‹ De l'égliseChapitre 37 sur 76 · TT NT NON · texte numérisé non relu

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l'Eglise (Act. IE, 38), mais personne n’en reçoit les mêmes dons qui furent accordés pour l'établissement du Christianisme. Des charismes surnaturels, exceptionnels, par cela mème temporaires, présidèrent à la promulgation de l'Evangile, règle éternelle de l'Eglise. De là, je le répète, les restrictions à faire dans mille cas. Que l’on prenne, par exemple, cette parole : « Qui vous écoute, m'écoulte, ele. », Elle s'applique, en un sens, aux pasteurs de tous les temps, et même aux simples fidèles, aussi bien qu'aux apôtres; mais aux uns pleinement, absolument, aux autres hypothétiquement ; et la raison en est que les uns se trouvaient sous une direction supérieure où ne se trouvent pas les autres.

En revenant à notre lexte, nous reconnaissons donc qu'il contient une promesse spéciale, un privilège personnel pour saint Pierre. Mais 1l ne résulte de là aucune des conséquences qu'en déduit le Catholicisme. 1° La prérogative accordée à saint Pierre ne lui attribue aucune autorité sur le collège apostolique ; tout ce qui lui est donné en propre, c’est de poser les premières assises de l'édifice spirituel, d'en ouvrir les portes (aux Juifs et aux Gentils) ; distinction honorable, qui constitue, si l’on veut, une sorte de primauté, mais non une suprématie. Les autres apôtres travaillent avec Pierre à l'édification de

l'Eglise ; ils en sont, comme lui et au même titre, nommés les

fondements ; comme lui, ils lient et délient. 2° En supposant que saint Pierre eût été réellement investi de l'autorité dont on parle (hypothèse contraire à des déclarations nombreuses du Nouveau Testament et à tous les faits de l’histoire apostolique), elle lui aurait été personnelle; rien n’indique qu'il dûüt avoir des successeurs auxquels 1l la transmettrait, ni que ces successeurs soient les évèques de Rome. Où prend-on ces points essentiels de la théorie? dans quel autre passage ? car il est manifeste que celui que nous discutons ne les donne pas.

Non seulement rien n’annonce ni n'implique dans le Nouveau

Testament l'institution d’un Chef suprème de l'Eglise, avec

privilèges et pouvoirs supérieurs, selon le principe catholique, mais lout la repousse et la contredit. Il n’en est nulle part question, là même où elle aurait dû paraître en première ligne si elle avait élé posée dès l’origine comme le pivot de léconomie chrétienne, le fondement de la vérité et de lPunité, Île centre du plan divin; elle n’est mentionnée dans aucune des occasions qui conduisaient naturellement à la faire ressoruir, ou tout au moins entrevoir ; ainsi, par exemple, quand le Seigneur promet les dons du Saint-Esprit, qui constituèrent la véritable

hiérarchie des premiers temps (Jean XIV, XV, XVI; Act. [,8),

quand il décrit la nature et la marche de son royaume (paraboles), quand il réprime les discussions que ses apôtres avaient entre eux pour savoir lequel serait le plus grand (Luc XXII, 24; Matt. XX, 24-28), ou quand les apôtres eux-mêmes prédisent les désordres de conduite et de doctrine auxquels la communauté chrétienne serait exposée, et cherchent à y remédier où à lés prévenir (Act. XX, 29-31; I Tim. IV, 1-3 ; IL Tim. IV, 3; I Jean IV, ©. Dans tous ces cas, où la haute institution qu’on préconise devrait, ce semble, se révéler de quelque manière, il n’est pas un {rait, pas un mot qui s’y rapporte. Ainsi toujours, ainsi partout. Avec la pensée catholique, cette prétérition seraitelle concevable, aurait-elle été possible ? D’un bout à l’autre du Nouveau Testament, Jésus-Christ se montre comme le Chef de l'Eglise et son Chef unique; jamais son représentant terrestre n'est indiqué, ni de près ni de loin. Si le fils de Jonas eût reçu, avec son nouveau nom, la suprématie que suppose le système romain, comprendrait-on et la question de prééminence que les

apôtres agitent fréquemment, et la demande des fils de Zébédée (Matt. XX, 22 etc.; Mare X, 35 etc.), et la constante réponse.

du Seigneur (Marc X, 42), et la place qu'occupe saint Pierre au Concile de Jérusalem, et la vive admonilion que saint Paul lui adresse à Antioche (Gal. II, 14) ? Que l'on remarque encore l'étrange anomalie qu’aurait entraînée ce système; s'il

était fondé, il se trouverait que le dernier témoin inspiré de

ne.

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