EXPOSITION DES FAITS
serves en trop grand nombre (plus d'une centaine) pour trouver place dans cette note, et dans lesquels j'ai répété mes expériences à satiété. Néanmoins je ne puis me dispenser de lui en exposer quel- ([ues exemples, alin qu'il soit bien convaincu de la rigueur de mes déductions, et pour qu'il puisse en contrôler lui-même l'exactitude, dans des cas analogues.
Observation LX. — Paralysie saturnine des avant-bras. — Absence complète de la conlraciilitc électrique^ appréciable même par rélectru-puncture, dans les muscles paralysés. — Retour des mouvements volontaires jmr la faradisation localisée, et persistance de la paralysie de la contractilUé électro-musculaire.
Charité, service de M. le professeur Bouillaud, salle Saint-Jean-de-Dieu, n" 18, 1847. — Pasloli, ûgé de vingt et un ans, d'une constitution assez forte, oflrant un système musculaire généralement développé, d'une bonne santé habituelle ; à Paris depuis deux ans. — Depuis huit ans, il est peintre en bâtiments. La troisième année de son apprentissage, il éprouva des coliques très fortes, qui furent traitées par des purgatifs, des lavements d'eau de son et des cataplasmes de farine de lin appliqués sur l'abdomen. Depuis lors il éprouva tous les trois ou quatre mois des coliques moins fortes que les précédentes, dont la durée fut de trois à cinq jours, et qui furent traitées soit avec de l'eau de Sediitz, soit avec de l'huile de croton tiglium. Chaquf fois les accidents se dissipèrent, dès que les selles reprirent leur cours habituel. Bien qu'il ne fût point paralysé, il s'aperçut cependant que l'avantbras droit diminuait de volume. En août 1847, il dut entrer à l'hôpital do Saint-Cloud, non-seulement pour s'y faire traiter de nouvelles coliques très fortes, mais aussi pour des douleurs très vives qu'il éprouvait dans le poignet gauche, sans gonflement, ni rougeur, douleurs qui ne lui permettaient ni d'étendre les doigts, ni de se servir do la main. La compression, d'abord employée, fut ensuite remplacée par des frictions faites avec l'alcool camphré, et les douleurs disparurent. Cependant, voyant son poignet droit tomber, les doigts de ce côté fléchir malgré lui, sans qu'il pût les étendre, voyant aussi son avant-bras diminuer de plus en plus de volume, ce malade prit le parti de venir à Paris dans l'espoir d'y trouver des soins plus éclairés. Il entra donc à la Charité en décembre 1847 dans le service cimique de M. le professeur Bouillaud, qui alors me proposa d'étudier sur ce sujet les effets thérapeutiques de l'électricité.
État de la paralysie avant la faradisation. — Le membre supérieur droit est très notablement moins volumineux que le gauche, La circonférence de l'avant-bras droit, au niveau de la saillie musculaire (c'est-à-dire 35 centimètres au-dessous de l'articulation du coude), est de 24 centimètres 5 millimètres. Celle de l'avant-bras gaucho, à la même hauteur, est d»
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20 (•♦Milinu'lrcs. I-t' ri'licf des iniisiles de la ré'fiioii posUTitMirc de l'.ivnntbras droit a entièrement disparu. Le relief des tendons extenseurs ne se voit pas sur le dos du poi^Miet droit, qui parait comme OMiématié. Le poii^net droit tombe à angle droit sur l'avanl-bras ; les doigts sont nécliis presque complètement : le pouce exécute ses mouvements de flexion, d'extension et d'opposition. Non-seulement les muscles extenseurs des doigts et les radiaux sont paralysés, mais les autres muscles antagonistes paraissent aussi avoir perdu le mouvement, à tel point que le malade est entièrement privé de l'usage du membre. 11 fléchit et étend le bras, mais il peut à peine l'écarter du tronc. L'état général est bon. Liséré blanchâtre sur le collet des dents.
La faradisation est appliquée pour la première fois, le 9 décembre, et je constate : 1 ° qu'à la région postérieure les extenseurs des doigts et les radiaux ont entièrement perdu leur contractilité électrique, lorsque je pratique la faradisation à laide d'épongés humides, et au maximum de mon appareil volta-faradique ; 2" que l'électro-puncture pratiquée énergiquement sur cea mêmes muscles ne parait pas déterminer la plus petite contraction phrillaire ; 3" que dans ces muscles la sensation électro-musculaire est un peu moins développée que dans les muscles sains du côté opposé ; 4° que les supinateurs, le cubital postérieur, les long abducteur et extenseur du pouce, les interosseux dorsaux, les muscles de la région antibrachiale antérieure et ceux du bras du môme côté jouissent de leur contractilité normale; i)° que le muscle deltoïde a perdu un peu de sa contractilité, surtout dans sa partie moyenne. La séance dure dix minutes ; elle est renouvelée chaque jour.
A la cinquième séance, les muscles de la région antérieure de l'avantbras, qui, on le sait, avaient conservé leur irritabilité, ont recouvré une partie de leurs mouvements volontaires et de leur force. En effet, le malade peut fermer le poing assez fortement, mais l'extension des doigts est absolument impossible. La puissance tonique des muscles paralysés commence à reparaître dans les radiaux, car, pendant le repos musculaire, le poignet est un peu moins fléchi sur l'avant-bras.
A la huitième séance, le bras peut être écarté du tronc et la main portée au front ; les extenseurs des doigts, les radiaux et les muscles du pouce commencent à se contracter sous l'influence de la volonté, mais nullement sous l'influence de l'excitation électrique la plus puissante; le relief des muscles de la région postérieure de l'avant-bras droit est mieux dessiné ; la circonférence de l'avant-bras droit, mesurée 23 centimètres au-dessous du coude, a augmenté de 2 centimètres.
A la vingt-deuxième séance, la paralysie des mouvements volontaires est o-uérie ; le malade dit avoir autant de force qu'autrefois ; les muscles de la région postérieure de l'avant-bras présentent une saillie musculaire aussi
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considérable que du côté opposé. Je constate alors, en présence de M. le professeur Bouiliaud, des médecins et des élèves qui suivent la clinique, que i'irritabUitc îi'a pas été rétablie par le faradisme dans les muscles extenseurs communs des doigts ni dans les radiaux, bien que tous ces muscles jouissent do leur conlractilitè volontaire, de leur force et de leur sensibilité.
Eu voyant ces muscles autrefois atrophiés préseuter aujourd'hui un (iéveloppement considérable, et se contracter avec force soua l'influence de la volonté, on ne les soupçonnerait pas atteints d'une {^rave lésion vitale, privés de leur irritabilité.
L'observation de Pastoli présente tous les caractères d'authenticité désirables, puis(|u'elle a été recueillie dans un service clinique de la Faculté, où les faits sont soumis au contrôle le plus sévère. Elle suffirait à la démonstration complète de cette proposition écrite en tête de cet article : L irritabilité n'est pas nécessaire à la motilité. Si les muscles de Pastoli avaient offert la plus petite contraction sous l'influence de l'excitation électricpie, on aurait pu l'apprécier par la vue, car sa peau offrait peu d'épaisseur ; on aurait aussi vu les aiguilles implantées dans ses muscles s'agiter au moment delà contraction.
Cependant, pour être physiquement certain que, chez ce malade^ la contractilité électrique musculaire était complètement éteinte^ il faudrait que f eusse pu voir le muscle à nu, au moment de la recomposition électrique. En conséquence, quoique je sois porté à penser que l'irritabilité électrique des muscles de Pastoli était entièrement abolie, il me parait sage de faire quelques réserves à cet égard (1).
