé d'abord presque inaperçues et n'ont guère reçu d'application pratique. Elles n'étaient sans doute pas destinées par la divine Providence à entrer immédiatement dans l'ordre des faits. On peut même douter qu'elles fussent pratiquement compatibles avec toutes les exigences créées par le régime bénéficiaire et les droits des patrons collateurs.

Imprescriptibles toutefois, comme toute l'œuvre du Concile de Trente, elles demeurent comme les pierres d'attente d'un édifice inachevé.

Aujourd'hui le mouvement des choses humaines et les nécessités des temps ont introduit une pratique bien éloignée de l'application de ces règles.

ordinum exercendis clerici cœlibes preesto non erunt, suffici possint etiam conjugati, vitœ probaUe, dummodo non bigami, ad ea munia obeunda idonei, et qui tonsuram et habituai clericalem in Ecclesia gestent. (Gonc. Tiud. sess. xxiii, de reform. c. xvn.)

(i) Sanctasynodus, vesljgiissexti canonis concilii Chalcedonensis inhœrendo, statuit ut nullus in posterum ordinetur, qui illi ecclesise, aut pio loco pro cujus necessitate aut utililate assumitur, non adscribatur, ubi suis fungatur muneribus, nec incertis vagetur sedibus. (Co>"c. Trid. sess. xxin, de reform.

c. XVI.)

I I «.I [SB l'AKI l< I I 1ER] I $3

I '• ordinations vogues mit prévalu presque universellement^ el opal seul n'en ,i pas subi les atteintes. Les titres eeeiét tiquer eux mémos s..nt en petit nombre; les riens sont poui La j >lupart amplement soumis'à l'éveque sens lies particulier, et tenue Ji sa libre el pleine disposition ; el comme aui jours il»' ses pren conquêtes, l'Eglise, sUi un sol 'mal affermit garde toute la liberté, de ses mouvements et attend l'heure1 dès reconstruction s*

i que, depuis le Concile de Trente^ «le nouvelles révolutions ont . i ^ i i ' • le monde. La vieille Europe, profondément ébranlée, a \u sur une grande partie de son territoire l'étaft des Eglises violemment renversé. Des Eglises nouvelles, dégagées «les liens du paasé, oui surgi dans le nouveau monde et dans les contrées protestanrtëei ta sein 'les nations catholiques ellos-inénies. après les destructions e| ues, la hiérarchie a pris une nouvelle naissance a la voii «lu Vicaire de Jésus-Christ, et les Eglises ont reçu de lui une nouvelle institution.

[feus ii eu pouvons douter, au milieu des aiiLr<>is>es de l'heure pr s.nie, et au prix de ses tristesses. Dieu prépare de grands bienf.uts au inonde. Dans les ruines mêmes, le divin Architecte prépare lis reconstructions de l'avenir.

Ce seia sans doute pour le- Eglises afïranchies et rajeunies l'accomplissement de F œuvre du Concile de Trente: l'autorité épiscojale pleinement raflenraie dans >l( souveraineté paternelle; la hiéarehie des piètres et des lévites restaurée clans sa puissante intégrité; l'antique lien qui unit le clerc à son Eglise dans le mystère même de sa consécration rétabli et, du même coup, le renouvellement de l'ancienne société du peuple fidèle étroitement uni au corps, de son sacei dé

Qu'il nous soit permis, à la suite de saint Charles Bôrromée et de> autres grands serviteurs de Dieu i .dans le sentiment prolond des vœu intimes de L'Egiiae et des divins gémissements de l'Esprit en elle, inanitestès par les aspirations de tant d'àmes sacerdotales vers la vie commune, d'appeler encore de nos vieux une dernière et bienheureuse restauration.

SMftt Charles désira amener Ions les ehanoines de sa cathédrale à la vie eommnne: n'ayant pu réaliser ce dessein, il fonda les Oblats, clercs voues à la iimune. Saini (iaetan et d'autres serviteurs de Dieu se proposèrent aussi \c rétablissement de la vie apostolique daits le elertre, mais leurs efforts ahonlircnt à l'établissement de diverses Congrégations relicieuses et ne la firent point pénétrer dans les rangs du clergé titulaire des églises.

i44 l'église

Le sacerdoce, sous le régime de la vie commune, a converli et formé les peuples à la vie chrétienne; sous le régime de la propriété des clercs, il a vu son action s'affaiblir, l'héritage du Christ s'amoindrir par les délections et la diminution de la foi et de l'esprit chrétien, et il a été impuissant à arrêter le lent affaiblissement de la religion au sein des sociétés modernes. Partout les pasteuis du troupeau se plrignent de l'inefficacité de leurs efforts pour le défendre contre le travail incessant de l'impiété et le retenir sous leur houlette. Mais ils retrouveront les forces antiques et la fécondité de leur ministère dans un généreux retour à l'antique communauté apostolique et à ce filial abandon sous la conduite des évèques qui faisait leur unité et leur invincible puissance (i).

Que le patrimoine de l'Eglise redevienne donc le trésor commun dont l'évêque a la paternelle administration. Que partout, sans contrainte et sous les suaves impulsions de l'esprit apostolique, les clercs s'unissent dans la glorieuse pauvreté de cette vie commune qui fut celle de leurs ancêtres et qui mit le monde entre leurs mains (2).

Ce spectacle nous est déjà généreusement offert par le sacerdoce

(1) Prœcipientes statuimus ut (clerici in sacris) juxta ecclesias quibus ordi-

nati sunt simul manducent et dormiant, et quidquid eis ab ecclesia com-

petit communiterhabeant. Et rogantes monemusut ad apostolicam communem vitam summopere pervenirestudeant. (Alex. II. in Conc. Rom. an. io63, c. îv, ap. Labbe, t. IX, col. 1176.)

11 serait trop long de rappeler ici tous les documents qui attestent la tradition doctrinale elles désirs de l'Eglise au sujet de la vie apostolique des clercs; plusieurs auteurs en ont fait des traités spéciaux. Contentons-nous de citer ici le grand Pie IX : « Nous voyons que les anciennes lois de l'Eglise non seulement approuvaient, mais ordonnaient que les prêtres, les diacres et les sousdiacres vécussent ensemble, mettant en commun tout ce qui leur venait du ministère des églises; et il leur était recommandé de tendre de toutes leurs forces à reproduire la vie apostolique, qui est la vie commune. Nous ne pouvons donc que louer et recommander tous ceux qui s'unissent pour mener ce genre de vie ecclésiastique. » (Bref du 17 mars 1866.}

(2) Quelle sera dans l'avenir la forme précise des saints renouvellements et des progrès de la vie ecclésiastique? Nous proposons ici nos désirs et nos conjectures appuyés sur les monuments de la tradition; mais nous ne le faisons qu'avec timidité. « Les pensées des hommes sont timides et incertaines», dit la Sainte Ecriture; « qui est entré dans le conseil de Dieu » et a connu ses secrets? Ce grand Dieu a coutume de ne nous révéler ses desseins que par leur accomplissement. Mais il est une chose dont nous ne pouvons douter : c'est qu'il prépare à son Eglise, par les épreuves de l'heure présente, de nouveaux triomphes et de magnifiques progrès.

