‹ De l'égliseChapitre 50 sur 76 · CRE PT VO TE · texte numérisé non relu

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plutôt que des ministères, et sur lesquels d'ailleurs les commentateurs sont peu d'accord. (Voy. M. Stuart, Bloomfeld). — L'office des «ministres extraordinaires » fut de donner au monde larévélation et d'y constituer le Christianisme et l'Eglise; ilsreçurent pour cela des pouvoirs exceplionnels et surnaturels. L'office des « ministres ordinaires » est de travailler à l'édification et à la conversion des âmes, à l’affermissement et à l’avancement du règne de Christ, en prenant pour règle la parole des premiers hérauts de l'Evangile qui est la parole de Dieu. La mission des uns fut temporaire, celle des autres doit être perpétuelle. Les dons communiqués aux ministres extraordinaires, la nature de leur œuvre et de leur charge, prouvent que leur mission ne devait pas se continuer. Ils furent les fondateurs et les législateurs inspirés de l'Eglise, prérogatives toutes spéciales qui n’ont pu passer à d’autres. Les pouvoirs miraculeux et prophétliques dont ils étaient revètus cessèrent peu à peu lorsque le Christianisme eut jeté des racines assez profondes et que ses bases furent affermies. Ils n’ont done pas de successeurs permanents, quant à la partie extranaturelle de leur œuvre et à l’autorité qu'elle leur conférait. Ce fut là l'opinion générale des premiers siècles ; ce n’est que plus tard qu'on a représenté le corps épiscopal comme la continuation du collège apostolique, et le Pape comme l'héritier de saint Pierre, prince supposé des apôtres. Le mème fait ressort, d’ailleurs, d’un autre ordre de considérations : l’Ecriture renferme des règles sur l'élection des

ministres ordinaires (pasteurs, diacres), elle prescrit d'en éta-

blir de lieu en lieu, mais elle n’a rien de semblable relativement aux ministres extraordinaires. C’est le Seigneur qui les avait suscités et légitimés.

Je me bornerai à quelques courtes observations sur ces deux

classes de ministres.

MINISTRES EXTRAORDINAIRES. — 4° « Apôtres ». — Sens restreint et sens large du mot. — Leurs titres se montrent dans les attestations de saint Paul relatives à lui-même. — 2° « Prophètes ». — Terme compréhensif comme celui d’apôtre, mais qui a aussi son acception propre et élevée.— L’ordre des apôtres placé au premier rang, celui des prophètes au second. — Ce qui les caractérise, c’est qu’ils sont révélateurs et fondateurs. — 3° « Evangélistes ».

1° Apôtres. — Le mot « apôtre », (ärosrolos, envoyé), désigne un messager quelconque (Jean XIII, 16 : IT Cor. VIII, 23), un messager de Dieu : «Je leur enverrai des prophètes et des apôtres » (Luc X£, 49); il s’applique par extension à tous les prédicateurs de l'Evangile (Rom. X VI, 7), mais il désigne spécialement les Douze (Matt. X, 1-4; XXVI, 14). C'est le sens ordinaire et, en quelque sorte, le sens propre du mot. | |

Les Douze sont d’abord tout à fait à part (Act. IT, 14. 42. 43; IV, 35-37;.V, 2.12. 43.48; VE 2-6: NL RES Re appelés par Jésus-Christ lui-même. — (Peut-être cela expliquet-il la forme de l'élection de Matthias (Act. I, 23-26)? IL n’est parlé nulle autre part du sort). — Fondateurs de l'Eglise (Apoc. XXI, 14), ils reçurent pour mission l’évangélisation du monde (Matt. XX VITE, 19; Act. [, 8). — Mais le nom « d’apôtre », avec

ses hautes attributions, s'étendit ensuite au delà du cercle des

Douze. C'est évidemment en ce sens que saint Paul se Pap-

plique et qu'il le donne dans des passages auxquels on n'ac-

corde pas l’altention qu'ils méritent. — Des textes tels que Ï Cor. XII, 28. 29 : « Dieu a établi dans l'Eglise premièrement

les apôtres, deuxièmement les prophètes, ete. »:; Eph. If, 20 ;

HE SIN AE signalent, comme constituant les deux ordres

les plus élevés de ministres extraordinaires, les apôtres et les

prophèles, en mettant loujours les apôtres au premier rang, quoique sans détermination précise de ce qui les distinguait. Que l’ordre des apôtres renfermât d’autres hommes que les

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Douze, la généralité de l'expression l'indique, et le fait que saint Paul s’y place lui-même ne permet pas d'en douter. D’autres traits incidentels le font entendre encore, Ainsi Act. XIV, 14 : « Les apôtres Barnabas et Paul, etc. » Gal. I, 19 et IX, 9 où Jacques, frère du Seigneur, est nommé parmi les apôtres et ceux qui étaient regardés comme les colonnes.