Je donne l'observation de Pastoli comme le type de toutes celles dans lesquelles j'ai observé des phénomènes électro-dynamiques analogues. Cependant je dois dire qu'après le retour des mouvements volontaires, on voit assez souvent reparaître, à un faible degré il est vrai, la contractilité électro-musculaire, mais alors on observe encore qu'il n'existe aucun rapport entre l'état de la contractilité électrique et celui de la contractilité volontaire.
On en trouve un exemple dans l'observation suivante.
Observation LXI. — Paralysie saturnine avec absence de la contractilité électrique {mémo par L'éleclro-puncture). — Retour de la conlractilitc volontaire par la faradisation musculaire, et de quelques contractions (ibrillaires par iélectro-puncture.
Hôtel-Dieu, salle Saint-Louis, n" 27 bis (service de M. Chomel). —
(1) Ces réserves, que j'ai toujours faites, expliquent parfaitement nia pensée, et répondent victorieusement aux attaques dont il a été question précédemment, et dont je cherche vainement la raison d'être.
5;S/j rVlUI.VslK DK lA COMUAClILiri, I;LE(;11U)-.MI X.II.AIUK.
Guillemart, Agé de vingt-neuf ans, ilunebonno constitution, dont la |)rol'e8sion ronciste à mettre on ('oulour la poterie en biscuit, u (Hé atteint à d(! lonps inlerviïllcs do d(nix colicjuesdo plomb, traitées par dos purgatifs a l'hôpital Saint-Antoine. Vers lo milieu du mois do mars 1848. il s'aperçut pour la promioro fois d'un afTaiblissoment dans les mouvemenls do la main gauche. Huit jours a[)rès les doigts do ceLLo main se llécliirenl sans qu'il lui fut possible de les étendre. Alors la main droite fut prise a son tour, et en quelques jours la paralysie saturnine régna au môme degré des deux côtés avec tous ses caractères spéciaux. Lo i mars, il lut atteint d'une colique plus violente que les premières, et dut entrer à la Charité dans le service de M. le professeur Andral pour s'y faire traiter. Il fut rapidement guéri de ses coliques par des purgatifs et par des bains sulluroux. Le 17 mars, M. Andral me permit de tenter à l'aide de la faradisation localisée la guérison de la paralysie, qui n'avait pas été modifiée depuis son entrée à l'hôpital.
Etat de la paralysie saturnine, le 4 7 mars, avant la faradisalion. — Les avant-bras sont amaigris et présentent un aplatissement notable à la face dorsale et au niveau du relief des muscles de la région postérieure. Au toucher, on éprouve dans ce point la sensation d'une sorte de membrane tendue, et non l'élasticité ordinaire du tissu musculaire. Les mains sont violettes et offrent un abaissement de température très sensible, comparativement avec celle de l'avant-bras et du bras. Leur face dorsale est arrondie, un peu œdématiée, et ne présente aucun relief osseux ni tendineux. Les doigts sont fléchis dans la paume de la main, et ne peuvent s'étendre sous l'influence de la volonté du malade, à l'exception des deux dernières phalanges. Il n'existe pas de contracture. Les mouvements de supination et de pronation, la flexion de l'avant-bras sur le bras, les mouvements du bras et de l'épaule sont intacts. Ces phénomènes ont lieu des deux côtés : à l'aide de la faradisation par les éponges et au maximum d'appareil, je constate que la contractilité est perdue dans les radiaux, dans les extenseurs des doigts, dans les muscles long extenseur et abducteur du pouce.
Avec l'électro-puncture, ces muscles n'éprouvent même pas de faibles contractions fibrillaires. Ces faits ont été constatés à la Charité par la plupart des médecins, et à l'Hôtel-Dieu par MM. Chomel, Louis, Honoré, Martin-Solon et Philippe Boyer. J'ai oublié de noter qu'à droite les faisceaux extenseurs du petit doigt et de l'annulaire ont conservé leur irritabilité. Celle-ci est normale dans les autres muscles des membres supérieurs. Le nerf radial faradisé au tiers inférieur et externe du bras produit la flexion de l'avant-bras sur le bras par le grand supinateur et la supination par le court supinateur; les autres muscles animés par ce nerf n'entrent pas en contraction. La sensibilité électro-musculaire est un peu diminuée dans les muscles privés d'irritabihlé.
Chaque jour la faradisation est pratiquée pendant huit à dix minutes. Je
EXPOSITION DKS FAli^. S.'if)
ne suivrai pas toutes les phases du traitement (Je (Juilleinart. Je dois dire (lu'ayant suspendu mes recherches a la Charité [)Our observer queh]ues faits pathologiques à l'Hôtel -Dieu, je fis entrer ce malade dans cet hôpital (dans le service de M. Chomel, salle Saint-Louis, n" 27), ou je le faradisai jusqu'à ce qu'il fût entièrement guéri.
A la quarantième séance, l'extension volontaire des doigts était presque complète, ainsi que l'extension du poignet. Le relief de la masse musculaire de la région postérieure des avanl-bras était assez prononcé.
A la cinquantième séance, le malade se sentit assez fort de ses membres supérieurs pour s'engager dans la garde mobile. Avant sa sortie, je fis constater par les médecins qui avaient observé l'état de l'irritabilité de ses muscles avant l'application de la faradisation localisée, que la contractilité électro-musculaire n'était pas modifiée chez lui, malgré le retour complet de la motilité, de la nutrition et de la puissance tonique de ses muscles.
IMusieurs mois après sa sortie de l'hôpital, j'ai présenté Guillemart a MM. Andral, Bouillaud, Cruveilhier et Fouquier, qui ont pu constater que les muscles de la région postérieure de son avant-bras sont très développés ; que ce sujet jouit de tous ses mouvements^ de sa force et de son agilité normales^ et que cependant l'irritabililé est dans le même état qu avant le trm^ tement^ c est-à-dire que les excitateurs humides ne peuvent faire contracter, même avec le courant le plus intense, les muscles suivants : les extenseurs des doigts [excepté les faisceaux extenseurs propres du petit doigt et de l'annulaire du côté droit], les radiaux^ les longs extenseur et abducteur Ou pouce. Ces muscles se contractent très faiblement et fîbrillairement par lélectrO'puncture.
Cet état de l'irritabilité n'a pas empêché Guillemart de se servir très habilement de son fusil. Aucun signe extérieur ne pourrait le faire soupçonner atteint d'une telle lésion dynamique.
Cette observation ne diffère de la première qu'en ce qu'au moyen derélectro-puncture, à uu courant très intense, on a pu produire des contractions faibles et fibrillaires après le traitement. Faut-il en conclure que, chez Guillemart, l'irritabilité n'était pas complètement éteinte dans la libre musculaire? L'aiguille enloucée dans le tisï-u du muscle ne pouvait-elle pas rencontrer des nerfs ou des filets nerveux? J'ai recueilli en eff«t plusieurs observations dans lesquelles les nerfs possédaient encore à un assez haut degré la faculté de produire des contractions quand je les excitais directement, bien <pie l'irritabilité n'existât plus dans le tissu musculaire.