QLISB PARTICULIÈRE I j5

des pays de mission. Mais le monde entier n'eal plus loi-même aujourd'hui qu'un vaste champ de missions; et, en face de la révolution, qui est l'antéchrist social, pourra t-il être autrement renouvelé que par une immense exp insion de l'espi il ap «tolique au sein du il' i

I • s Eglises refleuriront au souffle de cet esprit.

Leur propre sacerdoce leur communiquera «le nouveau toutes les impulsions sociales de la religion et delà charité; il en fera de nouveau îles sociétés actives et douées d'une vitalité puissante.

1-1 les redeviendront les grandes trésoridres de Dieu, dispensa trîces des grâces spirituelles par L'autorité qu'il communique à leur hiérarchie, et dispensatrices des aumônes et des assistances temporelles par la confiance et la foi des peuples.

Les assemblées ecclésiastiques redeviendront les grandes et solennelles manifestations de la religion des multitudes, et elles feront mouler vers Dieu la grande voix des peuples dans la liturgie rendue i s, m ancienne popularité.

II faut bien le reconnaître, en effet, celte vie des Eglises particulières est l'état normal de la religion au sein de l'humanité. C'est Tordre de choses divinement institué dans la hiérarchie. Les Eglises doivent être le foyer perpétuel et habituel de la vie surnaturelle des hommes; c'est à les fonder et à les rendre IlorisSintes que doivent conspirer toutes les forces chrétiennes, et l'apostolat des missionnaires et des religieux n'a pas lui-même de lin plus élevée.

Hien, en effet, ici-bas ne saurait tenir la place des Eglises ou se -substituer à leur vie sous ses divers aspects.

Dans l'ordre de la prière, aucune dévotion particulière, quelque sainte et autorisée qu'elle soit, n'aura jamais la valeur toute divine de hi liturgie et ne sera destinée à prendre le rang qui lui appartient dans la religion chrétienne.

Dans l'ordre du divin ministère, quelques secours nécessaires que les missionnaires apportent aux âmes, ils ne sauraient abolir l'état «les jiastci ii sordina ires, et les missions ne sauraient tenir lieu de-, Eglises.

Le rôle des missions dans la vie de l'Eglise catholique est immense» mais subordonné à la constitution de la hiérarchie, qu'elles doivent servir en toute manière.

Partout où les Eglises n'existent point encore, les missions doivent les préparer, tendre et aboutir à leur établissement; partout où elles existent sur le sol, l'apostolat doit concourir et travaillera les rendre florissantes.

iq*6 l'église

C'est là sa fin principale: il doit sanctifier lésâmes, et, pour rendre cette œuvre durable, sanctifier les Eglises, qui sont les familles des àmcs. divinement instituées clans l'épiscopat et le sacerdoce ordinaire.

Aucune organisation humaine, aucune association pieuse suscitée par l'esprit chrétien, quelque sainte et utile qu'elle soit, ne pourra jamais se substituer à l'ordre divin et immortel des Eglises, c'està-dire au mystère divin de la hiérarchie descendant du trône de Dieu par Jésus-Christ à l'Eglise universelle et par l'épiscopat à l'Eglise particulière, mystère stable, société sacrée indissolublement « liée aux un stères de Dieu lui-même », sacramentis cœlestibut cohserentem (i).

Le Saint-Esprit, qui suscite à leur heure providentielle les grandes œuvres religieuses, les destine à soutenir au dehors le grand corps de< la hiérarchie et à assister ici-bas les Eglises dans leur vie laborieuse, jamais à s'élever sur les ruines de leur ordre éternel.

(i) S. Ctpr. de unit. Eccl. n. 6.

CIIAPITKK XII

DE L ETAT REUGIE1 \

Nous ne pouvons dans <-e traite'- nommer si souvent L'état rèKgtetn sane nous arrêtera considérer plus amplement la nature de < «-t état , la place nu'il occupe dans l'Eglise, et les grandes institutions qui en lurent le- développements sucees-ii- dans le cours des agi

Kn étudiant ces créations admirables du Saint-Esprit, nous dei rons étendre nos regards au delà des limites de l'Eglise patticuliè parler des Ordres apostoliques; mais les Eglises particulières ne cessent de recevoir le service de ces puissants auxiliaires; elles sont continuellement en contact avec ces instituts, et il est nécessaire de bien entendre quelle est leur nature et la fonction qui leur appartient.

Et d'abord, qu'est-ce que l'état religieux'.'

L'état religieux est une profession extérieure de la perfection chrétienne.

Substantiellement, il n'est pas d'une autre nature que le christianisme, mais il en est la perfection.

Il ne dépasse pas les engagements du baptême, mais il en est l'accomplissement total et parfait.

LY-tat religieux est donc proprement un état de perfection et de sainteté chrétienne.

M. lis qu'est-ce que la sainteté dans L'Eglise?

C'est le commerce de la parfaite ebarité établi entre Dieu et l'bomme par le mystère de la Rédemption : c'est la perfection de l'amour dan- la perfection du sacrilice. Le sacrifiée et Ja mort interviennent, et la sainteté de L'Eglise en est le fruit. Dieu a aimé l'homme jusqu'à la mort. Il s'est livré à la mort pour l'bomme.

Kn cela, il aimait le premier : prior dile.rit nos. C'était comme une provocation de l'amour infini et cet amour allait jusqu'à la fin, car mourir est la dernière consommation de l'amour.

L'Eglise à son tour répond à cette provocation de l'amour par « une réponse de mort ». Elle aime à son tour jusqu'à la mort, et

liO L EGLISE

toute la sainteté qui est l'amour se consomme dans la mort. Il faut donc bien que l'Eglise fasse cette réponse de mort dans tous ^es sainte. Elle la fait d'abord dans les martyrs. Elle la fait ensuite par un martyre non sanglant dans les saints confesseurs. Car ceux-là seulement parviennent à la sainteté qui se séparent par une mort spirituelle du monde et de tout objet terrestre et périssable.

Or, comme tous les cbrétiens sont appelés à la sainteté, le baptême, dans lequel l'Eglise tout entière est plongée, renferme l'engagement de celte mort pour tous les fidèles, et, par une sépulture mystique, il en contient le mystère.