Les caractères de cet apostolat collatéral à celui des Douze se révèlent dans ce que saint Paul dit de [ui-mème, et dans ce qu'il

dit de l’ordre des apôtres. Saint Paul est apôtre parce qu'il tient

immédiatement du Seigneur son ministère et son Evangile (Gal. I, 1-12); et la marque ou la preuve qu'il en donne, ce sont ses pouvoirs miraculeux (IT Cor. XIT, 12). Il représente les apôtres, et à côté d’eux les prophètes, comme révélateurs (Eph. II, 5) et comme fondateurs (Eph. IT, 20). Donnée d’une haute importance, car elle peut suffire à décider le grand débat de nos jours où tout dépend, en dernière analyse, de l'autorité ou de la théopneustie apostolique. Il est manifeste, en effet, que ce qui faisait l’apôtre, au sens qu'entendait saint Paul et l'Eglise avec lui, c'élaient les charismes exceptionnels et surnaturels.

2° Prophètes. — Dans les auteurs grecs, le mot TOODNTNE désigne généralement l'interprète des dieux ou des oracles, l’homme qui met en lumière ce qui était obscur. Il désigne quelquefois le uayzts lui-même, qui, hors de sens, prononçait des paroles inintelligibles pour lui comme pour les autres; mais plus communément il s'applique à celui qui expliquait ces

paroles énigmatiques, à l’interprète du avt. Dans le Nouveau

Testament le mot roocñnrns répond au mot #abf dans l'Ancien.

Les prophètes de l'Ancien Testament étaient en général des

- hommes éclairés d'En Haut, qui annonçaient les révélations

divines et les événements futurs. Nul doute sur ce point. Mais les termes nabt et nibba (prophétiser) sont employés en certains

passages dans une acception plus étendue, et s'appliquent à

des personnes qui parlent en quelque manière sous l'action de l'esprit de Dieu, lors même qu’elles ne déclarent pas l'avenir et

ne donnent aucune révélation. C’est en ce sens qu’Aaron était le prophète de Moïse, c'est-à-dire son interprète, tandis que Moïse, interprèle de Dieu ou prophète proprement dit, était Dieu pour Aaron (Ex. IV, 16 et VII, 1). C'est en ce sens large qu'il estdit des Anciens d'Israël (Nomb. XI, 25-27), de Marie, sœur d’Aaron (Ex. XV, 20), de Saül (I Sam. X, 5. 6. 10-13; XIX, 20-24), qu'ils prophétisaient. Il en est de même dans le Nouveau Testament. Quelquefois le substantif prophète et le verbe prophétiser s’apphquent à la prédiction de l'avenir (Act. XI, 28; XXI, 10) ou à la révélation des mystères (Eph. IL, 5), et d’autres fois à tout acte d'enseignement ou d’adoration fait sous la direction du Saint- Esprit (1 Cor. XI, 4.5; XIV, 1-5. 24-31).

On a soutenu que dans le Nouveau Testament la prophétie n'était autre chose que l'explication des Ecritures, ou la louange de Dieu et la ferveur de la prière, sans inspiration proprement dite ; mais elle est représentée comme un don surnaturel accordé pour l’instruction et l'édification commune. Ainsi que nous l'avons fait remarquer, elle a, en bien des cas, pour attribut ou pour caractère constitutif les prédictions, les révélations, les directions célestes (Act. XII, 2 : « Le Saint-Esprit leur dit : Séparez-mot Barnabas et Paul, etc... » et XIE, 28 (Agabus). Elle est placée parmi les dons miraculeux (Act. XIX, 6; 4 Cor. XIE, 10); elle est distinguée du talent d'enseigner et d’exhorter, de la simple dasxahiz, et unie à la révélation (1 Cor. XIL, 28. 29). Les prophètes sont classés immédiatement après le$ apôtres e et avant les évangélistes (Eph. IV, 11); non seulement ils sont ainsi séparés des ministres ordinaires, mais ils s'offrent, avec les apôtres, comme les fondateurs de l'Eglise et ies organes de Ja révélation (Eph. IT, 20: IL, 5). L'opinion sus-mentionnée n’est done pas admissible, du moins sous sa forme générale et absolue, elle ne l’est que dans un sens restreint; car l'Esprit de Dieu animant l'Eglise primitive, tous les actes de la piété chrétienne tenaient à quelque degré de la prophétie et ont pu

en recevoir quelquefois le nom. Nous trouvons même le mot

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« prophète » employé dans le sens large des classiques et désignant un poèle crétois, Épiménides (Tite [, 12). Mais à côté de celte acception indéfinie, il y a bien dans le Nouveau Testament comme dans l'Ancien, la signification spéciale el supérieure qu'y attache la langue religieuse,

