‹ De l'Église et de sa divine constitutionChapitre 91 sur 114 · XII · texte numérisé non relu

XII

Nous avons tenté, dans les limUes de ce court traité, de montrer la place que les divers Instituts religieux occupent dans la vie extérieure de l'Eglise et les ministères publics qu'ils y exercent.

Mais on peut les considérer sous un autre aspect, et, pénétrant dans leur vie intime, y découvrir des merveilles d'un autre ordre.

Les diverses formes de la vie religieuse que revêtent ces grandes familles d'élus sont destinées mystérieusement à reproduire en elles, et par elles dans l'Eglise, les traits divers de l'unique et divin modèle de la sainteté.

Dans ce dessein profond de la divine Providence, chacun de ces Instituts, outre la mission extérieure qu'il remplit ici-bas auprès des hommes, mission qui peut se rattacher aux nécessités spéciales, accidentelles et variables des temps et des lieux, et qui peut aussi passer ou se modifier avec les vicissitudes des sociétés humaines, reçoit une mission plus haute et plus sublime, mission qui regarde plus directement Jésus-Christ lui-même et l'achèvement toujours plus parfait de sa ressemblance et de sa vie dans l'Eglise.

Cet ordre de mission n'est point destiné à passer avec les siècles, et, par ce côté, les Ordres religieux reçoivent tous un caractère de perpétuité qu'aucune institution humaine ne peut partager avec eux. Ils sont tous destinés à attendre avec l'Eglise la dernière consommation de l'œuvre divine ici-bas, et l'esprit qui les soutient au-dedans les ranime lorsqu'ils semblent fléchir sous l'action du temps, par l'intervention des Saints et les réformes qui rajeunissent leur vigueur.

Dans ce grand et profond travail de la sainteté, chacun des Instituts religieux remplit une destinée particulière et mystérieuse; chacun apporte son trait distinct ; et tous ensemble ils concourent à

i ù.i [SE PARTICULIÈRE

jroproduire dans l'Eglise l'image parfaite de Jésus-Christ, exemplaire île toute perfection.

Ainsi l'Ordre de sainl Dominique honore son zèle el sa doctrine; l'< trdre de sainl François célèbre sa pam reté ; les < .unies ont en pai - >n oraison, les Minimes son jeûne, les Chartreux sa retraite an désert; la Compagnie de Jésus glorifie sa rie publique et élève mhi nom comme un étendard; les Passionistes, par leurs ausl' porlenl partout le mystère de ses souffrances.

On pourrait multiplier ces applications sans* les épuiser jamais, lies n'uni rien d'exclusif, el toutes les familles religieuses jouissent en commun de toutes les richesses de Jésus-Christ. Et si chacune d'elles parait portée par le Saint-Esprit à se choisir dans ce trésor le joyau d'une vertu ou d'un mystère distinct comme sa parure spéciale, elles n'en possèdent pas moins toutes en commun ces richesses indivisibles; car le Christ se pourrait-il diviser? Divisai • hrislus?

Hélas! nous parlons le langage «les hommes; malheur à nous! car nos lèvres sont souillées, et il faudrait la parole des anges pour décrire dignement ces mystères cachés de l'œuvre divine, ce qu'il v a de plus intime dans la sainteté de l'Eglise, les délices de ce jardin fermé de l'Epoux. Comment peindre cette divine végétation, ces arbres puissants, ces fleurs odorantes, ces fruits salutaires cpae le Saint-Esprit ne cesse d'y produire?

Mais comment raconter les visites et le séjour de l'Epoux qui se joue parmi les lis et les roses? Nous ne sommes pas dignes de pénétrer au-dedans de ce jardin clos; approchons des portes et des barrières sacrées, entrevoyons ces merveilles, recueillons les parfums qui se répandenl jusqu'à nous du milieu des délices divines. Glorifions l'auteur de ces biens. C'est ainsi qu'il glorifie lui-même, dès les épreuves de ce monde, sa chère Eglise, et qu'il se complaît en elle comme en son Epouse bien-année. Elle nous apparaît, dans ces splendeurs, revêtue d'une immortelle jeunesse, et de nouvelles familles, fruits de son inépuisable fécondité, ne cessent de sortir de son sein pour réjouir le ciel en même temps qu'elles couvrent la terre d'inestimables bienfaits.

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