La profession religieuse, qui n'est qu'un état de perfection du christianisme, ne va pas au delà de cet engagement, car dans l'amour il n'y a rien au delà de la mort ; elle ne dépasse pas la divine vocation du baptisé à la mort du vieil homme, et, par cette mort, à la vie de la nouvelle humanité, qui est la vie de Jésus-Christ en chacun de ses membres; mais elle est l'accomplissement parfait de cette vocation, et elle engage l'homme à cet accomplissement dès la vie présente.

La sainteté est donc en un certain sens identique à l'état religieux ; car l'essence de celui-ci est d'être une profession extérieure de sainteté, et l'Eglise, qui est toute sainteté, est tout entière en ce sens appelée à cet état, et elle y parviendra tout entière un jour.

L'état religieux, en effet, est la profession de la chasteté parfaite ; c'est, par l'obéissance, l'adhésion parfaite, exclusive et définitive, à la volonté de Dieu en tout et partout. C'est, par la pauvreté, le renoncement total aux biens de ce monde et à la propriété particulière.

Or, au ciel, tous les élus sont d'une manière suréminente consommés en cet état.

Entrant en participation des noces virginales de l'Agneau, ils jouissent d'une pureté éternelle, et l'état même du mariage, si honorable ici-bas, n'y a plus lieu : in cœlis neque nubent, neque nubenlur.

Au ciel, les élus n'ont plus aucune propriété dans les biens de ce monde destiné à périr par le feu. Ils ont tout en commun, et leur trésor, qui est la richesse de Dieu, leur appartient à tous sans partage.

Au ciel, les élus n'ont plus d'autre volonté que la volonté de Dieu, perçue dans la claire vision de son cœur et embrassée avec la pleine et totale adbésion de la charité consommée. Aussi sont-ils tous fondus en un, cor imam et anima unu, dans cette adhésion à cette volonté unique.

i 'ÉGLISE PARTIC1 LlÈRE I fg

La vie religieuse est, dans le temps présent, un commencement et une anticipation pour quelques uns de cet état commun à tous les élus dans (éternité Les Pércs nous montrent les religieux cherchant dans la vie future L'exemplaire de leur vie présente | i . Par la chasteté, ils entrent dans les noces éternelles; par le détachement et ta mainte pauvreté, ils niellent leur partage en Dieu, ils s.uii ses héritiers et en lient déjà en quelque, manière par un bienheureux échani dans la possession de l'héritage. Ils arrêtent en lui leur volonté par l'obéissance; et enfin la stabilité de leur profession imite, autant qu'il est permis à l'homme i«i-I»;i> . el commence le repos immuable dans la possession du souverain bien.

M. lis comme les choses divines, dans l'infirmité présente, sont administrées aux bommes sous des signes et des voiles, l'état religieux demeure en cette condition de L'Eglise ici-bas; il v a comme des onibres dans ses lumières, et c'est pourquoi l'union des volontés à celle de Dieu dans l'obéissance religieuse, <pii est le fondement principal de cet état, s'accomplit par une soumission à celle volonté signifiée extérieurement, et cette volonté divine se fait connaître, comme dans un sacrement, par les éléments sensibles des règles et *? les ordres des supérieurs.

L'état religieux, anticipation imparfaite de l'état de consommation des élus, repose donc sur ce fond commun du christianisme; car le baptême va jusque-là, puisqu'il contient le mystère de notre sanctification, et l'Eglise n'arrive à la sainteté en tous ses membres qu'en les élevant jusque-là.

(v>ue sont, en effet, les divines lois du baptême dans lequel l'Egli:-. tout entière est entrée? La Sainte Ecriture nous le montre comme une mort parfaite, une sépulture, une vie nouvelle et toute céleste (3

(1) Quis aulem humano eam possit ingenio comprehendere, quam nec natura suis inclusit Iegibus? aut quis naturali voce complecti, quod supra usum nature sit. E calo accersivit quod imitarctur in terris. Nec immerito vivendi sibi usum qua-sivit e coelo, quœ sponsum sibi invenitin cœlo. Hœc nubes, aéra, angelos, sideraque transgrediens, Verbum Dei in ipso sinu Patris invenit, et

loto hausit peclore Postremo, non meuin est illud, quoniam quœ non

nnbunt neque nubentur, erunt sicut angeli Dei in cœlo. Nemo-ergo miretur si BDgelîs comparentur, quœ angelorum Domino copulantur. Quis igitur neget banc vitam fluxisse de cœlo? (S. Ambii. de Virg. I. I, c. m, n. u ; Brev. Rom. Comm. Virg. lect. iv.

(3) An ignoratis quia quicumque baplizati sumus in Christo Jesu, in morte ipsius baptizati sumus? Gonsepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem : ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gloriam Patris, ita et nos

IOO L EGLISE

Toutefois, Dieu, avant égard aux conditions de l'Eglise ici-bas, aux nécessités de l'état présent, à la faiblesse des hommes, par une divine condescendance, n'a pas imposé la vie religieuse, pendant la vie présente, à tous les fidèles baptisés, réservant à la Aie future l'achèvement de cet ouvrage. Ils peuvent donc se tenir en deçà, pourvu qu'ils ne renoncent pas à s'avancer vers ce terme et à l'atteindre un jour. Car, au moins à l'heure de la mort, tous devront embrasser l'obéissance parfaite et le renoncement parfait aux biens de ce monde. A la mort, où ils recevront le fruit de leur baptême, et pour atteindre à la révélation des enfants de Dieu qui y sera faite, ils ne se devront plus distinguer des religieux dans la perfection des sacrifices et des séparations ; et, s'il reste encore quelques traces trop profondes de ces attaches temporaires, si l'àme a contracté quelque souillure au contact des biens terrestres, les flammes du Purgatoire seront là pour achever l'œuvre purifiante et sanctifiante de la mort, et pour les présenter dignes et achevés à la bienheureuse profession de la sainteté éternelle au sein de Dieu.

Ainsi, dès la vie présente, l'état religieux s'efforce de rapprocher de la sainteté future ceux que Dieu a choisis par un choix de prédilection pour cette bienheureuse anticipation (i).

Mais ne peut-il y avoir, même dès cette vie, de sainteté oit de perfection chrétienne hors de cet état?

Il ne peut certainement y avoir de sainteté proprement dite ou de perfection hors des renoncements parfaits qui sont l'objet de cette excellente profession.