Les autres médications rétablissent aussi les mouvements volontaires sans rappeler la contractilité électro-musculaire. Ainsi j'ai vu des paralysies saturnines guéries parla strychnine, dans lesquelles
'ù'6() l'viiAi.vMi' i>K i.\ ».nMiiu;iii.iii, r.i,i':(. i iu)-.Mi;>(:i i.A lUK. ct'pcinliiiil l(;s imi^c.UîS ne su (•(HiliiK laiciil pas |)lu> par rexcitatioii • 'U'ctriipic (iiravant le tniiteinciil.
Je vais rapporter un eas de paralysie satuniiiie dans le(|u<'l j ai vu repaiailrtî les niouvements volontaires sous l'inlluence des bains sullurciix, sans (jue la contraetilité électio-niuseulaire lût à peine njotlilice.
OnsKRVATioN LXII. — Deville (Victor), vingUJeux ans, peintre et fils de peinlie, dcmourani à Dieppe, rue do l'Escalier. Dès son enfance, il a toujours été employé à broyer du blanc de céruse. — A l'âge de dix-huit ans il a été atteint pour la première fois par la colique de plomb, suivie de douleurs dans les membres, qui durèrent cinq mois. Un mois après l'apparition de ces douleurs, ses poignets tonibèrent, et il ne put étendre les doigts. Il fut guéri parles bains simples et les vésicatoires. — A dix-neuf ans (en 1849), nouvelle colique de plomb suivie d'une paralysie semblable à la précédente. La colique fut seule traitée et la paralysie guérit spontanément en quatre mois. ■ — En 1850, nouvelle colique avec tremblement dans les membres pendant huit jours et paralysie des extenseurs du poignet et des doigts. Pas de traitement ; guérison complète après cinq mois. — En 1 851 , mêmes accidents qui se terminent de la même manière. — Enfin le 28 novembre 1852, il entre à la Charité, salle Saint-Charles, n" 19, pour s'y faire traiter d'une nouvelle paralysie des avant-bras qui était revenue, comme les fois précédentes, à la suite d'une colique de plomb, mais qui cette fois semblait vouloir persister, car elle datait de sept mois et n'était pas améliorée. On lui fit prendre des bains sulfureux de deux jours l'un, et après quinze jours de ce traitement, il relevait les poignets et étendait complètement les doigts. Les muscles de la région postérieure de son avant-bras offraient leur développement normal, f explorai alors pour la première fois l'élat de la coïttractililé électrique des muscles qui avaient été paralysés^ et je ne pus faire contracter ces derniers 7ii par les excitateurs humides, ni par Céleclro-puncture. Ces expériences furent faites avec le plus grand soin, chaque matin, en présence de M. Andral, de M. Cruveilhier et d'un grand nombre de confrères. J'avais soin d'enfoncer profondément les aiguilles (d'un demi-centimètre à un centimètre), agissant comparativement sur les muscles jadis paralysés. La décharije provoquait dans les premiers une contraction énergique, tandis qu'elle ne produisait aucune contraction apparente dans les derniers ; et cependant cette excitation électrique occasionnait une sensation également forte dans les uns et les autres. Ce malade ne jouissant pas encore de toute bd force musculaire, malgré lu retour de ses mouvements volontaires, il fut soumis chaque jour à la faradisation localisée. Quand il sortit, le 16 décembre 1 853, il n'éprouvait aucune gêne dans l'usage de ses membres supérieurs (il faisait le service de garçon de salle), mais la contraetilité élec-
KXI'OSITION DKS FAITS. .'i.'iT
IricuK» (l(^ SOS iiiiisclos, jiidis îillcinls |);ir l'iuLoxiciilioii, ('liiil a pcti près cl. mis lo mùme él<it. Je uc pouvais obtenir la plus {n'>blc routntction par les rhrophores humides; seulement quand il était soumis a l'électropumlure . les aiguilles étaient très faiblement agitées. O faible retour de la conlraclilité électrique était-il le résultat des excitations fiiradiipies auxquelles il avait été soumis?
Je pourrais encore rappeler ici quelques observations de paralysies lrauir)ati(|ues des nerfs, qui ont élé exposées dans le chapitre V, dans les<iuelles j'ai vu rev(;nir les mouvenuMits volontaires, alors (pje les muscles restaient pi'ivés de leur contractiiilc éleclri(|ne; mais ce serait donner inutilement ti'op d'extension à ce travail.
Les laits (pie j'ai rapj)ort<'s prouvent surabondamment (ju'un muscle, pi'ivc de sa contractilitc électrique (autant (ju'il est toute- Ibis permis de le constater chez l'homme), i)eut cependant [)oss<''(ler inl(''gralement sa contraclilité volontaire.
L'absence de la contractilité électi'icjue dans un muscle (pîi possède sa contractilitc'î volontaire a été jusqu'à pr(''senl le résidtat d'un état pathologiijue, c'est-à-dire ([ue je n'ai observé ces phénv)mènes (pje chez des sujets qui, après avoir été paralysés, avaient recouvre'' les mouvements volontaires.
Les muscles qui ont perdu leur contractilité électricpui, la recouvrent-ils tôt ou tard? et à (pielle ('poque la recouvrent-ils? Je me réserve de revenir sur cette question. l\)ur le moment, il me suffit d'avoir démontre'' par des faits cette proposition importante, sans chei'(;b.ei' à la commenter, à savoir cpie Vinti'Çirilf' de In contrai tiliiô ('lectro -musculaire n'est pas nécessaire à r exercice des moiirements volontaires (1).
De ce (pi'une aussi profonde lésion de l'iiTilabiliti' ne tr(Md)leen rien les fonctions nmsculaires, est-ce à dire que cette propriété soit supeiilue? Telle n'est pas ma pensée; je professe au contraire que tout a un but dans la création. Mais d'après les faits pri'M'c'dents, il est évident (pie l'utilité de la contractilité <''leclro-nmsculaire, de cette irritabilité sur laquelle on a tant écrit, tant discuté, est encore à rechercher.
(1) .l(^ U'Viù rc^innrquer que coite proposition, qui a iHé trait('P, par laulcur dont il a élé trop souvcril (piostion dans ccl appendice, iW faute de physiotogie, d'erreur pathol()gi(iue, etc., bien qu'il ait écrit: le fait $iqnalr par M. Durhenue reste pourtant avère, je ferai remarquer, dis-je, que ceUe proposition n'est que rexpression des faits (pie je viens d'exposer; qu'elle n'est pas même une dcdutlion, ni une explication que je laisse à d'autres le .H)in de chercher.
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338 PAUAi.vsiKs r.i:n(^:iiii\r KS.
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^ l'ar lirmorrliaKic, rnmollissrincnl, comprossioii, nie).
AKTICLK IMiKMII^:i{.
KLKCTRO-l'ATnOLOOlE. — DIAGNOSTIC 1)1 FFf^lRKNTIKL DKS PARALYSIKS CKRKBRAI-KS , TIRK DE LKTAT DK LA COINTHACTILITI^; ÉLKCTRO - MLSCIJLAIRE.
§ I. — Étnt de In ooiitractilîté électro-niaseiilnirc.
Marsliall-llall a rcril : « Dans la paralysie ('.('réhralc, rirritabilité (^sl aiij^int'iih'c (1). »
.l'ai (lemoiilrc précécicmment (cliap. VI, p. 2^0) (jue, par le procédé il'cxpériimnlation appiicpu' par le cél(;l)ro physiologiste à ses reclierclies sur l'etal lic; l irritabilité iimsculaii'c dans les [)aralysies spinales et cérébrales, on |)ouvail seuienient connaître l'état de l'excitabilité réllexe de la moelle, et que, pour déterminer exactement l'état de la eoutractilité électro- musculaire dans les paralysies, il était absolument nécessaire de localiser exac^tement l'excitation dans les muscles paralysés.
