PREFACE XVII
générale et constante, la légitimité de la division qu'il adopte ; comment il réfute les objectioris faites à cette doctrine par les plus' «latitudinaires », ou par les plus « séparatistes », ou par le catholicisme romain, soit qu'on réduise l'essentiel à rien, ou qu'on mette tout dans l'essentiel ; comment, enfin, le pieux professeur de Montauban classe lui-même les articles fondamentaux et quelles sont les conséquences qu'il tire de cette classification', tant au point de vue ecclésiologique général, qu'à celui de l'Eglise Réformée, j'invite le lecteur à le rechercher lui-même. Quelle que doive être son opinion sur les vues de l'auteur^ là encore, comme je l'ai dit, si profondément fidèle à la doc* trine réformée traditionnelle, il ne pourra qu'admirer la droiture de sa conscience et la fermeté de sa foi.
On ne saurait tout dire. Pourtantje voudrais encore indiquer quelques-unes des vues de M. Jalaguier sur le pouvoir ou l'autorité de l'Eglise, en niatière dogmatique et en matière disciplinaire. Ce sera, du reste, une nouvelle occasion de les rapprocher de celles de nos anciens théologiens.
Pour lui, comme pour eux, l'autorité dogmatique est réelle, mais elle s'exerce purement et simplement en constatant ce qu'emporte la doctrine biblique. Aussi nos théologiens d'autrefois l'appelaient-ils « interprétative », par opposition à l'autorité disciplinaire, dite « nomothétique », parce qu'ils reconnaissaient à l'Eglise le droit de promulguer, sous certaines réserves, des canons relatifs à la discipline et au culte.
Il n'en est pas de même, est-il besoin de le dire ? dans l'Eglise romaine, car cette Eglise « établissant une autre source ou règle de vérité, la tradition ecclésiastique, en a
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tiré des croyances étrangères à la Parole de Dieu, et les prescrit comme des articles de foi tout aussi obligatoires que ceux qui se puisent directement dans les Livres sacrés». En outre, l'autorité réformée admet le libre examen et le jugement particulier, tandis que l'autorité romaine, par cela même qu elle se déclare infaillible, proscrit l'un et l'autre.
Chez les Réformés, donc, l'Eglîse déterminera, la Bible à la main, par le moyen de ses synodes, et comme la Bible elle-même lui en donne le droit, « la doctrine générale de rEglise, en tant qu'elle sert de base à l'enseignement public dans les écoles et dans les temples... »
Autrefois, on allait même jusqu'à admettre une sorte d'infaillibilité de l'Eglise. J'en citerai un seul témoignage, qui indique en même temps à quelles conditions. « Tant que l'Eglise, dit du Plessis-Mornay, obéità Jésus-Christ son chef, quelle écoute son commandement; qui est la raison même ; qu'elle ensuit son régime prescrit es Ecritures, elle ne peut faillir en la conduite du salut. Elle est saine, pure et entière. »
M. Jalaguier ne va pas jusque-là, bien que cette conclusion ne l'eût pas, je pense, par trop effarouché. Il diffère encore des Pères sur un autre point : il établit une distinction plus tranchée qu'eux, quant à la soumission à cette autorité, entre ceux qui sont simplement membres de l'Eglise et ceux qui, de leur propre volonté, en sont devenus et en restent les ministres. Il refuse à ceux-ci là liberté relative qu'il laisse à ceux-là, de se soumettre ou non. Autrefois, on estimait que tous devaient également se soumettre, avec cette différence, pourtant, que les ministres devaient être doublement soumis, et comme membres de l'Eglise, et comme ses ministres. C'est pour cela qu'on ne pouvait exercer aucune, fonction quelconque, si modeste fût-elle, sans signer préalablement la Confession de foi et la Discioline.
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