Mais autre chose est la profession extérieure de ces renoncements qui constitue proprement l'état religieux, autre est ce renoncement lui-même. Celui-ci peut avoir lieu dans les profondeurs de l'àme en dehors même de la profession extérieure, qui en est l'engagement public pris en face de l'Eglise. Ou, si l'on veut entendre cette coin-

ia do vi bâte vit;i- ambulemus. Si enim complantati facti suraus similitudini

mortis ejus, simul et resurrectionis erimus Si antem mortui sumus cum

Christo, credimus quia simul etiam vireinus cum Christo lia et vos existi-

mate vos mortuos quidem esse peccato, virentes autem Deo in Christo Jesu

Domino nostro Neque exhibeatis membra vestra arma iniquitatis peccato,

sed exhibete vos Deo tanquam ex mortuis viventes, et membra vestra arma justitiir Deo. [Rom. vi, 3-i3.)

(1) (Ordincm monachorum aut religiosorum) quo nullus in terra similior angelicis ordinibus, nullus vicinior et quœ in cœlis est Jérusalem mater nostra, sive ob decorem castitatis, sive propter caritatis ardorem. (S. Ber.n. Apol. ad Uuill,. c. x, n. 24)

i i (.i i-i P uni i in RE i~>i

paraison, de même que la théologie distingue au sujet de l'Eglise catholique elle-même entre le corps de cette Eglise foi mé de ceux .qui lui appartiennent par la profession extérieure et l'âme de l'Eglise embrassant tous ce ui qui fui sont unis dans là loi ri là charité, aihs cette partie plus excellante de l'Eglise, cette troupe bienheureuse qui pratique le renoncement pai (ail par amour, qui embrasse généreus ment les conseils évangéliqnes el qui forme en elle l'état de la pi :i chrétienne, a aussi comme un corps et une âme. L'état public de religion est comme le corps, et les saints qui ne sont pas religieux pai la profession extérieure appartiennent, pour ainsi dire, à l'âme dé cet état de renoncement et dé perfection. Car, selon les divines exigences 'I'1 la sainteté et dé cette bienheureuse mort spirituelle, ils accomplissent la parole tic I apôtre : ils possèdent comme ne possédant pas; ils achètent sans posséder; ils sont dans l'état du ma riage comme n.') étant pas; ils usent de ce monde comme n'en usant pas, par la disposition intérieure de leurs âmes i , El ainsi ils sont pauvres dans les richesses, ils sont, liés à la volonté de Dieu dans l'indépendance apparenté de leur état, et, étant libres, ils se l'ont les esclaves du Christ (2). Par là. ils gardent parfaitement les conseils à la manière qui convient aux desseins de Dieu sur eu\ ; iU ne sont point partagés entie Dieu et le monde comme les séculiers imparfaits, el ils appartiennent invisiblèment à l'étal de renoncement parlait dont ils ne l'ont pas profession extérieure.

Disons-le même et poussons plus loin notre comparaison : de même que les mauvais chrétiens, infidèles a leur baptême, appartiennent au corps de l'Eglise sans appartenir à son âme, de même, hélas! certains religieux sont imparfaits dans un état public de perfection; mais comme lès mauvais chrétiens seront rejetés au dernier jugement el verront les dus cachés de la gentilité occuper les places qu'ils onl délaissées, ainsi ces religieux verront-ils d'obscurs séculiers placés avant eux dans la gloire, parce qu'ici-!>as ceux-ci les auront précédés dans les roies de la perfection et de la sainteté

(1) Hoc itaque dico, fratres : tempus brève est; reliquum est m el qui habent uxores, lanquani non habentes sinl ; et qui fient, lanquam non fientes; et qui gaudent, tanqnam non gaudenles; et qui emunt, tanquam non possidente* ; et qui utunlur hoc mundo, tanquam non utanlur. 1/ Cor. vu, 29-31 . 1

(a| / Cor. ix, si.

(3) Celte vérité a cte plusieurs fOra rappelée aux Pères du désert dans de célestes visions.

Si l'état religieux n'est que la profession extérieure du renoncement parfait qui est l'essence de la sainteté chrétienne, il tient par ses racines mêmes à la note de sainteté de l'Eglise.

C'est par cet état que l'Eçlise professe publiquement la sainteté à laquelle elle veut élever tous ses membres. Il convient, en effet, à cette Epouse immaculée de Jésus-Christ de faire cetle profession dès la vie présente dans ceux de ses membres qui sont comme sa partie supérieure par l'excellence de leur vertu ou par la dignité de leur vocation; et voilà pourquoi l'épiscopat, comme l'état religieux, est appelé un état de perfection et oblige spécialement à la sainteté, c'està-dire à la perfection de la charité i

L'étal religieux, ainsi considéré dans les relations qu'il a avec la sainteté même de l'Eglise, n'est donc pas en elle un simple accessoire et comme une parure de luxe dont l'Epouse de Jésus-Christ peut se passer.

Mai= cet état est l'Eglise elle-même dans sa partie la plus excellente : c'est l'Eglise commençant en ses éléments les plus nobles ce qui s accomplira un jour pleinement pour toute la multitude de ses enfants dans la gloire du ciel, où ils n'auront plus a qu'un cœur et qu'une âme ■> en la seule volonté divine, où toute la possession des biens périssables aura passé avec la figure de ce monde, où tous n'auront qu'un seul trésor dans les richesses inépuisables de la divinité. Ainsi, loin de n'être qu'un accident superflu, l'état religieux est. au contraire, ce qu'il y a de plus substantiel et de plus achevé dans la substance de l'Eglise.

L'attaquer dans la doctrine ou par la violence, ce n'est donc pas se prendre à quelques rameaux inutiles à la vie de l'arbre planté par Jésus-Christ: ce n'e>t pas. comme quelques-uns l'ont osé dire, fortifier le tronc et les branches principales en y renvoyant une sève qui s'égare, mais c'est attaquer l'Eglise elle-même et l'attaquer au cœur : c'est vouloir lui interdire les voies publiques et ordinaires de la sainteté, qui est la plus excellente de ses notes essentielles.

Ainsi conçu. L'état religieux est tellement de l'essence de l'Eglise qu'il a naturellement commencé avec elle, ou plutôt qu'elle a commencé par lui

(i) S. Thom. Samm. tkeol. IId-II«. q. clxxxiv, a. 5; Dpusc. XViII, c. xvi.

Ordineni monachorutn aut reliçiosorumi qui primus fuit in Ecelesia, imo a quo ccepit Eeclesia. {S. Bern, Afàt. ad Gmilt. c. x, n 2^.)

i m. iisi pAin Ki i h m- i53

< es! l'enseignement commun des docteurs et des Papes.

I <^ apôtres furenl les premiers religieui i les premiers Bdèlet ■ leui levaienl à l'envi à ce sainl el parfait étal de pauvreté'

et de renoncement, selon la mesure de grâce faite à chacun.

