CHAPITRE II
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I Je- Ir> premières heures de L'humanité, le péché vint frapper à m base le magnifique édifice «pie nous nous sommes efforcé (le décrire d'après ce que Dieu nous a révélé de ses desseins dans la Sainte Ecriture. L'effet propre du péché était d'abattre l'homme looj la juste sentence de Dieu, el cette sentence était une sentence de mort. Si donc Dieu n'eût consulté que sa justice, le premier homme mourait à l'instant, entraînant dans la mort tonte la nature humaine, el d'un seul coup le développement de cet arbre immense de li cité humaine était arrêté. Dieu pouvait, il est vrai, accorder au coupable un pardon puremenl gratuit: mais sa sagesse et sa providence recevaient un échec irréparable de l'inutilité de l'épreuve offerte an chef de notre race. A quoi bon cette épreuve? A quoi bon la menace el la promesse, si l'issue devait être la même, et si la fidélité et la prévarication devaient aboutir au même sort? Dieu pouvait encore, laissant sa justice s'accomplir aussitôt, et détruisant SOU ouvrage par le châtiment de la mort, prendre de nouveau la terre de l'Eden, former de nouveau un corps d'homme, l'animer du souille de la vie et lui donner une âme à son image et ressemblance. Il pouvait faire un autre Adam et lui donner une nouvelle fécondité. Mais il se montrait par là imprévoyant dans l'inutile création de celui qu'il frappait, et il ne lui convient pas, comme à un ouvrier inhabile, de reprendre à deux l'ois le même ouvrage. Son art est trop parlait, ses coups sont sûrs, et il ne se répètejamais.
Aussi, dans cette chute de l'homme, le démon se ïdorifiait comme d'une irrémédiable défaite de Dieu, dans laquelle il ne voyait point d'issue pour l'achèvement de son dessein. Laissons parler le grand 'saiîitTéon : ■ ■ Le démon se glorifiait à la vue de l'homme trompé is ruse, privé des dons divins, dépouillé de l'immortalité et soumis à la dure sentence de la mort. Il se consolait dans son propre malheur de l'avoir associé à sa prévarication, et il se vantait que Dieu, par l'exigence même de la justice, ait dû changer son antique dessein à l'égard de l'homme, qu'il avait d'abord élevé à un *i grand honneur. 11 fallut donc tirer des profondeurs divines un
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nouveau conseil, afin que ce Dieu, immuable en lui-même et dont la volonté ne peut être privée en ses effets de sa bénignité naturelle, accomplit le premier dessein de sa bonté par un mystère plus profond, et que l'homme précipité dans le péché par la ruse et la méchanceté diaboliques ne fût point détruit contre son décret. » (i)
Dieu donc, en sa miséricorde, apporta le remède à une si grande calamité. Il fallait expier la faute, abolir la mort et rendre la grâce à la nature réparée. Dieu donna un Rédempteur qui pût accomplir ce mystère. Il ouvrit en lui une nouvelle source de vie ; il en fit un nouvel Adam, et il en fit jaillir une nouvelle cité des hommes, qui est l'Eglise. Nous avons vu ailleurs quel est ce mystère de l'Eglise et quelle est aussi la forme de cette nouvelle cité. Saint Paul nous dit que l'ancien Adam est la forme de l'Adam futur. Dieu, qui avait renfermé tous les hommes en un seul en les créant, les renferme de nouveau en un seul pour les réparer. Ainsi, à l'ancienne humanité qui a péri, il substitue une humanité nouvelle et régénérée; à l'ancienne cité, il fait succéder une nouvelle société surnaturelle. Le type est semblable. L'ancienne cité -nous a apparu fondée sur le mariage et l'ordre de la paternité; la nouvelle nous est montrée, comme dans un nouveau mariage, plus mystérieux et plus auguste, (ondée sur le sacrifice et sur le sacerdoce, qui, lui aussi, a sa hiérarchie et sa fécondité.
Mais comment se fera cette substitution '? Comment passer de l'ordre ancien à l'ordre nouveau? Il faut cpie pendant un temps l'ancien homme soit conservé pour attendre l'homme nouveau. Il faut que l'opération de vie qui procède de celui-ci rencontre celui-là, et que peu à peu l'homme nouveau prenne le vieil homme, le transforme en lui-même, se l'incorpore et le vivifie, jusqu'à ce que l'œuvre de la régénération soit accomplie dans son entier. Dieu, pour cette œuvre, a préparé le champ vaste, mais limité, des siècles; au delà, l'homme nouveau dominera seul dans la consommation de sa vie et pour l'éternité.
Mais, pour atteindre ce terme, il faut soutenir encore le vieil homme. Dieu donc, qui transforme la mort en remède et qui désormais ne brisera le vase d'<argile que pour le façonner de nouveau et lui rendre son intégrité avec une plus grande noblesse, va retenir ses châtiments et différer l'effet de sa juste sentence ; au lieu de frapper aussitôt le coupable, il le rend mortel et ouvre carrière à,
(i) S. Léo, Serin, xxu, de Xativ. Dom. u, n. i ; Episl. xxvm , ad Flavian. n. 3.
APPENDICE i uih)
-<■- miséricordes en lui donnant le bienfaii du temps*, du temps où le Cbrist, i|ui lui aussi vient dans le i » • 1 1 1 1 > - . le va rencontrer. \u I i*-i i de mourir après le péché, l'homme devient mortel.
De la sorte, le développement de la cité humaine tel qu'il ;i\;iit été décrété dans la bénédiction d'Adam: fffetcite et maltiplicamini, ne fut pas arrêté. Les multitudes humaines données i Adam par cette bénédiction sortirent de lui, et la * - ï t < - qui étail contenue en lui se forma hors de lui, Toutefois elle nous apparaît déchue de la vie surnaturelle et souillée par le péché, mais, en* même temps, destinée a recevoir la justice et la sainteté dans le Christ et dans l'Eglise.
Ici, deux objets se présentent à nos méditations : premièrement, quelle sera désormais la forme et la constitution de la cité ; deuxièmement, quels rapports \ < >ut naître de sa destinée présente entre elle et l'Eglise, entre Adam et le Christ.