Il importe de bien noter ce qui concerne les deux catégories de ministres extraordinaires que nous voyons à la Lète de l'Eglise apostolique. La classification de saint Paul est formelle et constante, en même temps qu'en parfaite harmonie avec le fond historique et l'esprit général des Livres saints. Elle revient trois fois dans l'Epitre aux Ephésiens, celui des écrits sacrés où ïül est le plus question de l'Eglise. Citons ces textes, auxquels, je le répète, on ne me paraît pas accorder l'attention qu'ils méritent. — Eph. Il, 20 : « Etant un édifice bäli sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même, etc... » — Eph. IE, 5 : « Mystère qui n'a point été découvert aux enfants des hommes dans les temps passés, comme 1l a été révélé dans ce temps-ci par l'Esprit à ses saints apôtres el aux prophètes. » — Eph. IV, 41 : « Lui-méme donc a donné les uns pour étre apôtres, les autres prophètes, etc. » La mème classification se retrouve, deux fois répétée [ Cor. XIE, 28. 29 : « Dieu a établi dans l'Eglise, premièrement les apôtres, deuxièmement les prophètes... Tous sont-uls apôtres ? tous sont-us prophètes ?... »

C'est une attestation lout occasionnelle, mais importante, de cet élat primitif, objet actuel de tant de discussions. Elle nous

découvre une sorte de hiérarchie spirituelle, formée par les

charismes exceptionnels, et dont les apôtres et les prophètes ac-

cupent le sommet. Les textes ne disent pas tout ce qu’on désirerait savoir sur ces deux catégories de ministres de la Parole ; ils disent cependant beaucoup, surtout quand on les considère en rapport avec d’autres grandes indicalions, comme, par exemple, les dons miraculeux et prophétiques. Deux traits principaux caractérisent ces deux ordres de ministres; ils sont fondateurs et révélateurs. Double donnée, qui dans la langue du temps et

dans celle de saint Paul ne peut s'entendre qu’en un sens supranaturaliste, ce qui la rend capitale. Et, suivant nne remarque qu'il convient de rappeler, ces apôtres, fondateurs et révélateurs, ne sont pas uniquement les Douze, puisque

saint Paul se place si haut parmi eux, et que d’ailleurs les

prophètes s'associent à leur œuvre et à leur prérogative. Si nous nous demandons quels étaient les titres de cet apostolat général, nous pouvons l’apprendre par ce que saint Paul nous dit du sien, en particulier Gal. [, 1-12 et IX Cor. XIE, 12. IL sort de là une lumière incomplète sans doute, mais positive el certaine, à laquelle on ne regarde pas assez. J'ignore ce qu'en font les théories constructives de nos jours. Avant tout les faits, et les faits-principes; nous souvenant que le plus petit fait vaut mieux qu'un grand système. |

3° Evangélistes. — Le Nouveau Testament nous donne peu de

lumières sur la nature de celte charge. Act. XXI, 8 et If Tim.

IV, 5, où on l’a généralement vue, pourraient, à la rigueur, ne

désigner que de simples prédicateurs de l'Evangile, quoique l'interprétation commune soit certainement la plus probable, en

regard d'Eph. IV, 11. Mais les anciens nous apprennent que le nom d’évangéliste se donnait dans une acception spéciale à des hommes qui aidaient les apôtres dans leurs travaux, et qui,

comme eux, n'élaient attachés à aucune Eglise particulière.

Tels furent Silas, Silvain, Tite, Timothée, etc., que nous

voyons suivre saint Paul et remplir sous sa direction des mis-

sions spéciales (Timothée à Ephèse ; Tite en Crète, à Corinthe, etc...) ; de même Marc, qui paraît tantôt avec saint Paul, tantôt avec saint Pierre (1 Pier. V, 13). Cet ordre de ministres

survécut à l’apostolat. Au rapport d'Eusèbe (1), « se bornant à.

« jeter les fondements de la foi dans les lieux où l'Evangile

« n'avait pas élé prèché, et établissant d’autres pasteurs aux-.

« quels ils laissaient le soin de cultiver les nouvelles églises,

() Hist. Eccl., N, 9,

« 118 passaient eux-mêmes dans d’autres contrées et chez d’au- « tres nations », C’étaient des missionnaires.

