PROPRIÉTÉS DE I,' APPAREIL
(]. — Rt'gulatom- des intormillciices.
.lo jHiis affiniKM" que sans lo inécanisiiH; (jui permet d'éloigner les iritcM'niitlenees an point de donner par demi-seconde nne on deux, ou (pialn; excitations laradiques, au Tuni d'une action presque continue dans le même espace de temps, il u'(;st pas un seul appareil niaf;riéto-faradi(pie applicable, dans tous les cas, à la tliérap(niti(iue. (y est ce mécanisme ([ue j'ai imaj^iné pour mon appareil magnétofaradique, et qui permet de l'employer dans tous les cas. Ce mécanisme est des plus simples. 11 suffît de l'indiquer pour taire sentir son utilité ou i)lul6t sa nécessité.
L'action du régulateur des intermittences D (fig. 31) doit être combinée avec celle du régulateur du rliéotome intermittent. Le premier est réglé de manière à produire un courant très rapide, et le second de manière à touclier les quatre dentelures du commutateur. Si, au contraire, le régulateur des intermittences ne doit produire que des intermittences éloignées, le ressort du rliéotome doit toucher seulement les deux dentelures. En voici la raison. Pendant que le ressort des intermittences touche une des goupilles de kl grande roue, le contact dure quelquefois un peu plus longtemps, et alors il arrive que deux ou quatre inductions se produisent coup sur coup au moment du contact, suivant la position du rliéotome. Si ce dernier touche les quatre dentelures, les quatre inductions redoublées qui se proiluisent alors excitent une sensation l)lus forte . Si, au contraire, le ressort du comnmtateur ne touche que deux dentelures, il est évident que ces actions rapprochées ne pourront avoir lieu au moment où le contact sera opéré sur les goupilles de la grande roue. Alors les intermittences éloignées et les sensations qu'elles produisent seront plus régulières.
D. — Graduation dos courants.
Le tube graduateur de mon appareil magnéto-faradifiue mesure les doses electricjues tout aussi exactement que l'appareil voltafaradique. Les détails que j'ai exposés à l'occasion de ce dernier me disi)ensent d'entrer dans de nouveaux développements.
Ce système de graduation est le seul ([ui permette d'administrer aux organes des doses électriques proportionnelles à leur degré d'excitabilité, qui est très variable pour chacun d'eux, ainsi (jne je l'ai démontré.
Cependant la force initiaUï des appareils magnétodaradiques n'estelle pas elle-même trop variable Ipour que l'on puisse compter sur
M'2 APPAUKIL MAnNKrO-KARvniQlK DK I.'aOTKIH
une iiicsiirc c^alr? Ainsi, il est «''lal)li (ni'uii iiinianl (|iii a snl>i des ai rachciiiciils on des rrotlcincnts successifs perd picscpK^ (•()nij)l«';lc*niciit la lacnlt»' dt; i)i)rlcr un poids doniit'. Ot allaiMissiMncnt diininuc-t-il aussi la puissance de l'induclion, dans les inènies propoitions?.rai ra|)porté, dans la précédente édition, les expériences qui me semblent avoir résolu négativement ces (ple^lions.
E. — Modérateur dos coiirnnls et tenseur uiagnéiique.
I. Dans les appareils ma;j;n(''tot"ara(li(pies, connue dans les appareils volla-faradiipies, les cylindres {^nadualeurs ne neuti'alis(*nt pas entièrement les courants des liélices qu'ils recouvrent. Il en résulte (|u'ils seraient inapplicables aux or^^^anes très excitables ou aux expériences délicates, si l'on ne pouvait recourir à un modérateur îles courants, anak»gue à celui des appareils volta-Caradiques.