C'est à i'aidt; de cette méthode de t'aradisation que j'ai recherché s'il est vrai (jue l'irritabilité est augmentée dans les paralysies cérébrales.
Il faut, dans ce genre de recherches, se tenir en garde contre diverses causes d'erreur que je vais signaler.
A. Les contractures qui compliquent h-équemment les paralysies cérébrales peuvent masquer l'état de l'irritabilité des muscles paralysés, et même iaire croire à la diminution de cette propriété musculaire. Supposons, par exemple, que dans un cas d'hémiplégie de cause cérébrale, on ait à examiner, du côté paralysé, l'état de l'irritabilité des muscles extenseurs de la main chez un sujet dont les fléchisseurs sont contractures ; lesmuscles se contracteront faiblement sous l'influence d'un courant, qui serait cependant assez fort pour mettre énergiquement en action les muscles homologues du côté sain. D'un autre côté, les muscles contractures ne répondent pas mieux que les précédents à l'excitation électrique. On n'en conclura certes pas que la contractilité est diminuée, car dans le premier cas, les muscles maintenus dans l'élongation par leurs anta-
(1) Loc. cit.
KTAT DE r,A r:()NTI\ACrif.ITK Kr.KCTKO-MnSCl'F.AIHF:. liii'.i
yoiiistes coiitractinvs , ir; jKiuvciit iiiiinirL'sler leur contfactilit»'; éloclriijue, oX diiiis le second les muscles, drjà raccourcis par la contracture, ne peuvent plus se c(;ntra('ler davanlage. 11 l'aut donc, dans ce genre de icclierclies, expériinenler sur des meniljn.s «n complète résolution, sans complication de contracture.
B. On ne doit pas tiMiir (Compte (\ii.<, dilïVMvnces très faibles que l'on pourrait observer dans l'état de la contractilité des deux côtés du corps, surtout lorsqu'on expérimente a tninùna selon le procédé .Marsliall-Ilall ; car cette laiblcî in('^alité entre les deux côt«'S du corps existe à r<Hat normal. Cette opinion repose sur un très grand nombre de faits. Voici comment j'ai expérimenté pour arriver a la connaissance de ce fait : plaçant alternativement les rhcopliores sur les mêmes points et au niveau des muscles homologues, puis le courant étant extrêmement faible, j'ai augmenté graduellement ce dernier jus({u'à ce ([ue le muscle commençât a se contracter. J'ai répété ces expériences sur un très grand nombre de sujets sains, et j'ai noté à quel degré de farad isation les muscles de chaque côté du corps entraient en (!()ntracti()n. KJi l)ien, j'ai toiîjours observé que les muscles de l'un des côtés du corps étaient plus excitables, mais cela d'une manière irrégulière, tantcU à gauclie et tantôt à droite.
Ces expériences, faites dans les paralysies cérébrales non compliquées de contractures, ont donné des résultats identiques. Lors donc (jue, par hasard, les muscles du côté paralysé sont entrés les premiers enaclion, je me suis gardé de conclure de ces expériences faites avec des courants excessivement faibles que l'irritabilité était augmentée, comme Fa fait Mar.^hall-Hall (1).
Existe-t-il, à l'état normal, une légèi'c dilférence entre les deux côtés du corps, ou bien cela tient-il à la résistance plus grande opposée au courant par la plus grande épaisseur de tissu à traverser existant tantôt à gauche, tantôt à droite? (k'ttc dernière raison me paraît la plus vraisend)lable. Je n'ai pas ])esoin d'ajouter, après ce (pii précède, (pie l'on doit toujours tenir compte de l'état anatomique des membres et des régions sur lescpiels on expérimente, car il est évi(U'nt (pie si, par exemple, ils sont œdematir's, le courant pour arriver au niuscle devra toujours être plus intense.
(I) Ce physiologiste a ox|K'rimpnt(^ soulomont nvrc dos minima, Pt lo hasarda pu riiuluiro pii crrour, car j'ai rcpôK"' ses piopros cxporiciiccs on galvaiiisaut comme lui les muscles par aciions réllexos sur des sujets sains et sur des sujets frappés d'hotniplésic cérébrale, et les résultats ont été les mêmes (pie dans les expériences (|uc j'ai faites par la faradisation localisée dans les muscles, en procédant |)ar minima.
3/iO TAHAiYSM-s (;i;uKnuM.i>.
Avant «'*vil('' (ontcs les cniisc^ (rciMTiii- (\\\r je viens de si^n;il<'r, il m'a ('[r imj)'issil)|(' de coiislatcr dans 1rs niillici's de cas (\\\\ onl f't»' soiniiis à l'exploration «''icclro-nniscidairc, (jne rirritahilil»' est an^intM)t<''e i)ar le l'ait (h; la paralysie (•«MM'hi'alc, ainsi (pie l'a piV-teinln Mai'shall-Hall ; p; l'ai toujours trouvétî dans son étal noinial.
Mnfin la S(!nsil)ilité élccti'o-nniscidaii'e est en ^'••neial iidacte dans la paralysie cérébrale.
L'li(''inipl(''j>ie (•♦''rt'hrale est covios facih! à diaf^nosticpiei'. L'inté- ^'rit«'' i\o la eontractilitf'! ('lectricpu; des jnnscles parai ys('*s doit la distinguer, à eouj) sur, des paralysies (pii ont été etndi<'es dans W-s elhipilres précédents, et (pii ont tontes un cai'aetèrcî conunuu : la diniiiuition ou raholition de la conti'actilitt' <''lectri(pie; cependant il est des circonstances dans lesipjeiles i«; plus habile poui'i'ait encoi'f; y être troinp»', conune le ])i-ouve le lait sui\ant :
Observation LXIII. — fléuiiplégie consécutive à une hémarrhayie cérébrale datant de deux ans et demi el limitée au. membre supérieur gauche . — Erreur de diagnostic causée par les rapports mensongers du malade, et redressée par l'exploration électro-musculaire.
Au n" 30 de la salle Saint-Michel ^service de M, Rayer), j'observai, en 1849, un malade exerçant la profession de peintre, et qui élaitaffecté d'une paralysie du membre supérieur gauche. La paralysie, me disait-il, datait seulement de quelques semaines et avait été précédée de plusieurs coliques saturnines. Comme il traînait un peu la jambe gauche, je lui demandai s'il avait eu tout le côté paralysé. Il me répondit négativement, et je le crus sur parole. Cette paralysie du bras, survenue chez un peintre, après des coliques saturnines, paraissait devoir prendre rang parmi les paralysies saturnines ; le diagnostic fut du moins ainsi porté dans le service où il se trouvait; mais en explorant l'état de ses muscles paralysés, je découvrir, qu'ils avaient conservé l'intégrité de leur contractilité et de leur sensibilité électriques. Les traits du malade me rappelèrent un individu que j'avais faradisé dans un service voisin, deux ans auparavant, pour une hémiplégie cérébrale. Mais il me jura cependant qu'il se trouvait pour la première fois à la Charité. Enfin, cette paralysie qui, au dire du malade, était survenue lentement, après des coliques de plomb, et sans avoir été précédée d'hémiplégie, ne dut laisser dans les esprits aucun doute sur sa nature. C'était donc une paralysie franchement safur/une, dans laquelle la contractilité électro-musculaire était intacte.