MINISTRES ORDINAIRES. — « Pasteurs » et « Docteurs ». — « Evêques » ou « Anciens ». — « Diacres », « Diaconesses ». — Question de

l’Episcopat. — Les anciens et les évêques ne constituent pas deux ordres différents. — Comment expliquer l’existence de l’épiscopat au Il: siècle ?

Les ministres ordinaires ont pour mission d'annoncer la vérilté et de gouverner l'Eglise selon la parole des ministres extraordinaires, à laquelle rien ne doit être ajouté ou retranché (Gal. I, 7. 8; 1 Thes. II, 13; Tite I, 9). Les apôtres en établirent ou ordonnèrent d'en établir partout (Act. XIV, 23; XX, 17; Tite I, 5); ils ont laissé des directions générales sur leur élec-

tion, leur caractère et leur emploi (I Tim. HI; Tite D). Nous en voyons à la tête de toutes les églises à la fin de l'âge apostolique.

Pasteurs et Docteurs. — Dans le passage cité en têle de ce chapitre (Eph. IV, 11), saint Paul ne fait qu'une classe de ministres ordinaires, qu'il nomme pasteurs el docteurs : « 70ÿs 06 TOLUEVAS xA4 Ot0asxhouc ». On a demandé si l'enseignement de la Parole était Loujours lié à la conduite de l'Eglise, si les S9a5x%0. ne faisaient qu’un avec les roruéyss ? — Evidemment il n’y avait pas de règle absolue à cet égard dans ces temps où la société chrétienne jouissait de dons extraordinaires, et où la distinction entre le clergé et le peuple n'était pas tranchée comme elle l’a été dans la suite. Chacun pouvait contribuer pour sa part à l’édification commune dans les assemblées (I Cor. XIV, 26) ; ainsi que cela se pratiquait dans les synagogues (Luc IV, 16). La charge de pasteur, de directéur, de président, n’emportait pas toujours celle de docteur (Rom. XIE, 7. 8). Mais la tendance apostolique fut, ce semble, de les réunir. Saint Paul veut ([ Tim. V, 17) qu'on

honore spécialement les pasteurs (rotuéyes) qui travaillent à la.

prédication de la Parole et à l'instruction; il prescrit (Tite 1, 9) de ne choisir pour évèques que des personnes capables « {ant d'exhorter selon la doctrine salutaire que de convaincre ceux qu s’y opposent », unissant ainsi les deux ordres de fonctions (1).

Evéques ou Anciens. — Les ministres ordinaires sont appelés dans le Nouveau Testament « évêques », irisxorot ; «anciens »

(ou prêtres) tossôurésot; « diacres », dtaxovor.

Erisxonos (de érirxonesw ou de érisxenroust) signifie 2nspecleur,

visiteur, surveillant. Paul dit à Barnabas ; « Retournons visiter nos frères... èmioxsbouelz » (Act. XV, 36). La charge de l’érisxonos est appelée erisxorn (1 Tim. III, 1). L'apostolat est désigné sous ce nom Act. I, 20. Saint Pierre nomme Jésus- Christ « le Pasteur et l'Evéque de nos mes », motueva xai érisxonoy (I Pierre IL, 25 et V, 4 : apyinoiuny). Erisxonos Correspond à pahkid (inspecteur des synagogues); les Septante ont souvent employé le premier de ces deux termes pour rendre le second. Il aurait donc pu passer de la Synagogue dans l'Eglise,

de mème que celui de rossévrepos. Maïs plusieurs commenta-

\ teurs le considèrent comme étant purement d’origine grecque {2).

Le mot roesôvurépos désigne dans le Nouveau Testament : 1°

À À les ancétres, (majores) (Matt. V, 21 ; XV, 2), ou simplement

les vieillards (1 Tim. V,1; I Pier. V,5); 2° des hommes revêtus d'autorité où de considération publique, (seniores) (Matt. XVI, 21; XXI, 23; XX VI, 3: 47. 57. 59..etc.) que nos versions rendent par sénateurs; 3° une classe de ministres de l'Eglise (Act. XI, 30 ; XIV, 23, elc., etc.). En ce sens il correspond à l’ex-

pression juive d’asyisuvaywy0s, car les aoyisuvavoryor étaient aussi appelés roesbureoot (Luc VIE, 3. 5). Saint Pierre et saint Jean se

sont donné ce titre (1 Pier. V, 1: IT Jean 1; IIT Jean 1).

