SYMPTÔMES. — TROUBLKS DE LA COORDINATION
vi(!iis (l'essayer d'esquisser eotle inaladio ; je n'ai donc pas à y revenir.
Je n(! classerai pas non plus les syiuplùnies, dont je me proposer d'exposer l'étudc! [)ai'licuru!r(; d'après Tordre de leur appaiition. mais seulement suivant rim[)ortance du rôle qu'ils jouent dans la symptomatologie.
§ I. — Troubles de la coordination des mouYementN. — Faihlense apparente et conNervattion de la force muneulaire.
Au premier rang, je place les troubles de la coordination des mouvements, contrastant avec l'intégrité, pour ainsi din^ latente, de la force musculaire, parce qu'ils constituent le caractère fondamental de l'ataxie lo(!omotrice progressive.
A. — Troubles de la coordination des mouvements.
I. Les phénomènes qui, en général, signalent cette perturl)ation de la locomotion dans les membres inférieurs, c'est la difficulté, ou de rester dans la station sans osciller et sans prendre un point d'appui, ou d'exécuter certains mouvements en marchant, par exemple les mouvements en rond ou de latéralité. Le malade sent alors qu'il est menacé de perdre l'équilibre ; quelquefois il accuse comme un sentiment de faiblesse dans les membres inférieurs. Ordinairement, la sensibilité tactile de la plante des pieds ne tarde pas à être émoussée ou altérée d'une autre manière. Tantôt, en effet, lorsque les malades marchent sur un sol dur (le pavé ou un parquet), il leur send)le (\ue leurs pieds reposent sur un corps doux, ou sur de la paille, ou sur un tapis; d'autres fois, au moment où ils appli([nent leurs pieds sur le sol, ils croient qu'ds appuient sur un corps élastique ou sur des ressorts ([ui les font comme bondir en marchant ; ils se sentent, disent-ils, poussés en avant par une force invisible; aussi sont-ils moins solides dans la marche et craignent-ils de tomber, quand ils vont un i)eu vite ou en descendant un escalier. Dès ce moment, les mouvements instinctifs des membres inférieurs commencent à être plus ou moins désordonnés, surtout dans l'accomplissement des différents temps de la marche, qui devient de plus en plus pénible et difficile. Us ne peuvent plus, en effet, marcher sans projeter follement les membres en avant et sans frapper fortement le sol avec le talon, (les mouvements sont (jueUpiefois telkîment violents et brusques, que le corps en est ébraidé à eluupu' pas, et ([u'ils en perdent l't'Mpiilibrt* : aussi ne se
55f» AlWli; I.OCOMOIUKI. l'IUK.IlK^MVK.
Ii;is,ii(li'iit-il^ l'iis à iiiai'cluT s:nis VnuU' d'ini l)ias. ()<;s hoiihlcs loïKiiiMUiclN vont ciicorcM'ii s'aj^^^M'aviml, ail pniiil (juc la station et la niai'chc Icni- (Irvicinx'nt à peu prrs impossibles. Il Tant alors les poitrr, pour ainsi diic, t;t, s'ils veulent lairc (juelques pas, on les voit agiter violenniient leurs membres de la manieri! la plusétran^^e, sans pouvoir les diriger; ils se sentent bien vite; (ipnisés par ees efforts, et demandent (ju'on les reconduise dans leur lauteuil. Dans cet état, les malades passent leur vie assis ou eou('li(';s.
Les mouvements désordoimés (jui viennent d'être décrits ne peuvent être régularisés par la vue et une attention suivie, cjue le sujet soit ou non atteint de diplopie.
B. — Faiblesse apparente, coulraslant avec l'intégrité latente de la force.
Le malade, c[ue le plus léger choc renverserait, (jui ne peut se tenir debout ni marcher sans appui ou sans l'aide d'un bras, (jui laisse échapper les objets qu'il tient dans ses mains, ou se sert ditficilement de ses membres supérieurs, qui enthi, pendant la locomotion, lutte en vain et avec fatigue contre son impuissance, ce malade, on le conçoit, se croit atteint de paralysie. Telle a été aussi, dans ces cas, l'opinion des médecins consultés par les sujets dont j'ai recueilli les observations; telle a été également la mienne avant ces dernières recherches. Aussi comprendra-t-on combien on doit être surpris lorsque, mesurant la force des mouvements partiels, on constate qu'elle est considérable.
L'examen de la force des mouvements partiels peut se faire sur le sujet assis ou couché; cependant il est plus avantageux et plus commode pour les membres inférieurs de les placer dans la position horizontale. Je fais d'abord exécuter les mouvements que je veux étudier ; puis, lorsque les muscles qui les produisent sont dans le raccourcissement et maintenus fortement contractés par le malade, j'agis sur l'extrémité du membre en mouvement , en sens contraire du mouvement exécuté, en faisant maintenir la partie du membre qui doit servir de point fixe aux muscles qui sont contractés. Si, par exemple, j'ai à mesurer la force des extenseurs de la jambe sur la cuisse, le sujet étant couché sur le côté opposé, je fais maintenir très solidement la cuisse à sa partie inférieure, et, pendant que le malade continue l'extension de sa jambe avec force, j'agis sur cette dernière en sens contraire, en plaçant la puissance au niveau des malléoles, jusqu'à ce que j'aie obtenu la flexion des membres.
J'ai imaginé, il y a deux ans, un dynamomètre médical (voy. lig. 97) reposant sur le principe de la romaine; il est d'un petit