I 'Eglise naissante de Jérusalem offril quelque temps au monde l'exemple du détachement parfait des richesses terres! toute-

fois le rendre obligatoire pour chacun de ses membres.

Dès ces temps primitifs, l'état religieux, cette parfaite conformité à la personne même de Jésus Christ dans sa vie mortelle, reproduite pai les apôtres comme par autant de fidèles el vives images «lu divin Modèle, se répandit dans le monde entier avec les Eglises qui naissaient de tontes parts.

Le Saint-Esprit, qui est l'âme de l'Eglise univexaelle, suscitait dans toutes ses pailles les aspirations el les engagements sacrés à la vie parfaite, sans former encore de l'étal religieui un corps distinct d;nis le monde. C'était en chaque Eglise comme le levain mystérieux qui entretenait la vigueur de la charité; c'était comme le centre et le noyau substantiel de ces astres naissants dans le nouveau ciel de l'Eglise catholique.

Dès lors, en effet, la \i«' religieuse apparaissait dans le clergé et dans le peuple pour soutenir et élever l'un et l'autre à la sainteté.

Les laïques qui l'embrassaient, ainsi que nous l'avons dit dans un chapitre pi écédent, étaient appelés ascètes, et, sans se séparer du reste du peuple, formaient dans les Eglises la partie la pins nohle du troupeau.

Les clercs, de leur coté, s'efforçaient avec une sainte émulation de pratiquer la vie apostolique dont les premiers évéques, disciples des apôtres, leur avaient donné l'exemple.

La parole de saint Pierre, chef du Collège apostolique : Voilà 'jiir nous <tr< ma tout quitté, ne cessait de retentir à l'oreille des pontifes et des ministres de la hiérarchie comme le type et l'abrégé parfait de la vie ecclésiastique. Ils s'avançaient plus ou moins dans cette voie. In grand nombre atteignaient le sommet ; el si, à cause de la faiblesse humaine, la perfection du détachement religieux n'était pas imposée B tous, elle leur était suffisamment pi l'invitation en était plus pressante dans les degrés supérieurs de la hiérarchie cléricale.

Les exigences d'une profession extérieure des conseils évangé-

li) Cnjus «postoli institutores. (S. BkR>. Ibid.)

iS'j l'église

liqucs étaient en effet naturellement, dès lors, plus rigoureuses à mesure qu'on s'élevait dans l'Ordre ecclésiastique. Le détachement ries biens de ce monde, avec les droits que ce détachement donnait aux aumônes des fidèles, croissait avec le rang; l'obéissance était plus étendue, et toute l'activité individuelle plus complètement liée au service de Dieu ; enfin la chasteté parfaite, conseillée à tous, était rigoureusement imposée aux évèques. aux prêtres, aux diacres et aux sous-diacres (i), et, sur ce point, les affaiblissements de la discipline en Orient n'allèrent jamais jusqu'à atteindre l'épiscopat, tant il est vrai qu'il existe une secrète et naturelle proportion et comme une relation nécessaire entre la hiérarchie sacerdotale et la profession des conseils évangéliques.

Chaque Eglise gardait donc en son sein, dès l'origine de la religion chrétienne, et comme la partie la plus substantielle de la communauté des disciples de Jésus-Christ, des personnes consacrées à Dieu sous l'un ou l'autre titre d'ascètes ou de clercs, ce que déclarait un ancien Concile par ces mots: os tesattwoi, y /j;txy.y.^.. y àwoj- -y.:. 11').

(elle expression antique contient en germe la célèbre distinction qui devait bientôt se faire dans l'état religieux pleinement développé entre l'Ordre canonique et l'Ordre monastique. La religion des ascètes devint l'Ordre monastique, et la religion des clercs devint l'Ordre canonique.

Il convient de suivre dans l'histoire les développements de l'un et de l'autre de ces deux grands rameaux primitifs de l'état religieux.

§ III

Xous avons exposé dans le chapitre neuvième comment, d'une part, la pleine liberté donnée à la vie chrétienne, et, d'une autre part, le développement naturel de la semence apostolique déposée dans l'Eglise naissante, fit sortir de l'état primitif des ascètes le rameau vigouceux et distinct de l'Ordre monastique.

Il est en effet naturel que la tige unique d'une jeune plante, contenant en elle les fibres et les rameaux de l'arbre tout entier, trop faibles d'abord pour se soutenir distinctement, lorsqu'elle arrive

(i) S. Simc. EpisL I; S. IriïOC. I, Epkl. î; S. Léo M. Epiit. XIV, n. 4; Epist. XCII, n. 3; S. Epiph. Hœr. lix, n. 4, etc. (a) Conc. Laodic.

I l GLISE l'AKTlcl LIERE [55

enfin à son plein développement, cei fibres, jusque là contenues d.ins l'unité du tronc, se séparent en autant de branches puissantes -,\iit à cette loi, l'Ordre monastique, jusque là confondu dans in iln peuple chrétien, prit s,,n essor el apparut à l'état d'institut distinct

< el institut, ainsi que nous l'aronadd plus haut» comptait autant

d Eglises \iv.mt -mi-, sa discipline qu'il y avait <le monastères,

Eglises excellentes <|ui ne tardèrent pas à avoir leur hiérarchie tirée

de l'in sein, Ensuite, par un retour providentiel et d'admirables

vicissitudes; comme les moines avaient d'abord fait partie des

ses communes à tout le peuple avant de se former eu \ mêmes

Ji-rs distinctes, à lent toor les l'élises monastiques furent

ouvertes'aux peuples; le clergé des monastères donna aux pepula<-

chrétiennes des apôtoes et des pastenri : et les Eglises menas*

tiques abritant les peuples sous la boulette de moines prêtres et

pontifes», leur lurent des l'élises épiscopales et des paroisses.

S(.us cette première forme et par l'institut monastique destiné à se perpétuer jusqu'à la lin des teni|)s, la vie religieuse se répand dans toute l'étendue de la chrétienté en prenant corps et en se con> sliiuant ;i l'état d'Eglises particulières nombreuses el florissantes. Le moine laïque est le fidèle de l'Eglise de son monastère; le moine piètre ou ministre en est le clerc, et; conformément au canon de < lialcédoine, il lui est attaché par le titre de son ordination, comme li Boni dans chacune des autres Eglises lés clercs de ces Eglises: Il en est le chanoine, si nous pouvons parler ainsi, et lui appartient par le lien du litre canonique'. Les clercs moines forment donc le presb\lere et le corps îles ministres de leur monastère, c'est à-dire donne véritable Eglise* hiérarchiquement constituée et prenant sa il rang dan- la grande harmonie des I élises particulières.

