‹ De l'électrisation localisée et de son application a la pathologie et a la thérapeutiqueChapitre 32 sur 73 · PARALYSIE DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

PARALYSIE DE LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE

OU INDÉPENDANCE MUTUKLLK DE LA CONTRACTILITÉ^ VOLONTAIRE ET DR LA CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE.

Il est aujourd'hui avéré qu'un muscle peut ne plus se contracter par l'excitation électrique, d'une manière appréciable, par l'excitation électrique, quoiqu'il se contracte sous l'influence de la volonté et que sa force paraisse normale. Il existe donc une paralysie de la contractilité électro- musculaire. Le fait est démon tn» par les expériences électro-pathologiques exposées précédemment. Ce fait me semble aussi acquis à la science, parce qu'il a été confirmé par d'autres observateurs et même par un jeune confrère qui s'est imposé la tâche de contredire mes recherches dans ce qu'elles ont de plus incontestable ou bien d'en combattre les déductions que j'ai essayé d'en tirer: « Dans certaines paralysies, dit-il, rien n'est plus vrai, ]e mouvement volontaire reparait avant que l'électricité décèle un changement notable dans l'état de l'irritabilité (1). » Et plus loin il dit encore : « Le fait essentiel signalé [)ar M Duchemie reste pourtant avéré; mais, ajoute-t-il, ce fait doit être formulé d'une manière moins hyperbolique qu'il ne l'a été par cet auteur. » Sehm ce criticjue, je me serais trompé dans mes observations, ou j'aurais exagéré en disant que dans ce cas j'ai constaté l'abolition de la contractilité électro-musculaire. Je pourrais m'accorder le plaisir de réduire à néant son argumentation qui fourmille de coiitradietioiLs inexpli-

(1) Landry, Traité complet (/<*.<? poraly^ie<i, p. 231 .

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«•ables ; mais ce serait abuser du temps et de la patience de mes lenteurs. Je f'orni seulement appel à leur jupfement, en me bornant à reproduinMci textucllenient l'aiiirh^ que j'ai pu!)lié sur r,e sujet dans la première r'dition ([)a'^e /|()2). Ils verront (jue je n'ai rien exaf^éré et (]iie j'ai exposé les faits tels cprils se sont présentés h mon observation.

L'iuuiTABiLiTÉ (1) n'est PAS NÉCESSAIRE A LA MOTii.iTÉ, tel est le titre d'un mémoire adressé par moi à l'Académie des sciences, en 18^6.

Si l'on se rappelle les grandes et savantes discussions soulevées par l'irritabilité liallérienne qu'on a cru jusqu'à présent inséparable de la vie, la proposition écrite en tête de cet article doit exciter l'incrédulité.

Personne, en elïet, n'avait songé à contester le rôle important qu'Haller a assigné à l'irritabilité. S'il est vrai que les physiologistes se soient divisés sur le siège de cette propriété, et qu'ils se soient engagés, à ce sujet, dans de vives et interminables discussions, d'un autre côté ils se sont tous tellement bien accordés sur l'importance de l'irritabilité pour les fonctions musculaires, qu'il n'est venu à la pensée d'aucun d'eux de douter de l'union intime de la contractilité électrique et de la contraclilité volontaire.

Aujourd'hui cependant, m'appuyant sur des faits nouveaux et nombreux, constatés publiquement dans les services cliniques des hôpitaux, souvent en présence des hommes les plus éminents, je persiste à dire que Vintégrité de la contractilité électro-mmculaire n'est pas nôcessahe à l'exercice des mouvements volontaires.

Voici dans quelles circonstances on observe les phénomènes desquels j'ai déduit la proposition que je viens de formuler.

Certaines paralysies sont caractérisées par la perte de la contractdité électro-musculaire ; parmi elles, je citerai la paralysie saturnine, la paralysie consécutive aux lésions traumatiques des nerfs, et la paralysie de la septième paire.

Au début de mes recherches, je m'attendais à voir dans ces cas reparaître parallèlen^.ent la contractilité volontaire et la contractilité électro-musculaire sous l'influence du traitement, il n'est pas un physiologiste qui admette la possibilité du contraire. Cependant j'ai constamment vu la contractilité électrique rester longtemps dans le même état, c'esl-à-dire abolie ou très notablement affaiblie, alors que les muscles avaient recouvré leurs mouvements volontaires.

Je ne fatiguerai pas le lecteur de la relation de tous ces faits ob-

(1) Est-il besoin de dire qu'il s'agit ici de la contractilité provoquée artificiellement, et surtout de la contractilité électro-musculaire. Cest ce que M. Landry ne paraît pas avoir compris.

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