J'ai trouvé dans l'appaieil même les éléments d'un excellent modérateur.
a. L'armature et son système moteur pouvant être éloignés de l'aimant de 2 centimètres et demi par la vis de rappel N, appelée réijulntcur de l'armature, on comprend qu'à celte distance, l'influence du ter doux sera considérablement diminuée. Ce simple modérateur répond à toutes les opérations pratiquées sur l'homme, et permet, en combinant son action avec celle du graduateur, de lui administrer des doses très faibles.
b. Mais il est des recherches où les expériences plus délicates encore, celles qu'on pratique, par exemple, chez la grenouille, peuvent exiger l'emploi de doses électriques beaucoup plus petites, en raison du degré d'excitabilité des organes de cet animal. Voici ce que j'ai imaginé pour rendre l'appareil électro-magnétique infiniment plus sensible. En tournant de droite à gauche une petite vis b placée sur la base du ressort S (l'un des ressorts qui font les intermittences du courant de l'hélice centrale sur les dentelures du commutateur B), j'empêche le courant de cette hélice de se réunir sur ce commutateur. On comprend^qu'alors l'induction ne puisse plus avoir lieu que par l'influence du fer doux sur l'aimant. Je ne sais si cette expérience a jamais été faite dans les mêmes conditions, mais je puis dire que l'induction des appareils magnéto-faradiques, ainsi privée des intermittences simultanées, pratiquées dans le fil de l'hélice qui recouvre immédiatement l'aimant, est tellement faible, que le courant de mon puissant appareil n'est appréciable qu'en mettant les excitateurs entre les lèvres. Si donc, après avoir placé le fer doux à son plus grand éloignement, on suspend encore, par le procédé ci-dessus, les intermittences qui se font sur le commutateur B,
MANIÈIIE DE MEnHK l.'AlM'AUKIf. F.N ACTION. ] 1 .',
l'appareil iicvprodiiirM plus (priiiu' indiicliou iriliuiFiicnt tailtlr, (lu'on pourra diviser vu dépars de plus eu plus petits, eu laisarjt uiarclier les tubes graduateurs sur les hélices. C'est ainsi que le même appareil qui est eapable de mesurer des courants d'une grande intensité, peut servir à mesurer le degré d'excitabilité des uui.seles de la grenouille.
II. Les aimants, en général, perdent en peu de temps une grande partie de leur puissance, et cette déperdition est d'autant plus rapide dans les appareils magnéto-faradiques, (pion en lait un plus Iré- (pient usage.
Comment réparer cet épuisement continuel causé par les mouvements rotatoires du ter doux et par l'affaiblisserneut natiu'el qui s'opère sous rinduence du temps? Les armatures ordinaires des appareils, construites sans aucune proportion, sont impuissantes.
Exercer une tension continue sur l'aimant à l'aide d'une arinatun; proportionnée, ainsi qu'on le fait dans les cabinets de physique pour les aimants libres, tel était le moyen, enseigné par l'expérience, d'entretenir, de nourrir, selon la juste expression de ]\L Pouillet, l'aimant de mon appareil. Les proportions du ter doux calculées d'après les expériences que j'ai exposées ailleurs étant excellentes, je n'avais plus qu'à exercer sur l'aimant une tension continue après l'avoir mis en contact avec lui. La construction de la vis de rappel N, qui peut à volonté éloigner le ter doux de l'aimant, rendit iacile à résoudre cette dernière partie du problème. Le fer doux étant donc placé en contact avec l'aimant, je fixai dans un trou pratiqué sur la circonférence de la vis N un petit levier courbe, à l'extrémité duquel je plaçai un petit seau c; je mis dans ce dernier une plus ou moins grande quantité de balles de plomb. Ainsi chargé, le seau tend à faire tourner la vis N de gauche à droite, et par consécpient à séparer le fer doux de son aimant, ce ([ui arrive quand la charge du seau est trop grande. C'est de cette manière (juc je mets en tension continue mon appareil magnéto-faradique dans l'intervalle de ses applications.
§ IV. — ^tanière de nictirc l'tippnreil en action.
L'usage de l'appareil magnéto-faradi(pie est heureusement d'une extrême simplicité, comme on le verra plus bas. PSe comprit-on pa> sa description et sa théorie, (ju il sufhrait encore aux medecin> pour en faire l'application , de coimaitre les courtes indication^ que je vais exposer sur la manière de le mettre en action. Je ne saurais donc trop les engager à lire attentivement et avant tout les lignes suivantes :
Pour mettre l'appareil en action^ ou tourne le regulateurX de l'ar-
174 APPAURIL MAl.NKTO-rAUADiyiili Dli I/aUIKCU.
matun; de yauclic à clioilu, jusqu'à ce que lu l'erdoux u éprouve plus de tVolteinenls contre l'aimant pendant son mouvement rolatoire.