Ce fait, contradictoire avec ceux que j'avais observés jusqu'alors, devait, on le comprend, singulièrement m'embarrasser. Aussi, bien qu'il fallût l'accepter provisoirement, puisqu'il ne paraissait pas niable, je ne cessai de
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robsLTvur avec la plus ;^Manclc inéliance. Quelques semaines plus tard, ayant retrouvé parmi mes observations celle du paralytique que j'avais faradisé en 1847 dans le service de M. (juveilliier, je découvris que le malad«} de la salle Saint-Michel m'avait trompé. Je voulus établir son identité au bureau, et je constatai sur le registre que Guillemaiii (c'est le nom de notre malade), Ayé de trente-sept ans, né à Limoux, demeurant rue Cocalrix, n" i 6, était entré le 9 décembre dans la salle de Saint- Ferdinand, ayant une hémiplégie cérébrale, qu'il était sorti le 7 février 1848, et que ce même individu était do nouveau entré le 21 septembre 1849 dans la salle Saint- Michel, n" 30. Possédant ces renseignements, j'interrogeai Guillemain de nouveau sans lui laisser deviner que je connaissais la vérité ; il persista dans son système de mensonge. J'ajouterai, pour expli(iuer cette singulière conduite du malade, qu'en 1847 il fut renvoyé de l'hôpital pour insubordination et que, sans doute, il craignait d'ôlre reconnu.
Je ne rapporterai pas clans tous ses détails l'observation de ce malade, qui fut recueillie en \HU1 par l'interne du service de M. Cruveilliier. Il est démontré dans cette observation que l'hémiplégie était consécutive à une liémorrhagie cérébrale, et qu'elle était complète. Depuis lors, le membre inférieur gauche avait recouvré pres([ue tous ses mouvements, et le bras seul était resté paralysé.
Les auteurs qui ont rapporté des cas d'hémiplégie saturnine ont sans doute été trompés par les apparences, comme on pouvait l'être dans le tait suivant :
Observation LXIV. — Hémiplégie survenue tout à coup chez uîi peintre pendant quil souffrait de coliques satutmines. — Doutes sur la nature de l'hémiplégie dissipés par C exploration électro-musculaire. — Diagnostic justifié par l'autopsie.
Un malade entre à la Chariié pour des coliques saturnines; il exerce l'état de peintre et a sur les lèvres le liséré caractéristique. Tout à coup survient une hémiplégie, pendant le cours de sa maladie. On se demande alors (un instant c'était la pensée du chef de service) si ce n'est pas là un exemple d'hémiplégie saturnine. Cette question m'est alors posée. Pour la résoudre, j'explore l'état de la contraclilité et de la sensibilité électro-musculaires. Ayant trouvé partout ces propriétés intactes, je n'hésite pas à diagnostiquer une hémiplégie de cause cérébrale. Le n)alade succombe quelques jours après et à t'autopsie on trouce un vaste cpanchement sanguin dans l'un des lobes cérébraux.
Si ce inahule avait survécu à son attaque, il serait resté peut-être
.'5VJ iii;miim.k(.ik (;i;hi;i«i«\i,k dic i.'knka.nci-:.
(|iirl(|iir> (l(»til('N Mil- la naliiiN de rii('îiii)»l('';;i<'. L'(*X|)l()i"ali(»ii «'Icclro-
imisriilaiic, on la vu. ne pci'iiiil |>as t\i- (•niiiinctliw; une telle «Mi'ciir,
Il est vraiiiM;iitàrejirrlt<M(|ii(' la |)r()|)(»sirK)ii iornmlt'c parMarsIiall- Hallait été trouvée irle\a(;l«^ car raii^^riieiilalion de rii'ritaMIile eût ete le caractère propres des paralysies cérébrales, et aurait été un si^Mie (lia;;ii()sti(jut' précieux (|ui nous aurait pcM'uiis de les distinj^ucr des autres paralysies (des paralysies iiystéri(pies et riiunuilisinales) dans lesfjuelles l'irriiahililc; est toujours noi'inair'. Je nniendiai sur ces (|uestions de diagnostic ditférenlicl, en traitant des paralysies hystéri(iues etrlmuiatisniales et desaHectioiis musculaires f;(''uérales.
§ II. — Diii{;nostic difl'ér<>nliel dcN psiral^KicM eérébralcN de l'enfance d'îivec* la paral>r.«!iie atropliique ;;raîNseu»ie de l'cnfanee cf d'awec cortaiiK'K paral^!«icM traiiiiialique» eungéniAalc&i.
Ou peut avoir à établir le diaij;nostic d'une paralysie cérébrale de l'enfance, soit héniiplégiciue, soit générale, soit (ce [qui pourra surprendre) paraplégique.
A. — Hémiplégie cérébrale do l'enfance.
L'hémiplégie de l'entaïK^e, produite ou par une affection tuberculeuse ou par une liémorrliagie, etc., est la forme la plus commune des affections cérébrales de l'enfance, celle du moins que j'ai eu l'occasion d'observer le plus fréquemment. Je l'ai vue quelquefois limitée au membre supérieur ou au membre inférieur, mais j'ai presque toujoui's pu constater <|ue primitivement elle avait été complète. Eh bien, il n'est pas rare de voir la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance se comporter de la même manière. J'en ai recueilli une dizaine de cas. Et puis, comme celle-ci survient tout à coup et qu'ordinairement elle est précédée ou accompagnée au début de convulsions, on est exposé, si l'on n'y prend garde, à la confondre avec l'hémiplégie de cause cérébrale. L'exploration électro-musculaire peut mettre l'observateur à l'abri de l'erreur.
En effet, l'affaibhssement ou la perte de la contractilité électromusculaire qui caractérise, pendant les premiers mois, la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance (période paralytique) établit une distinction bien tranchée entre cette dernière affection et l'hémiplégie cérébrale, qui laisse toujours intacte l'irritabilité musculaire. Mais comme dans la seconde période (période de chronicité, d'atrophie et de substitution graisseuse), l'irritabilité électrique revient avec la contractilité volontaire dans les muscles qui n'ont pas subi l'altéra-
I)IA(.\().VII(: DIFFKKKNTIEF, 3^3
lion ^M'uissuiisc, le si^Mu; (liiij;ii()sti(|iie, lin; de INHat de la coiitiaelilité éleolro-miisciilaire semble devoir înaii(|iier. dépendant il est e\trèm(;ni('iit rar(M|ii'un pinson moins ^M'and nombre de înnscles n'aient pas eneoi'e entièrement disparu sous l'inllncnec du travail <le substitution graisseuse. .!(; pourrais dire que e'est la loi, j)uis(pi(' sur jjIus de deux cenls cas (pu» j'ai obsei'vés, je n'en ai pas rencontré une seule exception. N'y cùt-il alors qu'un seul mnsrle «^i-aisscux, ce muscle ne se retrouverait plus par l'exploration électro-musculaire; C(; (|ui suttirait encore, dans une période très avancée, |tour distinguer la paralysie atrophicjue graisseuse de la [)aralysie cérébrale.
