VARICOCÈLE DU COTÉ GAUCHE
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M. le docteur Alphonse Amussat a bien voulu nous rendre témoin d’une application heureuse qu’il a faite des procédés galvanocaustiques à la cure d’un varicocèle.
Paul B..., âgé de quarante-quatre ans, valet de chambre, souffrait depuis huit ans d’un varicocèle volumineux du côté gauche. Le 29 janvier dernier, M. Amussat l’a opéré en notre présence par la cautérisation des veines variqueuses du cordon, au moyen de la galvanocaustique. Le paquet variqueux, préalablement isolé et séparé avec soin du canal déférent, M. Amussat a embrassé et étreint ce paquet dans une anse de fil de platine, qu’il a placée d’après le procédé de Ricord, en faisant ressortir les deux chefs par le même orifice cutané, de manière à ménager complètement le scrotum. Ces deux chefs ayant été mis en rapport avec un appareil de Middeldorpf, sitôt que le circuit a été établi, le fil est devenu incandescent. Il a suffi de quelques secondes pour que la masse du cordon ait été cautérisée et sectionnée. L’opération a été assez douloureuse, mais très-supportable cependant. Le pansement a consisté tout simplement en un peu de ouate de coton placée dans un suspensoir. Le soir, l’opéré a eu un petit mouvement de fièvre. Il a gardé le repos au lit pendant dix-huit jours. A dater du jour de l’opération, il n’a plus éprouvé de douleurs du tout ; il n’est pas survenu le moindre accident.
Après un séjour d’un mois à la campagne, Paul B... a pu reprendre son service de valet de chambre, dans le commen-
cernent d’avril. Nous l’avons revu ces jours derniers, et nous avons pu constater que la guérison était parfaitement maintenue ; il ne reste d’autre trace de son ancienne maladie et de l’opération qu’elle a nécessitée, qu’une nodosité cicatricielle sur le trajet de la veine.
(Extrait de la Gazette des hôpitaux, 1866.)
DE LA GALVANOCAUSTIQUE
Par M. le docteur Al. MORPAIN
Fabré Palaprat a été le premier qui ait employé la chaleur produite par un courant électrique, pour la cautérisation. En 1845, Heider tenta quelques efforts dans cette direction. Mais ce fut Gustave Crussel qui, dans plusieurs articles publiés en 1846, dans le Journal de médecine de la Russie , p. 136, 295, etc., exposa la méthode d’une manière plus générale. Ce mode de cautérisation se répandit bientôt en Angleterre. M. John Marchai, chirurgien adjoint à l’hôpital du collège de Londres, en devint un des zélés partisans. (. Médico-chirurgical , transactions ),t. XXXI Y, London, 1851.) Nelaton, Leroy-d’Etiolles, en firent certaines applications sérieuses. Amussat fils ( Gazette des hôpitaux , 1853), étendit encore son rayon d’action; enfin, Middeldorpf, de Breslau, généralisa la méthode de la galvanocaustique dans son ouvrage qui parut à Breslau, 1854.
Ce qui nuira certes encore longtemps dans la pratique à ce genre de cautérisation , c’est la difficulté du maniement du matériel.
Bans les différentes applications auxquelles mon honorable confrère M. Amussat, m’a fait assister, il s’est toujours servi d’une pile de Grenet. J’ai vu réussir ce genre de cautérisation dans l’ablation de tumeurs du sein, des hémorrhoïdes, des fistules de l’anus, dans un cas de perinéorrhaphie, dans les cautérisations du col de l’utérus. Dans presque toutes ces applications, les malades n’ont voulu se soumettre à aucune opération sanglante. Le praticien, en employant cette nouvelle méthode, a pu, en tournant la difficulté, arriver à des
résultats des plus satisfaisants. L’observation suivante vient à l’appui de ce que j’avance.
Tumeur néoplasmatique pédiculisêe à la grande lèvre gauche.
Ablation par la galvanocaustique. Guérison.
« Mme H., née à Mayence, âgée de 43 ans, d’un tempérament lymphatique et nerveux, s’est mariée à 22 ans et n’a jamais eu d’enfants. Bien réglée habituellement, elle souffre toujours sensiblement à cette époque. En 1861, elle fut traitée et guérie, par M. le docteur Amussat, d’une affection granuleuse du col.
« 11 y a trois ans environ que Mmc II. s’aperçut qu’elle portait à la grande lèvre gauche une petite tumeur indolente, à laquelle elle n’attacha d’abord aucune importance, la prenant pour un simple bouton. Cette tumeur augmentant, elle essaya, suivant le conseil d’une amie, de la couper avec un fil de soie, mais la douleur occasionnée par la simple constriction du fil , lui fit abandonner son projet. Cette tumeur continua à croître en s’allongeant, à lui causer de la gêne, mais pas de douleur.
« En 1863, elle avait déjà acquis un certain volume, et lorque, sous l'influence de froissements et de fatigues, il s’y développait de l’inflammation, elle augmentait sensiblement de volume et la gênait pour marcher. Elle imagina de la soutenir alors par un suspensoir d’homme. Comme en dehors de ces moments elle ne souffrait pas, elle différait constamment d’en parlera M. le docteur Schweitzer, son médecin, supposant bien qu’on ne pouvait la guérir que par une opération.
« La tumeur continuant à croître, devint de plus en plus grande et plus gênante ; elle se détermina à en faire part à son médecin vers la fin de l’année 1864. Celui-ci l’adressa à M. le docteur Amussat, qui décida l’opération. La tumeur mesurait 12 centimètres de long sur 3 de large ; ces mesures prises au repos.
« Mais, après la moindre fatigue, la tumeur doublait en largeur.
« Le 20 janvier 1865, la malade fut chloroformée. M. le docteur Amussat, saisissant la tumeur à sa base dans l’anse coupante du docteur Middeldorpf, mit le fd de platine en rapport avec une pile de Grenet, et la tumeur se détacha immédiatement sans qu’il s’écoula une goutte de sang.
« Il se forma, au contraire, au lieu d’implantation, une dépression cupuliforme ; cette dépression fut cautérisée à "nouveau par le fd rougi. Pour tout pansement, on appliqua des compresses d’eau froide. Les suites de l’opération furent nulles; la malade n’ayant éprouvé qu’un peu de malaise, de l’inappétence et de la céphalalgie, dus aux inhalations de chloroforme.
« Les jours suivants on ne fit aucun pansement.
« Les règles vinrent le 28, en retard de six jours.
« Le 4 février, la cicatrisation fut complète.