Pour ce qui regarde la discipline monastique elle-même, elle consiste en un ensemble d'observances déposées, quant à la substance, îles le temps des apé>tres dans le trésor de la tradition. Ce sont les sainlcs lois d<- l'abstinence, du jeûne et du travail des mains ; car nous ne voulons pas y comprendre spécialement les veilles sacrée» et les saintes psalmodies, puisqu'en cela les monastères n'ont rien qui ne leur soit commun avec toutes les autres Eglises.

Du reste, les observances proprement monastiques elles-mêmes ne leur sont pas si exclusivement réservées que le commun des Eglises n'en retienne quelque chose par l'institution du Carême el des

i56 l'église

jeûnes apostoliques ; et, comme ces observances communes du peuple chrétien ont été dans le sein des Eglises peu à peu précisées et ramenées à des formules plus étroites, de même les grandes traditions de l'ascétisme primitif ont été réduites en règles fixes et nettement déterminées par les grands hommes suscités de Dieu pour être les législateurs de l'Ordre monastique (i).

Saint Pacôme reçut le premier, par une révélation spéciale (2), cette mission pour tout l'état des cénobites et le gouvernement des monastères, où la précision des règles est plus nécessaire qu'elle ne l'est au sein des déserts et dans l'état des ermites ou anachorètes.

Le grand saint Antoine nous apprend que cette mission avait été d'abord offerte à un autre solitaire qui n'y avait pas correspondu (3 ). La règle de saint Pacôme, trop peu connue aujourd'hui, contient, dans un détail surprenant pour ces temps reculés, tout l'ensemble des observances qui forment le fond des règles plus récentes, et on peut, ajuste titre, le regarder comme le premier patriarche des insti l Lits cénobitiques (4)-

Bientôt apparut la règle de saint Basile, commune aux monastères de la campagne" et à ceux des villes, et qui, comme on l'a dit de son temps, ramena la vie monastique au sein de ces dernières.

En Occident, les règles empruntées à l'Orient et transportées à Lérins, à Saint-Victor, à Agaune, à Condat, comme aussi les règles celtiques et les institutions rie saint Colomban, firent place peu à peu à l'admirable constitution monastique de saint Benoit.

Ce grand saint fut suscité de Dieu pour donner à la vieille tradition monastique sa formule définitive ; il ne prélendit pas créer de toutes pièces des règles nouvelles et inconnues, mais recueillir et renouveler l'ancienne doctrine des Pères ; et le martyrologe romain consacre sa mission en lui donnant la qualité de réformateur et de restaurateur de la discipline monastique.

(1) La pauvreté et la communauté des biens n'est pas non plus si exclusivement le privilège des monastères que les autres Eglises n'en aient une certaine participation par la mise en commun des offrandes et des dîmes, c'està-dire d'une quotité des biens des fidèles; il y a là aussi tradition apostolique et détermination de droit ecclésiastique.

(a) Vit, S. Pachom. c. 1, n. 7, Acta SS., die xiv maii.

(3) Pater rester (Pachomius) tantum bonum Deo adjuvante effecit. Alius quidem ante, cui Aotœ nomen, voluit taie ministerium suscipere; verum quia non ex toto corde ei rei studuit, successu conatus illecaruit. (S. Antomi verba, ibid., c. x, d, 77.)

(4) Inter opp. S. Hier Pair. t„i. t. XXIII. col. 65.

I] [SB PARTICULIERS i ■>'

Mais cette itau ition fui >mme le couronnement de l'œuvre commencée <■! poursuivie par les siècles pré édents, et la règle de >iint Benoit esl désormais le trésoi commua <>u repose le dépHde toute l'antique tradition m mastique, <-t où les m ânes iront ju^ m'a la tin des temps en chercher la substance sans e i épuiser j;< n us l<-s richesses.

Les grandes abbayes, noua l'avons dit déjà, avaient au-dessous d'elles des communautés moins considérables qui formaient comme les membres d'un même corps par l'unité d ■ gouvernement et l'unité d'origine des religieux qui tes peuplaient. Tous formés à l'école de l'abbaye el al lacln-s à l'abbaye par la stabilité de leurs vœux, ils étaient envoyés dans ces résidences sans cesser d'appartenir à la même famille et de former comme une même communauté.

Avec le temps, ces établissements secondaires ou prieurés se multiplièrent, s'établirent au loin, prirent une plus grande importance. rrandes abbayes avaient toutes de ces établissements; m lis cellr de Gluny, avec plus d'éclat que toutes les autres, éten lait ses rejetons dans tout le monde catholique. Quelques-unes de ces maisons secondaires devinrent même des abbayes, tout en gardant quelque chose de leur primitive dépendance.

commencements d'organisation centrale furent le prélude d'une institution considérable qui devait assurer à l'Institut monislique dans les temps modernes la conservation de sa vie et de sa vigueur. Nous voulons parler des grandes Confédérations ou Congrégations monastiques.

dette idée nouvelle naît et nous apparaît dans son plein épanoutssement avec l'Ordre de Citeaux.

On ne voit plus seulement des prieurés, c'est-à-dire de simples détachements de la lésion monastique placés dans des résidences plus ou moins éloignées de l'abbaye ù. laquelle les religieux, qui les composent ne cessent d'appartenir par le lien étroit de la profession, mais les prieurés s'effacent, les abbayes se multiplient, et ces abbayes elles-mêmes forment entre elles une vaste association. Elles se confédèrent sous la présidence d'une abbaye principale, afin de maintenir par l'union de toutes les forces l'observance exacte des règles. Elles se subordonnent même entre elles par les lois [de la libation, dernière imitation de l'ancienne dépendance des prieurés.

Les abbés s'assemblent dans un Chapitre général, dont l'autorité

i«58 ' l'église

s'impose à tous ( i). Le chef de la Confédération continue l'action de ce Chapitre sur le corps tout entier, et une hiérarchie de visiteurs qui part du centre entretient la vigilance juscpie dans les parties les plus éloignées.

Toutefois, sous cette organisation nouvelle (2), l'Institut monastique garde son ancienne et essentielle propriété : il ne cesse de contenir autant d'Eglises canoniquement constituées que de monastères, et voilà pourquoi nous exprimons par le mot de Confédération le lien des Congrégations monastiques. Chaque monastère, en y entrant . conserve ses membres dans le lien qui les lui unit ; il garde son gouvernement, il s'appartient à lui-même. Les religieux qui composent le monastère lui appartiennent d'abord, et n'appartiennent à l'Ordre entier cjue par le moyen du monastère qui les contient et qui les porte avec lui dans cette grande association.

Le langage même de ces temps exprime la nature hiérarchique des monastères et leur conserve le nom d'Eglises. La grande constitution cistercienne, appelée charte de charité, et l'exorde de Citeaux parlent à chaque page des Eglises de Citeaux, de Clairvaux et des autres pour désigner les abbaves (3).