Diacres. — Aisxovos (de draxoyew, servir), signifie en général un

(4) V. Néander : Siècle apost., T. I, p. 125. (2) do Ibid. do p. 120.

ministre, un serviteur, un aide, el àt4xovix signifie un service, un emploi quelconque, humble et honorable. Ces termes marquent les fonctions inférieures de la domesticité (Matt. XX, 26 ; Jean Il, 5. 9) et les charges élevées de la magistrature (Rom. XIIT, 4), de l'évangélisation (IT Cor. IE, 6; VI, 4; XI, 23; Eph. LIL, 7), de l’apostolat (Act. [, 17; XX, 24; Rom. XI, 13). Il est dit de Jésus-Christ lui-même qu'il à été «& ministre (t#xovos) parmi les Jafs » (Rom. XV, 8). Dans un sens plus restreint, ce lerme désigne un ordre particulier de ministres de l'Église, ceux qui élalent spécialement chargés du soin des pauvres (Act. VI: 1 Tim. III, 8-12). Aussi l’aumône est-elle appelée Gramovix (Rom. XV, 31; II Cor. VIII, 4; IX, 1).

L'institution du « diaconat » est rapportée Actes VI. Cependant Mosheim (1) et autres ont prétendu qu'elle remonte plus haut, et qu'il ne s’agit Act. VI que de l’adjonction de diacres hellénistes aux diacres hébreux déjà existant. Suivant eux, les vewrepot qui ensevelirent Ananias et Saphira n'élaient autre chose

que les diacres et les serviteurs établis de l'Eglise (Act. V). Ils

appuient celte interprétation sur Luc XXII, 26, où ils prennent

le vewresos et le txxovoy pour des diacres, et sur I Pier. V, 5,

où les ysw7e201 sont opposés aux roesburéso. et où, disent-ils, ce dernier terme doit s'entendre non des vieillards, mais des anciens, conformément à sa signification générale dans le Nouveau Testament. Mais ce n'est là qu’une conjecture peu probable. Rien. absolument ne porte à supposer que Jésus-Christ ou les apôtres eussent établi le diaconat avant la circonstance mentionnée Act. VI. Pendant la vie du Sauveur, Judas portait la bourse et élait chargé de la distribution des aumônes. Dans Act. V il est naturel que de jeunes hommes se lèvent d’euxmêmes pour emporter le corps d’Ananias et de Saphira. Ce n'est pas contre les diacres hébreux que murmurent les helléristes, mais contre les hébreux en général. Tout indique que les apôtres

(1) Hist, Eccl. I. p. 105.

avaient été jusque là les administrateurs des biens de la com-

munauté (Act. IV, 35-37; V, 1-6). Il n’y a donc pas de raisons suffisantes pour abandonner l'opinion commune.

Les qualités nécessaires aux diacres sont marquées [ Tim. III, 8-13, et ce sont à peu près les mêmes que celles des évêques ou des presbytres. Leurs fonctions se rapprochent aussi. Deux des

sept diacres (Act. VE, 5), Etienne et Philippe, étaient évangélistes, et il paraît que dans les premiers temps les diacres rem-

plissaient Lous les emplois ecclésiastiques, soit avec les presby-

tres,. soit en leur absence. Ils étaient également nommés à vie

et consacrés par l’imposilion des mains (Act. V, 6).

Ainsi nos diacres actuels diffèrent à beaucoup d’égards de ceux de la Primitive Eglise, car ils ne sont élus que pour un temps et ils ne s'occupent que de recueillir et de distribuer les aumônes.

Quant à nos « anciens », c’est une institution à laquelle rien ne correspond exactement dans l’âge apostolique ; quoiqu’en di-

vers lieux on ait appelé de bonne heure les laïques à gérer avec

les ecclésiastiques les choses religieuses. Le roesséuzeotoy ([ Tim. IV, 14) diffère, par la mème raison, de notre consistoire.

Diaconesses. — Il y avait des diaconesses (ar draxovot), Il est

parlé (Rom. X VI, 1) de Phébé, diaconesse de l'Eglise de Cen-

chrée. C'est cerlainement aussi de diaconesses que parle Pline dans sa lettre à Trajan : « necessarium credidi ex duabus ancillis quæ..« ministræ » dicebantur ». On rapporte en général à cette charge I Tim. TI, 14 et V, 10; Tite Il, 3 ; car les femmes dont il est là question ont à remplir des fonctions spéciales, elles doivent enseigner, exercer l’hospitalité, secourir les affligés, elc. Mais les yñoat (ou moes6driec) sont-elles les mêmes que les Ot4xovor ? Assez souvent on les a distinguées. On a considéré les

dernières comme chargées de la visite des malades, du soin des

pauvres, du baptème des femmes, elc., et les autres comme des espèces de caléchistes pour les personnes de leur sexe. Du reste, si ces deux ordres de fonctions ont réellement existé à part, ils

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