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— L'argument traditionnel a été aussi trailé, en ces derniers
temps, à un tout autre point de vue, par des théologiens que le
Catholicisme honore beaucoup, mais qu’il suivra, je pense, fort peu : Mœhler et Newman. Ce n’est plus l’immutabilité du dogme qu'ils plaident, c’est son développement; ce n’est plus au vieil axiome de Vincent de Lérins qu'ils font appel, c’est à la loi du progrès. [1 y a eu d’abord des lacunes; il a pu y avoir des erreurs dans les croyances générales. Tout n’était primitivement qu'en germe; ce germe divin s’est épanoui à travers les oppositions et les âges, sous le souffle de l’Esprit-Saint ; l'Eglise, dominant et réglant le travail interne des idées, y sépare incessamment ce qui est vrai et saint, el le fait passer du domaine de l’opinion dans le domaine de la foi. Par là, on s'associe à
l'esprit moderne, on cesse de torturer l’histoire, on tourne à son
profit des théories nées sur le sol protestant. Tactique brillante, mais périlleuse, car elle enlève au Catholicisme ses positions et ses bases anciennes. Nous doutons que Rome consacre cette
tentative plus que celle d’'Hermès et de bien d’autres ; elle nele
pourrait qu’en renïant son passé, et renier son passé ce serait se renier elle-même. Avant de nous prendre à cette NOTA volteface, attendons qu'elle l'ait sanctionnée.
ARGUMENT DE BOSSUET : « Perpétuelle visibilité et éternelle durée
de l’Eglise ».—— Les promesses de Jésus-Christ se rapportent sur-
tout à l’Eglise invisible. — Différence radicale entre la « visibilité » et « l’infaillibilité ». — Eglise grecque. — Sens de la promesse de perpétuité et d’indéfectibilité faite à l'Eglise générale.
Il est un argument qui a fait beaucoup de bruit et que nous .
ne saurions négliger. Les catholiques ont essayé de déduire linfaillibilité de l'Eglise de « sa perpétuelle visibilité » combinée
dans le camp opposé du haut-supranaturalisme protestant, qui érige en he.
critère ou facteur souverain la raison ou la conscience religieuse.