Est-il indicpn'; d'employer un courant rai)i(le, on tourne le ré^'ulateur des inlei mittoices 1) de droite ii j^'auclie, juscju'a ce (pie l'on sente un point d'arrêt. Est-il, au contraire, nécessaire! de produire des actions cloijinées, on tourne ce UK'inïe i(''^'ulateur 1) en sens contrain.', et l'on s'arrête cpiand l'aiguille de rindicat(îur marcpie Ut nond)ro d'intermittences (lue l'on veut obtenir par révolution de la fijrande roue. La manivelle doit toujoui's faire deux révoluticjiis par seconde.
l^our graduer les courants, il sut'tit de se rappeler (pie lorsque la tige est rentrée dans l'appareil, le courant est à son niiuinuun. La division de cette tige en millimètres permet de fractionner les doses électri(pies proportionnellement aux degrtîs d'excitabilité des organes et suivant les besoins de la tliérapeutifjue.
La région sur laquelle on opère est-elle très excitable, ou, en d'autres termes, est-il nécessaire de mesurer des doses très faibles, on éloigne plus ou moins l'armature de l'aimiint, en tournant de gauche à droite son régulateur N.
Veut-on entin expérimenter sur la grenouille, on éloigne le plus possiblt; l'armature de l'aimant, et l'on empêche le courant d'arriver au connnutateur, en détournant de droite à gauche la petite vis b placée sur la base du ressort S.
Après avoir ainsi affaibli l'appareil, on peut mesurer des doses infiniment petites avec autant d'exactitude (jue les doses puissantes.
Lorsqu'on ne se sert plus de l'appareil, on remet l'armature en tension en plaçant le fer doux dans une direction horizontale, en tournant la vis de son régulateur N de droite à gauche jusqu'à ce que l'aiguille soit arrivée à la partie moyenne de l'indicateur 0. Alors on met l'aimant en tension continue en chargeant le régulateur de son petit seau c, comme je l'ai indiqué dans la figure 31 .
Enfin le bouton T du commutateur est tourné de droite à gauche, lorsque l'on veut faire arrirer le courant de la première hélice dans les boutons P et P' auxquels les conducteurs des excitants sont fixés. On tourne au contraire le bouton T de gauche à droite, si l'on veut faire passer le courant delà deuxième hélice dans ces boutons rhéophores.
§ V. — Résumé.
L'exposition des propriétés que possède mon appareil magnétofaradique démontre que son invention constitue un progrès réel, non-seulement au point de vue de ses applications aux sciences médicales, mais encore au point de vue purement physique.
RÉSUMK. 175
A. — Ail point (lo vue pratique.
11 est établi qu'il possède plus qu(i les appareils anciens : 1" deux courants fournis par deux hélices superposées qui jouissent de propriétés spéciales ; 2" des intermittences lentes ou rapides à volonté; y des courants, ou sans changement de direction, ou avec alternatives voltianes; 4° une graduation exacte et vraiment médicale, graduation qui mesure également des doses très fortes ou des doses infiniment petites, grâce à la combinaison des tubes graduateurs et d'un mécanisme appelé modérateur des courants.
B. — Au point de vue physique.
I. Mon appareil démontre que les cylindres métalliques sont induits par les hélices aussi bien dans un appai-eil magnéto-faradicpje (pie dans les appareils volta-faradiques, ce qui était contesté par le célèbre physicien de Vienne, M. Dove; et de plus, que rinlluence mutuelle des hélices et des cylindres ne s'exerce que dans les parties (les hélices recouvertes par les cylindres, d'où il résulte que l'action de ces dernières a lieu d'une manière progressive et dans des proportions arithmétiques.
11. Dans cet appareil, on voit qu'il est possible d'entretenir la puissance de son aimant artificiel, au moyen de son armature, aussi facilement et aussi sûrement que si l'on agissait avec des poids sur un aimant libre.
