C. — Siège (Je lu lésion nerveuse
On a vu (jue dans l'allection musculaire cpii a lait le sujet d(* cet article, les troubles observés dans l'état des pr()[)rielés nmsculaires (dans les mouvements volontaires, la contractilit»' électro-musculaire, et la nutrition musculaire) sont absolument identiijues avec ceux ([ui sont produits par l'altération or^aniipie de la moelle, de cause traumatique ou par liémorrlia^ie.
Aussi, bien qu'à l'autopsie on n'ait pas toujours trouvé une lésion anatomique appréciable de la moelle ni de ses racines (on se rappelle que dans un seul des cas ([ue j'ai recueillis, la moelle était ramollie dans sa moitié antérieure), il ui'a paru ce[.eii(lanl ratiomiel de placer dans ce centre nerveux la lésion morbide, matérielle ou non, ([ui occasionne tous ces troubles musculaires.
C'est dans cette pensée que j'ai appelé cette espèce morbide : pomlijsie générale spinale, la différenciant ainsi de la paralysie {générale desaliénés, (pii est une paralysie cérébrale.
ARTICLE III
ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA FAr.AUISATION LOCALISÉE.
A. Les lésions traumatiques de la moelle peuvent guérir ou être améliorées par la laradisation localisée, comme les lésions traumatiques des nerfs.
Ne sait-on pas, en elïét, (pie MM. Flourens, Ollivier (d'Angers) et Jobert ont vu les sections tiansversales de la moelle se cicatriser? Kn 1851, M. lîrown-Séquard a coui)é transversalement la moelleépinière sur un pigeon, à la bauleur de la cin(|uième et de la sixième vertèbre dorsale. Il va sans dire qu'après l'opération, il n'y a plus eu la moindre trace de sensibilité et de mouvement dans le train postérieur; mais vers le troisième mois, on commença à apercevoir l'existence de mouvements volontaires combinésavecles mouvements rellexes; la sensibilité semblait aussi reparaître. A partir de ce moment, il y eut un retour progressif (K\s mouvements et de la sensibilité; ct(|uinze mois après l'opération, l'animal courait; seulement il avait «[ueUpie cbose de roide dans la démarclie. Cette expérience, re[)étee sur plusieurs animaux, donna des résultats identiques. Ces animaux ayant été saerilie>, M. F.ro\vn-Sé(piard constata nucHr.NM.. ''^
27^ IVVUAI.>>IKS SPINAIES.
iiNcc M. l'olliii, i|ii(' tes cicdfriccs des plaies (inctcniics (h' la ntofl/r f^piuîpre re.nfi'vmniant des fibres nerveuses ayant tout à fuit l'asjjcrt nnn/ud , et se <'uiitiiiu(iut avrr les /ih?'es ics parties infades de la moelle. On trouve la relation (l(;taill<'(î do vxi>> t,'\|)('riences (lau> nii des comptes rencUis des séances de lu Société de biologie, {\u mois de juin 18')!.
dette exix'i'ience rend parlaitemeiit raison de ([uel([ues guérirons de paraplégies consécutives à des lésions trauiiiatitpies et spontanées de la moelle, (|iie j'ai obteimes par la l'aradisation localis»'*(.'. Je supprime, à regret, la relation d'un de cm^ laits, exposé dans la piécédente édition.
B. Personne ne songera certes à [)i"é('onisei lu taradisation localisée dans un cas de para[)légie entretenue uni(iuement par la coinpression de la j>arlie iiderieure de la moelle. Mais il peut arriver (jue laHéction, cause de la compression, vienne à diminuer ou à disparaître, et (jue cependant la paralysie continue ou ne guérisse pas complétenieiit. Alors la paralysie est périphérique; ce muscle, longtemps privé de l'excitant nerveux central, a perdu, en tout ou en partie, son aptitude à réagir sous l'inlluence de la force nerveuse centrale (son excitabilité nerveuse). C'est dans ce moment que la taradisation localisée peut rétablir le mouvement. Les laits électrothérapeutiques de ce genre ne sont pas rares.
Il est vrai ([u'il est difficile de bien juger de l'opportunité du moment où il convient de faire intervenir la faradisatiiîn localisée, dans cette espèce de paraplégie. Comment, en effet, reconnaître si la compression a diminué ou n'existe plus ; si la paralysie n'a pas été modifiée par le traitement interne, appropriée à l'affection qui a produit cette compression? La faradisation ne peut donc être appliquée alors qu'à titre d'essai et, pour ainsi dire, comme pierre de louche. C'est en tâtonnant que j'interviens habituellement dans cette espèce de paraplégie. Lorsque je n'obtiens pas un résultat complet, et même lorsijue j'échoue dans une première cure, je conseille de faire plus tard une nouvelle tentative, après avoir continué le traitement approprié à la guérison de la lésion centrale. Et il m'est quelquefois arrivé en procédant de la sorte de trouver le moment opportun, et de guérir ou d'améliorer ces paraplégies (jui, par leur durée, ibnt trop souvent le désespoir des malades.
On peut rationnellement supposer que la moelle, trop longtemps comprimée ou gênée dans son action, a perdu plus ou moins son excitabilité. C'est dans ce cas que la strychnine a souvent rétabli les mouvements. Ne pourrait-on pas, au même titre et peut-être avec plus (retficacité, applicpier la inéthode de faradisation ou de galva-
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nisation à l'aidi; do Ijujuclle on rôagit sur lo centre nerveux spinal : la faïadisjition ou la galvanisation par action réflexe, ou les courants continus, dirigt's dans la coiitinuilc des neil's? (Ces niélliodes ont été exposées dans le chapitre III.) Bien «pie j'aie^expérimenté jus- (pi'à présent sans succès ces deux méthodes, dans la paraplégie par coni[»ression de la moelle, je les conseille et je continuerai de les expérimenter après avoir échoué par la làradisation localisée dans les muscles paralysés.