Du reste, la forme même de la transmission du pouvoir dans le chef de l'Ordre indique assez la nature fédérale de l'association. L'abbé de Citeaux, par exemple, n'est pas élu par l'Ordre tout entier auquel il préside, mais parce qu'il est. abbé particulier de Citeaux avant d'être chef de l'Ordre, il est élu par le collège particulier de

(1) C'est la gloire de l'Ordre de Citeaux d'avoir été en cela le modèle que les autres Ordres n'ont pas tardé à imiter. Dans les statuts de plusieurs d'entre eux, il est fait mention de l'Ordre de Citeaux comme du type premier et originel dont la tenue des Chapitres généraux est dérivée : ad instar Cislereiensis

ordinis celebrentnr . ; more Cislerciensium tempore determinalo convenient labbates)

générale capitulum celebraturi. {Privilèges de l'Ordre de Cisteanx. Paris, 1 713, p. 2.)

(2) Cette organisation fut jugée si utile qu'elle fut adoptée par tous les réformateurs des Ordres monastiques. Le Concile de Latran lit une obligation de la tenue des Chapitres généraux entre les abbés et les chefs de maisons, et" exigea que l'on y appelât les abbés de Citeaux pour enseigner l'ordre que l'on y devait tenir. « In singulis regnis sive provinciis fiât de triennio in tfien-

nium .... commune capitulum abbatum atque priorum Advocent autem

caritative in hujusmodi novitatis primordiis duos Cisterciensis ordinis abbates vicinos, ad pra^standum sibi consilium et auxilium opportunum, cum sint in

hujusmodi capitulis celebrandis plenius iuformati. » (Conc. Lat. IV,

decr. XII, ap. Labbe, t. XI, col. i63.)

(3) Charla carilahs, c. IV, vin, XII, XVII, XX, xxix: Pair. lai. t. CLXVI, col. i37çi et seq. ; Exord. magn. CisU-rc. dist. I, c. xv, xxi ; ibid., t. CLXXXV.

ii QLIfl l'Ait ri< i in re t6g

son abbaye, i • 1 1 1 1 1 1 . • . .m <lf.sous de lui, les chefs lies branches prin . i paies, 1''- abbés Je Morimond, de la Fei Lé, de Gtairoaux, de Pon Ligny, onl une semblable origine el mal élus par leurs'Ghapilres particuliers, rentrant ainsi dans le drail commun de toutes les abbayes; et. l'on voit assez pai la <|u<- les abbayes existent par ellesmêmes al antérieurement au lien qui les unit antre elles, ainsi <|u'il oanùenl aui membres d'une Confédération.

Ainsi le> grands < ordres monastiques ne détruisent pas le i arai tore local des monastères, et, i ■ >n i eo 1 ••! 1 1 apportant Le secours el les fora s de la Société qu'ils maintiennent entre eux, ils laissent, comme par le |o>$(:. la vie religieuse prendre la ferme d'Eglises particulières al pénétrer dans les rangs des Eglises, en participant à l'élément biérarebique qui les constitue. x

Mais, ,i\.mt d'aller plus loin, il nous faut revenir en arrière pour suhrve l'histoircde l'( >rdre canonique.

Si, <lè> les premiers tenqps de la liberté religieuse donnée à ['.Eglise, l'institut des ascètes seséparadu reste du peuple pour prendre une existant e distincte et former l'Ordre monastique, au sein dn clergé un pareil partage entre L'élément religieux el L'élément

séculier n'eut pas lien d'abord : et c'est pourquoi l'Ordre canonique, qui est le clergé lui-même, se développa en conservant longtemps dans son sein l'union mal définie de la vie religieuse el d'une vie moins parlai te.

La raison en est facile à pénétrer: l'Eglise invitait bauternent ses clercs à embrasser la vie apostolique; exigeant avec empire davantage des < ordres; plus élevés, elle eût voulu les voir tous dans la pratique de- conseils évangéliques et dans le détachement complet des biens de la terre, parce qu'il v a entre le sacerdoce et ce détachement une secrète et profonde alliance.

Déjà, sous les ombres de l'ancienne loi, les lévites devaient vivre des offrandes du peuple, parce qu'ils n'avaient, dit la Sainte Ecriture, aucune autre possession n : sous la loi nouvelle, si le prêtre vit de l'autel, il convient qu'il ait renoncé à tout autre partage ici bas.

renoncement était donc l'objet de l'invitation générale de

Von. jvm, 20; Dent, x, g\ x\ ii, i, ?, etc.

160 l'égltse

l'Eglise, invitation qu'elle adressait à tous, et, si elle n'en faisait pas une loi rigoureuse, c'était par égard pour la faiblesse de quelques-vrns.

« Les clercs », dit un ancien Père, Julien Pomère, « mis au rang des pauvres par leur propre volonté ou même par leur humble naissance » et les dispositions providentielles pleinement acceptées, « embrassant la perfection de cette vertu, reçoivent les choses nécessaires à la vie ou dans leurs propres maisons ou dans la Congréga tion où ils vivent en commun. » (i) (C'était l'époque où s'ouvraient les premières communautés.) « Ils les reçoivent, non par le désir de posséder, mais par la pure nécessité de l'infirmité humaine. » 121 u L'évèque » lui-même, administrateur et comme titulaire du bien de l'Eglise, qui semble en cette qualité engagé par état dans les intérêts et la possession temporelle, « l'évèque, qui a laissé à sa famille ou distribué aux pauvres ou donné à l'Eglise tous ses biens, et qui par amour de la pauvreté, s'est mis au nombre des pauvres, administre sans avarice les offrandes des fidèles ; il nourrit les pauvres du fonds dont il vit lui-même comme pauvre volontaire. » (3) « Quant à ceux qui sont si faibles », poursuit le même auteur, exposant l'ancienne tradition doctrinaleet disciplinaire, « qu'ils ne peuvent renoncer à leurs biens, que du moins ils soulagent l'Eglise de ses charges, en la servant à leurs frais, et qu'on les souffre à cette condition » C\); gratis seruiant, comme dit un autre texte.

Toutefois encore, bien que cette tolérance fût générale, plusieurs Eglises s'élevèrent plus haut et imposèrent à leurs ministres le détachement complet.

(1) Clerici quoque quos pauperes aut voluntas, aut nativitas fecit, cum perfeclione virtutis viUc necessaria, sive in domibus suis, sive in congregatione viventes accipiunt. (Jux. Pomer. de vila conlempl. 1. II; c. xi, Patr. lai. t. L1X, col. 455.)