Les mouveuKints réflexes (pii, dans la paralysie; cérébrale, sont ])rovo(|ués par les mouvemenls xolontaii'es ou certaines excitations, et qui n'ont januiis lieu dans ia paralysie atropbi(|ue graisseuse de l'enfance, viendront confirmer l'exactitude du diagnostic électrique. Krdu), (|ue l'on ail à (liagnosti(juer(ce (\m m'est arrivé quebiuefois) deux anciennes aflections où les membres, com})létement privés de mouvements, sont également atro])hiés; (|ue l'une d'elles ait été produite par une lésion cérébrale, tandis (jue l'autre appartient à l'espèce des hémiplégies atropliiques graisseuses de l'entance, il sera facile de les distinguer l'une de l'autre par l'exploi'ation électromusculaire. En effet, dans la paralysie cérébrale, les membres, en général, s'amaigrissent en masse à la longue ((6 <>?« que d(ois certains cas, sur lesquels je reviendrai bientôt, les mnscles parabisês slifj})ertrophicnt). L'amaigrissement ou l'arrêt du développement peut être alors extrême, mais jamais je n'ai vu les muscles transformés en graisse, alors même cpie depuis la naissance les muscles n'avaient pas donné signe de vie. L'absence complète de mouvements dans l'affection cérébrale n'est pas nécessairement suivie, à la loï)gue, de l'altération musculaire graisseuse. Il faut poui' la production de ce travail morbide une lésion et une cause; spéciales. J'ai ra})porté à l'appui decetteopinion lecas d'unejeum* tille âgée de douzeans dont les muscles du membre supérieur étaient intacts, c'est-à-dire se contractant normalement par la faradisation localisée, bien qu'ils n'eussent pas domié, avant cette expérience, de signe de vie, au point que l'on avait jusqu'alors douté de leur existence. M. Cruveilliier, de son C(Mé, m'a dit avoir eu plusieurs fois, ainsi que je l'ai déjà dit, l'occasion de constater (jne, dans ces paralysies anciermes de rcnfance. la fibre musculaire reste intacte, quoiqu'il en ail trouvé les muscles pâles et très atropliii's.
Dans l'autre affection (la paralysie atrt)pln(jue graisseuse;, au contraire, laiitôt la nutrition musculaire est lésée inégalement, de telle sorte (|u'on voit, par l'exploration clectriepie, que dt's nuiscles sont
V\!i iir\iii'Lr:(;iK ckhkimiali; dk i/kM'ANCf:.
plii>. (Ml moins ;itr(>pliii'S t't (juc (raiilrcs ont (înliciciiM'nt (liN|i;irii, cl t;iiit('»l, ((■ (|iii <'s( |iliis liii'c, Ions les rnnsclc> des rnfînhics sont (•()m|)l('l('Mi('nt (Ictiiiits.
Ainsi, (les ciiriints iit'oni ('te; (|n('l(jMclois pn-sentés connnu sitteints (II' paralysies i)ins ou moins hx alisf'îcs dans les incmhriîs sup<îrieiirs ou inltM-icurs, et leur inaladii' datait d'un à dix ans, et plus; (îcs patalysios i)aiaissaicnt idcidicincs (mémo h'siou des mouvements, m("'jne atrophie ^éucralc du membre eu apparence, même diagnostic porte dans les consultations aiil(''rieures). Cependant, explorant l'état (les muselés |)aralys«''s par la laradisation loealis(''(;, je constatai chez ces entants l'inlei^rite' parfaite de tous ces muscles, cjuohpie atropliiés (|u ils rus>enl; tandis que je trouvais cliez les autres les muscles délrnils partiellement et à des degrés différents : ici un rnusclc avait disparu en entier, là il n'avait perdu qu'une partie de ses faisceaux musculaires. Les muscles ou les portions de muscles qui étaient intacts se contractaient fort bien par la volonté et par l'action électri(pie. Je ne pouvais rapporter cette lésion plus profonde de la nutrition musculaire à la durée plus grande de la maladie; car, chez des enfants paralysés depuis dix à douze ans, je trouvai la libre musculaire parl'aiiement normale et jouissant de toutes ses propriétés, tandis cpie, chez les autres, le tissu musculaire était souvent déjà profondément altéré après quelques mois de maladie. En présence d'un état si différent de la fibre musculaire, je ne pouvais rapporter ces diverses affections à une maladie identique.
C'est l'observation de ces faits qui m'a mis sur la voie de mes recherches sur la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance. Tout récemment encore, j'ai eu à établir le diagnostic dans deux cas en apparence semblables, et c|ui cependant différaient essentiellement entre eux, comme on le verra bientôt par l'état de la fibre musculaire.
Observation LXY. — En juin i852. M. Bouvier m'adresse deux enfants, dont les mouvements du pied et des orteils du côté droit étaient entièrement abolis depuis quelques mois après la naissance. Ces enfants étaient à peu près du même âge. L'un était un garçon de sept ans, nommé Charles Leroux, demeurant rue des Amandiers, n° 19, et l'autre une jeune fille de huit ans, mademoiselle de C... Chez ces deux enfants, la jambe malade était peu développée, et moins longue que celle du côté sain. Il eût été difficile de trouver à la vue une diflTérence entre ces deux jambes privées de tout mouvement volontaire. — A lexploration électrique, je constatai chez mademoiselle de C... l'existence de tous les muscles de la jambe et du pied, que je lis très bien contracter individuellement. Chez Charles Leroux, au
DIAliNOSTIC DlKhKHKNTIEI.. !j/kS
contraire, jo no trouvai plus un soûl des muscles (Je la jauilM; et du pied. Au toucher, on ne sentait chez ce dernier enfant que du tissu adipeux sous la peau, tandis que chez la première on >entait, à travers la peau assez épaisse, le tissu musculaire bien cpie peu développé. — Sans me renseif-'ner sur l'histoire de la maladie de ces enfants, et d'après cette seule exploration, je n'hésitai pas à dire que chez mademoiselle de (".... la paralysie des muscles de la jambe était symplomati(pie d'une alfection cérébrale. Hn effet, dans les premiers temps de la maladie, l'hémipléj^ie avait été complète, l'intelligence avait longtemps souffert, et l'on retrouvait dans l'histoire de la maladie tous les symptômes qui sont propres à une alfection cérébrale. Chez l'autre, Charles Leroux, au contraire, j'attribuai l'aiïection à une lésion nerveuse, à laquelle le cerveau était incontestablement étranger. Voici, en effet, comment la maladie de cet enfant s'était développée. A lAge de trois mois, après avoir été exposé à la pluie (c'est du moins la seule cause qu'on puisse reconnaître), on s'aperçut que les mouvements du pied droit n'existaient plus, et depuis lors ils ne sont jamais revenus (son pied est représenté dans les figures 45 et 46). Cet enfant n'a cependant jamais eu ni fièvre ni convulsion, ni souffrance.
On dira, sans doute, qu'il suffit de consulter les symptômes et la marche de la maladie chez ces deux enfants pour diagnosticjuer une affection nerveuse centrale différente, puisque, chez le petit garçon, il n'y eut pas de phénomènes cérébraux, et qu'il n'eut pas même de fièvre, et enfin, que la paralysie avait toujours été limitée au membre inférieur. Mais j'ai rapporté des faits de paralysie atrophi(pie graisseuse semblable à celle de cet enfant, et dans lesquels on a vu la paralysie accompagnée au début d'une fièvre de (pielqnes jours (trois ou quatre), ou d'un état comateux, ou de convulsions, présenter, en un mot, des phénomènes qui auraient pu portera penser (pie la paralysie était liée à une affection du cerveau, si plus tard on n'avait trouvé dans l'altération de nutrition d'un plus ou moins grand nombre de muscles paralysés un signe (jui prouvait (\uc l'affection musculaire était indépendante d'une lésion ct'rébrale. Les accidents cérébraux ne sont alors qu'une conq^lication.