m. Quand, à la longue, et surtout par l'usage, l'aimant finit par s'affaiblir, il n'est pas nt'icessaire de démonter l'appareil pour lui rendre sa puissance magnétique. L'enroulement du gros fil qui fournit le courant de la première hélice sur le bras de l'aimant permet de rendre à ce dernier sa puissance magnéti(iue primitive, en faisant passer le courant d'une batterie voltaïque dans l'hélice formée par ce fil. Voici comment il faut agir alors. On met l'armature en contact avec l'aimant, puis on fait passer dans le courant de la première hélice le courant d'une batterie de huit à dix piles de Bunsen, dont on place le pôle positif sur celui des ressorts des intermittences qui correspond au pcMe boréal de l'aimant, tandis que le pôle n(îgatif est mis en rapport avec le ressort du côté opposé. A l'instant où le courant voltaïque passe dans la première hélice l'aimant augmente considérablement de puissance (il porte jusqu'à /lO kilogr.); et lorsqu'on ouvre ce courant, l'aimant perd une grande partie de la force magnétique (pi'il devait au courant volUKine, mais il conserve le maximum d'intensité magnétique dont il jouissait en sortant des mains du fabricant. Place-t-on ensuite les pôles
17(i AiMVMir.ii. MA(;NKT()-rAU\i)inn: dk i.ai iirn.
(Irla pile (laii^ mi ^('ll^ coiilr.iir»' à cclni de rcxpciiciicc picM-cdciitr, raimaiil est (Icsaimaiitc presque (•oniplcteiiiciil. Mais on peut lui rendre iniuiédialenienl luule sa puissance] (;n ai;issant cunnucî la première lois, .l'ai répété bien d<s l'ois ces oxpérienco, cl je nie lais ni) jeu d'ainianler et (K; désaiinaiiler mon appareil.
IV. (Iràce à la réunion des deux hélices superposées et dont les lilssout de grosseur dilFérenle, on n'a |)as seideuienl l'avantaye d'ohtenir des courants du deux ordies dilïVîrent^ dont les [)ropriéU.s piiysiologi(lues sont s[)éciales, mais on peut (Micore uionlrer dîins les cours de pliysi(|ue le phénomène (h; la décomposition de l'eau par le courant de la première hélice, dont le lil est assez gros pour [)roduire cette action chimiciue, sans avoir à changer de bobines, comme dans l'appareil de Clark. J'ajouterai que le commutateur des hélices (pii permet de passer rapidement de l'un à l'autre courant, sans avoir à déplacer les conducteurs, rend cette étude plus facile.
V. Enfin, mon appareil peut servir à démontrer l'énorme dilférence ciui existe entre l'induction produite dans les appareils ma- «Miéto-t'aradiques par la seule influence de l'action de l'armature sur l'aimant, et celle qui est le résultat de solutions de continuité pratiquées dans le circuit de la première hélice, au moment où l'armature s'éloigne ou se rapproche de l'aimant. Le mécanisme qui permet ces expériences est des plus simples, puisqu'il suffit de tourner en sens contraire la vis a (fig. 31) placée sur la base d'un des ressorts, pour faire passer ou pour arrêter le courant dont les solutions se font sur l'anneau à dentelures placé sur la petite bobine.
De tels résultats constituent, je le répèle, un progrès incontestable. Et cependant comment se fait-il que cet appareil ait été méconnu, pour ne pas dire plus, par quehjues physiciens? C'est que ces derniers, ignorant les besoins des éludes physiologiques, pathologiques et thérapeutiques auxquelles il est destuié, n'ont pu se faire une idée de l'utilité des propriétés dont i\ jouit ; c'est qu'ils n'ont pas même vu fonctionner ou appliquer cet appareil, et qu'ils ne le connaissent que par la description qu'ils en ont lue. Ils l'ont trouvé trop compliqué! Que la description cpie j'en ai donnée leur ait paru difficile à comprendre, je le reconnais volontiers; mais cela tient peut-être à l'insuffisance de l'exposition, et non à la complication de l'appareil. Je puis affirmer, en ettet, qu'il n'est pas plus difficile à comprendre que les autres appareils. Un ♦^rand nombre de physiciens l'ont examiné, et il m'a suffi de le leur exposer une seule fois, pour qu'ils en comprissent parfaitement le mécanisme, qu'ils ont exposé ensuite eux-mêmes dans leurs cours ou dans leurs ouvrages.
PARALYSIES PAU LÉSION THAUMATIOlIi I>ES NEIUS MLXTES. 177
Quant aux personnes ijui ne sont i)as l'ami liaris(''es avec les études physicjues, elles auront sans donle plus de i)eine à en bien saisir la théorie, mais il n'y aura à cela (jue denii-inal, car la mise en action de cet appareil est simple et facile, et l'on peut en faii'e l'application sans en connaître parfaitement le mécanisme.