MIXTES
Le travail que je vais exposer dans ce chapitre (1) est le produit d'observations nombreuses. Il sera, je crois, l'un des plus importants de ceux que j'ai à publier sur la valeur de la faradisation localisée, appliquée à la thérapeuti(iue : 1" paice ((ue les faits sur lesquels il repose étant le résultat de lésions traumatiques des nerfs, il offre un degré de certitude égal à celui qu'on obtient dans les vivisections; 2'' parce qu'il démontre que les para-lysies traumatiques, en apparence les mêmes et ([u'il est impossible de distinguer entre elles, pendant les premières semaines, en s'aidant des signes ordinaires, fournis par la séméiologie, diffèrent cependant essentiellement les unes des autres, quant à leur gravité et à leur marche; 3° parce que l'exploration électro-musculaire permet de reconnaître celles dans lesquelles les muscles doivent rester paralysés et s'atrophier, quoi qu'on fasse, pendant six à douze mois, et celles dans lesquelles la paralysie reviendra, à coup sûr, rapidement ou spontanément, ou à l'aide des médications ordinaires, et surtout de la faraciisation localisée, sans passer par l'atrophie; U" enfin, parce que les paralysies traumatiques les plus graves, celles dans lesquelles la nutrition est profondément altérée, et qui, à cause de cela, ont été regardées connne incurables, sont, pour la plupart, susceptibles de guérir ou de s'améliorer par la faradisation localisée appliquée convenablement à une certaine époque de la maladie, alors même qu'elles durent depuis quatre ou c'un\ ans et {jue les membres sont décharnés.
Il suffit de savoir combien ces paralysies traumatiques sont fréquentes dans la classe ouvrière, et surtout dans l'armée, en temps de guerre, à la suite des plaies d'armes à téu, qui lèvent les troncs
(1) Ce travail a clé couroiiué en 1852 par la Société de luedeciuc do Gaud.
DL'CHENNE. 12
17S l'vlunMls l'Mi I.I.MON TIUUMATIQIIK DKS NKHK:^ MIXTKS.
nerveux (I'uikî manière plus ou moins {^rave, pour saisir rini|)oi'tanee d Un h'a\;iil «pii promet de tels résultats.
.l'aui'ais désire, pour écouitmiser le l(Mnps de mes leeteurs, im donner dans vv. clia[)ilre (pie le sommaire de^> observations où (;us taits sont exposes, .le rti^relte de ne jxtuvoii- i(; iaiie (;l en voici la raison. On a atta(jué (piel(pies-unes i\vs j)r()posilions (|ui ressort(;nt de ces ol)servations ; su[)[)rimer ces dernières serait donc priver mes lecteurs des preuves de la vérité de mes assertions. Ne sait-on pas (pu^ certains criticpies ont profité de rinsutlisance de (piehjues détails, (jue j'avais ellaces avec l'intention d'être plus concis, pour taire dire à mes observations ce qu'elles ne disent pas, ou jujur les mettre en opposition avec moi-même? Loin donc d'être trop détaillées, plusieurs de mes observations pèchent par un excès contraire, comme on le verra. Le seul sacrifice que je puisse faire, quoique à regret, c'est de renoncer à exposer les nombreuses ob.servations que j'ai recueillies depuis la précédente édition et qui sont venues confirmer la vérité des propositions formulées dans ce travail.
Ce chapitre sera donc la reproduction textuelle de celui ([ui a paru dans la précédente édition, parce que je n'y ai rien à changer ni à modifier.
Les faits qui font la bcïse de ce chapitre en composeront le premier article. Les déductions qui découlent de mes observations seront exposées dans les articles suivants.
Comme il est impossible d'apprécier la valeur des faits thérapeutiques, sans distinguer entre eux les cas particuliers et leur degré de gravité, c'est-à-dire sans poser le diagnostic et le pronostic, je ferai précéder mes déductions thérapeutiques, de quelques considérations sur le pronostic ainsi que sur le diagnostic des paralysies traumatiques des nerfs mixtes, pronostic et diagnostic qui ne peuvent être éclairés que par l'exploration électro-musculaire.
ARTICLE PREMIER