Je vais terminer cette étude sur le diagnostic différentiel de la paralysie cérébrale, hémiplégique de l'cMifance, en exposant (juelqnes cas (le paralysies traumatiques du mend)re supérieur, d'int diagnostic difficile, et dans lesquelles l'exploration électro-nuiscidairc a clé d'une grande utilité.
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IIKMII'I i:(;iK CKHKIUIM K DK I, liNFANCK.
UustnvATiD.N lA VI. - l'iudlysii: tic ctiusr ccrcbnUc <ln mcmbri- m\)i>riiur (Iroif, parahisic (iLrujtliiijuc^ dti nu^me côlt^, des muscles (inhiivs [xir la nerf cuhilal cl des muscles raduiax dalmii de la mnssmice.
Kn 1855, je fus appelé en consultation par M. Hérard, médecin des hôpitaux, pour un jouno f^arçon âgé de dix ans, el doiil la main droite était déformée comme dans la ligure ol. Cette main moins développée (jue la main gauclie, avait la forme d'une i,Mitle, beaucoup plus prononcée dans les deux derniers doigts dont les premières phalanges étaient renversées sur les métacarpiens, tandis (jue leurs dernières [)lialanges étaient lléchies sur la première. Les muscles des espaces interosseux et des éminences étaient atrophiés, la main était dans une (lexion continue sur l'avant-hras et un peu dans l'abduction. Quand on voulait la relever et la porter en dehors, on éprouvait un obstacle mécanique qui s'opposait à ce mouvement, et cet obstacle paraissait dépendrede la contracture du muscle cubital antérieur et de la déformation derarticulalion radio-carpienne. — Les mouvements du membre supérieur droit étaient exécutés faiblement, diflicilement et incomplètement. Cependant les muscles du bras et de l'épaule n'étaient pas atro-
FiG. 52.
phiés.Tous les mouvements volontaires du membre supérieur droit provoquaient des spasmes dans les muscles de ce membre, comme on l'observedans la paralysie cérébrale. — A l'exploration électro-musculaire, je trouvais que la contractilité était très affaiblie dans les muscles animés par le nerf cubital, dans les muscles des éminences et dans les muscles radiaux. Elle était normale dans les autres muscles.
Ainsi voilà une paralysie du membre supérieur qui présente l'ensemble
DIAGNOSTIC F)IFFÉIIENTIEL. ?)U1
des caractères propres à la pai;ilysicde cause cérébrale et ii la paralysie atrophique par lésion des nerfs, dans los muscles de la nnnin et dans quelques muscles de l'avant-bras, c'est-à-dire, la réunion, dans un même membre, des troubles pathologiques occasionnés par deux maladies différentes. L'histoire des antécédents démontre, en effet, que ces deux maladies ont existé. Cet enfant est né, en effet, dans des circonstances fâcheuses. Il s'était présenté par l'épaule, le cordon ombilical était enroulé autour de son cou. L'accouchement de sa mère a été lonj^ et laborieux. Il est né asphyxié et il a été rappelé difficilement à la vie ; puis il avait le cubitus fracturé près do l'articulation du coude. Après sa naissance, il n'a pas renuié le membre supérieur droit. On ne voyait pas de différence entre les deux côtés, mais en quelques mois la main est arrivée progressivement à sa déformation actuelle (voy. la fig. 51). Le membre de ce côté s'est moins développé, l'uis sous l'influence du temps et des soins très variés le bras droit a retrouvé quelques mouvements compliqués, comme je l'ai dit, de contractions réflexes.
On voit donc clans cette observation que l'enfant est né avec une hémiplégie du membre supérieur, de cause cérébrale, occasionnée très probablement par la compression exercée sur le cou par le cordon ombilical : que la paralysie atrophi(jue et la déformation de la main sont le résultat de la lésion de quelques nerfs intéressés dans la fracture des os de l'avant-bras, pendant la manœuvre de l'accouchement. Tel fut le diagnostic (pie je portai dans la consultation avec M. Hérard, diagnostic (jui fut ensuite confirmé par les résultats obtenus par la farad isation localisée.
Je vis en effet, sous l'influence de la faradisation localisée, les muscles paralysés et atrophiés par lésion traumalique de leurs nerfs se développer progressivement, et la forme de la main revenir à son état normal par le retour de leur tonicité. La figure 52 a été dessinéekl'après la photographie (pie j'ai faite de la main du petit malacie après son traitement. Qu'on, la compare à la figure 51 photographiée et dessiiK^e avant le traitement On remarque (jue la grille n'<ïxist(î plus, c'est-à-dire que les deux phalanges se sont étendues et (pic les premières se sont un peu fl(k^.hies. Ce rétablissement de la forme nc^rmale de Ta inain est dû au développement des interosseux. L(»s éminences se sont aussi également développées ainsi que les muscles atrophiés de l'avant-bras. Les troubles fonctionnels, caus(?s par les spasmes réflexes (|ui avaient lieu pendant los mouvements volontaires, sont resti'sà peu près ce (pi'ils étaient avant le traitement, il est vrai (\uv \os mouvements du mend>re supérieur ont gagné en force et eti étendue, mais ils n'ont pas recouvre leur indépendance.
:ViS iii:mii'i i;i.iK ckiu.ku.m.k dk i, km \n(.i .
Le iciiiic iiialiidc ne |)ciil les localisci" ; ils sont tonjoiiia ;^«Mi«'s par l(3S spasfiics rcllcvcs dus ii la lésion cciN-liralc. Avec h; temps, et aussi avec une f^yniiiasticpH; bien difij^ée, les spasmes rélleves diininnentnl on (lis[)araitr()iil.
En rcsnmé, (u; l'ait, intcM'essaiit ii pins d'un liti'c, démontre (pi'alors même (jne l'un liouve réunies elle/ le mèmc^ individu et sur un nièmcî membre deux paralysies, l'une de eause eéréhrale, et l'autre j)ar lésion des uimTs, on peut encore en tair«; le dia^iiostie diiïëreniiel par l'cîxploration éleeti'o-nmseulaire (1;.
J'ai vu eonlondre avec rii('3miplégie cérébrale et congénitale du membre supérieur la luxation postérieure et externe de l'épaule, appeh'e luxation sous acromiale par M. le [)rofésseur Malgaigiu; (2), et (jui est quel(|uet'ois produite par certaines manœuvres de l'accouchenient.
Cett(î espèce de luxation scapulo-humérale, très rare jadis, a été trouvée plus fré(pieiite dans ces dernières aimées, sans doute, parce qu'on savait mieux le diagnostiquer (M. Malgaigne dit en avoir réuni 3^). Aucune de ces luxations n'a été produite par les manœuvres de l'accouchement. Cette dernière cause de luxation doit être cependant assez fréquente, si toutefois j'en juge d'après mon observation personnelle. Dans moins d'un mois, en effet, il s'en est présenté ([uatre à ma consultation, et toutes m'étaient adressées pour être traitées comme paralysies congénitales du membre supérieur.
Voici la relation d'un de ces cas.