(2) Ad ea accipienda non eos habendi cupiditas ducit, sed cogit vivendi nécessitas. {Ibid.)

(3) Sacerdos cui dispensationis cura commissa est, non solum sine cupiditate, sed etiam cum laude pbtatis accipit a populo dispensanda et fideliter dispensât accepta, qui orania sua aut parentibus reliquit, aut pauperibus distribuit, aut ecclesiae rébus adjunxit, et se in numéro pauperum paupert;ilis amore constituit : ita ut unde pauperibus subministrat, inde et ipse tanquam pauper voluntarius vivat. (Ibid.)

(4) Hli autem qui tam infirmi sunt, ut possessionibus suis renuntiare non possint, si ea qua? accepturi erant, dispensatori relinquant nihil habentibus conferenda, sine peccato possident sua; quia et ipsi quodammodo sua relinquunt, quando propriis contenti rébus, nihil eorum quœ labori vel ordini suo deberi arbitrantur accipiunt. (Ibid. c. xn.)

! i. .i [SI P \liTH i LIER! l6l

S.iini Eusèbc de Verccil amena i<>ut le clergé de >'>n Eglis< vie parfaite, en le recrutant exclusivement parmi lea moines ou -. ul in ipsis <ii et monasli mplas rerum ei aocuralio

Irrii.iriun (i S. mit \ ugusl in r\ i i clercs l'engagement à la

pauvreté el à la vio religieuse dans sa communauté (a). Sainl Basile forma son clergé sous sa règle monastique. Sainl Martin s'environna île ses disciples.

Partout, du reste, <>n voyail fréquemmenl les moines éle l'épi scopal ou à la « léi icature dans les divei ses Eglises.

ie commune, dont il y a déjà quelques commencements dès le temps même des persécutions, ouvrit aux clercs comme aux moines les de perfection. La vie religieuse s'y développa par d'admirables accroissements, el embrassa, d'un lien plus <>u moins exclusif selon lea lieux, 1«' clergé de chaque Eglise.

Au \ni siècle, la règle de sainl Chrodegang 3) fut imposée à tous comme !<• type général de la vie commune des clercs, en même temps qu'elle leur traçail un minimum de vie religieuse. Cette règle, en effet, tolère quelque propriété dans les clercs auxquels elle s'adresse, sans leur interdire un renoncement plus parlait. Il y a, dans cet état de choses imparfaitement défini, comme certaines transactions 'Mitre la perfection des religieux et les réclamations des clercs moins parfaits qu'il faut maintenir sous le même régime de communauté.

Quoi qu'il en *"it de ces ménagements, c'est du moins à cette époque que la vie commune devint d'un usage universel, ne souffrit plus d'exception <pie dans les petite-- Eglises, où la présence d'un seul

(i) Nam, ut cetera taceam, illud quam admirabile est, quod in hac sancta ecclesia eosdem monachos instituit esse quos clericos ; atque iisdem penetralibns sacerdotalia ot'fii'ia contineri, qnibnsel sinLrnhiris castimonia conservatur: ut esset in ipsis viris contemptus rerum el accuratio levitarum : ut si videres monasterii leclulos, instar orienlalis propositi judicares; si devotionem clerici perspiceres, angelici ordiais observatione gauderes. (S. Ambr. Sam.uxvj (al. lxix), 5 i'us. n. 4-^

(a) Sub sanclo et cum sancto Âagastino in monaslerio Deo servientes, ecclesia? Hipponensi, clerici ordinari cœpcrunt. (Po-isir>. Vil. S. Aug. c. xi.) — Cum ipso semper clerici una <>tiam domo ac mensa sumptibusque communibus alebantur et vestiebantur. (Ibid., c. xxv.) — Eccc quomodo vivimus. Nulli licet

in socielate nostra habere aliquid proprium N'ostis omnes aut pêne omnes

sic nos vivere in ea domo qu;e dicilur domus episenpii, ut quantum possumas, imitemur eos sanctos de qoibos loquitor lilier Acttram apostolorum : Nemo dicebat aliquid proprium, sed erant illis omnia communia. (S. Aug. Serm. ccc.lv, n. a.)

• (le règle fait le fond de celle qui fut adoptée au Concile d'Aix-la-Chapelle.

l'église. — tome n. 6

l6'2 l'église

prêtre assisté de son clerc suffisait aux besoins du peuple, et donna dans toute l'Eglise une sorte d'uniformité et de régularité imposante à l'Ordre du clergé.

C'est alors que les noms d'Ordre canonique et d'Ordre monastique embrassèrent toutes les communautés régulières et toutes les personnes consacrées au service de Dieu. Ce fut, comme nous l'avons déjà remarqué, une traduction nouvelle ou plutôt un développement magnifique de l'ancienne formule du Concile de Laodicée : Les personnes sacrées sont ou des clercs ou des ascètes.

L'Ordre canonique ainsi opposé à l'Ordre monastique et embrassant tout le clergé était donc, on le voit assez, bien loin d'exclure de sa définition et de la signification de son nom la vie religieuse, comme le fait aujourd'hui l'expression de clergé séculier opposée à celle de clergé régulier. Et, comme l'Ordre canonique embrassait tout le service des Eglises, il est manifeste que ce service n'appartient pas par son essence ou par une sorte de préférence et par un droit originel et primordial, ainsi que quelques-uns l'ont prétendu, à des clercs exclusivement séculiers de profession.

Mais, aucontraire, laviereligieusefutdèsl'oriLrineproposéeàtous les clercs placés dans la hiérarchie et inscrits au canon des Eglises comme l'état auquel le vœu de l'Eglise les appelait par de pressantes invitations: et c'est bien ici le lieu delà parole d'un canoniste moderne : Sxcularitas in elerteis non est prxcepta, sed permisse l ,

Ainsi, sous la dénomination générale d'Ordre canonique, au vin" siècle, on vovait à la fois la vie religieuse fleurir et un état moins parfait se soutenir sous l'empire de la vie commune généralement imposée à tous.

Certaines communautés de clercs exigeaient sans doute de leurs membres la pauvreté absolue dans cette vie commune : d'autres, au contraire, leur permettaient une certaine propriété de biens patrimoniaux, ou même certaines concessions de biens ecclésiastiques à titre de bénéfice ou de précaire, terme emprunté au droit civil et politique d'alors. Nous pensons toutefois que l'élément proprement séculier tenait dans l'Ordre canonique de cette époque une place plu-- grande que dans le clergé des premiers siècles de l'Eglise.

Cette différence de proportion entre les deux états au sein du clergé ne tenait pas, ù notre avis, à une diminution de la sainteté

II) Bouix, cité par le P. Danzas, Etudes sur les temps primitifs de l'Ordre de Saint- Dominique.

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