Observation LXYII. — En mars 1857, un jeune garçon, nommé Théophile Bigot, âgé de six ans, demeurant boulevard de Vaugirard, n" 2 1 , m'est présente pour être traité d'une paralysie congénitale du membre supérieur droit. Les mouvements de ce dernier étaient, en effet, tellement gênés depuis sa naissance, qu'il ne pouvait s'en servir. Tous les muscles répondaient normalement à l'excitation électrique. Son épaule droite était déformée ; l'attitude du membre supérieur de ce côté était anormale (voyez
(i) Au point de vue thérapeutique, ce fait n'est pas moins important, car il nous montre la guérison par la faradisation localisée d'une paralysie atrophique, traumatique, datant de la naissance, chez un enfant âgé de sept ans. Ce fait thérapeutique fera, je l'espère, réfléchir ceux qui dans l'enseignement ofâciel professent encoie, au moment où j'écris ces lignes, qu'ils ne croient pas à la valeur thérapeutique de l'électricité. Est-il possible de méconnaître que, par la faradisation, cette main amaigrie, que cette griffe (fig. 51) avant le traitement, a été complètement transformée (voy. la fig. 52) ?
(2) Traité des fractures et des luxations. Paris, 1855, t. Il, p. 531.
DIAfiNOSTIC DIFKEUHNTIEL. 369
la n<;ure53, dessinée d'après la |)liolo;,Taj)l)i(; (jul' j'en ai faite). On remarquait sur la face postérieure du inoi{^non de l'épaule, un peu ad-dessous de l'angle postérieur de I acroriiion, un relief arrondi qui indiquait, dans ce point, la présence de la léte de l'Iiurnérus; ce que, du reste, l'on reconnaissait |)arf'aitement j)ar I(ï toucher. En avant, le moignon de l'épaule offrait une dépression sousacromiale légère, mais sans relief apparent de l'apophyse coracoïde, et l'on ne retrouvait plus la tôto de l'humérus dans sa place normale. Cette tôle de l'humérus })arnissail être à cheval sur le bord postérieur de la cavité glénoïdo. Elle n'était certainement |)as dans la fosse sous-épineus(» , chose (pie l'on s'explique difticileinent : mais ce qui était incontestable, c'est qu'elle était restée ainsi incomplète pendant six ans. Le coude porté un i)eu en avant était écarté du corps et ne pouvait en être approché. Ces tentatives provoquaient de la douleur. L'humérus était maintenu dans la rotation en dedans, et l'on ne pouvait lui imprimer mécaniquement le
moindre mouvement en sens contraire, sans arracher des cris à l'enfant. L'avant-bras était un peu lléchi sur le bras, sans que l'on pût l'étendre complètement. Les mouvements volontaires du bras étaient faibles et limités comme ceux de l'avant-bras.
FiG. 53.
Trois autres enlants m'ont été adi'csL^és vers la m^hTîe époque avec la même déformation de l'épaule et avec les mêmes troubles dans les mouvements du bras sur l'épaule. On reconnaissait chez tous ces petits malades les signes caractéristiques de la luxation postérieure et externe de l'épaule. La cause de cette luxation paraissait dans tous ces cas identique. Les parents des enfants racontaient en ettet que leur naissance avait été laborieuse; que pour les (extraire ou avait dû exercer des tractions longues et violentes, à l'aide d'un croclict passé sous Tune des aisselles (^t ([ue le membre exposé à ces tractions avait été privé de mouvements après leur naissance. C'était justement de ce côté qu'existait la luxation dont la production s'explique très bien par les violences exercées par l'aisselle.
On peut comprendre (pie la luxation de l'épaule dont ces enlants étaient affectés depuis leur naissance, ait pu èln* méconnue (plusieurs d'entre eux avaient été présentés aux consultations (h s liô-
350 iiKMiPi.i(;ii'. (;i;iu:nu\rK dk i.'f'.NK.vNCP.
piliiMx), ('[ (|U(' Irs lioiihics (le lit ii)(ttilil(' du Miciiibic lii\('' ;ii(iil ('-h'' jiUrilmcs a iiiii" simple paialy.^ic , car les sif^iirs (1<; (telle luxalion .sont si peu api»ar('n(s, (piil m'a lalln les voir (lisj)araîtr(î apics s:i l'Ciiuclioii pour «''lie i)i('n cci-lain de son exislriie<: n'Cille. J'ai en elVcl adressé tons ces enl'anls à M. ('.hassai^^^iiae (pii a réduit tacih'menl leur luxation. Un handa^M» de (;(U[)s ap[)i'oj)ri(' et porté pendant cinq à six semaines a maintenu i)aiTail(.'n)(3nl la r<''duction de eett(î luxation (pii depuis lors ne s'est plus reproduite. On retrouvait alors la tète dans ses rap])orts normaux. Cette Inxatiijn était si peu a[)[)arente, (ju'elle avait éeliappj* d'al^ord à UKiU attention, attirée principalement sur les troubles d(î la locomotion que j(; ne pouvais expli(pici' complètement par la paralysie du membre. Ce tut seulcnient après avoir observé peu de temps après trois autres cas analogues dans lesquels le membre avait la même attitude et l'épaule lu même détonnation, que je reconnus, après un examen attentif, que la tète de l'humérus ne se trouvait pas dans son rapport normal avec la cavité glénoïde.
Les désordres occasionnés chez ces enfants, dans les mouvements et dans l'atlitude du mend)re, par la luxation sous-acromiale, peuvent bien l'aire croire à l'existence d'une paralysie congénitale du membre supérieur, car dans l'un et l'autre cas l'élévation du bras est dil'ticile et limitée, puis la main et le bras sont dans la pronatiou et les mouvements en sens contraires sont impossibles. S'il n'y avait eu que les troubles de la locomotion propres a la luxation sous-acromiale, l'erreur de diagnostic eût été difficile, mais chez tous ces enfants il existait en outre une véritable paralysie occasionnée par la lésion du plexus brachial et qui était plus ou moins complète et plus ou moins grave. Ainsi chez l'un d'eux (Jules Têted'Homme, âgé de huit mois, demeurant à Vaugirard, Grand'fiue, n" 221) quelques muscles étaient atrophiés ou répondaient faibleujcut à l'excitation électrique (le biceps et le brachial antérieur), ou avaient perdu leur contractilité électrique (les fléchisseurs des doigts et les interosseux). — Chez un autre enfant (Eulalie Perrot, àgee de quuize mois, demeurant avenue Trudaine, n° 8), les mouvements étaient complètement abolis, mais la contractilité électromusculaire était intacte, excepté dans le faisceau extenseur de l'index. Chez l'enfant dont j'ai relaté l'observation ci-dessus et dont la photographie a été reproduite par la gravure dans la ligure53, tous les mouvements étaient affaiblis, et la contractilité électro-musculaire était partoutun peu diminuée.Enfhi chez un quatrième dont j'ai perdu le nom et l'adresse, les interosseux et les extenseurs du poignet et du pouce étaient atrophiés et ne se trouvaient plus par l'ex-
PAUAl.VSir, CKNKIIAF,!- CKIlKnKM.F. DK i/FîNI-ANCI'. ^):)\
ploralion ('Icclrliiuc. l-c Iroiihlc <|ii<; <-('ll(' paialysi*' aln»|»lii(iiit'
avait ()(î(;asioiUH'; dans ré(juilil)i'o (hîs Corcc-s tuni(|ui;s ^\u\ pn-sidciit
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pouce et (lu p()i{j;uet, avait
produit à la longue la dé-
Ibrmation de la main le-
pi ésentôc dans la ligure ïiU
(jui a été (les>inéi; d après
nature (1).
Kn somme, on peut, à toutes les périodes de la maladie et à (pieNiue degré que soit arrivée l'atrophie des nmseles , distinguer facilement riiémiplégie cérébrale de l'enfance, de la paralysie atropliique graisseuse du même âge ou d'autres paralysies atropliicpies de causes traumati([ues, lorsque celle-ci est localisée dans l'un des côtés du corps.
FiG. 54.